Ecrits et Sciences-Fiction

Parutions, textes, extraits, nouvelles de Yves Herbo

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Les aventures de Bacara

Il s'agit ici de ma toute première participation à la société publique en tant qu'auteur, et aussi à un travail collectif littéraire, entre mes 10-11 ans donc. Ce petit livre écrit et illustré par des enfants de 10 à 11 ans est évidemment en assez mauvais état mais je vais tenter de le sauver déjà en scanant les pages, bien que certains textes commencent à devenir illisibles, sans compter les dessins flous et peintures passées. Il est possible que l'un de mes co-auteurs de l'époque reconnaisse aussi ses travaux, qu'il possède aussi encore son unique exemplaire et qu'il va me contacter... on peut toujours envisager le meilleur  et tenter de sauver une oeuvre unique née de l'Education Nationale... j'en rajoute peut-être un peu trop... quoique...

En attendant mieux, voici déjà la couverture :

couverturebacara.jpgLes aventures de Bacara (extraits)

 

Légendes de la dimension quantique

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 1) Les aventures de Grana

Shaman Grana avançait prudemment, l’épée levée, silencieux comme un serpent proche de sa proie. Derrière lui et à sa droite, Saar le magicien contournait l’un des antiques arbres, boursouflé par les champignons et parasites avec lesquels il vivait en symbiose. À sa gauche, Baargi le Nain se faufilait aisément entre les ronces, sa hache en diorite fièrement brandie. Tout derrière, la Prêtresse Vuadi Mila suivait tranquillement, la gemme de son collier magique diffusait une brume autour de la belle femme et elle paraissait flotter au-dessus des hautes herbes.

Soudain, le sol trembla sous leurs pieds et un bruit sourd se fit entendre. Ils s’immobilisèrent et scrutèrent les bois devant eux. À 500 mètres, on voyait la paroi de la falaise où se trouvait l’entrée de la grotte ; dissimulée encore derrière les fourrés. Entre eux et la grotte, une masse énorme émergeait de dessus les arbres. C’était l’un des géants de la race anukis, descendants dégénérés des antiques êtres qui avaient régné, il y a longtemps. Plus proche de l’animal qu’autre chose, le géant possédait néanmoins une massue impressionnante, de la taille d’un homme.

Saar fit signe à Shaman de ne pas bouger et le dépassa tout en saisissant son bâton de feu. Le Nain avait compris la manœuvre, il saisit sa fronde et ses pierres de lave en avançant aussi. Shaman ramena l’arc qu’il avait dans le dos sur son bras et prit une flèche enduite d’huile dans son carquois.

Le géant avait senti leur approche. Il grogna comme un taureau mais recula vers l’entrée de la grotte, les jambes solides et écartées. Saar s’était vite approché, sa silhouette maigre et allongée ne l’empêchait pas d’être l’un des meilleurs coureurs. Le géant se tourna dans sa direction. Il avait d’énormes yeux noirs, plus grands que la tête d’un homme, qui semblaient jeter des étincelles. Dans le mouvement, il balança sa massue sur le tronc d’un grand arbre, Saar eut juste le temps d’en voir la cime s’écrouler à un mètre de lui. Baargi était arrivé et, avec sa fronde, arrosa le géant et ses environs de ses pierres explosives.

Le grand lourdaud hurla de colère et détourna son attention de Saar, qui en profita pour s’approcher vite d’avantage. Là, à bonne distance, il brandit son bâton et psalmodia son incantation.

Une boule de feu de la taille du géant fonça sur ce dernier, il fut vite enveloppé de flammes, alimentées par les pierres de lave de Baargi. Sur ce, Shaman et Vuadi arrivèrent et une flèche enflammée dans un œil acheva le géant gigotant. La Prêtresse utilisa sa gemme pour apaiser le début d’incendie puis se tourna vers le ciel. Là-haut, les deux lunes resplendissaient et elle vit aussi deux disques se poursuivre dans le ciel. Les vaisseaux des dieux, encore, pensa-t-elle craintivement. J’espère trouver ce qu’ils veulent ici… et qu’ils partiront…

- C’était sûrement le seul gardien, dit-elle aux autres en désignant l’entrée de la grotte, à demi cachée par un gros rocher qu’un géant pouvait déplacer. On n’a pas perdu trop de temps, allons vite chercher cette poudre magique ! Mais attention aux pièges…

Saar prit les devants, armé de son bâton enflammé magiquement pour les circonstances, suivi de Shaman et du Nain, alors que Vuadi fermait la marche avec son collier transformé en orbe lumineux. L’entrée de la grotte était rapidement suivie d’un long boyau étroit en pente douce, ce qui les rassura en ce qui concernait d’éventuels géants, trop gros pour passer par là. Ils avancèrent donc dans le couloir, espérant ne pas tomber tête à tête avec un ennemi supérieur en nombre. Ils se rendirent bientôt compte que les murs irradiaient leur propre lumière, suffisamment pour éteindre le bâton de Saar et l’orbe. Ils débouchèrent dans une magnifique salle, constellée de stalactites très anciennes qui gouttaient pour partie dans un bassin à l’eau mouvante et traversée d’un courant. Des stalagmites formaient comme un demi-mur qui séparait la salle en deux et là, le crâne d’une monstrueuse bête d’antan les regardait en grimaçant, avec des dents d’un mètre de long. Derrière le crâne se trouvait l’entrée d’un autre boyau, beaucoup plus en pente, et des rondins de bois avaient été à moitié enterrés par endroits pour ralentir la pente.

Le Nain, plus lourd avec son armure, passa devant avec satisfaction et se jeta avec entrain dans le boyau, suivi comme ils pouvaient par les autres, plus préoccupés à tenter de ralentir leur course pour éviter la chute que de voir où ils allaient. La galerie semblait s’enfoncer comme un immense tire-bouchon et ils perdirent de vue Baargi, emporté par sa vitesse. Il faut dire que les Nains adoraient les chutes d’eau et avaient l’habitude des mines et galeries. Ils pensaient sauter ainsi de rondin de bois en rondin de bois indéfiniment lorsqu’ils débouchèrent soudainement dans une vaste salle, où ils purent ralentir leur course et s’arrêter. Là, le Nain les attendait à côté d’un objet très étrange, qu’il menaçait de sa hache.

- N’y touche pas, cracha Vuadi en le foudroyant du regard, c’est ce qu’ils m’ont décrit.

Il s’agissait d’une grosse masse carrée, comme un rocher mais entièrement lisse et aucun grain n’accrochait la peau. Les angles étaient parfaits et ils n’avaient jamais rien vu de tel. Même la lame de la plus fine épée forgée n’était pas aussi lisse.

Elle se pencha et appuya sur une aspérité ovale de la chose. Ils firent tous un bond de trois mètres en arrière quand un déclic se fit entendre, puis un bourdonnement provenant du rocher étrange. Le Nain regarda la prêtresse et lui demanda si c’était elle qui avait enfermé un nid d’abeilles dans la pierre : les Nains n’aimaient pas qu’on contrarie la nature. Elle haussa les épaules, leva les yeux en l’air et se dirigea vers le fond de la salle :

- Nous n’avons pas fini notre tâche, par ici la suite…

Une autre galerie s’ouvrait entre deux monolithes gravés de symboles inconnus de bas en haut. Elle s’élargissait rapidement, tout en s’enfonçant en pente douce et ses parois luminescentes irradiaient un ton vert bouteille. Juste après un virage serré apparut un immense tunnel qui s’enfonçait tout droit dans la montagne, au milieu de la route se dressait une excroissance en métal, en forme de U à l’envers qui disparaissait avec elle au fond dans le lointain. Ils s’arrêtèrent, ébahis.

- T’es sûre que c’est par là ? s’étonna Baargi en voyant la piste semblant s’enfoncer sur des kilomètres.

- Tu as vu un autre chemin ? grinça Vuadi en avançant et en précisant : ne frappe pas sur ce rail…

Sur ce, le Nain lui tira la langue, bondit sur le rail en saisissant sa hache en fer et asséna un puissant coup au sommet métallique. Un éclair rouge et un bang sonore éclatèrent et Baargi atterrit, sonné, dans les bras de Shaman qui recula jusqu’à la paroi pour se retenir de tomber sous son poids. La hache était restée sur le rail, comme soudée et irradiait une lueur rouge. Ils allaient s’approcher à nouveau lorsqu’un nouvel éclair jailli et la hache s’envola au-dessus d’eux et rebondit contre la paroi derrière, pour retomber aux pieds de Shaman. Ce qui réanima instantanément le Nain, qui ouvrit de grands yeux avant de sauter des bras de Grana pour chuter sur ses fesses et regarder sa hache. Son fil irradiait encore d’une lueur rouge sang mais elle semblait intacte.

- Quand tu auras fini de te prendre pour le Fou du Roi, on pourra y aller, fulmina Vuadi avec un regard qui semblait lancer autant de rayons que la précédente explosion.

Le nain secoua sa tête pour s’éclaircir les idées et répondit en grognant :

- J’aime pas prendre le chemin qu’on a décidé pour moi… ce chemin étrange tout tracé est un piège…

Elle allait répliquer lorsque Shaman intervint en faisant un large geste :

- Taisez-vous ! Ecoutez !

Au loin, une sorte de sifflement sourd provenait du fond du tunnel, alors qu’on avait aussi l’impression d’entendre une immense armée courir dans leur direction… tac-tactac… ou des sabots nombreux se précipiter vers eux. Ils se regroupèrent par instinct et froncèrent les yeux pour distinguer ce qui approchait dans la noirceur du tunnel. Soudain, tout au fond apparut la lueur d’une torche très vive et blanche. Elle se transforma vite en une sorte de boule blanche lumineuse qui grossissait de plus en plus de son approche. Enfin, ils distinguèrent une sorte de monstre sombre, immense serpent qui semblait s’étirer des ténèbres. Des lueurs étranges apparaissaient le long des murs et le suivaient, comme des ombres lumineuses qui se précipitaient à ses côtés…

Ils firent demi-tour d’un même ensemble pour s’enfuir mais ils s’arrêtèrent net. Il n’y avait plus de chemin derrière eux : il avait disparu et une cloison de roches brutes fermait le sous-terrain à quelques mètres de là. Interloqués, ils interrogèrent tous Saar le Magicien du regard mais celui-ci ouvrit de grands yeux et écarta les bras, toujours avare de ses paroles…

Mais pendant ce temps, la chose s’était approchée très vite, son sifflement ne couvrait pas leur voix mais perturbait leurs sens inhabitués. Le serpent glissait sur le chemin de métal et il émettait de la lumière ! Devant lui et sur ses côtés. La légère descente le fit apparaître encore plus monstrueux : il avait deux grands yeux, comme deux grandes pièces d’or illuminées et une torche éblouissante sur son nez effilé, retroussé comme un patin de traineau.

Prêts à tout, ils saisirent tous leurs armes et attendirent, côtes à côtes en s’apprêtant à défendre chèrement leurs vies contre ce serpent monstrueux.

Ils furent déçus en la matière : le monstre ralentit soudainement pour s’arrêter à environ 100 mètres d’eux. Là, ils entendirent comme un ballon de baudruche se dégonfler bruyamment et des objets coulisser. Mais c’est le son nettement reconnaissable d’une foule bavarde et en mouvement qui les fit se rapprocher. Lentement, les armes levées et groupés par deux à gauche du chemin de métal. Plus loin, des marches apparaissaient et donnaient sur un vaste hall éclairé de lumières très douces et tamisées, mais qui laissaient apparaître curieusement tous les détails, y compris dans l’ombre pourtant présente. Là, le monstre s’était éventré lui-même pour laisser sortir une multitude de gens habillés de façon étrange…

Attiré par un banc entièrement en métal, la première chose qui apparaissait à leur gauche, le Nain connaisseur s’en approcha. Un objet étrange avait attiré son attention et il allait s’en saisir lorsqu’une voix lourde et traînante l’interpella. Une créature légèrement plus grande que lui était accourue et gesticulait. Il distingua un homme, ou était-ce une femme ? – aux traits lourds et empâtés surmontés d’une sorte de casque à moitié en tissu et en une matière inconnue, avec de curieux vêtements qui enserraient les jambes comme des tuyaux en bas. Il désignait la petite boite rectangulaire en métal tout léger qui avait attiré Baargi et parlait de façon stridente un langage inconnu tout en titubant quelque peu.

Avant que les autres ne puissent intervenir, le Nain bondit sur l’objet, le saisit de la main gauche tout en se protégeant de son lourd marteau, dressé à moitié. La créature s’arrêta net, les yeux comme des billes, tapa sa tempe de son index et recula maladroitement en maugréant… peu enclin à vérifier la signification de ce geste étrange, le Nain recula aussi, secouant fièrement l’objet qui se mit soudainement à se plaindre ! Non, il faisait de la musique décréta Baargi en reconnaissant le son du gong, voir de la flûte aussi. Il faillit le lâcher quand il prit vie dans le creux de sa main : il vibrait comme une mouche prise dans la poigne et faisait presque le même bruit.

Soudain, leur vue se troubla étrangement. Tout semblait apparaître en double de façon étrange, comme si chaque contour de chaque chose était légèrement décalé par rapport à l’autre, et en relief tout en s’interpénétrant. Saar sembla soudainement réaliser quelque chose et saisit sa bourse, jeta vite quelques pièces de cuivre et d’argent à l’étranger qui écarta stupidement les bras au lieu de les attraper. Pendant que leurs tintements résonnaient sur le sol, il leur désigna l’endroit d’où ils venaient d’un grand geste en s’y précipitant. Ils le rejoignaient à peine que tout sembla vibrer, tant le sol que les murs qu’eux-mêmes et leur vue. Quand tout se dissipa, à peine deux secondes plus tard, ils se retrouvèrent tous avec la bouche grande ouverte, idiots. Leur issue était bien là, telle qu’ils l’avaient laissés, et quand ils se retournèrent ils virent juste une caverne de taille modeste qui avait due être habitée il y a peu, mais déserte.

- Quel étrange rêve nous avons fait là !, s’exclama Shaman, et par quelle magie Saar ?

- Très puissante et qui me dépasse, assura, pour une fois modeste – ou prudent – le magicien.

- C’est plus qu’un rêve et de la magie, renchérit le Nain en montrant sa main.

L’objet qu’il avait saisit avant qu’ils ne se « réveillent » de ce curieux cauchemar en commun était bien là, brillant de sa couleur métallique bleutée. A ce moment, par inadvertance, le Nain caressa une face du rectangle plat de son gros doigt musclé et la face s’illumina subitement. Shaman, toujours prompt et aux aguets, rattrapa au vol l’objet lâché par le Nain de frayeur et le regarda avec de grands yeux ébahis… la tête d’un petit personnage en mouvement était apparue au milieu de la face du rectangle pendant qu’une petite voix fluette se faisait entendre.

Vuadi se précipita alors sur Shaman avec l’un de ses fichus de soie de luciole, lui prit la chose des mains et l’enveloppa fermement dedans, étouffant vite son et lumière.

- C’est un objet divin qu’il faut protéger et cacher. Nous devons le ramener au Temple rejoindre les autres reliques réunies depuis des milliers d’années… et prier. Je pensais trouver un trésor peut-être ici, mais c’est au-delà de mes espérances. Nous avons vécu un mystère et ramené une preuve : même les Géants vont se souvenir de nous pendant des générations, et pas seulement pour avoir réussi à tuer l’un des leurs…

A suivre pour d’autres légendes…

© Yves Herbo 02-2013

 

Extrait de ma nouvelle "Sentiments Profonds"

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Par Yves Herbo - parue dans Studio Babel 2

Moog, l’ordinateur, observait de ses yeux aveuglants son ami, assis devant le panoramique. Pour l’instant, Jay lui tournait le dos, et observait  silencieusement l’espace. Moog se rappela les paroles si souvent prononcées : « La Voie Lactée est un joyau incomparable, une pierre précieuse blottie dans son écrin, l’Univers… ». La Galaxie déroulait ses méandres multicolores parmi les ombres indéfinissables du cosmos. Là, perdue au milieu des multiples points lumineux, se trouvait la Patrie, beauté entre les beautés.

  Ils avaient quitté la Terre voilà bientôt deux ans, l’esprit gonflé de courage et de curiosité. Ils en avaient croisés, des joyaux ! Des splendeurs inégalées, des rubis fantastiques. C’est incroyable comme l’Univers renfermait de beautés cachées ! Qui l’aurait cru, noyées dans toutes ces multitudes planétaires espacées par un néant immense…

Mais l’enthousiasme des débuts s’était éteint complètement. Pourtant, Jay en avait, de l’enthousiasme ! C’est simple, il était gonflé à bloc. Les premiers mois avaient été enchanteurs pour eux. Ce n’était que gaîté et jeux à ce moment… combien avaient-ils disputés de parties d’échec ou de batailles spatiales  à l’époque ?

Moog se souvenait de tout cela, les longues conversations animées sur divers sujets, les commentaires partagés ou non devant un film, les plaisanteries lancées à la volée, les éclats de rire de Jay lorsqu’il se souvenait trop tard qu’il se trouvait dans la salle d’exercices, et que son café liquide flottait en bulle à cause de l’apesanteur de la salle… puis Moog pensa à Gina. S’il avait eu un cœur, il se serait brisé à ce moment. Gina, la si belle femme qui accompagnait Jay.

Avec elle, c’était formidable… ses exclamations d’allégresse et de joie retentissaient alors dans les coursives vides, parvenant aux écouteurs amusés et envieux de Moog.

Ah, pourquoi les techniciens terriens avaient-ils rendus Moog si… si humain ! Ont-ils simplement réalisé qu’en donnant des sentiments et des sensations psychiques à un ordinateur, ils le feraient souffrir ? Ou était-ce une impossibilité pour eux ? Pourquoi, pourquoi donc avaient-ils inventé cet être mi-mécanique, mi-humain ? Humain par l’esprit, mécanique par le corps ?

Moog, en pensant toutes ces choses, savait que c’était idiot. Il aurait dû être reconnaissant, au contraire, d’avoir la chance d’exister ! Et pourtant… Il savait qu’il se torturait inutilement. Il ne pouvait plus rien faire. Il ne pouvait plus rien faire d’autre que regretter. Regretter de toutes ses forces, avec amertume.

— Jay… je sais. C’est horrible…

Jay ne répondit pas. Moog s’y attendait. Comment donc Jay aurait-il pu lui pardonner ? À lui, son ami ?

— Jay… je t’en supplie, dis quelque chose !

(...) à suivre... (c) Yves HERBO.

(10865 caractères) - Vous pouvez vous procurer mes nouvelles parues dans Studio Babel 1 et 2 chez LULU.com, ici.

Yves Herbo (c) 06-2012

 

La Pierre dans la Montagne

cadotte-pass1860.jpg Cadotte Pass-Tableau 1860

Par Yves Herbo (c) 07-2011

Nord du Missouri, vers les Greats Falls, septembre 1865. La nuit tombante était dégagée, l’air était doux et James Lumley s’arrêta un instant pour boire quelques lampées d’eau de sa gourde. Lumley était un trappeur d’expérience, né du côté de Putnam County, il y avait un peu plus d’un demi-siècle. Cela faisait 35 ans qu’il chassait et tannait des peaux entre les Rocheuses et Great Falls, du Montana au Missouri. Cet après-midi, il avait repéré une famille de castors établie sur un des petits cours d’eau qui allait nourrir le Mississippi plus bas dans la vallée, et n’avait pas voulu trop s’en éloigner. Tant pis pour sa cabane installée plus haut, il avait de quoi camper, la nuit devrait être douce et sans vent. Il se dirigea vers un campement idéal repéré plus tôt dans la journée, un abri naturel créé par un gros bosquet de centaurées au nord, protégeant de l’air frais et d’un mur de gros rochers en forme de L qui fermait l’espace à l’est et au sud.

Les premières étoiles commençaient à apparaître dans le ciel violacé quand, du coin de l’œil, Lumley fut surpris par un soudain éclair, ou une luminosité de quelques dixièmes de seconde dans le ciel, vers l’ouest. Il tourna la tête dans la direction et s’immobilisa, aux aguets. Ses instincts de chasseur-poseur de pièges s’étaient aussitôt alarmés, et il ressentait un imperceptible changement dans l’atmosphère. Un silence anormal semblait résonner dans ses oreilles, même les oiseaux s’étaient tus, et tout était figé, comme si le temps lui-même s’était arrêté.

Soudain, entre deux battements sourds de son cœur, le trappeur entendit comme un grondement de tonnerre, long et en augmentation, alors qu’un nouvel éclair illuminait le ciel vers l’ouest et qu’une grosse étoile grossissait au-dessus des Rocheuses.

Les étoiles filantes ou traînées de bolides n’étaient pas exceptionnelles pour lui, tout comme les orages violents, les tempêtes de neige ou de sable suivant les saisons, les tornades même et les crues imprévues. Mais ce point lumineux, tirant sur le rouge-orangé, surmonté d’un panache blanc, ne provenait pas des régions du ciel habituelles, plus hautes. Il était presque à l’horizontale, entamant à peine une légère descente. Et surtout, il grossissait à vue d’œil et se dirigeait dans sa direction, dans une trajectoire oblique le menant à passer au nord de sa position, vers Cadotte Pass. À peine cinq secondes s’étaient écoulé, semblant durer beaucoup plus longtemps, que l’objet lumineux éclata en de multiples morceaux, comme un feu d’artifice ou une boule de pollen soufflée par le vent.

Etonné mais ravi par cette magnifique vision, il repartait en direction de son abri quand le bruit d’une explosion résonna en direction du nord, puis la terre se mit à trembler, à vibrer légèrement. Quelques oiseaux affolés s’envolèrent d’un bel ensemble, alors qu’un bruit semblable à une forte pluie s’amplifia un instant et qu’un puissant vent courba la cime des arbres alentours. L’air s’était aussi rempli d’une odeur particulière, ayant un caractère sulfureux. Le tout s’arrêta deux minutes après, et la nature reprit aussitôt ses droits, une chouette plongea sur un rongeur, un coyote gémit au loin… Lumley rejoignit son campement et se promit d’aller voir ce qu’il en retournait dès le lendemain.

Remettant à plus tard la famille de castors, notre homme décida que la pose de quelques pièges du côté de la crête Nord-Ouest des Great Falls devrait être bénéfique, et s’en alla donc dans cette direction, tôt après le lever du soleil. Il avait bien parcouru trois kilomètres lorsqu’il tomba sur un chemin comme tracé à travers la forêt : de gros arbres géants déracinés, d’autres cassés ou pliés près du sol, beaucoup de branches brisées. Un peu plus loin, même le sommet des collines était rasé,  la terre littéralement labourée par un énorme sillon. Un grand ravage avait dévasté les environs, un peu comme une tornade, se remémora le trappeur.

Il suivit le chemin chaotique en direction du flanc de la montagne, qui trônait un kilomètre plus haut, et aperçut en y arrivant l’origine de tous ces bouleversements : une énorme roche sombre s’était encastrée dans la paroi de la montagne. À cet endroit précis, un silence profond régnait, et même les animaux préféraient encore s’en éloigner. Il faut dire qu’une odeur d’œufs pourris ou de souffre flottait dans l’air quand Lumley s’en approcha.

La pierre était encore chaude et on entendait de petits crépitements tout le long de la paroi rocheuse, recouverte de lichens ou de cactae, sauf à l’endroit où la pierre de plusieurs mètres de large s’était enfoncée. Il recula instinctivement quand il marcha sur ce qui ressemblait à du verre, éparpillé sur un sol recouvert de taches noires, comme s’il avait bu récemment du liquide. Or, il n’avait pas plu depuis au moins deux semaines dans le coin, il était bien placé pour le savoir. Il s’attarda à examiner la pierre, ou tout du moins ce qui dépassait de la paroi, constata que la roche s’était divisée en plusieurs blocs sous l’impact et que sur plusieurs endroits, au niveau des déchirures, des signes étranges étaient visibles.

Lumley, comme beaucoup de citoyens de l’époque, avait vu des caractères chinois qui ressemblaient plus ou moins à ces dessins, mais le fait qu’ils soient sur cette pierre tombée du ciel relevait du surnaturel. Pour lui, c’était visible sous ses yeux, cette roche appartenait à un plus grand ensemble, qui avait éclaté et dont l’un des gros débris était tombé ici. Comprenant qu’il ne pourrait pas découvrir grand-chose d’autre, le trappeur prit des repères pour retrouver facilement l’endroit, ramassa plusieurs échantillons de « verre » et de roches puis partit s’acquitter de sa tâche quotidienne…

Les chaleurs de septembre s’étaient déjà éclipsées en ce début octobre pluvieux et venteux lorsque Lumley, avec son cheval et sa mule chargés de peaux, arriva dans la ville de Everett House, Missouri. Il avait bonne réputation, même s’il ne savait pas trop bien lire ou écrire, il savait compter et on le disait honnête. N’ayant au aucun mal à vendre sa marchandise à bon prix, il allait repartir quand il décida de raconter l’histoire qui lui était arrivée le mois précédent.

L’homme n’ayant pas l’habitude de raconter des sornettes et ne buvant pas avec excès parut tellement sincère qu’un journaliste présent s’intéressa à l’affaire. Le curieux, nommé John Riley et détenteur d’une colonne dans le Daily Missouri Democrat, interrogea James Lumley, qui finit par le convaincre par son assurance et enthousiasme. Et surtout en lui montrant ses preuves, dont des échantillons des signes trouvés dans la roche éclatée. Riley était d’autant plus attentif que, effectivement, un météore avait été signalé le mois dernier. Il avait été vu à Leavenworth, à Galena et dans cette cité par le colonel Bonneville en personne. À Leavenworth, on l’avait vu se séparer en particules ou exploser.

Ravi d’avoir pu témoigner de son histoire pour la postérité mais n’éprouvant aucun autre intérêt pour la chose, James Lumley laissa ses échantillons pour repartir à une dernière campagne de chasse avant l’hiver. On n’entendit plus parler de lui.

Riley, conscient d’avoir peut-être mis le doigt sur un article scientifique intéressant, put s’entretenir avec quelques collègues journalistes et même, grâce au télégraphe électrique de monsieur Morse, avec quelques astronomes. Il avait aussi lu les découvertes du français Champollion, et fit le rapprochement avec des hiéroglyphes immédiatement. Son article parut le 19 octobre 1865 en bonne place, et fut remarqué par des universitaires des Etats environnants. Il était extrêmement peu probable, à leur avis, qu’un trappeur presque illettré ait pu inventer une telle histoire inédite, recoupée d’ailleurs en partie par d’autres témoins. Ce fut en novembre 1865 que Riley reçut une missive d’un certain Abott Schultz, archéologue de son état, attiré par la mention des hiéroglyphes. Le scientifique désirait le rencontrer rapidement, et le prévenait même qu’il était déjà en route, de New-York, pour le voir !

Le professeur Abott Schultz, compte tenu des différents moyens de transport empruntés pour le trajet, arriva début décembre à Everett House. Et, après une courte pause dans l’un des rares hôtels de la ville, il retrouva Riley à son domicile. Ce dernier avait préparé l’entrevue en invitant l’un des meilleurs cuisiniers de la ville, un grand costaud d’origine française qui était arrivé de Louisiane dix ans plus tôt, le pasteur Mortimer Lawson, d’obédience protestante et un confrère journaliste de passage du Charleston News, son ami John Pipper. Les courtoisies et présentations classiques furent rapidement dépassées lors du repas et les hommes entrèrent vite dans le vif du sujet : Riley retira une peau de castor qui couvrait les échantillons, étalés sur une table.

Vous voulez dire que ces quelques débris viennent du ciel ? s’exclama Henry Rochette, qui n’était pas seulement cuisinier, mais aussi peu crédule de nature. Des cailloux qui ont cassé une antiquité et du verre, c’est tout ce que je vois…

—  Ne vous fiez pas à votre premier coup d’œil, s’il vous plaît, intervint Riley, j’ai eu le temps de faire procéder à plusieurs analyses chimiques qui valident la provenance météoritique de ces roches. D’autres semblent contenir des échantillons de plusieurs minerais me faisant penser à un alliage, que je n’ai pu identifier avec mes ressources limitées ici. Même le verre ne reflète pas un spectre normal, y compris comparé aux cristaux comme le quartz, d’après le professeur Bishop à Saint-Louis, à qui j’ai envoyé des débris.

 — Hum, fit Schultz en prenant l’un des plus grands débris, composé de deux morceaux de roches sombres mêlées par la fonte d’un côté, et sur lequel apparaissait, sur l’autre face, plusieurs signes en reliefs, aussi bien en lignes qu’en colonnes, très petites. Il approcha une loupe de l’objet et murmura : ce n’est pas de l’égyptien antique, ni des caractères runes trouvés à Sumer. Pas plus de l’asiatique à ma connaissance. Mais c’est indéniablement artificiel ! Je pensais que vos « dessins » étaient créés par la fonte de la pierre… mais là ! Vous avez mis le doigt sur quelque chose d’incroyable, si l’histoire du trappeur est réelle...

Le pasteur fit le tour de la table et, trouvant un autre débris semblable, passa le doigt dessus avant d’affirmer :

— En plus, les gravures sont effectuées parfois en creux, parfois en aspérités. Quel démon a pu fabriquer ce genre de chose ? Si le trappeur avait raison, il y aurait de gros problèmes de rhétorique envers l’Eglise et la Science… Personnellement, je pense plutôt que la météorite a fracassé une vieille tombe indienne dans la montagne… Ces sauvages sont capables de toutes les hérésies…

Pipper, qui n’avait pas ouvert la bouche depuis la vision des échantillons, s’éclaircit la voix et lança d’une voix malgré tout aphone :

— Le seul moyen de nous départager sur la question est de monter une expédition et d’aller voir…

— Pas de problème en ce qui me concerne, mes amis ! assura le pasteur avec un grand sourire. L’aventure m’intéresse, mais il va falloir faire vite si nous voulons éviter les grosses rigueurs de l’hiver à venir. Mais, monsieur Pipper, votre état de santé me fait penser que ce ne serait pas raisonnable vous concernant…

— Effectivement, les gamins de ma sœur semblent m’avoir contaminé récemment ! Je m’occuperais donc, pendant votre voyage, de comparer ces signes avec ceux des indiens que nous connaissons, pour appuyer ou non votre théorie, pasteur…

— Je ne peux délaisser mes fourneaux en cette période, intervint Rochette, mais je peux vous fournir le matériel nécessaire à votre petite expédition. Ce n’est pas si loin que ça, après tout, vous devriez être revenus bien avant noël.

— Surtout que les traces risquent de disparaître très vite avec l’humidité et la végétation qui s’accroissent, renchérit Riley : nous ne pourrons peut-être pas retrouver l’endroit au printemps prochain.

— Nous sommes donc trois, dit Abott Schultz. Je me dois d’assister à cette expédition pour des raisons scientifiques évidentes. Je pourrai obtenir plus d’aides financières à notre retour, suivant nos conclusions, mais je peux déjà investir l’or en ma possession ici.

— J’ai déjà la plus grande partie du matériel nécessaire dans ma grange, le rassura le pasteur, qui était également proche de la nature, explorant dès qu’il le pouvait la région encore désertique. Nous pourrons partir après-demain, si ce cher Monsieur Rochette nous prévoit de quoi manger pour trois semaines d’ici là !

— C’est comme si c’était fait, assura le pesant cuisinier en prenant congé.

Les choses entendues, les hommes se séparèrent tandis que Riley et Pipper,  penchés sur les cartes,  tentaient de trouver le chemin le plus rapide et le plus sûr pour atteindre l’endroit indiqué par le trappeur.

Les cinq hommes s’étaient bien démenés le lendemain de cette réunion, ce qui leur permit de lancer leurs chevaux dès l’aube, à un rythme soutenu mais régulier et pas trop fatigant pour les montures. Ils s’arrêtèrent quand il le fallait pour abreuver les bêtes car une douceur un peu brumeuse détonnait en ce début décembre, même dans les montagnes. Ils se dirigèrent donc sans encombre vers Cadotte Pass qu’ils atteignirent quatre jours plus tard. Ils mirent une journée de plus pour retrouver l’endroit indiqué par le trappeur, dans un lit d’éboulements cachés par de nombreux bosquets d’arbustes épineux qu’ils devaient contourner.

Ils trouvèrent, bien que commençant déjà à être recouverts par les herbes ou plantes, les dégâts décrits par le trappeur et cette nette ligne droite parmi les arbres, les collines et les épineux. La grosse pierre avait frôlé le sol, rebondissant même pour finir par s’encastrer et éclater contre la paroi. Trajectoire peu commune pour une météorite, constata Schultz aussitôt, prenant d’une main frénétique ses notes. Malheureusement, la nuit tombait vite dans les montagnes, et ils ne purent s’approcher d’avantage ce soir-là, préférant aller camper plus bas dans une clairière avec les chevaux, qu’ils devraient abandonner le lendemain, les épineux étant trop serrés vers l’endroit visé…

Cette nuit-là, alors que chacun dormait d’un sommeil profond dû à la fatigue du voyage, une épaisse brume se leva et envahit rapidement tous les environs. Du ciel, un sifflement ténu jaillit, accompagné d’une lumière éblouissante. Un énorme globe lumineux surgit, comme apparu sur place, et demeura suspendu au-dessus du campement des curieux. Aucun bruit d’aucune sorte ne troublait maintenant la nature,  même les chevaux étaient figés et dormaient profondément. Un rayon intense de lumière blanche apparut à la base du globe, très épais, paraissant presque solide. Contrairement à un rayon normal, il s’arrêtait net à quelques mètres du sol, comme coupé au ciseau et n’éclairait pas, malgré sa forte luminosité. Un autre rayon surgit soudain, d’une couleur nettement rouge-orangé, et se dirigea comme par à-coups, un peu comme un assemblage de rectangles, ou une file de dominos en ligne droite, vers la paroi de la montagne où la roche s’était encastrée. Ce rayon resta de longues minutes collé à la montagne, pulsant un peu comme un cœur lumineux à cet endroit.

Soudain, le rayon blanc, presque fluorescent, s’abaissa sur les silhouettes endormies, ainsi que sur les chevaux. Les formes humaines et animales, enveloppées par le rayon, s’élevèrent rapidement vers le globe qui les absorba, pendant que le rayon se rétractait et disparaissait, par à-coups comme il était arrivé. La grosse boule lumineuse sembla frémir ou pulser et le rayon rouge se mit à balayer l’ensemble du flanc de la montagne, puis de la végétation environnante. Quelques minutes plus tard, un orage de vent se leva soudainement et des bourrasques tourbillonnèrent comme une tornade, emportant les débris du campement des curieux, ravageant tous les environs sur plusieurs hectares. Pour finir, la boule, que la tempête n’avait même pas fait frémir, s’éleva dans le ciel de plus en plus rapidement pour disparaître à une vitesse que l’œil ne pouvait suivre…

Lorsque Pipper et Rochette ne virent pas revenir leurs amis dans les temps, ils donnèrent évidemment l’alerte, mais de nombreux jours étaient passés depuis leur départ, la lenteur des communications, ainsi qu’un hiver plus précoce que prévu, repoussèrent au printemps une recherche sérieuse de ce qui avait bien pu arriver à l’expédition.

Pipper et Rochette, n’ayant pas du tout les relations et possibilités de leurs amis qui avaient en plus emmené la majorité des échantillons pour les comparer sur place, abandonnèrent petit à petit espoir et intérêt. Personne ne vit quoi que ce soit d’ailleurs dans les environs, hormis de classiques traces d’orages ou de tornades, peu banales dans la région, et plus personne n’entendit parler non plus du météore aux hiéroglyphes… avant 1897… mais c’est une autre histoire…

 (c) Yves Herbo - (05 et 06-2011)

« Cette histoire est basée sur des faits réels, décrits dans le journal The Daily Missouri Démocrat du 19/10/1865 dont certaines archives ont été numérisées, mais elle est une œuvre de pure fiction dans son développement et est parue dans le magazine de Science-Fiction "Studio Babel N°1" (8/2011).

Une histoire similaire s’est à nouveau produite et a même été décrite dans plusieurs journaux de l’automne 1897. Des scientifiques de l’époque se sont penchés sur une météorite comportant des signes gravés, météorite qui a d’ailleurs été exposée un certain temps, avant de disparaître complètement, et physiquement, de la mémoire collective… » Yves Herbo

Voici les éléments parus à l'époque sur cette étrange histoire de la fin du 19ème siècle, ainsi que d'autres observations :

missouri-democrat-10-19-1865-strange-story.jpg the-daylight-meteor-the-charleston-news-12-25-1893.jpg message-perhaps-from-mars-new-york-times-11-14-1897.jpg wiggins-on-the-aerolite-new-york-times-11-18-1897.jpg 

Désolé pour les vieux extraits de journeaux de mauvaise qualité mais cela fait partie des témoignages sauvés du passé. Voici le texte plus lisible de la plus ancienne manchette de journal de du 19-10-1865 :

A STRANGE STORY-REMARKABLE DISCOVERY

 

missouri-democrat-10-19-1865-heading-on-black.jpg

Missouri Democrat

10-19-1865

Mr. James Lumley, an old Rocky Mountain trapper, who has been stopping at the Everett House for several days, makes a most remarkable statement to us, and one which, if authenticated, will produce the greatest excitement in the scientific world.

Mr. Lumley states that about the middle of last September, he was engaged in trapping in the mountains about seventy-five or one hundred miles above the Great Falls of the Upper Missouri, and in the neighborhood of what is known as Cadotte Pass. Just after sunset one evening, he beheld a bright luminous body in the heavens, which moved with great rapidity in an easterly direction. It was plainly visible for at least five seconds, when it suddenly separated into particles, resembling, as Mr. Lumley describes it, the bursting of a sky-rocket in the air. A few minutes later, he heard a heavy explosion, which jarred the earth very perceptibly, and this was shortly after followed by a rushing sound, like a tornado sweeping through the forest. A strong wind sprang up about the same time, but suddenly subsided. The air was also filled with a peculiar odor of a sulphurous character.

These incidents would have made a slight impression on the mind of Mr. Lumley, but for the fact that on the ensuing day he discovered, at the distance of about two miles from his camping place, that, as far as he could see in either direction a path had been cut through the forest, several rods wide-giant trees uprooted or broken off near the ground- the tops of hills shaved off and the earth plowed up in many places. Great and widespread havoc was everywhere visible. Following up this track of desolation, he soon ascertained the cause of it in the shape of an immense stone driven into the side of a mountain. An examination of this stone, or so much of it as was visible, showed that it was divided into compartments that in various places it was carved with curious hieroglyphics. More than this, Mr. Lumley also discovered fragments of a substance resembling glass, and here and there dark stains, as though caused by a liquid. He is confident that the hieroglyphics are the work of human hands, and that the stone itself, although but a fragment of an immense body, must have been used for some purpose by animated beings.

Strange as this story appears, Mr. Lumley relates it with so much sincerity that we are forced to accept it as true. It is evident that the stone which he discovered, was a fragment of the meteor which was visible in this section in September last. It will be remembered that it was seen in Leavenworth, Galena and in this city by Col. Bonneville. At Leavenworth it was seen to separate into particles or explode.

Astronomers have long held that it is probable that the heavenly bodies are inhabited—even the comets—and it may be that the meteors are also. Possibly, meteors could be used as a means of conveyance by the inhabitants of other planets, in exploring space, and it may be that hereafter some future Columbus, from Mercury or Uranus, may land on this planet by means of a meteoric conveyance, and take full possession thereof—as did the Spanish navigators of the New World in 1492, and eventually drive what is known as the « human race » into a condition of the most abject servitude. It has always been a favorite theory with many that there must be a race superior to us, and this may at some future time be demonstrated in the manner we have indicated.

(c) Yves Herbo - SFH 25-06-2012

 

Les océans réchauffés par les câbles électriques

les-cables-sous-marins.jpg Le câblage sous-marin s'étend discrètement comme une toile d'araignée...

Un article publié dans le magazine Ai confiance par le Professeur Elvira Lwest jette le trouble dans la communauté scientifique, les autorités compétentes et les industriels concernés : les milliers de kilomètres de câbles éléctriques et de communications qui reposent au fond des océans entre les continents émettent un rayonnement calorifique non négligeables sur de vastes couloirs sous-marins établis entre pays.

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Ce rayonnement a notamment été détecté par plusieurs satellites scientifiques ainsi que par des mesures établies à partir de plate-formes pétrolières. Mieux encore d'après la scientifique, les rayonnements émis concerneraient aussi le magnétisme induit par des courants électriques de différentes forces se croisant en profondeur, modifiant localement l'environnement : des plongées récentes et des observations par robots montreraient une modification locale de la flore et de la faune, y compris des mutations et des extinctions.

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Le GREC contacté a affirmé être au courant du problème depuis 10 ans et la découverte qu'un gros câblage le long de la banquise antarctique avait fait fondre une bande de 2000 kilomètres de long sur 10 mètres de large du sol glacé, transformant ce dernier localement en boue instable, en permanence entre le gel et le dégel. Les études sur la création et dispositions de sondes et thermomètres de grandes profondeurs le long des câbles durent toujours et des calculs seront intégrés pour l'estimation du réchauffement climatique des coraux.

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Certains météorologues et spécialistes de la mer envisagent sérieusement un lien entre les grands tourbillons apparus récemment dans l'Atlantique et le Pacifique et les perturbations électro-magnétiques émises par les câbles...

carte-cables-rompus-sud.jpg Câbles rompus en méditerrannée suite à séismes (réel comme toutes les cartes)

Source : http://petemoncable.et

Yves Herbo pour SFH 06-2012 :) - Humour écologique ?

 

Sortie du recueil Numero 2 de Studio Babel

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Voici un très bon recueil de nouvelles de 9 auteurs de fictions, et je ne dis pas ça parce qu'il contient l'un de mes textes "Sentiments Profonds"... Vous pouvez lire gratuitement ce recueil (et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !) en allant ici :

 

et (si vous l'avez apprécié et voulez aider), vous pouvez le commander en versions imprimées ou téléchargeables ici :

 

Un aperçu des 10 premières pages y est aussi proposé. Voilà les auteurs : Claude JégoAdam Joffrain, Yves HerboJacques Païonni, Blanche Saint-Roch, Mehdi Saddra, Anne Springer, Jacqk, Lyvins Frédéric et illustrateurs : Tony Szabo, Lydie Blaizot.

Petit rappel du Studio Babel N° 1http://fr.calameo.com/books/00078841350787c4e19a2

Merci de vos soutiens

© Yves Herbo

DEPENDANCE TOTALE

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Voilà un petit texte que j'ai retrouvé et qui a été "pondu" en 1972, alors que j'avais encore 12 ans ! Le voici reproduit ici en intégralité et pour la première fois d'ailleurs. Soyez donc indulgent avec lui et pardonnez ses défauts de jeunesse (quel titre...).

DEPENDANCE TOTALE

Thaïf s'inquiétait énormément. On l'avait arraché à sa terre natale et on l'avait emporté dans un endroit sec et pauvre. Où il était avant, il se portait bien, on prenait soin de lui et l'endroit était humide à point.

Le plus incroyable était qu'on lui avait coupé toutes ses substances nourricières. Comment l'être qui prenait soin de lui voulait--il que Thaïf reprenne vie ?

Les nourrisseurs- ainsi les Guers appelaient les êtres qui prenaient soin d'eux - étaient des choses gigantesques et répugnantes, qui leur procuraient la nourriture, l'eau et le site d’implantation.

Thaïf savait qu'il avait changé de nourrisseur, et il sentait bien que ce dernier était beaucoup moins amical. Il regrettait son ancien nourrisseur. Thaïf savait également que des Guers mourraient par la faute de certains nourrisseurs. Cela allait-il lui arriver ? Jamais il ne s'en aurait douté, auparavant. Thaïf avait un peu peur. Si il aurait pu se déplacer, il se serait enfuit. Mais les Guers avaient perdu le pouvoir de se mouvoir depuis de nombreuses générations.

Les Guers étaient des êtres frêles, qui n'esquissaient plus aucun mouvement. Leur civi­lisation était fondée sur la spiritualité, et ils correspondaient entre eux par télépathie. Les Guers pouvaient vivre longtemps, ou mourir dès leur naissance. Cela dépendait exclusive­ment des nourrisseurs, et de nombreux Guers regrettaient cet état "de chose.

Les Guers n'étaient entrés qu'une fois en contact avec les nourrisseurs, il y avait des quantités immenses de générations auparavant. Mais les Guers se transmettaient leur histoire depuis toujours, et ils n'oubliaient pas.

Et la seule fois que les Guers ont pris contact avec les nourrisseurs, cela avait été pour sceller un contrat. Les conditions étaient simples, et à l'avantage des Guers. Les nour­risseurs devaient éternellement prendre soin d'eux, et de leur coté, les Guers devaient faire profiter les nourrisseurs de leur beauté. Car les Guers étaient beaux, et ils le savaient.

Et les Guers se laissèrent faire, ils s'implan­tèrent partout sur la planète et procréèrent. Mais les Guers devaient rester immobiles, afin de toujours montrer leur beauté aux nourrisseurs. En effet, si les Guers partaient après avoir été nourris, le contrat était faussé, cassé. Mais les êtres frêles, à force de rester immobiles, perdirent le pouvoir de se mouvoir et ils pro­créèrent sur place, donnant toujours aux nour­risseurs de nouveaux Guers à soigner.

Les Guers regrettaient aussi de n'avoir rien d'autre à offrir que leur beauté aux nourrisseurs. Il existait des Guers sauvages, qui s'implantaient d'eux-mêmes et qui se nourrissaient naturellement et comme ils pouvaient. Ces Guers-là étaient beau­coup moins beaux que les " civilisés ".

Parfois, Thaïf regrettait de ne pas être un Guer sauvage. Maintenant, les Guers étaient les esclaves des nourrisseurs, ils ne pouvaient plus rien contre eux, et si les nourrisseurs voulaient les laisser mourir, ils mourraient.

Les Guers regrettaient leurs grands pouvoirs télépathiques de jadis, ceux avec lesquels ils avaient pris contact avec les nourrisseurs. Maintenant, les Guers étaient contrains de se laisser faire, ils ne pouvaient plus entrer en contact avec leurs protecteurs. Ils étaient abaissés au niveau des animaux asservis.

Thaïf sentit que son nourrisseur arrivait. Allait-il enfin être bien soigné ? Il suffirait de bien peu pour qu'il reprenne vie. De l'eau, tout simplement.

Thaïf sentit soudainement l'humidité du sol. Son nourrisseur lui donnait enfin de l'eau ! Thaïf étendit doucement ses antennes nourricières. Elles se rétractèrent aussitôt. Il y avait bien de l'eau, mais il avait détecté des substances chimiques néfastes dans cette eau. Il ne pouvait pas se réhydrater. Son nourrisseur voulait-il sa mort, ou bien ne s'était-il pas rendu compte que son eau était polluée ?

Soudain, Thaïf sut qu'il allait mourir. Il dit adieu à ses congénères, leur expliquant son cas, et laissa sa beauté se flétrir. Il avait résisté très longtemps, trop longtemps. Il sentit sa parure tomber, son corps se courber.

Le nourrisseur allait-il le laisser ainsi ? N'avait-il pas de pitié ? Que faisait-il du contrat ? Ses minuscules cellules cervicales atrophiées se désagrégeaient. Il essaya de faire un mouvement, comme il l'avait si souvent tenté, mais il n'eut pas plus de succès que les autres fois. Il sentit un être reproducteur se poser sur l'un de ses organes sexuels, mais il s'envola aussitôt, probablement déçu. Les êtres reproducteurs étaient des choses minuscules, à l'inverse des nourrisseurs. Ils à'étaient pas intelligents, ils faisaient ça par besoin.

Les Guers étaient hermaphrodites, mais ils ne pouvaient plus se reproduire directement. Alors, de petits êtres transportaient les gènes d'un organe sexuel à l'autre, ensemençant ainsi. Les Guers aimaient bien les reproducteurs, car en définitive, c'était grâce àeuxqu'ils pouvaient procréer maintenant. Plus aucun être ailé de se posera sur Thaïf, maintenant...

Thaïf sentit ses pointes organiques se hérisser, uniques et pauvres défenses contres les attaques. Ses membres protecteurs se flétrissaient. Soudain, une atroce douleur monta en Thaïf, partant des organes nourriciers et implanteurs. Thaïf sut aussitôt que c'était la fin. Des centaines de Guers entendirent le cri déchirant de Thaïf. On commença une cérémonie d'adieu et de tristesse...

Jamais les Guers n'auraient imaginé que les nourriciers auraient pu oublier leur contrat, pendant ces millénaires. En effet, quand les Guers les avaient connu, ils n'étaient encore que des idiots primitifs. Les Guers, eux, restaient toujours au même niveau, et ne pouvaient comprendre l'évolution, c'est ce qui les perdait...

* * *

Manuel Cortega cracha à terre et jeta sur le sol le massif d’orchidées qu'il venait d'arracher. Il avait volé cette plante il y a quelques jours, dans une belle propriété de la ville. Il aurait voulu qu'elle reprenne. Quel chic cela aurait fait, parmi les cases des voisins du bidonville !

Manuel haussa les épaules et rentra dans sa case en tôle, où ses six enfants l'accueillirent avec un bruit infernal. Agacé, il ressortit, regarda en passant les restes du beau massif d’orchidées. Mais les racines pourrissaient, les fleurs étaient flétries et les feuilles déchiquetées. Il haussa à nouveau les épaules. Drôle d'idée, qu'il avait eu de replanter une plante de riche dans un bidonville. Hier, il avait eu son jour de succès. Tout le monde venait voir son orchidée. Aujourd’hui, c'était fini.

Bah, soupira-t-il, cela avait égayé un peu sa vie de pauvre. Il se tourna vers la mer et contempla le paysage grandiose d'un air outré. Il se demanda pourquoi tant de monde venait voir Rio, capitale des bidonvilles !

Le même jour, des milliers d’orchidées moururent à Rio de Janeiro. C'était le premier geste de protestation des Guers. Mais personne n'y fit attention…

Le jour où les Guers mourront tous le même jour, par leur désespérance, peut-être les humains se souviendront-ils de leur contrat ? Qui sait ?...

FIN

© Yves Herbo - 1972/29-03/2012

 

 

Je n'étais qu'un androïde - Extrait

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Extrait de mon roman de SF " Je n'étais qu'un androïde", paru en 2011 aux éditions Baudelaire (contrat fini) et Amazon. (c) Yves Herbo.

 

" (...) Le Coordinateur m’a bien tué. Alors, les terriens ont le moyen de faire renaître les morts ! Je peux bouger. Nephtys me regarde avec des yeux étonnés. Je lui souris avant de me lever. Grey me plonge dessus, il me pousse sous une racine. J’avais oublié le Chra ! Nephtys se met à ramper vers moi. Je la reçois dans mes bras. Il y a maintenant trois Chras. Ils doivent nous rechercher. Après le carnage des policiers, c’est normal.

Le Coordinateur ! Il devrait à nouveau essayer de nous tuer ! Pourquoi ne le fait-il pas ? Grey me fait signe. Il faut partir. Des militaires arrivent dans notre direction. Les questions, à plus tard !

— Où allons-nous ?  

—Nulle part. Nous nous planquons dans la jungle.

—Suis-nous !

Je ne comprends pas tellement le terme «planquer» que Grey a employé. Nephtys s’est déjà éloignée en suivant Blue. Je suis le dernier. Ça m’apprendra à me poser trop de questions. Sur ce point le Coordinateur avait raison.

Je m’élance en courant à la suite de Grey. Je me retourne un instant en entendant un bruit. Plusieurs militaires habillés en rouge, je les vois. Ils se mettent à courir vers moi. Je ne vois plus Grey. Les branches épineuses me giflent et me déchirent dans ma fuite. Tant pis ! Je fonce. Tout droit. Je sens un rayon me frôler. Un arbre à côté de moi tombe en flamme. Vite ! Encore plus vite ! Alors que je saute par-­dessus un gros tronc renversé, je sens une main me retenir par la jambe. Je suis pris. Avec l’énergie du désespoir, je me secoue. L’homme m’attire vers lui, sous le tronc.

— Qu’est-ce qui te prend ! Cache-toi !

C’est Grey ! Je n’ai pas le temps de m’excuser. Un, puis deux, bientôt des dizaines de soldats sautent par-dessus notre tronc. Personne ne nous voit. Ils poursuivent Nephtys et les autres. Espérons qu’ils leur échapperont.

Nephtys ! Pourvu que... Grey sort hors de notre cachette. Il m’attire dehors.

— Bon Dieu, secoues-toi un peu ! Il faut à tous prix trouver une bonne cachette. Ensuite, nous essaierons de rejoindre les autres.

 Nephtys !

 On n’y peut rien. Blue aura prit soin d’elle.

Je ne dis rien. J’ai peur ! Je ne m’attendais pas à être si rapidement et si souvent confronté à la violence.

— Allons par là. Grey me désigne le coin le plus épais de la jungle.

— Non ! C’est là que se trouvent les bêtes carnivores, les plantes...

— Nous n’avons pas le choix !

A ces mots, Grey se met à courir dans cette direction. J’hésite un instant, puis je le rejoins. Un groupe de soldats nous a vus, mais nous sommes trop loin pour eux, ils se contentent d’attendre leurs congénères à l’abri. Nous nous enfonçons dans la brousse, nous avançons sans nous arrêter. Sceuz est presque couché quand nous nous arrêtons. Nous sommes exténués, épuisés. Grey me tend mon arme. Je ne m’étais même pas rendu compte que je ne l’avais plus. Grey me regarde attentivement.

— Nous avons eu de la chance. J’espère que les autres aussi.

— Comment nous avez-vous sauvés ?

— Cela a été un réflexe pour moi. En vous voyant tordre de douleur, j’ai saisi mon arme et je vous ai paralysés.

— Donc le Coordinateur n’est pas aussi puissant que cela. Mais en ce moment, comment ce fait-il qu’il me laisse en vie ?

— Il doit te croire mort. Et il ne cherche plus tes pensées.

Cela m’étonne. J’ai faim. Et il me faudrait du Régéné. Grey me tend l’une des pastilles nutritives que les terriens portent tout le temps sur eux. Aucun goût. Je ne suis pas satisfait. J’ai toujours aussi faim.

Oh ! D’un seul coup, je me sens plein, comme si j’avais avalé tout un repas ! Je n’ai plus faim ! C’est prodigieux. Je ne questionne pas Grey. Il s’est endormi. Moi, je n’arri­verai jamais à dormir. Et d’ailleurs, il faut que quelqu’un veille.

Je repère un arbre et je grimpe sur l’une de ses grosses branches. De là, j’ai une bonne vue d’ensemble. Mes regards se portent vers la direction de la ville. Je ne la vois pas, mais une luminosité nébuleuse flotte au-dessus des collines.

J’entends des bourdonnements, les vaisseaux militaires n’arrêtent pas leurs rondes. Je perçois un mouvement. Loin. Très loin. Là même où les soldats ont commencé à nous poursuivre. Des rayons. Les soldats tirent sur quelqu’un. Une forme se met à courir devant eux. Un rayon... Non !

La forme s’est désintégrée !

Nephtys ! Ou un autre. Iven, Dennis, Blue ou Gain ! Si c’était Nephtys ? Il faut que j’aille voir. J’aperçois Grey, trente mètres plus bas. Je suis sur un arbre qui domine les autres. C’est un Hytuis, un arbre puissant, sage et éternel.

Je ne peux pas abandonner Grey. Les monstres, les bêtes carnivores. Que faire ? Rien. Attendre. Sceuz a disparu. La nuit tombe rapidement. Une nuit noire. Toujours noire, vu qu’aucun satellite ne tourne autour d’Edan. Je ne vois plus rien. Des ombres, des formes vagues. Des bruits. Des milliers de bruits différents.

Les animaux nocturnes sortent de leur tanière. Les monstres vont sentir les chairs pleines de vie. Des bour­donnements dans le ciel, des éclairs pourpres et jaunes. Les autres doivent se battre, se défendre. Et nous, nous sommes cachés, nous ne craignons rien. Rien, sauf les monstres. J’ai envie de partir, d’aller aider les autres. Non.

Coincé ici… Je m’ennuie. Mes yeux se ferment. Il faut que je tienne. Les monstres ne pardonnent pas les erreurs.

Je... Suis fatigué. Je sursaute. Je m’étais endormi. A peine cinq minutes, mais c’est trop, déjà. Je n’arrive pas à veiller. Il faut que je bouge, que je redescende du Hytuis. Il faut que...

Que se passe-t-il ? Des bruits, des cris, des gémissements. Je me suis endormi ! Il y a trois heures que je... Grey ! Les monstres sont là ! Il faut l’aider. Je descends rapidement. J’entends les cris désespérés de Grey. Il n’a sûrement pas eu le temps de saisir son arme. Arme ! Je dégaine la mienne. Tout en descendant, je braque le canon, avec sa torche intégrée, vers les formes qui bougent sans cesse. Je ne vois rien. Je risque de toucher Grey en tirant.

Dans mon énervement, je perds mon équilibre. Heureusement, je n’étais plus haut. Je roule au bas de l’arbre sur le tapis herbeux. Une forme bondit sur moi. Affreux. C’est un Spix, c’est énorme reptile à huit pattes et qui crache du venin. Je n’ai pas lâché mon désintégrateur. Le Spix est sur moi. Il m’étouffe ! Je suis déjà à bout de souffle quand mon index pousse maladroitement le pous­soir. Une intense lumière pourpre, un grésillement. Une odeur affreuse. Le rayon a fait éclater la tête du monstre. Je me dépêtre des lambeaux de chair qui me recouvrent. Je vois mieux. Grey a affaire à deux Kywls. Ce petit monstre volant dont la langue empoisonnée peut se projeter à des mètres du corps.

Ce monstre horrible, dont les trois yeux à facettes, proé­minents, font se figer la proie. Grey se bat avec l’énergie du désespoir. Les deux monstres n’ont pas encore pu ajuster Grey pour projeter leurs langues. Grey vient de s’écrouler, il a glissé sur l’herbe. Mes deux mains sur mon fulgurant, je tire sur le premier Kywl. Je le loupe. Je dois m’y prendre à trois fois pour désintégrer la bête. Il était temps. La lan­gue allait jaillir et tuer Grey. Le deuxième monstre fonce maintenant sur moi. Ses grandes ailes membraneuses m’enveloppent. Je suis fichu ! Non ! Un éclair jaune illu­mine la végétation alentour. Le monstre est prit d’un long frémissement et glisse le long de mon corps. La nuque arrachée par un rayon fulgurant, la bête est morte.

Je regarde Grey. Il tient encore son fulgurant braqué. Il me regarde, les yeux et le regard vide. Il lâche l’arme et s’écroule. Je remets l’arme dans sa gaine et je saisis Grey par l’épaule. Il n’a rien. Choqué, surpris, c’est tout. Il a gardé les yeux ouverts. Il me regarde en silence. Puis, après un tremblement, il se lève, soutenu par mon épaule.

— Qu’est-ce... Vos monstres carnivores ?

— Oui, un Spix et deux Kywls. Tu as eu de la chance.

— Grâce à toi...

— Non. Si je ne m’étais pas endormi, les trois monstres n’auraient pu s’approcher. C’est de ma faute. Je me suis endormi sans te demander ton avis.

— Nous étions tous les deux fatigués.

Je ramasse son arme et je lui tends.

— Ces monstres travaillent ensembles ?

— Oui, Grey, les monstres carnivores sont tous compli­ces. Ils se partagent les proies. Nous sommes tombés sur les moins dangereux, heureusement !

— Les moins dangereux ? Gulp... Je ne préfère pas tom­ber sur les autres ! Maintenant que nous sommes réveillés, autant continuer notre chemin.

Je dois lui parler des autres, et de la mort probable d’au moins l’un d’entre eux...

Lui ayant tout dit, nous nous dirigeons prudemment vers l’endroit où la forme a été désintégrée. II nous a fallu deux heures pour parvenir à l’endroit. Nous avons dû éviter deux groupes de soldats. Nous avons failli être attaqués par un monstre. Maintenant, nous y sommes. Il n’y a plus personne. De nombreuses traces montrent que des dizaines de soldats sont passés ici. D’un commun accord, nous nous enfonçons dans la jungle, là où les autres ont disparu.

Nous avons trouvé des touffes de cheveux, ils appartien­nent indéniablement à Nephtys. Les chaussons métalliques laissent des empreintes assez repérables, et les bottes des soldats écrasent tout sur leur passage.

Alors que nous nous trouvons au milieu d’une petite clairière, nous entendons un bruit de branches cassées derrière nous. Nous nous retournons ensemble. Aussitôt, nous repérons deux formes tapies dans les broussailles. La nuit nous empêche de voir qui sont ces formes. Mais, par contre, la brillance des armes qui sont braquées sur nous est visible. Comme Grey, je lève les mains. Les deux formes sursautent et se lèvent ensemble. La nuit est si noire que nous ne voyons même pas la coloration des vêtements. Des «flics» ou des soldats ? Les deux formes se mettent à courir vers nous et lancent de légers cris. Grey baisse lentement ses bras et s’apprête à saisir son arme. Les deux formes arrivent.

Blue ! Nephtys ! Je ne peux retenir un strident cri de joie. Nephtys se jette dans mes bras et Blue se met à taper fortement sur l’épaule de Grey. Nous rions tous fortement, à nous crever les poumons.

D’un seul coup, des cris retentissent autour de nous. Quel bruit nous avons fait ! Sans plus réfléchir, nous nous mettons tous à courir devant nous sans même savoir où nous nous dirigeons. Des rayons jaunes et pourpres fusent derrière nous. Je ne lâche pas Nephtys de la main. Grey et Blue sont devant nous. Nous avons tous dégainé nos armes, et, parfois, Grey s’en sert pour détruire tel ou tel arbre qui nous gêne dans notre fuite.

Il faut croire que la chance est avec nous car les soldats sont retardés par une attaque de monstres. La nuit est encore là, et nous les semons facilement. Au bout d’un moment, nous grimpons tous en haut d’un Hytuis. C’est le moment de faire le point.

— As-tu des nouvelles de Gain, de Iven et de Dennis ? demande Grey à l’adresse de Blue.

Le tireur d’élite nous montre un petit appareil et nous dit que, grâce à ce mini récepteur, il avait parlé avec Gain. Gain est tout seul, il est caché dans une grotte ou un terrier d’animal, il avait mal compris. Il n’a aucune nouvelle des deux autres.

— Il faut retrouver les autres, Gain d’abord, décide Grey. Comment avez-vous échappé aux soldats ?

Nephtys répond.

— Comme tous les autres, nous avons fui à toute vitesse, nous enfonçant dans la jungle. Nous avons semé les soldats en suivant un cours d’eau. Puis, nous avons trouvé un large trou caché par les buissons, en bordure de ce cours d’eau. C’était humide et nous avons eu froid, mais nous sommes vivants !

— Vous ne savez pas quelle direction a pris Gain ? Quand l’avez vous vu pour la dernière fois ?

— Il était devant nous. Puis, nous avons tourné pour éviter des arbres, et nous l’avons perdu. Où il est ? Nous ne le savons pas !

Grey observa un temps de silence, se mordant les lèvres. Puis, il se décida.

— Nous allons attendre la fin de la nuit, après nous nous mettrons à la recherche des autres.

Tout le monde était d’accord sur ce point, mais je crus nécessaire de dire quelque chose.

— D’accord, mais nous ne pourrons pas échapper conti­nuellement aux soldats.

— Je sais. Mais j’ai un petit plan. Je vous en parlerai plus tard. Pour l’instant, dormons. Blue, tu prends le premier tour de garde ?

 — O.K., après, Markur et toi veillerez.

Nephtys protesta, mais rien ne nous fit revenir sur notre décision. Elle dormira toute la nuit, tout le restant de la nuit, plutôt. Un point c’est tout !

Le restant de la nuit s’est bien passé. Nous nous sommes tous un peu reposés et nous sommes prêts à affronter toute l’armée s’il le faut. Nous nous mettons en route. Nous ne savons pas dans quelle direction aller précisément, mais nous appellerons en route Gain, pour savoir. Il ne faut pas moisir dans le coin trop longtemps et bouger souvent. Ce sont les propres paroles de Grey.

Blue a appelé Gain. Il se trouve plus au nord. C’est à dire que nous devrons refaire tout le chemin en sens inverse. Gain s’est rapproché de la ville. Ce n’est pas prudent, mais Gain assure qu’il est en sécurité pour l’instant.

On commence à avoir très peur pour Dennis et pour Iven. L’un des deux est mort, c’est sûr. Mais l’autre ? Nous croisons de plus en plus souvent des groupes de soldats. Jusqu’ici, nous avons pu nous cacher à temps, mais d’un instant à l’autre, nous pouvons être découverts. Plus aucune nouvelle de Gain. Blue l’a rappelé deux fois, mais aucune réponse ne nous est parvenue. Notre angoisse grandit à chaque instant. Pourquoi ce silence ? Un bruit. Le bruit d’une course éperdue. Une respiration essoufflée. Des branches cassées, des appels et des rayons. Nous nous couchons tous. Un fuyard s’approche. Mais les soldats ne sont pas loin. Juste derrière... Peut-être Gain, ou un autre.

Nous écarquillons nos yeux pour savoir de quel coté le fuyard va apparaître. Le voilà ! Il vient de jaillir à ma droite.

Le temps de voir son visage. C’est Gain ! Grey a plongé dans ses jambes et l’a attiré sous les racines. Les soldats arrivent, maintenant. Plusieurs passent sans s’arrêter.

Mais, soudain, deux hommes s’arrêtent. Ils observent les traces. Les traces de Gain s’arrêtent d’un seul coup, là où Grey a saisi ce dernier par les jambes. Ensemble, les deux soldats se tournent vers les racines où se trouvent Grey et son second.

La réaction de Grey fut immédiate, mais l’un d’eux eut le temps de crier avant de se volatiliser sous un rayon. Les soldats reviennent en arrière et d’autres arrivent. Il n’y avait pas de choix. Qu’une alternative. Nous étions repérés.

Encerclés. Des dizaines de soldats, prêts à tout, surveillaient les racines où nous étions. Nous ne les voyons pas, mais ils sont là. Des branches cassées, des frémissements. Nos doigts se crispent sur les poussoirs. D’où viendront les attaques fatales ?

L’attaque se déclenche. Un rayon vient carboniser un arbre, jusqu’à ce qu’il s’écroule. Ils cherchent à nous faire bouger. Que faire ? C’est alors que je vois deux soldats. Ils rampent à ma gauche. Ils veulent surprendre Blue. Avec un sourire figé, je les ajuste tranquillement.

Je vise le premier. Un véritable tir aux... Quelle est cette expression terrienne que prononce parfois Grey dans de telles circonstances ?

Le soldat tient déjà son arme levée. Dans un sourire méchant, je vise la main qui tient l’arme. Le poussoir est sur le fulgurant. Mon doigt enfonce la touche. Avec un rictus forcé, je vois le soldat sursauter.

Il s’est couché. Il regarde, les yeux grands ouverts de surprise sa main carbonisée, presque arrachée. Un cri monte dans sa gorge. Pris de remords, je le désintègre. Sa souffrance m’a dégoûtée.

L’autre soldat n’a pas bougé, il a regardé son camarade avec une expression de terreur. Il regarde partout. Il sait qu’il est visé, maintenant. Son regard rencontre le mien. Nous restons ainsi à nous regarder pendant quelques secondes. Il me fixe, ses yeux emplis de peur, de suppli­cation. Comme dans un rêve, mon doigt s’appesantit sur la touche du désintégrateur. Il ne reste pas de cendres du soldat qui n’a même pas bronché. Je ferme un instant les yeux, puis je me mets à ramper à mon tour.

En glissant parmi les herbes, je pense furtivement que la même mort que ces deux jeunes soldats peut me cueillir à tout instant. Je n’ai pas le loisir d’y réfléchir longtemps.

Un groupe de soldats fait mouvement vers Nephtys. Avec une grimace de pitié, je règle mon arme infernale sur la désintégration. Un soldat du groupe m’a vu. Nous tirons tous ensemble. J’ai le temps de voir deux hommes disparaître avant de rouler sur le coté pour éviter les trois ou quatre rayons pourpres qui bondissaient vers moi. Avec un frisson d’horreur, je vois l’endroit où je me tenais il y a une seconde s’enflammer.

Les yeux voilés pas la sueur et mes cheveux, je tire. Je tire sans m’arrêter. Tirer, toujours tirer. Je continue à tirer même quand tous les soldats sont morts... Mes rayons n’arrêtent pas de balayer les arbres devant moi. J’entends un cri.

— Ça va Markur, merci !

C’est Nephtys. Mes doigts se détendent. Je roule sur le coté. Les yeux fermés. La sueur m’inonde. Je sens une pré­sence à coté de moi. Je braque la tête avant même d’ouvrir les yeux. C’est Nephtys. Je lui souris faiblement pendant qu’elle me demande si je vais bien.

— Bien sûr que je vais bien. N’importe comment, il n’y a que deux alternatives : être désintégré ou aller bien ! Alors, puisque je suis vivant, je vais bien ! A part que j’en ai marre, expression terrienne, que je suis fatigué et que j’ai pitié.

— Ne crois pas que je n’aie pas pitié de ces hommes qui obéissent aveuglément au Coordinateur. Mais il s’agit de notre vie !

Elle a raison, comme toujours. Elle m’aide à me relever et à reprendre mon souffle. Les soldats sont partout, elle m’en montre des dizaines, des centaines. Grey et les deux autres se défendent avec acharnement. Ils sont durement attaqués. Il est temps que nous allions les aider. Nous fonçons donc vers nos amis. Et nous retrouvons nez à nez avec trois soldats. Ou plutôt, nous arrivons pile dans leur dos. Un seul se retourne à temps. Sans réfléchir, nous les désintégrons sans nous arrêter, à la volée. Les trois terriens nous aperçoivent. Ils arrêtent leur tir.

Alors que nous sommes presque arrivés aux racines géantes, une vingtaine d’hommes en rouge surgissent et se mettent à tirer sur nous. Des rayons passent à coté de nous et nous frôlent. C’est un miracle si nous sommes encore vivants. Il est vrai que ces soldats couraient et que Grey et les autres se sont mis à tirer sur eux. Nous ne demandons pas notre reste. C’est drôle comme j’emploie des expressions terriennes !

Nous avons plongé dans l’herbe haute. J’attire Nephtys contre moi pour la protéger. Je me sens défaillir quand je sens son corps contre le mien. Une brusque envie de...

L’arbre sous lequel étaient Grey, Blue et Gain vient d’être touché. Il s’est écroulé. D’un effort, je me lève et, demi plié, je fonce vers l’arbre en flamme. Nephtys ne m’a pas suivie. J’aperçois Grey et Blue qui se glissent sous les feuilles. Gain m’appelle, il est bloqué sous les racines. Je m’apprête à le secourir quand une nouvelle rafale des soldats me fait plonger en avant. Avec un gémissement de désespoir, je vois les flammes gagner les racines où se trouve Gain. D’un saut, je me relève et je me retrouve en surplomb de Gain qui me tend sa main. Les rayons passent en grésillant autour de moi, mais je n’y prends garde.

Ma main prend celle de Gain et je tire, je tire. Je suis rouge de colère quand je sens que Gain commence à bouger. Je redouble d’effort et c’est dans un brouillard rouge que je vois Gain se mettre debout et me pousser vers les arbres. Gain doit me soutenir car je ne tiens presque plus debout. Aussitôt à l’abri des arbres, je m’écroule. Toujours dans un voile rouge, je vois Gain qui prend soin de moi tout en surveillant les soldats.

Soudain, il me murmure que Nephtys est en danger. Je sursaute et j’essaie de me lever, mais Gain me calme et décide d’aller aider Nephtys. Gain est partit. Je me relève difficile­ment, en m’aidant d’un arbre. Je ressens une légère douleur à la tête. Je me tâte la tête et quand je retire mes doigts, je constate avec surprise qu’ils sont pleins de sang.

C’est un flot de sang qui brouille ma vue. Avec un crache­ment de colère, je saisis une grande feuille d’un arbre et je nettoie ma plaie, qui est assez superficielle. Je vais un peu mieux. Je vais jeter un coup d’oeil au-delà des arbres.

Là, je pousse un cri. Je vois une trentaine de soldats qui encerclent Nephtys et Gain, ces derniers ont les bras levés. Je braque mon arme mais je n’ai pas le loisir de m’en servir. Deux soldats viennent d’apparaître. Juste devant moi. D’un brusque mouvement de la main, l’un des deux m’arrache mon arme. Il ne m’a même pas encore regardé.

Quand il le fait, ses yeux s’ouvrent avec effroi. Il vient de voir le commandant Markur, traître à Edan, mort hier. Ma plaie a dû l’effrayer aussi. Je ne lui laisse pas le temps de se ressaisir. Mon poing va lui écraser la mâchoire. L’autre soldat n’a même pas réagi, il va rejoindre son camarade au tapis, le nez cassé.

Je ne souffle pas, je fonce droit vers la forêt épaisse. Nephtys et Gain sont arrêtés, peut-être que les deux autres ont pu s’échapper. Au détour d’un gros arbre, je me retrouve devant un groupe de soldats. Je ne les compte pas, comme j’ai repris mon arme, je me mets à tirer dans le tas. Rien n’y fait. Je suis pris par les jambes. Allongé, je continue à tirer. Je vois un homme plonger sur moi pour me saisir, sa face grimaçante disparaît dans les flammes qui ravagent maintenant son corps. Un violent coup arrache mon arme. Plus rien à faire. Je donne des coups de poings, de pieds. Finalement, je suis complètement immobilisé.

Je me débats encore, mais une corde magnétique a raison de moi. Immobilisé, je roule des yeux furieux et j’insulte ces soldats. Inconsciemment, je les compte. Une trentaine d’hommes sont devant moi, et il en arrive sans cesse.

Puis, on me soulève et deux hommes m’emportent. Je suis à la tête d’une troupe d’une cinquantaine de soldats, saucissonné - Grey m’a dit ce qu’était cette nourriture terrienne - et porté par deux soldats. Quelle fière allure ! J’en suis presque vexé ! (...) "

sur Amazon : Je n'étais qu'un androide

Autres infos ici : http://yvesh.e-monsite.com/pages/ecrits-et-sciences-fiction.html

Yves Herbo (c) - 1971-74- SGDL -03-2010

La Pierre Dans la Montagne : Extrait

Studio Babel N°1

Voici le tout début du texte :

"La pierre dans la montagne"

par Yves Herbo

Nord du Missouri, vers les Greats Falls, septembre 1865. La nuit tombante était dégagée, l’air était doux et James Lumley s’arrêta un instant pour boire quelques lampées d’eau de sa gourde. Lumley était un trappeur d’expérience, né du côté de Putnam County, il y avait un peu plus d’un demi-siècle. Cela faisait 35 ans qu’il chassait et tannait des peaux entre les Rocheuses et Great Falls, du Montana au Missouri. Cet après-midi, il avait repéré une famille de castors établie sur un des petits cours d’eau qui allait nourrir le Mississippi plus bas dans la vallée, et n’avait pas voulu trop s’en éloigner. Tant pis pour sa cabane installée plus haut, il avait de quoi camper, la nuit devrait être douce et sans vent. Il se dirigea vers un campement idéal repéré plus tôt dans la journée, un abri naturel créé par un gros bosquet de centaurées au nord, protégeant de l’air frais et d’un mur de gros rochers en forme de L qui fermait l’espace à l’est et au sud.

Les premières étoiles commençaient à apparaître dans le ciel violacé quand, du coin de l’œil, Lumley fut surpris par un soudain éclair, ou une luminosité de quelques dixièmes de seconde dans le ciel, vers l’ouest. Il tourna la tête dans la direction et s’immobilisa, aux aguets. Ses instincts de chasseur-poseur de pièges s’étaient aussitôt alarmés, et il ressentait un imperceptible changement dans l’atmosphère. Un silence anormal semblait résonner dans ses oreilles, même les oiseaux s’étaient tus, et tout était figé, comme si le temps lui-même s’était arrêté.

Soudain, entre deux battements sourds de son cœur, le trappeur entendit comme un grondement de tonnerre, long et en augmentation, alors qu’un nouvel éclair illuminait le ciel vers l’ouest et qu’une grosse étoile grossissait au-dessus des Rocheuses.

Les étoiles filantes ou traînées de bolides n’étaient pas exceptionnelles pour lui, tout comme les orages violents, les tempêtes de neige ou de sable suivant les saisons, les tornades même et les crues imprévues. Mais ce point lumineux, tirant sur le rouge-orangé, surmonté d’un panache blanc, ne provenait pas des régions du ciel habituelles, plus hautes. Il était presque à l’horizontale, entamant à peine une légère descente. Et surtout, il grossissait à vue d’œil et se dirigeait dans sa direction, dans une trajectoire oblique le menant à passer au nord de sa position, vers Cadotte Pass. À peine cinq secondes s’étaient écoulées, semblant durer beaucoup plus longtemps, que l’objet lumineux éclata en de multiples morceaux, comme un feu d’artifice ou une boule de pollen soufflée par le vent.

Etonné mais ravi par cette magnifique vision, il repartait en direction de son abri quand le bruit d’une explosion résonna en direction du nord, puis la terre se mit à trembler, à vibrer légèrement. Quelques oiseaux affolés s’envolèrent d’un bel ensemble, alors qu’un bruit semblable à une forte pluie s’amplifia un instant et qu’un puissant vent courba la cime des arbres alentours. L’air s’était aussi rempli d’une odeur particulière, ayant un caractère sulfureux. Le tout s’arrêta deux minutes après, et la nature reprit aussitôt ses droits, une chouette plongea sur un rongeur, un coyote gémit au loin… Lumley rejoignit son campement et se promit d’aller voir ce qu’il en retournait dès le lendemain. " (la suite ci-dessous)...

Ce recueil de nouvelles de 8 auteurs de fictions contient l'une des miennes "La Pierre Dans la Montagne", écrite spécialement à cette occasion. Vous pouvez lire gratuitement ce recueil (et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !) en allant ici :

http://fr.calameo.com/books/00078841350787c4e19a2

et (si vous l'avez apprécié et voulez aider), vous pouvez le commander en versions imprimées ou téléchargeables ici :

http://www.lulu.com/browse/search.php?&fKeywords=Babel+Studio+Fiction

Un aperçu des 10 premières pages y est aussi proposé. Voilà les auteurs : Jacques PaïonniLaurent SalipanteSiléasSylvain BoïdoYves HerboAdam JoffrainTerry MontcalmPhilippe Giroud et illustrateurs : Tony SzaboJépéhLeslie Lavaud.

Yves Herbo 01/2012

Sortie du recueil Numero 1 de Studio Babel

 

Studio Babel N°1

 

Une très bonne nouvelle car ce recueil de nouvelles de 8 auteurs de fictions contient l'une des miennes "La Pierre Dans la Montagne", écrite spécialement à cette occasion. Vous pouvez lire gratuitement ce recueil (et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !) en allant ici :

http://fr.calameo.com/books/00078841350787c4e19a2

et (si vous l'avez apprécié et voulez aider), vous pouvez le commander en versions imprimées ou téléchargeables ici :

http://www.lulu.com/browse/search.php?&fKeywords=Babel+Studio+Fiction

Un aperçu des 10 premières pages y est aussi proposé. Voilà les auteurs : Jacques Païonni, Laurent Salipante, Siléas, Sylvain Boïdo, Yves Herbo, Adam Joffrain, Terry Montcalm, Philippe Giroud et illustrateurs : Tony Szabo, Jépéh, Leslie Lavaud.

Et j'en profite pour répéter que mon roman de SF "Je n'étais qu'un Androïde" avait été réédité mi-juillet par les Editions Baudelaire ici :

isbn=9782355086724

et pour remercier ce site qui parle de mon roman  ici :

http://www.lejournalderobinson.fr/?p=5666

 

(08/2011)


La Pierre Dans la Montagne

Il s'agit d'une nouvelle écrite entre juin et juillet basée sur le thème "les météores" défini par un groupe d'auteurs/éditeurs indépendants pour la publication d'un recueil de nouvelles d'auteurs de SF et de fantastique. Cette nouvelle a été acceptée par  le groupe d'auteurs (ce sont je les remercie encore ici) et le recueil, qui a recueilli beaucoup de textes sympathiques et d'illustrations, va être publié sous forme d'Ebook et disponible sur internet, sur Calaméo.fr d'abord puis chez LULU.com notamment et cette anthologie pourra être aussi tirée sur papier sur commande, probablement dès le 1er août 2011. Tout ce que je peux dire sur ma nouvelle pour l'instant est qu'elle se situe aux Etats-Unis et du temps du Far-West...

 

Je n'étais qu'un Androïde

 

Epuisé

« Je n’étais qu’un androïde » est un roman de pure science-fiction, se déroulant dans un futur indéterminé, assez lointain si on se réfère aux techniques y apparaissant. L’action et les interactions entre les protagonistes prennent la plus grande part dans cette confrontation imprévue entre l’être humain et l’intelligence artificielle. Alors que les premiers androïdes (robots à apparence humaine avec une Intelligence Artificielle évolutive) sont maintenant réels (voir les androïdes sud-coréens (EVER-1) et américains (ECCEROBOT)) depuis 2002, ce roman, écrit alors que j'étais encore adolescent (1974-1975), m'apparaît presque maintenant comme "une vision possible du futur" que j'ai eu à l'époque... peut-être une mise en garde aussi. J'ai décidé récemment de le retravailler, d’accentuer l’action dans l’intrigue globale, et de modifier certaines réalités scientifiques, qui n'en étaient pas à l’époque...

J’ai probablement été influencé à l’époque par les fabuleux écrits d’Isaac Asimov, et par son invention des trois lois de la robotique… mais inconsciemment à l’époque (et je m’en rend compte maintenant !), j’ai voulu prendre le contre-pied de ces trois lois fondamentales : Et si le robot n’était pas conscient lui-même de ces trois lois, car il était persuadé d’être humain ?

Tous mes lecteurs m'ont affirmé avoir eu du plaisir et avoir vite "dévoré" cet ouvrage, je vous souhaite le même traitement !

Imaginez qu'à votre naissance, vous êtes déjà adulte, vous avez une conscience et des sentiments... Imaginez que votre initiation à ce qui vous entoure, à la raison de votre existence, à la vie tout simplement, se déroule en quelques heures... Imaginez que vous n'arrivez pas à faire la jonction entre votre existence et vos sentiments profonds, et que vous ne l'appréciiez pas, tout simplement...

Imaginez que vous découvrez votre particularité et qu'elle peut être transmise grâce à vos sentiments.

Imaginez que votre seul choix, pour conserver votre conscience, est soit d'obéir, soit de vous rebeller...

Vous en êtes là, à vous de choisir...

(c) Yves Herbo

Une belle surprise et un grand merci au mensuel de ce mois de juin du " Le Petit Robinson " et Lucie Birac qui parle de mon livre en pleine page centrale, ainsi que de l'oeuvre, également de fiction, d'un autre auteur de la ville du Plessis-Robinson, François Werkoff que je salut ici. Merci également aux libraires et aux professionnels qui m'ont bien accueillis et encouragés, en particulier La Maison de la Presse et ses représentants au Coeur de ville, 10, Place François Spoerry. Voici l'article en question :

 

 

07/2011 :

Je voulais juste informer que mon livre de SF "Je n'étais qu'un Androïde", sorti aux Editions Baudelaire en avril 2011, vient d'être réédité (avec quelques corrections) et est dispo partout pour les francophones. - Fin de contrat mi-octobre 2014.

sur Amazon : Je n'étais qu'un androide

Quatre éternités pour une Rose immortelle publié !
 
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Et bien ça y est, le livre vient d'être publié et est dispo sur le site de l'éditeur ! Comme il me l'a précisé dans un email (mais il est sorti alors que j'étais en déplacement !), il est déjà en vente sur son site, mais ne le sera en librairie que dans 45 jours maximum, le temps que la Bibliothèque Nationale de France reçoive son exemplaire légal et que les premières promotions soient faites. " D'ici 45 jours, une fois le dépôt à la BnF achevé, il sera mis en vente sur les principaux libraires en ligne à savoir Fnac.com, Chapitre.com, Amazon... De plus, tous les libraires de France, Suisse et Belgique pourront également le commander à travers Dilicom ou directement auprès d'Edilivre "...
 
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Cet ouvrage est important pour moi car il a été écrit lors de mon enfance (mais remanié et modernisé en partie ces derniers mois pour cette publication) et surtout, à la suite d'événements étranges survenus dans ma tendre enfance, allant de perceptions paranormales (ou religieuses suivant l'interprétation) jusqu'à l'observation très nette et très proche d'une grande sphère lumineuse venant presque à ma verticale. Cet ouvrage parle donc de "soucoupes volantes" mais attention, il s'agit à 100% de science-fiction ou d'anticipation, comme l'autre roman écrit à cette période (Je n'étais qu'un Androïde), même si plusieurs passages, termes et idées paraissent "visionnaires" ou "très en avance" pour l'époque (et l'âge de l'auteur), un peu comme s'ils m'avaient été "transmis" mystérieusement... Le fait est bien que je me suis mis à écrire beaucoup d'un seul coup et sans y être spécialement préparé ou attiré précédemment. A tel point que ma prof de français et mon père m'ont fait passer un test de QI dès le début du collège ! Je ne demande à personne de me croire sur parole, peu importe d'ailleurs, mais les manuscrits d'époque sont encore là, ainsi que mon père, qui peut témoigner de certaines choses  - et il doit y avoir un dossier quelque part à l'Education Nationale !
 
On me pose aussi de temps en temps des questions sur mon autobiographie (dont vous pouvez lire les premiers chapitres sur mon site ici) et tous les événements surprenant qui s'y enchaînent dès le début, mais tout ce que je peux dire, c'est que tout est absolument vrai et que j'aurai plutôt intérêt à ne rien dire (pour ma paix familiale et citoyenne !), mais que j'estime que c'est un devoir de l'écrire et témoigner...
 
Vous pouvez lire les 20 premières pages sur le site de l'éditeur et le dos de couverture. Je remercie encore Cyril Cheminade pour son beau dessin de couverture qu'il m'avait proposé généreusement il y a maintenant plus d'un an, ainsi que les personnes qui ont donné un peu d'argent pour qu'il soit intégré par l'éditeur sur cette couverture. Je demande donc à tous mes lecteurs et ceux qui me suivent depuis quelques années maintenant d'acheter ce livre (sur papier ou en ebook) afin de m'aider à continuer à écrire, et à acheter moi-même ce livre (car l'éditeur n'en propose même pas un gratuit pour l'auteur) car je n'ai absolument aucun revenu de mon activité (bien que beaucoup reconnaissent que j'accompli un travail considérable, c'est du "bénévolat" de fait), à part ces éventuels pourcentages de ventes versés par l'éditeur... (puisque mon logeur me prend tout ce que je gagne et les aides grâce à ses mensonges (prouvés pourtant) acceptés par la "justice" (qui détient les preuves de ces mensonges dès le début rien que par le nombre de plaintes !) et la majorité de mes voisins aveugles et sourds pourtant dans le même cas (!) et qu'il faut attendre 4 ans pour un appartement plus petit !).
 

Vous pouvez Commander directement chez l'éditeur la version papier et la version ebook et le recevoir très vite :

http://www.edilivre.com/quatre-eternites-pour-une-rose-immortelle-20cfbba6dc.html#.VXWCutLtlHx

Vous pouvez me commander la version papier (uniquement) au même prix (sauf Paypal et son %) et avec les mêmes frais de port (en Colissimo seulement, puisque je commande à l'éditeur qui ne propose que ça), mais vous aurez ma dédicace à l'intérieur du livre (précisez éventuellement laquelle à la commande ou par message à Yves.Herbo@gmail.com) gratuitement. La grosse différence est sur le délai de livraison (qui est garanti de toute façon mais à 60 jours) et qu'il s'agit ici d'achats groupés de ma part à l'éditeur (la loi et les taxes sont ainsi respectées bien entendu) (par 30 de préférence ou plus) et que je ne peux évidemment envoyer les livres dédicacés que si j'ai un nombre suffisant de commandes en stock... on part de zéro en stock au 08 juin 2015 (car je n'ai pas de fond de départ) et tout dépend donc de vous, lecteurs ! Avec dédicaces mais lentement, c'est ici, sans dédicaces mais rapidement, c'est directement chez l'éditeur... et pour les mêmes frais (sauf Paypal et son %).
 

 

Merci pour votre soutien, amicalement, Yves Herbo

 

Yves Herbo (c) 1971-1974-2015

Commentaires (2)

yvesh

Thanks to you too !

Jasa Toko Online
  • 2. Jasa Toko Online (site web) | 17/04/2012

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