Autobiographie - Ma Vie Hors Normes

Autobiographie - Ma Vie Hors Normes

Autobiographie - Ma Vie Hors Normes - MAJ 2016 (photos)

 2013

2013

Introduction

Après mûre réflexion, j'ai décidé de révéler ici mon histoire, tout simplement. Ce sont des parties de ma vie réelle, pas de la fiction ni d'ajouts inutiles. Je ne faits pas ceci pour la gloire, je ne le faits pas pour l'argent, je ne le faits pas pour faire douter les hommes ni pour nier leurs croyances. Je témoigne, c'est tout, et je n'affirme être rien d'autre qu'un homme assez cartésien qui se pose des questions sur trop de choses non cartésiennes dans ce qu'il voit (et échange, discute) autour de lui... mais inutile de tergiverser, pour témoigner au mieux des enchaînements et phénomènes rencontrés, il va me falloir vous raconter d'assez longs passages de ma vie, et des témoignages de proches, témoins eux-mêmes , et souvent coi devant de tels faits surprenants. Dans la mesure où ces billets sont assez limités en caractères, je procéderai par Chapitres et je réunirai le tout comme page de thème par la suite. Voici donc le début et évidemment pour commencer l'une de mes plus étranges rencontre/phénomène/hasard rencontré tout au long de ma vie, et qui s'est donc produit vers 1969, et finalement assez peu de temps après mon arrêt subi de toute activité religieuse imposée par la famille (voir plus bas).

Voici une petite Mise à Jour due essentiellement à la redécouverte, suite à mon déménagement, de vieilles photos oubliées qui montrent justement (synchronicité encore ?) le lieu de cette observation, le balcon donc et une partie de la vue visible de ce balcon, avec une partie de la trajectoire de cette boule lumineuse qui, je le pense réellement pour ma part, à influencé d'une façon ou d'une autre, mon soudain besoin d'écrire ces textes et ces romans d'anticipation (publiés plus de 40 ans après !), à partir de mes 9-10 ans...

Chapitre 1

Je vais donc commencer par le tout début : je dis tout de suite que je ne me souviens pas du tout de la date précise (mon père non plus) ni même de l'année à 100% : ce dont je suis sûr, c'est que cela c'est passé un soir très doux (probablement entre avril et juillet), vers 21 heures (nous avions fini de manger et mon père débutait une émission ou un match à la télévision pendant que ma mère était encore dans la cuisine - du classique !). Moi la télé ne m'intéressait pas trop ce soir-là, j'avais chaud et j'étais sorti sur le petit balcon que nous avions au 4ème étage de cet immeuble de 7 étages au 50 rue Balard, Paris 15ème. Nous avions une vue bien dégagée car au-dessus des arbres de la large rue et en face il n'y avait que les bas murs et entrepôts des usines Citroën (qui prenaient à l'époque une grande partie des deux rives de la rue Balard et du Quai André Citroën).

11 1968 sortieaquariumparisMe voici exactement en cette période : cette photo est datée au dos du mois de novembre 1968, je suis le petit garçon au premier plan qui tient une feulle de papier à la main... il s'agissait d'une visite de la classe de l'Aquarium de Paris, au Jardin d'Acclimatation si je me souviens bien...

C'était probablement en avril ou mai 1969 (je me souviens de 1968 et de ses événements grâce à une belle vue de haut sur les usines en question et ce qu'on y voyait !) car il faisait déjà nuit, mais encore chaud alors que les infos de 20 h étaient finies depuis un petit moment : j'avais donc encore 9 ans (je suis né le 4-8-1959). Situé sur un balcon au 4ème d'un immeuble au 50 rue Balard avec une belle vue en direction de l'est et le sud de la capitale (en fait, la rue Balard est située à l'extrême sud de Paris, entre l'héliport de Paris et le Pont Mirabeau), je vois juste en face de moi (plutôt légèrement sur ma droite quand je m'accoude au balcon, vers ce qu'on appelle "le Grand Pavois", un long immeuble allongé en virage et où se situait le "Kinopanorama" à l'époque, l'un des premiers écrans géants cinématographique de Paris), frôlant le haut des immeubles qui barrent l'horizon, une lumineuse boule blanche grossir. L'héliport de Paris, situé juste à côté du périphérique entre le 15ème et Issy-les-Moulineaux me permet de connaître depuis plusieurs années les bruits et lumières liées aux hélicos... rien à voir : aucun bruit et les hélicos ne survolent jamais le 15ème directement : mêmes les touristes sont obligés de faire le tour de Paris et à l'époque, il n'y a pas encore la montgolfière qui s'envole régulièrement de nos jours des quais André Citroën réaménagés... la boule grossi très lentement et se dirige tout droit vers moi, tout en abaissant son altitude : je la vois un moment devant les immeubles du fond, quand elle passe au-dessus du Cimetière de Grenelle qui est en face (un peu sur la gauche si je m'accoude au balcon) et des entrepôts des usines. Je la fixe et suis comme hypnotisé par sa vision : éclatante et en même temps pas aveuglante du tout : pas du tout un phare d'hélicoptère et toujours aucun bruit. D'ailleurs il y a un silence étonnant à cette heure et peu de trafic, mais l'endroit est assez tranquille quand les usines dorment (plus ou moins) : peu d'habitations à l'époque. Je me retourne rapidement pour taper aux carreaux de la fenêtre et faire venir mon père... celui-ci est en plein film et je l'ennuie manifestement... il me demande du geste ce que je veux, je lui faits signe de venir vite, excité, mais il m'envoie bouler et détourne son attention... je laisse donc tomber et reporte mon attention sur la boule blanche, qui est devenue assez grosse, autant que la Lune et même plus, avec une espèce d'aura blanche brumeuse autour, s'estompant dans la nuit. L'objet n'est pas haut et je me tord le coup pour le voir passer au-dessus de la rue, toujours identique, il s'est légèrement décalé par rapport à moi et je regarde un peu vers la gauche et à mon zénith. L'objet s'arrête soudainement 2-3 secondes juste au niveau du toit de mon immeuble (et je me souviens maintenant très bien avoir vu le haut d'une cheminée alors visible s'illuminer légèrement à proximité), et je me suis donc tourné sur la gauche pour lui faire face. Il disparaît soudainement en reprenant son chemin au-dessus du toit. Je me précipite de l'autre côté de l'appartement où 3 fenêtres donnent vers l'ouest et le sud. Ma mère encombrant la cuisine (je la bouscule sans faire exprès pour ouvrir la fenêtre mais je ne vois rien) et n'osant pas trop entrer dans la chambre de mes parents, je me jette vers les WC, grimpe sur la lunette fermée (je précise :) ), et me penche pour surveiller la réapparition de la boule si elle a suivi la même direction... j'attendrai bien 15 minutes en vain... rien, aucun bruit. Vers le sud-est, très loin, un clignotement rouge signale un hélico en approche. C'est tout, soit la boule s'est volatilisée, soit elle est partie à la verticale du toit. Bien que ce soit difficile de se rappeler précisément la durée de toute l'observation, en tenant compte du fait que je me suis retourné vers mon père pour frapper au carreau, que j'ai fermé les yeux quelques secondes pour être sûr de ne pas rêver, je dirai qu'elle n'a pas dû durer plus d'une minute, deux maximum, ce qui est suffisamment long pour identifier un éventuel hélico, ou un simple gros ballon gonflé à l'hélium... d'autant plus que le souvenir de voir les bords de l'immeuble, en haut, être légèrement illuminés par l'objet lorsqu'il l'a frôlé est présent...

ObsovniparisVoici reconstitué un peu plus précisément grâce à Google Earth la trajectoire de la boule blanche en approche basse (voir la photo ci-dessous pour une idée de l'altitude).

J'étais sur mon balcon (petit cercle rouge) et l'objet est en blanc, grossissant. Plusieurs immeubles visibles sur Google n'existaient pas en 1969. D'ailleurs mon immeuble a aussi été rasé et remplacé par un autre depuis, et en face tout a été construit : je ne pourrai plus voir venir d'aussi loin cette boule de nos jours du 4ème étage à priori (et la rue est beaucoup moins large aussi). Le quartier a bien changé, exit la tranquillité des entrepôts a un étage, immeubles et commerces ont remplacé en grande partie des usines Citroën, la rue à même l'air à double sens maintenant...

Balcon paris yvesh annees1970aMe voici donc sur ce fameux balcon, en hiver si on regarde les arbres, avec une vue partielle de la Rue Balard dans le 15è arrondissement de Paris, direction le Pont Mirabeau. La photo n'est malheureusement pas datée, mais je suis légèrement plus âgée que la précédente, elle doit dater de 1972-1973 à priori, quelques années déjà après mon observation, mais une période où j'écris beaucoup encore... vous remarquez que l'immeuble à côté du mien est légèrement avancé, ce qui explique aussi comment j'ai pu voir, en levant la tête, une partie de son toit légèrement illuminée au passage de la boule si proche...

A la vue de ce témoignage (les scènes précises n'ont jamais quitté mon esprit, même quand je suis passé à d'autres obligations, elles sont toujours revenues, en rêves ou en voyant juste un article parlant de certains sujets) d'un enfant de 9 ans, je pense que vous comprendrez pourquoi je n'en ai pas fait trop mention au cours de ma vie. Mon seul témoin indirect est mon père, qui m'a confirmé encore récemment se souvenir de cet incident, il m'a aussi d'ailleurs rappelé qu'il m'avait fait passer, tout enfant, un test de QI devant mes surprenantes soudaines aptitudes (et aussi à la demande d'un prof de français à priori).

Balcon paris yvesh annees1970bEncore un petit bon dans le temps, toujours sur le même balcon et en une autre saison, probablement vers l'année 1974... je dois avoir 14-15 ans...on constate aussi qu'il y avait beaucoup plus d'arbres dans les rues de Paris que de nos jours...

Je n'en ai pas trop parlé aussi jusqu'à présent car, maintenant, je commence seulement à réaliser à quel point certains événements étranges de ma vie l'ont influencés réellement, et d'une façon tellement subtile qu'une compréhension totale m'est encore impossible. Je m'explique : avant cet événement, j'étais un enfant très calme et assez isolé : j'avais été élevé en grande partie par ma grand-mère et ma tante dans le Pas-de-Calais (ma famille est originaire du Nord et du Pas-de-Calais - un ancêtre aurait travaillé pour un roi au 17ème siècle d'après des recherches familiales, mais surtout des mineurs de charbon ou cultivateurs pour la plupart...), puis subi des déménagements entre La Ferté-Allais en banlieue parisienne et Paris 15ème : pas d'amis de mon âge avant mon arrivée dans le 15ème. Je passe mes loisirs entre le vélo et les batailles rangées de petits-soldats (les batailles pouvaient durer des semaines au désarroi de ma mère : elles prenaient les 3/4 de ma chambre ^^)... jusqu'à cet événement donc. Après, et aussi de l'avis de mes parents donc, je m'extériorise beaucoup plus, me retrouve assez vite avec de bons amis, etc... mais en même temps, mon imagination s'exacerbe.

Balcon paris yvesh annees1970c reconstitutionCette photo prise du balcon, penchée vers la droite par rapport à la rue, doit également dater de quelques années après l'observation (1974-1975 peut-être) mais permet de voir le début où je me suis aperçu de cet objet dans le ciel (il était probablement là avant) et une partie de sa trajectoire, vers moi et la gauche en même temps (la grue n'existait pas au moment de l'observation). Le cimetière se trouve un peu à gauche de cette photo et l'objet est légèrement remonté et à un peu bifurqué pour passer juste à ma gauche, au-dessus de l'immeuble à côté du mien... Le paysage n'est plus le même de nos jours puisque les usines citroën ont été détruites (entre autres, y compris mon immeuble), des immeubles et autres construits à leur place...

Je pense qu'il me faut encore remettre à plat toutes ces données éparpillées (ou déjà regroupées) dans ma mémoire, y ajouter les nouvelles données issues d'autres mémoires (famille) et écrire un (long) récit de cette mini-biographie familiale, tout en respectant la décence, vérité simple et mémoire de cette même famille.

Voici une anecdote familiale qui a été tenue "secrète" au sein de la famille, principalement tant que les parents concernés étaient vivants, mais je n'ai vraiment découvert cette histoire véridique que l'année dernière, issue de ma cousine et marraine Janine, fille de l'une des sœurs de mon père donc, auxquelles cette histoire est arrivée, et de mon père qui a aussi découvert tardivement l'ensemble de l'histoire. Mais commençons par le début.

Août 1944, Pas-de-Calais-Artois. Contexte : les alliés ont débarqué bien sûr en juin 1944 et sont en train de libérer Paris. La région Pas-de-Calais, très tôt envahie par les nazis, est toujours occupée par des allemands de plus en plus nerveux. Les attentats se multiplient et les grèves des mines n'arrangent pas les choses : le couvre-feu est décrété et il est interdit de sortir ou même de se montrer à la fenêtre (mon père a d'ailleurs perdu un camarade d'école de 15 ans car il a commis la bêtise d'ouvrir sa fenêtre au moment où une patrouille allemande passait : une balle dans la tête...). Toute personne prise dehors après l'heure limite est immédiatement fusillée sans autre procès...

Cinq jeunes filles finissent un peu plus tard leur travaille que prévu (elle s'occupe de personnes âgées dans un hospice) ce jour-là, et elles n'ont pas été prévenues du couvre-feu décrété dans la journée par l'autorité allemande (pas de radio, pas de visites...). Parmi ces cinq jeunes femmes, les deux sœurs de mon père, Janine et Marcelle, (c'est là que mon père n'a pas su la vérité non plus à l'époque, comme leurs parents : ils ne savaient pas que c'étaient les deux qui ont subi ce qui est arrivé, les filles ont minimisé les choses pour ménager leurs parents : l'une des deux, plus jeune, n'était pas censée accompagner sa grande sœur...), une nonne en civil et deux autres collègues qui habitent aussi vers leur ville. Pas de transports à cette heure et époque, elles ont plusieurs kilomètres à faire à pied pour rentrer, comme tous les jours. Leur chemin leur fait traverser une forêt, comme il y en a encore beaucoup dans la région à l'époque (une forêt domaniale qui existe toujours d'ailleurs) et, manque de chance pour elles, une patrouille allemande les croise et les interpelle immédiatement. Elles ont affaire a un sous-officier nerveux et soupçonneux, qui ne parle ni ne comprend le français bien sûr. En examinant les papiers des jeunes filles, il s'énerve en voyant une carte d'identité avec une photo de nonne dessus et, apparemment, soupçonne la nonne en civil d'être une espionne ou une terroriste (ne pas oublier que les résistants français étaient bien appelés terroristes par le gouvernement franco-allemand au pouvoir, bien sûr). Il prend vite sa décision, les cinq jeunes filles sont placées devant des arbres, au bord de la route, et le sous-officier ordonne à ses hommes de les mettre en joue...

C'est à ce moment précis, celui où le sous-officier va ordonner aux soldats de tirer, qu'une voiture arrive à toute vitesse vers eux, s'arrête et qu'un officier allemand en descend et ordonne au sous-officier d'arrêter la procédure. Il examine a son tour les papiers des jeunes françaises et, comme il parle et comprend mieux le français, interroge rapidement la nonne et ses "complices" pour finir par être convaincu de l'innocence des jeunes femmes et leur demande d'aller passer plutôt la nuit au château propriétaire de la forêt, tout proche, pour éviter le risque de rencontrer d'autres patrouilles... ce qu'elles feront d'ailleurs, trop effrayées de rencontrer à nouveau de simples soldats fébriles...

Bon, coïncidence heureuse, coup de bol dirons-nous. Oui, bien sûr, je suis d'accord pour dire ça quand ce genre de petit "miracle" (ou "catastrophe" suivant le cas, se produit exceptionnellement et rarement dans l'entourage d'un homme. Précisément, on y fait attention et on le retient parce que c'est rare. Mais que dire quand ce genre de chose se produit, et on le verra par la suite, de façon assez récurrente, voir systématique ? 

Un autre exemple qui, cette fois, à profondément marqué mon père (en dehors de son adolescence passée sous la domination allemande) : 

Après la guerre et comme la plupart de la région, il a rejoint la seule entreprise qui a besoin de main-d’œuvre : les Grands Charbonnages de France et les Puits de mines de la région, là où il habite avec sa mère, son père étant décédé d'ailleurs de silicose (maladie du mineur) vers ses 50 ans...

Divion, Artois, 1954. Mon père a 24 ans, encore célibataire et, cette nuit du 19 au 20 juin 1954, il y a ducasse (fête foraine) dans le centre-ville de Divion. Peu d'occupations dans ces petites villes de province et la moindre petite fête regroupe du monde tard, bien que le temps soit plutôt orageux. Mon père est avec son meilleur ami, Henri Drouvin, du même âge, et ils sont également collègues de travail comme mineurs de fond. Curieusement, alors que cela ne lui était jamais arrivé jusqu'à présent, mon père s'amuse trop bien à la fête et décide de passer son tour de travail exceptionnellement cette nuit : il doit en effet prendre le relais avec une équipe de mineurs vers 3 heures du matin (les mines ne s'arrêtent jamais) en principe. Mais cette nuit-là, il n'a jamais vraiment su pourquoi, il n'avait pas envie d'y aller (il ne m'a rien dit mais peut-être une rencontre ?...), et il s'y est tenu. Il a tenté de convaincre son ami Henri de "sécher" aussi et de se faire remplacer (les volontaires ne manquaient pas) mais ce dernier avait peut-être besoin de cet argent ou n'a pas tout simplement voulu passer son quart...

" Ce jour-là, à 4 heures du matin, le feu du ciel a déclenché la catastrophe souterraine. Un orage déchire le ciel au-dessus de l'Artois. Le chef d'équipe Thelliez pense que le travail des 14 mineurs de l'étage 875 du puits de La Clarence est bientôt terminé. Au même instant, une flamme énorme s'abat sur lui, il est projeté à 40 mètres, la foudre vient de tomber. Elle provoque l'arrêt de la ventilation. Une poche de grisou se forme et, probablement avec le concours d'une étincelle d'outil, s'enflamme. C'est la déflagration du coup de grisou, suivie du redoutable coup de poussier. Immédiatement, les équipes de secours de La Clarence et d'Auchel accourent. A 7 heures, la première victime est remontée au jour. Il faudra 3 jours pour dégager les 8 tués et les 6 survivants. Deux d'entre eux succomberont ensuite à l'hôpital. "

C'est l'équipe de mon père, mais ce dernier ne l'apprendra que quand il rentrera à l'aube, un voisin surpris de le voir lui apprend la catastrophe et que sa famille se fait un sang d'encre, puisqu'il est censé y être descendu dans la nuit... sa mère et ses sœurs, tout le monde, pensaient qu'il était aussi au fond, porté disparu... Imaginez le choc pour mon père d'apprendre que, pour une fois qu'il ne veut pas aller au fond, une catastrophe se produit et surtout, que son meilleur ami Henri (le plus jeune sur la photo) fait partie des victimes... :

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J'ai retrouvé ici un autre témoignage de cette époque et de voisins directs de ma famille de cette époque (moi j'étais loin d'être né encore), dont aucun n'y habite plus maintenant, puisque ma grand-mère et également mon oncle et tante, habitaient l'un en face de l'autre dans la Rue D de Divion... (et oui, les corons des Mines... qui existent encore ici et sont toujours habités !) :

http://morel.and.co.free.fr/divion4.html

Bon, encore un hasard extraordinaire pourrais-je penser, si ça s'arrêtait là... mais il y a fait indéniable pour moi : le même genre de chose m'est arrivé également, et pas qu'une fois (sans compter les autres" détails" que je dois décrire), à moi et aussi à ma fille et à son fiancé Mathieu, mais aussi à ma cousine, et à l'un de mes neveux il n'y a pas si longtemps.

Mais j'en reparlerais plus tard, mes souvenirs et conversations avec mon père l'année dernière m'ont en effet depuis éventuellement éclairé sur une origine plus lointaine (en ce qui me concerne en tout cas !) des phénomènes ou tout au moins un début d'explication, un signe...

Je suis depuis des années assez athée et même anti-religions en général à une période, plutôt humaniste et internationaliste, probablement utopiste un peu comme tout le monde... mais ma mémoire (et confirmation de mon père) me dit aussi que dans mon enfance, ma famille était tout de même assez religieuse... surtout ma grand-mère et tantes paternelles, pratiquantes et ma mère, croyante mais plus pratiquante par la suite... 

Je n'ai pas été vraiment élevé par mes parents mes premières années mais par ma grand-mère, veuve, et sa fille et mari (Tante Marcelle, la sœur de mon père donc), tous décédés depuis. Ceci posé, je n'ai pratiquement évidemment plus de souvenirs de cette période, mais j'ai débarqué en région parisienne vers 6 et 7 ans (à priori) pour rejoindre mes parents et entamer l'école officielle... là, je me souviens avoir participé aussitôt à des offices chrétiens, catéchisme (je devais être emmené aussi à toutes les messes du dimanche matin je suppose à Divion !) et figurez-vous que mon père m'a même confirmé il n'y a pas longtemps que j'ai faits partie des "Chanteurs à la Croix de Bois" du 15ème arrondissement ! Chose que j'avais évacué de mon esprit apparemment ! Mais par contre, je me suis souvenu d'autres détails plus étonnants : la lecture de certains passages donnés par le prêtre-ouvrier du Caté m'éblouissaient vraiment et me troublaient assez profondément... je m'en souviens parfaitement... un peu quand on est surpris brusquement (frayeur) et qu'on découvre quelque chose de beau...

Je me souviens que le prêtre avait remarqué mon bouleversement devant certains écrits par rapport aux autres, mais je me souviens aussi que d'autres passages me révoltaient soudainement, et je disais alors au prêtre : mais comment cela peut-il être aussi contradictoire avec ce que j'ai lu hier ? lui demandais-je ? Il me regardait alors avec soit un sourire mystérieux, soit avec de la peine, et me répondait invariablement : " je ne suis qu'un prêtre ouvrier et je ne comprends pas toutes les Écritures... "

Pour vous décrire ma sensation, j'ai eu l'impression d'un contact étroit, comme quand deux personnes ont en même temps une même réaction, compréhension... et très rapide. Ou comme quand deux complices se comprennent à la seconde sans rien dire... ça juste en lisant quelques passages de la bible... vous avez du déjà avoir cette sensation aussi quand vous regardez quelqu'un que vous aimez dans les yeux et que votre esprit "part" vers le sien... une complicité instantanée... je ne sais pas trop comment décrire ça mais c'est tout ça à la fois... comme un coup de foudre de quelques millisecondes qui, au lieu d'envoyer mon esprit vers un regard aimé ou complice, l'a envoyé tout droit vers le ciel... c'est le mieux que je puisse pour décrire ce sentiment puissant.

Je sais que le catéchisme et le chant se sont arrêtés assez brutalement car mon père a trouvé que je passais trop de temps avec le curé ! Je sais qu'il ne s'est rien passé du tout avec le prêtre-ouvrier et qu'il ne s'était rapproché de moi que parce que j'avais été touché par certains éléments spirituels... mais je sais aussi que mon père a été voir les supérieurs du curé pour se plaindre de ses intentions... et m'a retiré sans autre procès de toute activité religieuse...

Est-ce le réel point de départ de toute ma vie, qui est finalement la conséquence indirecte d'un événement précis décrit ci-dessus ? Tout pourrait me le faire penser maintenant, après tant de temps de passé, et pourtant encore plus présent maintenant.  Car, encore aujourd'hui et malgré mes tentatives pour rejeter toujours cette possibilité, je n'ai pas de doute que ce qu'il m'est arrivé ensuite est tout aussi extraordinaire que cet OVNI, probablement plus incroyable et digne pour certains de faire partie des "un peu dérangés", voir beaucoup... tant pis pour eux s'ils pensent ça, ils font juste preuve de préjugé, ou de frayeur...

 

Chapitre 2

Quand vous luttez contre un bailleur de logement qui manipule des dizaines de familles en leur faisant croire qu'ils sont seuls à n'avoir pas été augmenté depuis x temps par exemple par rapport à un quartier fictif et des comparaisons fictives, vous ne pouvez être tenté de dire les vérités simples et ressenties par vous-même, sans risque d'offrir une faiblesse ou un faux motif aux adversaires. Je me suis abstenu donc jusqu'à présent de continuer cette "autobiographie" concentrée sur les expériences que je juge moi-même comme sortant de l'ordinaire. Mais dans la mesure où dire les vérités et même les prouver ne sert à rien dans l'immédiat de cette société dirigée par des gens qui n'ont pas la même vie que leur peuple, qui sont dans leurs riches illusions, et dont tous les rouages sont tirés au bénéfice de quelques-uns, je sais que je suis parmi ceux qui peuvent semer des graines qui peuvent mettre longtemps à germer, mais qui germent toujours. Je vais donc reprendre mes souvenirs du mieux possible et je me moque éperdument des mauvaises pensées ou préjugés d'éventuels lecteurs : qu'ils aillent ailleurs !

Je répète par contre que, surtout pour les périodes les plus lointaines, les scènes décrites ne sont pas obligatoirement dans leur ordre chronologique, même si elles sont relativement proches temporellement. Je peux par contre dire que tout à certainement débuté de toute façon quand je suis arrivé définitivement à Paris moi-même, et après avoir continué mes études dans le 15ème arrondissement donc, dans un collège pour garçons Rue St-Charles, assorties d'heures de Catéchisme et de chorale ! J'avoue avoir très peu de souvenirs de cette époque (commencée vers 7-8 ans ?), sauf vers la fin, plus marquante. Je crois par contre me souvenir que je suis passé par plusieurs postes dans la chorale : d'une belle voix limpide et angélique, ma voix a mué assez rapidement, à tel point que je me souviens qu'un prof de chant a été surpris de devoir me "classer" parmi les voix les plus graves et placé parmi les plus grand malgré mon âge et ma corpulence (je suis resté longtemps assez petit en taille - et d'ailleurs je ne suis pas bien grand maintenant, tout juste dans la moyenne !).

Aujourd'hui, je suis quasiment certain que tout s'est produit la première fois lors de cette sorte d'émerveillement subi, d'émotions serrant à la fois la gorge et libérant le cœur, de larmes de bonheur. Une chose que je n'ai jamais revécue de ma vie avec une telle intensité. L'impression aussi d'un souvenir dans un souvenir, comme si cette espèce d'extase immense m'était déjà connue, loin, loin dans les brumes de la mémoire. Et l'impression d'être au bord de la compréhension totale de tout ce qui m'entoure... un peu comme quand on a un nom d'objet sur la langue, et qu'il ne veut pas sortir... et puis plus rien. Seule l'émotion reste, indéfiniment, et heureusement. C'est ce qui me maintient en vie ici, alors que je sais qu'il y a un ailleurs. Mais mon raisonnement envers tout ce qui va suivre, est que cette connexion, si j'ose dire que cela en était une, la première, ne s'est jamais rompue en réalité, ou encore que cette connexion a attiré l'attention plus ou moins permanente de force(s) étrange(s) autour de moi. Et pour ceux qui commenceraient éventuellement à décréter qu'il y a peut-être des tendances parano dans tout ça, sachez que non, car je n'ai pas peur d'autrui ni de grand chose, je ne me sens pas persécuté : cela fait plus de 10 ans que je n'ai pas quitté le même endroit et je suis "trouvable" par tout un chacun, voir encore plus par autre chose. Mon seul soucis a été jusqu'à présent de protéger ma fille en priorité et de tenter de faire en sorte qu'elle puisse faire ses propres choix d'adulte (30 ans cette année 2014, ma fille !), avec celui qu'elle aime tant qu'à faire !

Peu de temps après cette forte émotion ressentie à la simple lecture d'un passage du Nouveau Testament, je me souviens que notre appartement a reçu une visite inattendue : un vulgaire pigeon s'est écrasé contre la fenêtre de ma chambre et est tombé sur le balcon, groggy et l'aile fortement luxée. Je convainquais ma mère de pouvoir le soigner, et même mon père le soir, puisqu'il est resté plusieurs jours dans ma chambre. Les deux premiers assez calmement, car je l'avais mis dans une grosse boite à bottes remplie de coton, et ma mère avait aidé à lui bander les ailes, surtout celle qu'il n'arrivait plus à refermer tout seul. Il semblait avoir été empoisonné aussi d'après son comportement mou et maladif. Mais au bout de trois jours, des soucoupes de lait avec du pain et quelques graines, son aile au repos forcé ne l'empêchait plus de vouloir se dégourdir les pattes et sortir de la boîte. Un pigeon parisien bien nourri n'a pas trop l'habitude du respect d'une chambre, et bien qu'il ait semblé vouloir comprendre que le papier journal était un bon endroit pour évacuer tout ça, il reçu rapidement l'ultimatum d'un départ dès le lendemain.

Et je me souviens avoir été un peu triste de voir ce nouveau petit compagnon partir, mais en même temps heureux de l'avoir aidé et soigné.

Et bien, le lendemain, vers la même heure, il est revenu se poser sur la rambarde du balcon, bien reconnaissable pour moi, et m'a fait la fête en tournant autour de moi comme un fou pendant un bon quart d'heure, dès que j'ai ouvert la fenêtre. Il est revenu comme ça plusieurs jours, régulièrement, puis un jour, il a été suivi par un compagnon, et à commencé à partager sa petite soucoupe au lait-pain sur le balcon. Mais ça s'est gâté : ils sont venus un jour trop nombreux d'un coup, une vraie nuée de pigeons en train de se poser sur mon balcon et ceux des voisins, partout sur la façade de l'immeuble ! Je me souviens que ma mère était effrayée et avait pris un balai. Moi, je claquais brutalement des mains et leur criait de partir, ce qu'ils firent tous très rapidement. Je les vis tous partir dans le ciel comme une colonne allongée et bruyante. Le pigeon ne revint plus après, c'était peut-être un adieu pour dire qu'il s'était trouvé une bonne bande !

Je pense que c'est aussi à peu près vers cette période qu'un étrange rêve est apparu, que j'ai refait à plusieurs reprises à l'époque et aussi plus tard. Un rêve difficile à décrire car nous ne possédons ni les couleurs, ni les textures que j'y ai vu. D'abord, c'est assez sombre, avec des endroits complètement noirs et insondables et c'est assez flou. C'est en même temps très coloré et visible par endroits, et tout bouge mollement, comme dans un fluide trouble où je flotte. J'ai une forte impression de paix et de contentement. Il y a des petites choses qui bougent parfois devant mes yeux, de différentes couleurs et formes, et je suis comme heureux de les voir et de les sentir me toucher, Comme si ces petites choses amicales prenaient soin de moi continuellement et que je sentais leur amour envers moi... Cela peut sembler peu réaliste, mais j'ai la forte impression qu'il s'agit d'un souvenir d'avant même ma naissance, comme fœtus dans le ventre de ma mère.

Ce qui suit s'est déroulé durant un été, probablement un été où je passais les journées au "patronage" ou à me promener dans les rues avec de nouveaux compagnons de jeux. Je ne connaissais pas encore mon ami Thierry ni mon ami Claude, il y a ça de certain, donc très proche encore, ou peut-être même juste après ma "rupture" d'avec la Chorale, le Catéchisme et donc même la religion chrétienne, suite aux détails racontés plus haut. J'ai connu une petite bande cet été, mais c'est un petit garçon, plus jeune que moi de 2 ans je pense, qui m'a le plus marqué, avec le second événement que je n'ai jamais pu oublier. Et pourtant, je suis incapable de retracer le visage de cet enfant pleinement, ainsi d'ailleurs que de nos 3-4 autres "copains" d'été, ni même du père de cet enfant, présent lors de la scène.

Je pense avoir connu ce petit garçon au moins deux à trois semaines, chaque jour pratiquement, y compris le week-end où nous nous rejoignions vers la fin vers chez lui. C'était mon premier vrai copain, en fait quand j'y repense. Très intelligent et vif pour son âge, je me souviens que nous passions des heures à jouer gaiement ou à discuter de ce qu'il se passait chez les adultes. Nous avions une curiosité égale et nous posions souvent les mêmes questions. Cela s'est gâté lorsque nos 3-4 compagnons de jeux (foot, courses éperdues dans les collines de parcs ou vers des bassins, billes et quelques bêtises classiques de gamins de 7 à 9 ans) se sont vraiment avérés être stupides et ont commencé des jeux plus violents du style "tu te moques d'une tête de turc" ou " tous contre un "... il est possible aussi que j'ai refusé de participer à l'une de leur bêtise encore plus stupide que les autres, mais ils s'en sont pris à moi un beau jour sans réelle raison, et mon jeune copain a préféré (je peux le comprendre maintenant !) les soutenir plutôt que moi... fâché, je rentrais chez moi. Le lendemain, je suis encore fâché, et plus encore contre ce que je considérais comme un fidèle ami. C'est probablement là qu'une "certaine" chose a basculé, sinon le destin, car j'avais soudainement l'idée de récupérer un des jouets préféré du petit garçon, qu'il m'avait montré caché sous une brique ôtable d'un vieux mur, juste en face de son domicile... cela faisait des jours que ce jouet dont je ne me souviens même pas dormait à cet endroit en permanence, mais je ne pouvais résister d'y aller en plein après-midi. J'étais à pied à l'époque et je me souviens qu'il habitait assez loin au milieu d'une impasse, vers la rue Lecourbe je pense. Je me souviens mal, peut-être une maison ou un petit immeuble avec une grande porte de cour toujours ouverte et un grand mur à gauche de l'entrée.

C'est alors que je me rapprochais enfin et que j'avais quitté la rue principale pour des petites rues menant à son impasse que cela se produisit. D'un seul coup et alors que j'étais en plein mouvement, en route pour aller "punir" le petit. Oui, je sais, pas très gentil et revanchard, mais vers 9 ans, on hésite rarement... malheureusement ! Là, une puissante voix cria à l'intérieur de mon crâne " NE FAIT PAS ÇA ! ". Je me figeais, surpris, écarquillais les yeux et regardais partout autour de moi, me retournais et reculais même pour voir si une fenêtre ou une porte ouverte laissait entendre quelque chose. Rien du tout, tout était d'ailleurs très très calme et silencieux : ce devait être en plein mois d'août, même pas de voitures. Et la voix résonnait encore en moi, impérieuse et en même temps amusée, comme un père qui surprend un petit enfant qui va faire une bêtise ! C'est l'impression qui me revient maintenant, mais je peux me tromper. Là, je vous rappelle que vous n'êtes pas obligé de me croire, mais je n'entendrais en tout cas plus jamais cette énorme voix à l'intérieur de moi jusqu'à présent, mais je l'ai bien entendue, et très distinctement... et j'étais encore assez loin de mon objectif.

Je me reprenais tout de même assez vite et, comme un enfant de neuf ans sans trop de compréhension et doutant de beaucoup de choses, je haussais les épaules et reprenait mon chemin avec les mêmes objectifs... j’atteignis rapidement le mur au jouet, enlevait la grosse brique descellée et prenait le jouet visible et là, je me figeais à nouveau, repensais subitement à cette grosse voix et hésitais. Je reprenais le jouet de ma poche en m'approchant pour le reposer lorsque d'un seul coup, le petit, accompagné de son père, apparurent dans l'ouverture de leur porte. Je compris instinctivement qu'ils étaient déjà sûrement là depuis un moment, derrière le mur de leur maison cachant la cour. Le petit garçon s'approcha de moi et me dit " je sais que tu m'as pris mon jouet ". Là, évidemment, j'éclatais en sanglots en disant que je ne savais même pas pourquoi je l'avais pris, que je me moquais de ce jouet et que j'allais le reposer. Sur ce, je le reposais sous la brique, et lui le reprenait aussitôt dans ses mains, en me disant " oui mais quand même...", là, je commençais à reculer, plein de chagrin, de regrets mais aussi de rancœur envers une sorte de trahison que je ressentais... Là, j'entendis son père lui dire avec un soupir " Je te l'avais dis de ne pas faire ça avec lui  ! ". Comprenant qu'il m'avait lui-même manqué de confiance et se jouait de moi, j'étais encore plus déçu et honteux de m'être fait "avoir" et commençais à partir quand le petit sembla commencer à regretter aussi son "piège" ou "test" à moitié loupé et me cria qu'il me pardonnait et s'excusait aussi, que je pouvais reprendre et jouer avec son jouet. Mais j'étais en larme et peu écouteur, déjà fâché du tour avec l'autre bande et je partais donc en courant. J'entendais encore le petit dire à son père " mais je veux pas qu'il parte, c'est celui que je préfère comme ami...". " Je te l'avais dis, pas lui, mais c'est trop tard..." .

J'étais probablement très rancunier et conservais un plutôt mauvais souvenir de cette dernière scène : je ne reverrai plus jamais (à priori, quoique !) ce petit garçon, ni son père. Et pourtant, ma mère pourrait vous le dire si elle était encore parmi nous, il a tenté de revenir. Un après-midi de fin août probablement, ma mère répond au téléphone ou à la porte (je me souviens mal), et c'est mon jeune ex-copain. La bande a fini par se moquer de lui aussi et il se retrouve tout seul aussi, et ils l'embêtent. Je ne répond même pas moi-même (et je le regrette encore), mais par l'intermédiaire de ma mère, je lui dis que c'est bien fait, comme il voit ce que cela fait... point. Je suis têtu à l'époque et, malgré ma mère qui insiste pour que je lui parle et me traite de méchant, je refusais définitivement de le revoir. J'ai manqué de le pardonner à la seule occasion possible.

Plusieurs questions évidemment me taraudent encore au sujet de toute cette scène, bien gravée dans mon esprit. Cette voix énorme entendue, m'était-elle bien destinée ? A moi seul, à nous deux avec l'enfant ou seulement destinée à l'enfant à l'origine. Lequel de nous deux ne devait pas faire sa "bêtise" ? Les deux probablement, avec le recul...

A la rentrée de septembre qui suivie, je pense que j'ai rencontré le meilleur ami de ma jeunesse (avec Claude qui disparu), Thierry. Et il n'est pas impossible que cet OVNI qui m'a visité un doux soir silencieux, l'ait peut-être fait en ce même mois d'août (69 ou 70 à priori)...

Chapitre 3

C'est à cette période d'été 70 je pense, juste après ces quelques semaines demeurées assez étranges dans mon esprit (ce petit enfant - plus petit que mes 11 ans pile de l'époque - est demeuré comme un extraordinaire esprit brillant, savant sur des sujets d'adultes, hypnotiseur, amical et... farceur, espiègle, gai, bébé...), que je commençais à écrire. Les quelques amis de classe que j'avais n'étaient pas revenus ou disponibles et mes soucis avec la bande du patronage faisaient que je restais enfermé à écrire jusqu'à la rentrée (mi-septembre à l'époque)...

C'est probablement également à cette période où j'ai jeté à la poubelle la majorité de mes jouets "guerriers" - finies mes batailles de petits soldats, au grand désarroi de ma mère à l'époque pour qui c'était probablement des souvenirs de cadeaux et de petits moments qui disparaissaient avec... quoiqu'il en soit, j'ai profité de la rentrée scolaire pour obtenir des blocs de papier et des stylos et j'ai commencé à écrire un peu de tout au début, à commencer par des poèmes-chansons et puis des textes fantastiques et SF.  -...

La plupart de ces premiers textes ont été perdus au cours des années suivantes, malheureusement, mais j'ai retrouvé quelques feuilles éparses dans des vieux dossiers, et ce petit texte ci-dessous fait partie de ces premiers textes :

" Thaïf s'inquiétait énormément. On l'avait arraché à sa terre natale et on l'avait emporté dans un endroit sec et pauvre. Où il était avant, il se portait bien, on prenait soin de lui et l'endroit était humide à point.

Le plus incroyable était qu'on lui avait coupé toutes ses substances nourricières. Comment l'être qui prenait soin de lui voulait--il que Thaïf reprenne vie ?

Les nourrisseurs- ainsi les Guers appelaient les êtres qui prenaient soin d'eux - étaient des choses gigantesques et répugnantes, qui leur procuraient la nourriture, l'eau et le site d’implantation.

Thaïf savait qu'il avait changé de nourrisseur, et il sentait bien que ce dernier était beaucoup moins amical. Il regrettait son ancien nourrisseur. Thaïf savait également que des Guers mourraient par la faute de certains nourrisseurs. Cela allait-il lui arriver ? Jamais il ne s'en aurait douté, auparavant. Thaïf avait un peu peur. Si il aurait pu se déplacer, il se serait enfuit. Mais les Guers avaient perdu le pouvoir de se mouvoir depuis de nombreuses générations.

Les Guers étaient des êtres frêles, qui n' n'esquissaient plus aucun mouvement. Leur civilisation était fondée sur la spiritualité, et ils correspondaient entre eux par télépathie. Les Guers pouvaient vivre longtemps, ou mourir dès leur naissance. Cela dépendait exclusivement des nourrisseurs, et de nombreux Guers regrettaient cet état "de chose.

Les Guers n'étaient entrés qu'une fois en contact avec les nourrisseurs, il y avait des quantités immenses de générations auparavant. Mais les Guers se transmettaient leur histoire depuis toujours, et ils n'oubliaient pas.

Et la seule fois que les Guers ont pris contact avec les nourrisseurs, cela avait été pour sceller un contrat. Les conditions étaient simples, et à l'avantage des Guers. Les nourrisseurs devaient éternellement prendre soin d'eux, et de leur coté, les Guers devaient faire profiter les nourrisseurs de leur beauté. Car les Guers étaient beaux, et ils le savaient.

Et les Guers se laissèrent faire, ils s’implantèrent partout sur la planète et procréèrent. Mais les Guers devaient rester immobiles, afin de toujours montrer leur beauté aux nourrisseurs. En effet, si les Guers partaient après avoir été nourris, le contrat était faussé, cassé. Mais les êtres frêles, à force de rester immobiles, perdirent le pouvoir de se mouvoir et ils procréèrent sur place, donnant toujours aux nourrisseurs de nouveaux Guers à soigner.

Les Guers regrettaient aussi de n'avoir rien d'autre à offrir que leur beauté aux nourrisseurs. Il existait des Guers sauvages, qui s'implantaient d'eux-mêmes et qui se nourrissaient naturellement et comme ils pouvaient. Ces Guers-là étaient beaucoup moins beaux que les " civilisés ".

Parfois, Thaïf regrettait de ne pas être un Guer sauvage. Maintenant, les Guers étaient les esclaves des nourrisseurs, ils ne pouvaient plus rien contre eux, et si les nourrisseurs voulaient les laisser mourir, ils mourraient.

Les Guers regrettaient leurs grands pouvoirs télépathiques de jadis, ceux avec lesquels ils avaient pris contact avec les nourrisseurs. Maintenant, les Guers étaient contrains de se laisser faire, ils ne pouvaient plus entrer en contact avec leurs protecteurs. Ils étaient abaissés au niveau des animaux asservis.

Thaïf sentit que son nourrisseur arrivait. Allait-il enfin être bien soigné ? Il suffirait de bien peu pour qu'il reprenne vie. De l'eau, tout simplement.

Thaïf sentit soudainement l'humidité du sol. Son nourrisseur lui donnait enfin de l'eau ! Thaïf étendit doucement ses antennes nourricières. Elles se rétractèrent aussitôt. Il y avait bien de l'eau, mais il avait détecté des substances chimiques néfastes dans cette eau. Il ne pouvait pas se réhydrater. Son nourrisseur voulait-il sa mort, ou bien ne s'était-il pas rendu compte que son eau était polluée ?

Soudain, Thaïf sut qu'il allait mourir. Il dit adieu à ses congénères, leur expliquant son cas, et laissa sa beauté se flétrir. Il avait résisté très longtemps, trop longtemps. Il sentit sa parure tomber, son corps se courber.

Le nourrisseur allait-il le laisser ainsi ? N'avait-il pas de pitié ? Que faisait-il du contrat ? Ses minuscules cellules cervicales atrophiées se désagrégeaient. Il essaya de faire un mouvement, comme il l'avait si souvent tenté, mais il n'eut pas plus de succès que les autres fois. Il sentit un être reproducteur se poser sur l'un de ses organes sexuels, mais il s'envola aussitôt, probablement déçu. Les êtres reproducteurs étaient des choses minuscules, à l'inverse des nourrisseurs. Ils n'étaient pas intelligents, ils faisaient ça par besoin.

Les Guers étaient hermaphrodites, mais ils ne pouvaient plus se reproduire directement. Alors, de petits êtres transportaient les gènes d'un organe sexuel à l'autre, ensemençant ainsi. Les Guers aimaient bien les reproducteurs, car en définitive, c'était grâce à eux qu'ils pouvaient procréer maintenant. Plus aucun être ailé de se posera sur Thaïf, maintenant...

Thaïf sentit ses pointes organiques se hérisser, uniques et pauvres défenses contres les attaques. Ses membres protecteurs se flétrissaient. Soudain, une atroce douleur monta en Thaïf, partant des organes nourriciers et implanteurs. Thaïf sut aussitôt que c'était la fin. Des centaines de Guers entendirent le cri déchirant de Thaïf. On commença une cérémonie d'adieu et de tristesse...

Jamais les Guers n'auraient imaginé que les nourriciers auraient pu oublier leur contrat, pendant ces millénaires. En effet, quand les Guers les avaient connu, ils n'étaient encore que des idiots primitifs. Les Guers, eux, restaient toujours au même niveau, et ne pouvaient comprendre 1' évolution, c'est ce qui les perdait...

* * *

Manuel Cortega cracha à terre et jeta sur le sol le massif d’orchidées qu'il venait d'arracher. Il avait volé cette plante il y a quelques jours, dans une belle propriété de la ville. Il aurait voulu qu'elle reprenne. Quel chic cela aurait fait, parmi les cases des voisins du bidonville !

Manuel haussa les épaules et rentra dans sa case en tôle, où ses six enfants l'accueillirent en un bruit infernal. Agacé, il ressortit, regarda en passant les restes du beau massif d’orchidées. Mais les racines pourrissaient, les fleurs étaient flétries et les feuilles déchiquetées. Il haussa à nouveau les épaules. Drôle d'idée, qu'il avait eu de replanter une plante de riche dans un bidonville. Hier, il avait eu son jour de succès. Tout le monde venait voir son orchidée. Aujourd’hui, c'était fini.

Bah, soupira-t-il, cela avait égayé un peu sa vie de pauvre. Il se tourna vers la mer et contempla le paysage grandiose d'un air outré. Il se demanda pourquoi tant de monde venait voir Rio, capitale des bidonvilles !

Le même jour, des milliers d’orchidées moururent à Rio de Janeiro. C'était le premier geste de protestation des Guers. Mais personne n'y fit attention…

Le jour où les Guers mourront tous le même jour, par leur désespérance, peut-être les humains se souviendront-ils de leur contrat ? Qui sait ?... " - © Yves Herbo

La rentrée me réservait une surprise, mais est-ce vraiment un hasard ? L'instituteur principal Monsieur Corneloup (un nom que je n'ai pas oublié !), en cette classe de la rentrée 1970-1971 et fin de cycle, et professeur de français, avait décidé d'appliquer un nouveau programme d'éveil à la littérature qui consistait à faire écrire tout un petit livre illustré par l'ensemble de la classe. Toutes les matières pratiques participaient au programme, avec la professeure de sciences naturelles et de dessin, qui était d'ailleurs en couple avec le professeur de français si je me souviens bien (nous avons tous été invités à l'époque par les deux professeurs a une fête dans le jardin de leur maison qui se trouvaient... au Plessis-Robinson ! C'est la toute première fois que je mettais les pieds dans cette ville donc, au Plessis-Robinson dans le 92, en 1970... et je ne me doutais pas que le destin m'y ramènerai des années plus tard, comme d'ailleurs dans d'autres endroits où le sort s'est acharné à me faire revenir.

J'ai dit que j'avais probablement rencontré mon ami Thierry vers cette époque. Mais je pense que je ne l'ai pas connu tout de suite dans ma classe, mais plutôt au niveau de l'étude, puisque nous restions tard en classe pour finir nos devoirs un maximum avant de rentrer... Thierry n'avait pas de père et sa mère travaillait dans un café-restaurant de Denfert-Rochereau, avec des horaires assez élastiques : Thierry était récupéré par une "nounou" qui l'emmenait dans son appartement déjà rempli par ses enfants et d'autres qu'elle gardait. Un endroit où il pouvait rarement terminer ses devoirs... nous devenions assez facilement amis quelques mois plus tard quand il est arrivé (il a rejoint l'école en cours d'année je pense) et nous entraidions du mieux que nous pouvions sur les devoirs.

Durant cette année, je me souviens avoir eu de bons souvenirs avec des gamins très sympathiques dont les visages me reviennent parfois, et dont j'ai retrouvé certains derrière la couverture du petit livre que nous avons écrit ensembles à l'époque : les frères jumeaux S, le costaud D entre autres... je me souviens qu'à une période donnée, nous avons formé une petite bande de gamins curieux qui avions entrepris de visiter les sous-sols et parkings du 15ème arrondissement, les mercredis ou samedis selon les opportunités. Sans toucher à rien, attention, nous ne faisions aucun mal... à part crier pour provoquer des échos et jouer aux voleurs et aux policiers, comme beaucoup d'enfants... Bon, nous avons probablement réveillé un gardien ou deux endormi et déclenché quelques alarmes de magasins, mais rien de remarquable... à part la toute dernière escapade qui nous a valut une chaude entrevue avec la Mère principale d'une école religieuse de jeune filles dans laquelle nous avons pu pénétrer par les sous-sols, presque par hasard... le problème étant bien sur que certaines salles n'étaient pas vides du tout et que nous nous sommes faits courser dans les couloirs par une énorme sœur, en robe noir et blanc qui a réussi à nous rabattre vers une voie sans issue. Vous devinez le reste : alors que deux de mes compagnons de visite avaient réussi à s'échapper, je me retrouvais avec un autre dans le bureau de la Mère Supérieure en colère et nous menaçant des pires maux et punitions... mais je me souviens avoir réussi à la faire sourire en coin en lui expliquant avec honnêteté nos escapades sans mal et en ne touchant à rien, juste un jeu. Elle nous fit peur et nota nos noms et école et nous relâcha... nous rejoignions nos amis embêtés mais moqueurs qui attendaient plus loin et nous décidions alors d'arrêter ces visites, rompant aussi un peu le groupe au passage si je me souviens bien. Je n'entendis jamais parler de cette histoire par la suite, contrairement à nos craintes envers nos parents et l'école : la Mère Supérieure avait du juger qu'elle nous avait suffisamment fait peur sur le coup je pense ! Mais je me rappelle encore les rires et regards admiratifs des petites filles qui nous avaient vu dans cette école... c'est étonnant d'ailleurs comme il ne reste souvent, dans les bons ou mauvais souvenirs, que ces petits détails qui résument tout... un rire éclatant, un regard éclairé, un sourire ou une grimace, une expression généreuse ou méchante...

Les Aventures de Bacara

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Il s'agit ici de ma toute première participation officielle à la société publique en tant qu'auteur, et aussi à un travail collectif littéraire, dès mes 11 ans donc. Ce petit livre écrit et illustré par des enfants de 10 à 11 ans est évidemment en assez mauvais état mais je vais tenter de le sauver déjà en scannant les pages, bien que certains textes commencent à devenir illisibles, sans compter les dessins flous et peintures passées. Il est possible que l'un de mes co-auteurs de l'époque reconnaisse aussi ses travaux, qu'il possède aussi encore son unique exemplaire et qu'il va me contacter... on peut toujours envisager le meilleur  et tenter de sauver une œuvre unique née de l’Éducation Nationale... j'en rajoute peut-être un peu trop... quoique... c'est tout aussi bien un hommage à ce bon instituteur, Mr Corneloup, et au hasard de cet exercice passionnant pour moi, probablement un "révélateur" qui tombait au bon moment après mon éveil subit à l'écriture (éventuellement initiée à l'origine par ma rencontre quelques mois auparavant, que j'estime entre 9 ans et 10 ans, avec ce qu'on ne peut appeler que "OVNI"...). J'ai retrouvé l'un de mes petits textes écrit vers 9-10 ans (1968-1969) - pas très bon ni bien construit évidemment, et j'avais également écrit plusieurs pages pour ce petit livre des Aventures de Bacara, malheureusement toutes gardées par le professeur et perdues pour moi.

1969 yvesh1969, également la période de mon étrange observation lumineuse, mais aussi du début de mon envie d'écrire. Ici je suis au milieu à droite, avec des compagnons d'école qui participeront aussi à l'élaboration des "Aventures de Bacara", avec notamment au premier plan un grand ami de l'époque scolaire, Philippe Delaplanche

En attendant mieux, voici déjà la couverture, les pages de présentation et des co-auteurs et quelques dessins (pas dans l'ordre), le début du texte. Tout le livre a été numérisé (le livre a dû être décortiqué et chaque page et dessin mis à plat) et le tout reste encore assez lisible. Si une société d’Édition de livres pour enfants est intéressée par un vrai livre vraiment écrit par des enfants, qu'elle me contacte pour examiner les possibilités. :

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(...)

© Herbo Yves et co-auteurs (1970-1971)

Ce petit livre commun ne relève pas des faits mentionnés comme faisant partie de mon témoignage global sur le paranormal et tous ses effets connexes (religieux et "alien" éventuel), mais est utile à mentionner dans le processus qui a accompagné la suite des événements. Je publierai si possible l'intégralité de ce petit livre d'enfants dans une prochaine page car celle-ci atteint déjà ses limites.

Cette année scolaire de septembre 1970 à juin 1971 a été à l'évidence une année-charnière de mon existence. Mon imagination était canalisée plus ou moins par l'écriture, peut-être à cause de cette observation étrange en 1968-1969, mais aussi grâce à ce petit livre, et je commençais donc également à produire mes premières œuvres (beaucoup de perdues malheureusement) et les débuts de mon premier roman que j'ai dû entamer début 1970 ou fin 1969, j'ai retrouvé les tous premiers textes le concernant, et le petit livre incité par Mr Corneloup a été fini très tôt question écriture et nous étions passés aux illustrations début 1971. Ce premier roman s'appelle "Quatre Éternités pour une Rose Immortelle" (paru en été 2015 aux éditions EDILIVRE de Paris) et je l'écrivais en assemblant, au fur et à mesure des mois, un grand nombre d'écrits ne se suivant pas obligatoirement mais, assemblés dans l'ordre choisi en final, a permit une histoire logique qui a été terminée en 1972-1973. Je procédait d'ailleurs de même avec le deuxième roman, "Je n'étais qu'un Androïde" (paru aux éditions Baudelaire en 2011 puis sur Amazon), qui a été écrit après en parallèle entre 1972 et 1974. Il est intéressant de noter ici que les quelques retours que j'ai eu de la part de quelques lecteurs de ce roman sont tous positifs (dans la mesure où ils savent que c'est un roman écrit à l'origine par un enfant) et m'ont apportés certaines de leurs conclusions ou "moralités". Dans "Je n'étais qu'un Androïde", plusieurs personnes y ont vu une aventure épique menant à une allégorie semi-religieuse : l'Humanité, dans sa course à la Connaissance, refait les mêmes erreurs qu'une autre civilisation de l'univers en créant son propre Dieu (l'ordinateur suprême) qui finira par la détruire, ce qui recommencera un autre cycle et une nouvelle civilisation... amenée à reproduire le même modèle. Pour d'autres, c'est le problème du Créateur qui est posé : une civilisation (et donc la nôtre un jour) peut-elle, à force de technologies et de volonté d'expansion, de conquêtes pour ressources et espaces vitaux, devenir elle-même un "dieu", créateur d'autres vies et civilisations ? Mais aussi bien évidemment un "dieu" destructeur d'autres vies et civilisations ? D'autres y ont vu une sorte d'avertissement, de message envers nos développements actuels de l'Intelligence Artificielle, les réussites constatées en matière de robotique... mais aussi en cybernétique (alliance de la matière inerte et de la matière biologique vivante) et même de clonages... le tout amenant effectivement dans le futur à l'existence réelle des androïdes intelligents et à tous les dangers potentiels décrits dans ce roman (et dans tant d'autres) en matière d'un contrôle robotique de l'Humanité. Enfin, d'autres, faisant le parallèle avec mon observation d'un OVNI proche, pensent que ce roman attire notre attention sur le fait que nos visiteurs (extra-terrestres ou "entités" dimensionnelles, ou entités du futur) dans notre univers physique particulier, ont de grande chance de n'être que des robots ou androïdes, seuls capables de "vivre" les milliers d'années nécessaires aux déplacements entre planètes dans notre immense réalité...

 

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Mais, vous vous en doutez, au cours de ces quelques années où je trouvais le temps d'écrire entre mes devoirs scolaires et mes jeux d'enfants, il m'arrivait encore plusieurs choses étranges, et des enchaînements significatifs à mon sens. Je préviens tout de suite, il s'agit (et je m'en aperçois en réunissant mes souvenirs sur cette période) principalement de ce que j’appellerai " d'étranges tentations et rencontres sexuelles". Ces scènes de ma vie réelle, entre l'âge de 11 ans et 13 ans, risquent d'en surprendre certains, mais ma conviction sur leur étrangeté est renforcée par le fait que je n'ai jamais été seul pour les vivre. Ce que je juge très surprenant aujourd'hui, c'est qu'elles se sont toutes déroulées en compagnie du meilleur ami que j'ai eu sur cette courte période, Claude ou Jean-Claude (j'ai un doute car je sais que son père s'appelait aussi Claude ou Jean-Claude !). 

Tout d'abord, ce qui est encore assez étonnant, c'est que Claude est apparu subitement dans ma vie, sans que je me souvienne vraiment des circonstances. Je suppose encore que c'est juste une rencontre de deux enfants, par hasard, car je n'ai pas été à l'école avec Claude, ni en étude. Un autre parallèle, c'est que Claude (à l'inverse de Thierry) n'a pas de mère mais seulement un père. Autrement dit, je suis un garçon qui a eu une mère abandonnée et qui n'a pas connu ses parents, qui n'a pas été élevé en partie par ses propres parents et dont les seuls meilleurs amis sont tous des enfants avec parent unique ! 

A l'époque et dans ces petites classes, l'école se terminait toujours assez tôt et Claude et moi nous rejoignions toutes les fins d'après-midi, le jeudi (ce n'était pas le mercredi à cette époque je crois) et le Weekend. Voici ce qu'il s'est passé, une fin d'après-midi normale, alors que Claude et moi nous promenions dans notre quartier du 15ème arrondissement de Paris.

Nous étions en train de marcher en direction de Convention et plus précisément rue des 4 frères Peignot, Claude passant souvent me prendre à mon domicile - ma mère aimait d'ailleurs beaucoup Claude, qui était très poli, calme et charmeur, avec ses yeux bleus et ses cheveux clairs, l'opposé de moi sur ce point. Il m'est par contre impossible de me rappeler si j'ai su où habitait vraiment Claude : il a toujours été mystérieux sur sa famille, sur le métier exacte de son père (homme de chantiers à priori, un grand costaud aux cheveux longs et blonds que je n'ai vu que 2 ou 3 fois en tout) et son domicile (je pensais alors qu'il vivait peut-être dans une caravane ou quelque chose de provisoire, quelque chose dont il avait peut-être honte inconsciemment... ou qu'il obéissait aux instructions de son père). Il n'y avait personne dans ces petites rues parallèles à la rue St Charles aussi, nous sommes surpris de rencontrer soudainement, au détour d'un croisement de rues, une grande femme de couleur noire qui avance très lentement, comme une petite vieille, alors qu'elle a une jeune apparence. C'est une femme dans la trentaine (à mon avis), très grande et très jolie d'aspect. Je me rappelle encore son maintien de tête fier, mais aussi ses yeux noirs à la fois perçant et... dans le vague, comme confus et ne se fixant pas sur un endroit précis. 

Elle a en effet l'air très confuse, marmonne des paroles incompréhensibles et semble errer sans but. Arrivés à son niveau, elle se plante devant nous et nous marmonnent des paroles avec un accent horrible que nous déchiffrons très mal... il me semble entendre dans ses paroles le mot "berger"... comme nous venions précisément de passer par la Rue des Bergers, je lui indique du doigt le chemin pour y aller : elle n'est vraiment pas loin. Mais elle ne bouge pas et semble attendre que nous la menions à son adresse... comme nous n'avons pas grand chose d'autre à faire, nous l'accompagnons donc au coin de la rue des Bergers et lui montrons la plaque de la rue le mentionnant. Là, elle nous regarde d'un air insistant, fait non de la tête et répète son mot... que nous identifions au bout de quelques minutes, effarés, par... "baiser"... inutile de vous dire notre surprise et ce qui nous est passé par la tête à ce moment... une jolie femme confuse demande à des enfants non encore pubères (je l'ai été finalement assez peu de temps après, vers mes 12 ans 1/2) de la "baiser" ! Pour être honnête, nous venons à peine de découvrir à quoi ressemble le corps d'une femme grâce aux magazines, la tentation d'en découvrir plus est évidemment énorme... mais nous ne connaissons absolument aucun endroit où emmener cette femme - une nymphomane à priori, ou quelqu'un à l'esprit très égaré selon nos critères... et comme elle ne veut absolument pas nous lâcher d'un pouce, j'ai l'idée de l'emmener à l'appartement d'un "ami" d'école qui a une famille nombreuse et des grands frères... ce que nous faisons. Le grand frère qui m'ouvre la porte après avoir sonné est évidemment surpris de ce que nous disons... " cette dame cherche un endroit et des gens pour faire l'amour, on a pensé à ici... ". Mais j'avoue qu'il réagit tout de même vite - il n'est pas seul et au moins deux de ses amis arrivent avec des bières à la main - et comprend la situation... il fait entrer la dame... et nous empêche d'entrer en disant juste " merci les gars, mais vous êtes trop petits ". Et il referme sa porte devant nos visages déçus... Quand je revoyais mon collègue d'école (je pense que c'était Patrick B), je lui demandais des nouvelles de la dame et de ses grands frères. Il me répondit en s’esclaffant que ses frères en avaient bien profité... mais aussi qu'ils avaient eu toutes les peines à s'en débarrasser car elle entendait bien s'installer à leur domicile et vivre avec eux, en donnant son corps en échange ! Il m'a raconté qu'ils l'avaient entraîné dans un grand magasin pour faire des courses... et avaient réussi à la semer...

Bon, rencontre étrange en 1971 de cette dame confuse. Encore plus surprenant : j'ai rencontré à nouveau et reconnu très précisément cette femme il n'y a pas longtemps, en 2010, dans ma propre résidence du Plessis-Robinson ! Ce soir-là, je sors du parking souterrain où je gare ma voiture avec ma fille Delphine. A gauche en sortant du parking, il y avait encore à l'époque une rangée de marronniers sur la pelouse entre le 2 allée des marronniers et le parking souterrain. Là, en train de caresser un marronniers, se trouve une grande dame noire âgée, accompagnée par une plus jeune (sa fille ?), et elle m'interpelle. Ma fille ne veut pas s'en mêler et reste à l'écart pendant que je m'approche pour voir ce que veut cette dame. Et là, je suis presque muet au début : j'en suis certain : c'est bien la jolie femme confuse qui nous avait faite cette proposition surprenante presque 40 ans avant... elle était bien sûr beaucoup plus âgée mais son allure général, son port de tête et visage étaient les mêmes... et elle semblait tout aussi confuse qu'il y a 40 ans !

Arrivé devant elle, elle me montre l'arbre et me dit qu'il est empoisonné et qu'il fallait faire quelque chose pour soigner les arbres. C'est un fait, tous les marronniers à cet emplacement sont rapidement devenus "secs" et malades, puis envahis par une colonie de fourmis rouges. Je tente de lui faire comprendre que je ne suis pas le gardien ni propriétaire et je lui suggère d'en parler au gardien qui se trouve dans la tour du 4 allée des marronniers... mais elle ne comprend pas grand chose, jusqu'à ce que sa fille intervienne et commence à l'entraîner plus loin...

Il y a-t-il une explication raisonnable à ceci ? Difficile à voir. Mais, de nos jours, en 2014, il y a un fait certain : des dizaines de marronniers semblent avoir été empoisonnés simultanément en des endroits éloignés les uns des autres, et ont donc été abattus dans cette résidence... sans avoir été du tout remplacés...

Pelouseex marronniersL'endroit indiqué où se trouvaient 4 ou 5 marronniers est visible ici juste en face, là où il reste encore la pelouse vide... il y avait aussi des marronniers à l'origine à gauche sur la pelouse visible aussi.

Ce qui nous est arrivé ensuite est beaucoup plus sombre et délicat à raconter. Mais je vais le faire, en vous demandant de ne pas oublier que ces événements se sont produits alors que Claude et moi avions entre 11 et 12 ans, et que nous n'avions même aucune idée que ce genre de chose existait ou pouvait se produire. Ne pas oublier non plus qu'à cet âge, on est intrépide pour beaucoup, voir téméraire, assez peu réfléchis et n'ayant pas de recul... ni de futur clair ! 

Cela s'est passé Rue Saint-Charles dans le 15ème donc, et très précisément à l'époque juste à côté de mon école ! 

A cet endroit existait à l'époque un long mais peu large terrain vague sur lequel restait encore les ruines d'une maison individuelle, tenant encore debout un peu par miracle. Il y avait une palissade en mauvais état devant et un grillage mais surtout, il y avait une grande résidence à côté et un grand parking... qui permettait un accès facile (par-dessus un tout petit mur bas accessible par des enfants de notre petite taille !) au terrain vague. Nous allions y passer la majorité de nos loisirs extérieurs pendant quelques semaines... se terminant par une expérience qui nous a horrifié et fait détester les "adultes" plus que nécessaire pour notre âge... mais nous a aussi fait "mûrir" bien sûr par symétrie. 

Pourtant, j'aurai probablement dû prendre ce qui m'est arrivé la première fois que nous nous sommes aventurés dans cette maison abandonnée comme un avertissement - ce qu'il était d'ailleurs presque certainement, j'en suis aujourd'hui convaincu. C'était une maison à un étage dans laquelle y avait encore quelques meubles éventrés et vermoulus. La façade arrière avait disparu et les pièces étaient exposées, un reste de terrasse était envahi par les herbes folles et les débris. Il y avait encore un toit (très percé par endroit) et un assez grand grenier ou combles en bois. Le tout était assez branlant avec une charpenterie en bois vermoulue et la pluie qui tombait directement de trous dans le toit avait ruiné le centre de toutes les pièces (cinq en tout je crois me souvenir). Nous avons décidé de commencer par nettoyer la terrasse et la devanture, où un mur bas bien droit pouvait nous servir de banc et une grosse planche de table. Tout en continuant nos jeux du bandit et du policier, nos jeux d'aventures et de poursuites avec nos faux revolvers ou couteaux imaginaires...

Pendant l'un de ces jeux de poursuites (nous imaginions de multiples histoires de héros luttant contre la pègre ou des monstres, etc) et dans la volonté d'éviter l'autre ou de me cacher, je grimpait prudemment les marches vermoulues de l'escalier qui menait à l'origine à l'étage, mais donnait sur un vide : le plancher n'existait plus à cet endroit et d'ailleurs, le sol de l'étage n'existait plus encore qu'au niveau d'une chambre humide au toit percé. Le reste était bien maintenu par de la charpente épaisse et les murs encore présents. Le toit était directement visible de l'escalier, et il y existait une sorte de grenier, accessible facilement via la charpente qui formait une sorte d'échelle. A cet endroit de la façade arrière (dont les murs n'existaient plus), la charpente du toit était solide et resserrée, formait une sorte de plate-forme au-dessus du vide complètement plongée dans le noir. Je laissais mes yeux s'habituer aux ténèbres et j'avançais à quatre pattes ou accroupit selon les passages entre les charpentes de toit qui partaient du couloir suivi. A droite, il y avait le premier étage un peu en dessous. Et là, j’eus l'une des grosses peurs de ma vie ! 

Là, dans le noir et au fond, un peu en hauteur et droit devant moi, deux yeux rouges et sauvages me fixent... pire, sous ses yeux apparaissent une forme blanche qui apparaît dans la noirceur. Le tout ressemble à une sorte de tête avec des dents pointues sous les yeux et une vague forme blanche en dessous... inutile de vous dire que je ne suis jamais redescendu aussi vite de là par la suite... j'ai fuis comme un malade et suis tombé nez à nez avec Claude qui m'a "descendu" directement... 

" la vache, il y a une bestiole bizarre là-dedans ", lui expliquais-je, détaillant ce que j'avais vu...

Évidemment, il ne me croit pas et va voir par lui-même malgré mes avertissements. Moi je l'attends prudemment en bas des escaliers... et il redescendra encore plus vite que moi, rien qu'en voyant les deux yeux rouges luisant dans le noir... il a dit avoir entendu aussi une sorte de feulement... Prenant notre courage à deux mains, nous décidons de tenter de faire sortir cet animal effrayant de sa cachette : l'un monte l'escalier en faisant du bruit, l'autre se rend via le rez-de-chaussée en-dessous de la position de la chose. Armé d'une barre de bois et en tapant l'une des charpentes épaisses à proximité de sa cachette, nous réussissons à le faire réagir. Nous voyons surgir soudainement une sorte de petit démon tout noir avec une tête cauchemardesque, qui détale et saute directement du haut de l'étage dans l'herbe du terrain vague et disparaît aussitôt ! 

Après concertation, nous tombons d'accord sur le fait que nous avions fait fuir un chat noir très maigre, auquel il manquait toute la mâchoire du bas... blessure horrible qui laissait voir son ossature à vif et ses dents du haut dépassant seules... pour être honnête, nous étions à la fois soulagés d'être débarrassés de l'animal effrayant et en même temps désolé pour l'animal, qui était probablement en train de mourir de faim, incapable de se nourrir dans son état... on s'est d'ailleurs demandé s'il était réellement en vie, et si nous n'avions pas eu à faire à un fantôme de la maison détruite... d'où l'avertissement par rapport à la suite.

Cette petite aventure effrayante n'empêcha pas notre retour dans la maison en ruines le lendemain, et par la suite. Nous avons même décidé d'en faire "notre quartier général", notre "club" et entreprit de l'aménager lentement. Nous avons déblayé et repoussé un maximum de chose dans le terrain vague. En nous promenant dans le quartier, nous récupérons même des vieux sièges de voitures défoncés (sans leur ferraille) et nous les installons sous le toit restant de la façade, à l'abri de la pluie, nous récupérons même un vieux bancs en bois abandonné dans un chantier voisin...

Mais tout à nos jeux et aménagements, nous n'avions pas remarqué immédiatement que nous étions l'objet d'une surveillance... malsaine. Jusqu'à ce qu'un après-midi, alors que nous étions affairés à reconstituer une aventure de Rahan (et oui, les BD de Rahan faisaient notre bonheur d'enfants !), un jeune homme assez grand surgisse devant nous à l'improviste. Il promène un beau teckel qui n'a pas l'air très sympathique et montre les dents... En fait, le jeune homme est d'un âge indéfinissable car il a le crâne rasé. Pas très récemment car une petite couche de poils est visible. Il s'avance en souriant et nous demande tranquillement ce que nous faisons. Avec méfiance, nous lui disons que nous montons notre petit club et qu'on essai de l'aménager un peu. Il nous demande si on habitait là ou dans la résidence et devant notre dénégation, il hoche la tête et demande juste si on va revenir et si il pourra revenir nous voir... nous n'osons pas lui refuser et il s'en va avec son chien vers le fond du terrain vague et passe par l'ouverture qui mène par là à la résidence aussi (un gros groupe d'immeubles blancs). Nous en concluons qu'il habite par là.

Le lendemain, nous revenons avec le tout nouveau magazine de Rahan et son cadeau-surprise : le couteau de Rahan en grandeur nature... un beau couteau... en plastique mou sans pointe et sans danger bien sûr. Le jeune homme apparaît assez rapidement, content à priori de nous voir et amène même un vieux tabouret qu'il nous offre... tout en s'asseyant dessus. Il à l'air de s'intéresser au magazine, le lit un peu et semble se méfier de mon couteau et de mon collier de Rahan (le collier de dents de tigre - en plastique aussi) qui a tout de même des dents d'apparence pointues. Au bout d'un moment, il nous demande si nous voulons l'accompagner chez lui pour voir sa chienne et, comme nous hésitons fortement, il nous montre qu'il habite là juste en face et un peu à gauche de nous. Claude hausse des épaules et quand il nous dit qu'il doit avoir du jus d'orange au frigo, nous hésitons moins. Le début se passera bien avec l'offre effective des boissons suggérées, mais quand nous nous installons "cinq minutes" dans le salon pour boire avec lui, l'ambiance change radicalement. Le salon comporte un divan sur lequel nous nous asseyons, et un grand fauteuil juste en face. Et là, sur le fauteuil, nous fixant d'un regard de haine méchant et hautain, il y a la teckel qui nous semble presque ébouriffée, presque prête à venir nous égorger au moindre mouvement... une dent dépasse de sa babine de gauche et il me semble presque voir un tic nerveux lui redresser le museau en permanence.

" Elle est impressionnante, hein ? " fait notre convive amusé. La chienne est en symbiose avec son maître : dès qu'il s'approche du fauteuil, elle se redresse et bondit au bon moment dans ses bras pour qu'il puisse la mettre sur ses genoux en s'asseyant... le tout dans le même mouvement. Je dois dire ici que nous n'en menons pas large et avons hâte de partir... et il réagit assez vite en nous rassurant, assurant qu'on ne risquait rien, que sa chienne était une bonne gardienne mais obéissait au doigt et à l’œil. Moi, je me demandais qui obéissait réellement à l’œil dans cet appartement, et invoquait l'urgence d'un départ pour un rendez-vous avec les parents... le jeune homme fut évidemment déçu de notre volonté de vite partir et nous fit promettre de ne pas être effrayés... et de revenir...

Nous n'y sommes pas retournés le lendemain ni pendant au moins trois jours : des empêchements familiaux d'un côté ou de l'autre, je me souviens mal. Mais quand nous sommes réapparus dans le terrain vague (je me souviens avoir amené par méfiance le couteau de Rahan), il ne s'est pas passé un quart d'heure avant que le jeune homme fasse son apparition, tout vêtu de noir comme la dernière fois. Il avait l'air nerveux et nous apostropha presque :

" Je croyais que vous n'alliez pas revenir ! Je me demandais ce que vous faisiez ! Et le Club ? "

Il était visiblement énervé et marchait de long en large, comme si nous avions commis une lourde faute ! Claude invoquait des problèmes familiaux de son père sur un chantier sur lequel il s'était blessé... l'une des rares fois où il en a parlé. Ensuite, cela se déroula très vite car il nous prit totalement par surprise : il devint violent subitement, giflant Claude du revers de la main et arrachant mon couteau de Rahan des mains. Surpris, nous étions figés et effrayés par ce déchaînement subit de rage. Il parlait fortement mais sans crier, donnant des ordres comme un officier. Il nous fit asseoir sur le banc, à l'ombre de la bâtisse et s'installa en face sur son tabouret. Il menaça de voler mon couteau et exigea que je lui donne mon collier aussi : il disait que c'était peut-être une arme. Malgré ses promesses, il ne me rendit évidemment pas mon couteau mais, au contraire, en mordit à pleine dent la point molle et l'abîma complètement, provoquant mes larmes. Soudainement, il demanda à Claude de baisser son pantalon, puis à moi. Nous refusions bien sûr et nous levions... ce à quoi il réagit immédiatement en saisissant Claude par le bras et en me donnant une forte gifle de son autre main, me faisant rasseoir. En même temps, il s'excusait et parlait d'une voix plus douce, en disant qu'il ne fallait pas l'énerver car nous n'étions pas venus plus tôt... 

Sur ce, il nous dit que ce n'était pas "sale", que c'était naturel, et que nous devions apprendre des choses... et il nous montra son pénis en érection dans la foulée. Nous força à le caresser à tour de rôle un moment avant de demander à Claude d'abaisser sa bouche vers son sexe...

Là, profitant de son attention entièrement tournée sur Claude, je remontais mon slip et mon pantalon et me sauvais. Il se leva et tenta de me poursuivre et je filais via l'escalier vers l'endroit sombre où il aurait du mal à me suivre... mais il ne m'avait pas suivi finalement, et s'en prenait à Claude... il me cria de redescendre en vain, puis menaça Claude afin qu'il cède et surtout, ne le morde pas... il lui tordait les doigts d'après ce que je pouvais voir, et Claude finit par dire ok, si je ne regardais pas... je pris ça pour un signal et me postais à un endroit de la corniche d'où je pouvais les voir, de haut. Le sexe du type pointait et ce dernier avait un regard fou. Il tenait le haut de la tête de Claude et tentait de l'abaisser sur son sexe, tout en le menaçant qu'il n'avait pas intérêt à mordre... je réagi à temps je pense et balançait un boulon arraché à la charpente sur la tête chauve du type. Il sursauta évidemment, se releva en tenant sa tête et lâcha Claude. Il hurla que je devais descendre tout de suite sinon il montait me chercher... ce qu'il tenta donc de faire devant mon silence... ce que j’espérai failli arriver. Pour m'atteindre au fond de la corniche étroite du grenier, trop petite pour qu'il y passe, il lui fallait passer par le dernier plancher vermoulu de la chambre du 1er étage... il m'avait certainement repéré (pas beaucoup d'endroits non plus) et il passa là où j'espérai que son poids le fasse chuter d'un étage jusqu'en bas...

Malheureusement (ou heureusement selon), seule sa jambe passa à travers le plancher, et il réussit à s'en extirper en râlant et fit demi-tour... bien sûr, mon ami s'était sauvé pendant ce temps et m'attendait dehors, dans la rue... le type de son côté, rageur, commença par trépigner, me menacer puis fini par s'excuser, faire promettre de ne rien dire s'il s'éloignait... je restais coincé une bonne heure en haut dans l'attente qu'il s'éloigne suffisamment pour oser redescendre précipitamment et faire presque un saut périlleux pour passer le mur plus haut à cet endroit... je rejoignais enfin mon compagnon qui avait jusqu'alors évité de se remontrer.

Nous n'avons jamais parlé à quiconque de cette histoire par la suite. Vous devinez pourquoi je pense... nous n'avions rien à faire là bien sûr, et cette expérience n'était assurément pas de celles qu'on raconte aux parents... j'estimais m'en être tiré à bon compte personnellement, et j'espère que pour Claude aussi. La leçon a en tout cas été retenue car nous n'y avons plus remis les pieds par la suite... nous imaginions le fou, comme on l'appelait, surveiller de sa fenêtre la maison en nous attendant, et nous comptions fortement sur sa déception... Plus tard, adolescent, je me rappelle m'être dit que ce type était dangereux pour n'importe quel enfant, et m'être dit qu'il faudrait le débusquer... mais Claude avait disparu depuis longtemps, emmené par son père sur un autre mystérieux chantier probablement à l'époque... et la vie faisant, cet épisode s'est plus ou moins effacé de la mémoire immédiate, comme tout ce qui loin dans son propre passé. Inutile de chercher ce malade de nos jours à cet endroit, plus de 40 ans après ces événements, mais mon école primaire existe toujours, ainsi que l'endroit où se trouvait cette maison en ruines ! Elle a été abattue depuis bien sûr, mais c'est bien là : la maison était au même endroit que cet espèce de hangar commercial, collée contre l'école et avec un terrain vague menant aux immeubles plus loin... :

Ecoleetmaison15emeparis 1

Notez que tout ceci se passe toujours dans le même quartier, où j'ai vu cette grosse sphère blanche silencieuse et sur un délai de quelques semaines où j'ai connu Claude...

Et c'est toujours assez curieusement peu de temps après que nous rencontrions tous deux une petite fille noire américaine, lors de nos promenades.

Nous rencontrions cette petite fille en bas de son immeuble, en train de jouer tristement seule avec un ballon... je ne me souviens plus très bien des circonstances exactes, mais comme elle était très "sans gène" et vive d'esprit, je pense qu'elle nous a convaincu de jouer un peu avec elle au ballon. Peu après, elle nous expliquait qu'elle était toute seule tous les après-midi parce qu'elle et sa mère étaient arrivées il y a assez peu de temps d’Amérique et que sa mère (elle ne parlait jamais de son père) était en train de s'organiser avec son nouveau travail et son inscription à l'école et démarches en même temps. On apprenait aussi qu'elle avait 12 ans et était donc un peu plus âgée que nous deux, et elle nous demanda si on voulait être bien ses amis et venir jouer avec elle quand on pouvait les après-midi... nous n'avons rien remis en cause à l'époque, et elle avait en effet un petit accent en parlant et elle avait une peau assez claire pour une noire, bien qu'une tignasse bouclée épaisse et ressemblant à un Jackson Five de l'époque. Son français était parfait et elle le parlait bien mieux qu'un certain nombre de nos copains 'parigots", très intelligente, ouverte et délurée, innocente et curieuse, et assez jolie bien qu'encore un peu potelée par son âge.

Chose que nous fîmes donc régulièrement, jusqu'à ce que la petite fille obtienne l'autorisation de sa mère de pouvoir nous emmener chez elle pour jouer. C'était vraiment une petite fille très délurée et curieuse, et je vous passerai les détails sur ses insistances (réussies) pour voir à quoi ressemblaient nos "zizis", comment les garçons allaient aux toilettes, etc... et elle nous faisait bien sûr découvrir les mêmes choses du côté féminin... premiers jeux sexuels donc, mais elle a été vite déçue car même si j'étais un peu plus "avancé" que Claude avec un duvet qui poussait, je n'étais pas plus pubère encore que Claude ! Elle par contre devait être en plein dedans (les petites filles sont parfois pubères dès 10 ans, les garçons jamais avant 12) et, au fil des heures que nous passions chez elle (la plupart du temps à jouer à des jeux de société après avoir fait quelques devoirs d'école, consciencieux tout de même), elle essayais de trouver de nouveaux jeux sexuels mais nous, garçons, n'étions évidemment pas plus emballés que ça par cet aspect des filles. Nous n'avions aperçu sa mère qu'une fois ou deux de toutes ces après-midi, le soir si nous partions trop tard par exemple, mais ce qui devait arriver arriva : la petite fille s'était déniché victorieusement un jeu de carte et s'évertuait de nous apprendre le strip-poker autour de la grande table de sa salle à manger (et oui, c'est une petite fille de 12 ans qui m'a appris à la fois le poker et le principe du strip-poker !), et que nous étions claude et moi déjà torses nus, mais j'avoue avoir un peu aidé la petite fille (je regrette de ne pas me souvenir de son nom) un peu contre Claude à l'époque - éventuellement pour moins perdre moi-même, bien sûr.

C'est à ce moment précis que la porte d'entrée s'est ouverte et que la maman est entrée, la bouche ouverte... inutile de vous dire que les maladroites tentatives d'explications de la part de sa fille ont eu très peu de succès, et que nous étions dehors un quart d'heure plus tard, la chemise de travers... la petite fille en larmes, la mère, qui était rentré exceptionnellement plus tôt dans l'après-midi et qui hurlait, résonnaient encore dans la cage d’escalier quand nous nous sommes enfuis... je me souviens que nous avons fait une tentative quelques jours plus tard pour revoir la petite fille, mais que nous sommes directement tombés sur sa mère, toujours excédée car elle semblait s'être rendue compte que sa fille en connaissait beaucoup plus sur le sexe qu'elle ne le pensait... si elle savait que sa chère fille avait passé une bonne partie de son existence (comme beaucoup d'enfants ?) a espionner sa mère et ses relations amoureuses comme elle nous en avait parlé, elle serait encore plus tombée des nues... Nous ne revîmes plus cette petite fille à ma connaissance (mais une future rencontre me la rappellera fortement !)

D'après mes souvenirs, tout ceci nous a amené à la fin de l'année scolaire 1970-1971 vers juin 71 donc, et je me souviens que l'activité scolaire à l'époque s'était un peu accélérée, notamment à l'occasion de la fête de fin d'année et de la distribution de notre petit livre de classe "Les Aventures de Bacara" aux parents des élèves et à quelques pontes de l’Éducation. Il y avait eut aussi le tournage toute une journée dans notre classe d'une équipe de la toute nouvelle chaîne régionale, à laquelle je me souviens avoir mal réagit et peu participé, sans plus... je me souviens être peut-être perturbé par les gros câbles électriques et le bruit de ronronnement de la grosse caméra, et être probablement un peu frustré de la non prise en compte de certains de mes écrits pour ce petit livre. Je ne vois pas d'autre explication pour l'époque. Quoiqu'il en soit, je me suis vu à la télévision quelques secondes en effet à l'époque dans ce petit reportage largement coupé au montage (15 minutes pour un tournage étalé sur la journée !), juste comme une fin interrogative, vous voyez un petit garçon assis à une table d'école, un peu figé et qui vous regarde pensivement droit dans les yeux avant le générique... c'est moi...

J'atteignais mes 12 ans donc en août (et ma puberté dans ces eaux d'ailleurs) et je me souviens que Claude et moi passions les premières journées de vacances de juillet à jouer dans les les énormes cuves de sable placées à l'époque (et peut-être toujours d'ailleurs) en bord de Seine par des entreprises de stockages de matières pour le bâtiment. Les cuves étaient énormes et remplies par plusieurs mètres cubes de sables de diverses nature, fin, plus épais, certaines étaient arrosée parfois s'il faisait trop chaud ou s'il fallait de la place, pour tasser le sable. Nous, nous choisissions une cuve à moitié remplie de sable suffisamment épais pour supporter nos sauts et combats sur ce terrain souvent accidenté, avec de véritables montagnes aux plus hauts points (sous le déversoir de sable) ou créé par les grues qui peuvent déverser du sable directement dans les cuvettes... nous faisions évidemment très attention à ne pas prendre possession d'une cuve proche des endroits actifs de l'entreprise (qui s’étalaient sur tous le quai André Citroën), mais je me souviens que nous avons reçu un jour la visite d'un ouvrier du chantier, qui a d'ailleurs été très gentil et nous a dit de rester jouer là mais qu'il allait quand même prévenir les grutiers... 

D'ailleurs, nous avons fini par être reconnus plus ou moins par les gens de l'entreprise, même de loin, et nous n'avons jamais été dérangés pratiquement (sauf une fois où la seule cuve disponible et "jouable" était un peu trop près des grues et déversoirs actifs, et que des coups de sirènes nous ont fait évacuer la cuve par précaution). Nous avons délaissé complètement cet endroit également pour des raisons de "dégoûts" et l'impression d'avoir été chassés (ou nos jeux) : nous étions en train d'arriver alors que exceptionnellement (car il n'y avait jamais personne dans la large allée en bord de Seine de l'entrée de l'entreprise d'habitude), une petite foule nous attendait presque à l'endroit où commençaient les premières cuves...

Ce qui les faisait rire et les avait attroupés était un grand type avec un casque de chantier sur la tête, en veste mais sans pantalon, en train de défiler dans l'allée avec son énorme sexe à l'horizontale... je sais bien sûr maintenant que ce type était atteint d'une maladie connue, mais imaginez-vous à la place de petits garçons encore innocents : nous faisions demi-tour en courant (sous les éclats de rire de la troupe) pour ne plus y revenir...

Ce troisième chapitre va se terminer tristement car, si je me souviens bien, je partais en vacances quelque part au mois d'août (colonie ?) et à la rentrée, il ne se passait que quelques jours avant que mon seul et meilleur ami de l'époque me dise qu'il devait partir loin, suivre son père peut-être même dans un autre pays, avec peu de chance de retour... 

Je pense que c'est la première fois que mon cœur s'est effectivement brisé en morceaux physiquement, mais c'est une sensation devenue relativement commune par la suite pour moi... car au-delà de la douleur et du chagrin, du déchirement, il y a l'amour et en final l'espoir, le bonheur d'avoir croisé le chemin et connu une âme-sœur, avec laquelle l'entente a été parfaite et sans ombres (autres que celles amenées par...le destin ?). Je n'ai jamais revu Claude mais, avec ce premier petit garçon mystérieux dont j'ai parlé plus haut et Thierry par la suite, il rempli la plus grande partie de mes souvenirs de l'époque... je sais que je passe le plus de temps possible hors de chez moi quand je peux, et que je passe mon temps à écrire des histoires imaginaires qui m'apparaissent lors de nos jeux et je lis les quelques BD que je récupère... mais je cite ici un détail aussi important à l'époque : mon père avait complété toute la collection de l'encyclopédie "Tout l'Univers", et je me souviens aussi avoir lu et cherché dedans pour mes devoirs beaucoup de choses, et l'avoir souvent feuilleté et découvert de multiples réponses à quelques questions...

 

 

Chapitre 4

Une assez longue pause entre ces deux chapitres. Parce que cette période, d’après mes souvenirs, est très tendue question famille. Et il est temps que je vous parle d’elle, tout en essayant de ne froisser ou même fâcher personne parmi les survivants, ce qui n’est pas simple.

Tout d’abord, l’Histoire connue des ancêtres de la famille : mon frère (et apparemment un cousin aussi, Gilbert Donchet, fils de la sœur de mon père, Marcelle Herbo-Donchet) a tenté il y a plusieurs années de reconstituer un arbre généalogique de la famille Herbo. Tâche difficile comme beaucoup l’ont constatés, tant les archives des communes françaises ont souffert des guerres et surtout de la Révolution de 1789 : une grande majorité de ces archives étaient tenues dans le passé par les religieux… Plusieurs tentatives ont également été faites pour retrouver les origines de ma mère, Fernande Tichit, abandonnée bébé et donc Pupille de la Nation, placée dans diverses familles donc, avec ou sans son frère plus jeune, Adrien Tichit…

En ce qui concerne la famille Herbo, il a pu remonter jusqu’à un certain Herbo Martin, probablement né en 1600 et quelques et ayant eu un fils nommé Herbo Nicolas, né à Orchies (Nord) fin des années 1600 et décédé en 1743 à Orchies. Il a eu un fils nommé Herbo Pierre, François, né le 08-03-1712 à Orchies et décédé le 17-05-1764 à Marchiennes (Nord), qui a eu 7 enfants dont 3 sont décédés avant 1 an ! … voilà pour les ancêtres Herbo les plus anciens connus, dont l’un a d’ailleurs été Préposé des Douanes Royales ! On peut noter que ce nom est probablement d’origine espagnole ou italienne (beaucoup de Herbo à Naples par exemple, mais aussi du côté Basque Espagnol) : les Flandres ont longtemps été espagnoles et les napolitains ont aussi beaucoup commercé dans cette région au moyen-âge ! Quoiqu’il en soit, la majorité des Herbo des 19ème et 20ème siècles seront bien sûr mineurs de charbon… mon grand-père (non connu) en mourra d’ailleurs à 52 ans, en 1948, de la silicose, alors que mon père n’avait que 18 ans…

Plus compliqué donc pour ma mère abandonnée, mais sa mère a tout de même été retrouvée : Marie Alexandrine Tichit, née le 18-05-1889 à Ribennes (Lozère), fille de Jean Tichit et de Justine Boulet, mariée le 31-12-1937 (après la naissance de ma mère abandonnée donc en 1932) à un certain Georges Henri Bouillon à Montigny en Gohelle (Pas-de-Calais), décédée le 09-10-1970 à Maubeuge (Nord). Elle a eu un frère né en 1934, abandonné également, Adrien Tichit… qui a vécu une bonne partie de sa vie pas très loin de sa mère vers Maubeuge d’ailleurs, sans le savoir ! Et la famille a apparemment après très récemment qu’il y avait également eu une autre sœur, née de Marie Alexandrine Tichit, restée en Lozère apparemment, encore vivante de nos jours, née le 10-01-1929 et prénommée Juliette Ehret ! Ma mère, décédée en février 2012, n’a donc jamais su qu’elle avait également une sœur… mais Adrien le sait maintenant.

Voilà pour cette incursion dans le passé familial, qui n’est donc pas si anodine, surtout si l’on considère les répercutions sur la vie de ma mère et mes propres perceptions, enfant, de l’existence d’alors, dont je vais maintenant parler.

Bon, vous devez vous doutez que la vie d’une petite fille, puis d’une adolescente placée dans plusieurs familles jusqu’à sa majorité, de 1932 aux années 1950, avec la guerre de surcroît et l’occupation allemande du Nord-Pas-de-Calais n’a certes pas du être facile. En fait, elle a pu m’expliquer quelques fois, mais sans jamais vouloir en dire plus, qu’elle avait été battue à de nombreuses reprises et avoir servie un peu « d’esclave » dans certaines de ces familles… et qu’elle a toujours regretté de n’avoir pu suivre une éducation normale. Je sais qu’elle a travaillé un bon moment dans un café comme « bonne à tout faire », mais qu’elle en avait aussi profité pour apprendre la cuisine, ce qu’on appelait à l’époque « l’école ménagère »…

Personne ne sait exactement ce qu’il s’est passé pour elle, vers ses 16 ans. Même mon père, qui l’a connue bien plus tard, n’a pu que me répéter ce qu’elle lui a dit des années plus tard. D’après ses explications, elle a été atteinte vers cet âge d’une méningite, d’une très forte fièvre dépassant les 40 degrés, que l’on sait être dangereuse pour le cerveau, contagieuse de surcroît…  d’après ce que l’on dit, personne ne se sort réellement indemne d’une méningite aigüe, il y a des séquelles irréversibles sur le cerveau…

Mais, est-ce vraiment ce qu’il s’est passé ? Même mon père ne le sait pas vraiment, n’a jamais vu d’actes ou de documents médicaux de l’époque. Il faut dire que le passé de ma mère est incroyablement sombre, même pour cette époque : même pas une photo d’elle avant son mariage d’avec mon père, au début des années 1950. C’est en tout cas la seule dont je me souviens, une photo avec mon père, sous la Tour Eiffel, avec des colombes…

Maintenant, si je me remémore bien les quelques paroles arrachées à ma mère lorsque je passais, enfant, des jeudis (à l’époque) seul avec elle (mais je passais mon temps à jouer seul aux petits soldats ou aux billes en cette période !), elle m’avait dit qu’il y avait des choses étranges dans la vie, très étranges… notamment que les fantômes existaient ! Elle était très croyante aussi et, je ne le jurerai pas car c’est très loin et ma mémoire est défaillante sur mes 5-6 ans, mais je pense qu’elle m’a dit à l’époque avoir eu une conversation avec Dieu, Jésus ou un fantôme, je ne sais plus trop… et je pense que c’était vers ses 16 ans en question…

Quoi qu’il en soit, je pense qu’elle a été hospitalisée à l’époque pour cette méningite, puis probablement dans un centre de repos, ou un hôpital psychiatrique… dont elle est sortie assez rapidement d’ailleurs, à priori soignée suffisamment pour reprendre une vie normale. Une vie qui lui fera rencontrer mon père au début des années 1950, l’épouser et avoir deux fils…

 

 

Balcon paris fernandeh annees1970

Voilà ma mère, sur le même balcon, à Paris dans les années 1970-1980. Elle est décédée en février 2012.

Mon frère est né en 1955, moi en 1959. Mon père, il me l’a dit encore très récemment, n’a jamais voulu être mineur de charbon : il a même fait ce qu’il a pu pour ne pas l’être… mais à 20 ans dans la région, distribuer des journaux ou faire marcher des manèges dans les ducasses (les foires locales) ne rapportent pas assez pour vivre (de nos jours non plus d’ailleurs !)… tout jeune, il entrera donc dans les mines en remplaçant d’abord un ami qui s’occupe des chevaux miniers. Il y a seulement quelques, jours, il m’a d’ailleurs conté une anecdote réelle qui lui est arrivé, mettant sa vie en danger (avant l’épisode du tout début de cette autobiographie donc). Il me dit que les chevaux étaient tellement intelligents qu’ils savaient parfaitement compter : il était hors de question de leur atteler un chariot de plus que ce qu’ils avaient l’habitude de tirer par exemple : 7 par exemple, c’était 7, pas 8… un cheval ayant l’habitude de tirer 6 ou 7 chariots ne bougeait même pas s’il en voyait 8 ! Ce jour-là donc, il était assis sur l’un des charriots (il y a un nom spécial que mon père me rappellera !), les jambes battantes devant, et le cheval avançait vite dans le tunnel assez sombre, suivant les rails. Soudain, à un embranchement, il fit une incartade et, au lieu de prendre l’embranchement de droite comme c’était la normale, il choisi de lui-même la voie de gauche… et là, mon père (et ses collègues) s’aperçu que ce choix spontané du cheval lui avait probablement sauvé la vie, ou tout au moins ses jambes : un incident avait bloqué des charriots sur la voie de droite et les siens s’y seraient encastrés s’il n’avait pris l’autre voie, sans même voir ce qu’il y avait derrière le virage ! Mon père m’a d’ailleurs dit qu’il avait ainsi échappé à plusieurs accidents dans ces mines (sauf un, assez léger mais lui abîmant suffisamment le genou pour qu’il ait une pension de 10% d’invalidité !) et qu’il avait été assez chanceux dans ce travail.

Un petit écart qui nous ramène à moi… mon père n’aimant pas travailler dans les mines, fait tout pour en partir, surtout après la catastrophe ayant coûté la vie à absolument tous ses collègues proches faisant le même travail, dont son meilleur ami… il choisi donc de tenter l’aventure à Paris, où les possibilités de trouver un emploi sont bien sûr supérieures au Nord-Pas-de-Calais hors mines de charbon… il part s’installer avec ma mère et mon frère Jean-Marc (Marc) en banlieue sud, à la Ferté-Alais, me laissant, trop petit pour suivre à priori, dans la famille de sa sœur Marcelle, qui a épousé un brave mineur nommé Donchet…

Je ne connaîtrai d’ailleurs pas cette petite maison car je rejoindrais par la suite directement ma famille, installée depuis quelques temps déjà en plein Paris, 15ème arrondissement, au 50 rue Balard, dans un petit 2 pièces au 7ème et dernier étage… que nous quitterons ensuite pour prendre un 3 pièces plus vaste au 4ème étage du même immeuble, appartenant à l’employeur de mon père, la SMABTP, grosse société d’assurances du Bâtiment et Travaux Publics (que le 1er ministre Mauroy a d’ailleurs tenté (en vain) de nationaliser bien plus tard (probablement à cause de sa banque privée très riche !)…

A cette époque, de 1969 à 1975, les relations entre mon père et ma mère ne sont pas fameuses (de mon point de vue) : mon père a toujours travaillé mais ma mère a eu des difficultés à garder ses emplois, à moitié à cause de son manque de culture générale, à moitié à cause de ses problèmes de caractère, mais aussi parce que mon père… préfère la savoir à la maison, tout simplement ! Elle le lui reproche souvent, ça se termine le plus souvent par des disputes interminables. Elle réussi souvent à trouver des enfants à aller chercher à l’école et à garder dans l’attente des parents au travail… mais mon père s’arrange souvent pour chasser les parents ou refuser ce travail pour ma mère, souvent sous des mauvais prétextes. Je suis même témoin du renvoi du jour au lendemain matin d’enfants, mettant les parents dans un grand embarras vis-à-vis de leurs travails… et même de gifles qui n’auraient pas dû avoir lieu de la part de mon père sur ma mère (avec mes excuses envers mon père, mais je lui ai dis il y a peu que j’étais là et que cela faisait partie des choses… qui n’ont pas arrangé les choses à l’époque à mon avis !)

De mon côté, je suis un enfant un peu moins solitaire qu’auparavant - j’ai omis de dire que mon frère, apparemment désireux de s’éloigner d’une ambiance familiale un peu tendue (avec aussi une seule chambre pour deux, avec moi dans le même lit – s’est engagé dans la Marine Nationale dès qu’il a pu, à 16 ans et demi donc… et que je me retrouve seul donc à 13 ans, précisément en cette année 1972 où j’écris mes premiers romans… et où je rencontre donc mon ami Thierry Bedognetti. Un ami assez solitaire aussi, avec un père et une mère d’origine italienne, dont le père a disparu et qui reste avec sa mère dans un petit appartement du 13ème arrondissement mais qui travaille dans un café à Denfert-Rochereau (un curieux parallèle de ce côté d’ailleurs avec ma mère qui a longtemps travaillé dans un café !). Placé en garderie dans une famille du 15ème arrondissement, il atterrit à l’époque dans mon école et, Dieu seul sait pourquoi, nous devenons immédiatement les meilleurs copains du monde, pendant l’étude du soir et après, quand je l’accompagne systématiquement dans l’appartement de la famille qui l’a en garderie… une famille assez abjecte d’ailleurs si je me souviens bien, composée elle-même de plusieurs enfants gros et gras qui le prennent comme souffre-douleur assez souvent (seule la mère apparaît gentille, mais débordée par la multitude d’enfants à garder, en tant que « nourrice »…).

Bon, je ne vais pas entrer dans les détails des longs mois et même des plusieurs années d’école et de soirées, week-ends qui suivent, en famille mais surtout (pour moi) avec mon ami Thierry : nous serons inséparables longtemps et les seuls amis exclusifs pendant longtemps – y compris lorsque nous ne serons plus dans la même classe ou même interdits de se voir… : nous avons désobéi et nous sommes toujours vus !

Je vais résumer ces années, jusqu’à environ 1977, où le destin me fera perdre de vue plus ou moins Thierry… un long résumé tout de même étant donné la grande série d’événements, certains faisant partie de la vie « courante », d’autres plus étranges ou « marquants »…

Pendant toutes ses années, il faut préciser que Thierry et moi avons réellement passé tout notre temps… à discuter, à partager nos idées et réflexions sur l’existence, et surtout sur les mystères nous entourant. Des garçons probablement atypiques pour leur âge : pas de bêtises (ou alors les plus énormes, selon un point de vue adulte !)  en bande, pas de filles, pas de sports (à part la piscine dont nous serons longtemps adeptes… surtout pour en faire le tour à pied en discutant inlassablement !). Nos discussions ? Je parlais beaucoup de mes lectures sur les mystères – les ovnis, l’hypnose, les sorties hors du corps, les mystérieux Atlantes et les Incas-Mayas, les « fins du monde » annoncées, etc… et oui, à la suite de ma « visite » étonnante quelques années auparavant et aussi de mes écrits, c’était devenu ma principale occupation, et celle de Thierry aussi, forcément… je me demande d’ailleurs aujourd’hui comment il a pu « encaisser » avec autant de compréhension et d’amitié, pendant tant de temps, mes histoires et apports tirés de livres divers, dévorés lors de mes soirées, souvent passées à lire ou recopier même certains passages « importants » d’auteurs comme Asimov, Clarke, Adamski, Guieu, Henri Vernes, Lobsang Rampa, Oberto, Roudene, Berlitz, Garreau, Lavier et tant d’autres… autant de vrais scientifiques que de chercheurs… que de probables escrocs pour certains !

Mais il faut dire aussi que j’ai eu l’occasion de tester certaines des méthodes indiquées, tant en hypnose qu’en sorties astrales, et avec certains succès que je démontrai parfois à mon ami. Lors d’un essai de sortie du corps par exemple, j’avais appliqué la méthode consistant à apposer de la farine sur une partie du plafond de ma chambre et de tenter d’y laisser une empreinte de ma « main astrale » lors d’une sortie : je me souviens parfaitement avoir réussi car le lendemain matin, une empreinte de doigts s’y trouvait bien ! Je me souviens l’avoir d’ailleurs montré, enthousiaste, tant à ma mère qu’à Thierry… mais je dois avouer que je ne suis pas certain de les avoir convaincus à l’époque réellement ! Un autre fait marquant de l’époque se situe lors d’une de nos promenades parfois tardives, le week-end, à Paris. Je m’en souviens comme si c’était hier, c’était vers les quartiers du centre de Paris, vers l’ancienne Lutèce mais aussi ses parties moyenâgeuses… un fort brouillard était tombé cette nuit – ce devait être vers nos 15 ans puisque nous étions un peu plus « libres » de sortir vers cet âge… et là, il m’a semblé reconnaître des voies et des passages dans la pénombre. Je disais à Thierry, tiens, par là il y a une vieille fontaine et un porche avec une gravure d’un ancien dieu… et effectivement, on les trouvait… alors que je suis certain que je n’avais jamais mis les pieds dans ces endroits… un souvenir d’une autre vie ? Une incursion dans un autre plan temporel ? Je sais que nous sommes retournés au même endroit en plein jour, quelques temps plus tard… et que nous n’avons jamais rien retrouvé de ce que nous avions vu cette fameuse nuit ! Je pense que Thierry s’en souviens aussi, même si je pense qu’il acceptait à l’époque beaucoup de choses que je disais, par simple amitié…

C’est au milieu de la première année de collège que mon père et ma professeure de français de l’époque (j’ai malheureusement oublié son nom !) ont décidé de me faire passer un test de QI, malgré mon jeune âge (12 ans ½), devant mes écrits et rédactions qui, apparemment, fascinaient ma professeure… je n’ai pas aimé ces tests du tout car ils étaient, pour moi, bien trop « matheux »… et je détestais les maths ! Pire, mon esprit tentait même de les rejeter (la géométrie me paraissait insipide, les premières fractions détestables et illogiques !) de toutes ses forces… je le faisais tout de même, sans conviction ni aucun effort, application : je prenais presque ça comme une punition, je m’en souviens ! Je les réussissais pourtant suffisamment (un 130 ou 140 à 12 ans) pour inciter la professeure de français à vouloir me faire changer de classe, pour une supérieure, assez rapidement, car pour elle, je m’ennuyais et perdais du temps dans celle-ci… mais je crois me souvenir avoir refusé… car ça me faisait quitter mes amis de classe, et surtout les horaires arrangés avec Thierry !

Je pense que c’est peu de temps après, ou en tout cas au maximum l’année suivante, que les événements se précipitèrent du côté de ma mère… une dernière tentative de garder un enfant le soir s’était mal passée, mon père jugeait qu’elle se faisait escroquer avec les petits tarifs qu’elle pratiquait avec un jeune couple pas très riche… et ceux-ci se retrouvèrent un soir de pleine semaine avec leur enfant sans nounou pour s’en occuper le soir après l’école… je me souviens que ma mère, généreuse, avait néanmoins, malgré l’interdit de mon père, accepté de le reprendre, à condition qu’ils s’arrangent pour le récupérer un peu plus tôt, avant que mon père ne rentre donc… mais mon père ne fut pas dupe et rentra plus tôt un soir, surprenant la jeune mère en train  de récupérer son petit enfant… je me souviens encore de l’énorme dispute générale, des cris et pleurs de ma mère…

Ce fut probablement cette dispute qui fit « déborder » le vase de ma mère… elle s’enferma d’abord dans un mutisme profond, ne parlant presque plus à mon père, ou juste le minimum, le forçant même parfois à faire lui-même sa cuisine (lui qui a passé sa vie à s’asseoir sur son fauteuil en rentrant du travail et à lire son journal, choisir son programme TV…). Mais cela ne dura pas très longtemps car mon père n’était pas très patient à l’époque, et assez nerveux, voir coléreux et n’arrivait parfois pas à retenir ses gestes (j’avoue moi-même avoir probablement hérité un peu de son parfois mauvais caractère ! – même si ça ne dure pas très longtemps, ça éclate !). Des mauvais gestes et des mauvaises paroles retentirent des deux côtés… je me faisais tout petit pendant ce temps (je n’étais déjà pas bien grand !) et je tâchais de sortir le plus possible, dès mes devoirs faits, quitte à errer seul dans la rue quand Thierry ne pouvait sortir… je me souviens avoir fait la connaissance d’ailleurs d’un voisin de mon âge, dans l’immeuble presque en face du mien, de l’autre côté de la rue Balard. Je me souviens qu’il s’appelait Ducroc, comme les épices… et je le retrouvais d’ailleurs une autre année dans ma classe !

Là, je pense vraiment que ma mère a « pété un plomb » (ou que ses problèmes liés à la méningite de ses 16 ans sont revenus, peut-être malheureusement aidés par mon père trop nerveux ou sans patience… mais elle me dira plus tard quelque chose qui me fera douter de tout, y compris sur notre compréhension des choses, y compris celle des médecins d’ailleurs !). Un matin, mon père fut réveillé par ma mère en furie : elle venait de lui labourer les deux joues avec tous ses ongles longs… il avait au moins trois longues trainées ensanglantées sur chacune de ses joues, de haut en bas…

J’ai été tenu un peu l’écart de tout ça, naturellement, mais je sais que mon père a appelé un docteur, la police, qui a probablement appelé un psychiatre ou des infirmiers spécialisés… je pense que ma mère s’en est sortie en ces moments en plaidant une précédente agression venant de la part de son mari et qu’il s’agissait d’une vengeance, en effet, car elle resta à la maison, avec des soins calmants. Je me souviens encore de mon père, allant au travail avec de gros pansements sur les joues, et je ne pense pas qu’il ait caché avoir été agressé par sa propre femme pendant son sommeil : la méningite évoquée était un motif suffisant à priori pour tout le monde, et tout le monde le plaignait. Ce que je conçois d’ailleurs moi-même, bien que ma mère m’attristait beaucoup : elle était inchangée avec moi, même plus gentille et compréhensive qu’avant ! Et elle n’arrivait pas à pardonner à mon père son attitude : elle avait l’impression d’avoir été « maintenue à la maison, enfermée toute sa vie, à faire l’esclave… empêchée de travailler et de sortir… » Elle exagérait évidemment, mais c’était sa façon de voir les choses maintenant… et elle était sous la menace permanente de mon père d’un internement psychiatrique, qui ne se gênait pas pour le lui rappeler quand elle n’agissait pas à sa convenance, ou « normalement »…

Ce qui n’arrangea évidemment pas les choses… un soir de semaine, assez tard après le film, alors que je lisais, comme d’habitude, dans mon lit et que mon père était à priori déjà couché, j’entendis mon père hurler… en même temps, je ressentais un mal de tête, qui tournait un peu… je me levais pour assister à une scène surprenante : mon père en slip en train d’ouvrir les fenêtres, ma mère en chemise de nuit et en pleurs, le four de la cuisine grand ouvert… ça sentait le gaz à plein nez, à vomir (en fait, un gaz odorant est ajouté au gaz de ville totalement inodore, je l’ai appris à cette occasion !) et ma mère avait bien tenté une sorte de suicide au gaz, la tête dans le four… avec nous dans le lot !

Elle fut internée immédiatement, bien sûr. Ni mon père, ni  moi bien sûr, ne savons vraiment ce qui lui a été fait à l’époque (Hôpital Ste Anne à Paris)… mon père parle d’une probable lobotomie (l’un des seuls moyens utilisés à priori à l’époque) d’une tumeur ou d’une partie cervicale endommagée… pour ma part, je pense que c’est sa glande pinéale, son « troisième œil » comme appelée par certains ésotéristes qui était en jeu, à cause d’un problème magnétique ou d’une calcification (d’après les recherches scientifiques récentes qui en parlent)… mais personne ne le saura probablement jamais : secrets médicaux sûrement détruits depuis le temps…

Nous nous sommes débrouillés quelques mois seuls, mon père et moi, ce qui ne nous a pas pour autant rapprochés d’ailleurs à l’époque, curieusement ! Mais je l’ai aidé de mon mieux en faisant un peu plus le ménage et la cuisine, vaisselle… je n’ai jamais pu aller voir ma mère dans son hôpital, mais quand elle en est sortie, elle était beaucoup, beaucoup plus calme et… soumise que jamais auparavant. Comme endormie pendant un bon moment… puis elle est redevenue un peu comme avant, plus souriante mais aussi plus hésitante dans ses propos, moins assurée quand elle voulait exprimer ou affirmer quelque chose.

Quoiqu’il en soit, peu de temps après, Thierry connaissait des déboires et mauvais traitements dans la famille de sa nounou… ceci ajouté à mes propres problèmes familiaux… allait engendrer une (mauvaise, je le sais bien maintenant !) décision qui allait avoir quelques conséquences sur nos relations familiales et même de vie courante assez vite : mon ami et moi projetons alors tout simplement de… partir, nous enfuir de nos domiciles pour aller… en Egypte ! Un endroit qui me fascinait évidemment depuis longtemps avec mes lectures pas très raisonnables pour un adolescent de 13 ans… nos deux tentatives de fugues feront donc l’objet du prochain chapitre, en sachant que la deuxième nous a fait rechercher par l’ensemble de la police française et qu’on a même réussi à faire parler de nous à la télévision grâce à un exploit… dont je ne suis pas fier du tout d’ailleurs ! Mais dans le mouvement et le contexte de l’époque, c’était tout aussi logique !

La suite a été repoussée suite à des problèmes de pressions familiales et d'hésitations évidentes de ma part envers la santé de mon vieux père...

A suivre, en cours Yves Herbo (c) 2013-2016

Commentaires (3)

Petit bonjour
  • 1. Petit bonjour | 21/09/2015

Bonjour,
Plusieurs choses m'ont profondément touchée dans votre vécu.
Est-il possible d'échanger quelques mails ?
Écrivez -moi
Merci

yvesh

Merci, et je n'en suis qu'au chapitre 4 ! Je prévoie bien 15 à 20 chapitres avec tout ce qui reste...

Vincent
  • 3. Vincent | 07/10/2014

J'ai dévoré votre récit. Quelle drôle de vie nous vivons, les uns et les autres.

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