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Des lacs et rivières sous les sables de la péninsule arabique

Des lacs et rivières sous les sables de la péninsule arabique - MAJ 08-2015

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Image satellite d'un ancien lac montrant l'emplacement de sites archéologiques. Le lac est en bleu et les sites archéologiques sont en rouge. Crédit Image: Nick Drake.

Des images satellites ont révélé qu'un réseau d'anciennes rivières traversaient les sables du désert d'Arabie ; cela conduit les scientifiques à penser que la région a connu des périodes plus humides par le passé.

Ces images sont le point de départ d'un grand projet de recherche mené par l'Université d'Oxford. Ce projet est potentiellement révolutionnaire pour le patrimoine de l'humanité.

L'équipe de recherche se penchera sur la façon dont, à long terme, le changement climatique a influencé sur l'installation ou le déplacement des premiers hommes et des animaux; les réponses apportées devraient aussi permettre de voir dans quelle mesure ils ont pu survivre ou pas.

Jusqu'à présent, cette partie du monde a été largement ignorée par les chercheurs, malgré sa situation critique en tant que pont entre l'Afrique et l'Eurasie.
Dans un projet financé par l'ERC (European Research Council), une équipe multidisciplinaire de chercheurs étudieront les effets des changements environnementaux dans la péninsule arabique au cours des deux derniers millions d'années.
L'étude systématique du Pléistocène et de l'Holocène sera unique tant par sa longueur qu'au niveau du détail.
Pendant cinq ans, les chercheurs étudieront les caractéristiques du paysage et des sites ayant un potentiel archéologique; pour cela, le réseau des cours d'eau servira de carte.

Les dernières techniques de datation seront utilisées pour repérer l'âge des fossiles d'animaux, de plantes et des différents outils de pierre ; les similitudes et différences seront comparées avec l'art rupestre de la région.
L'équipe se penchera essentiellement sur le désert d'Arabie, mais le travail portera également sur l'ensemble de la péninsule.

Une question clé

Ils tenteront de savoir quand les premiers premiers hommes modernes sont susceptibles d'être arrivés dans la péninsule arabique depuis l'Afrique, voire des régions avoisinantes. Ils examineront également des éléments de preuve suggérant la façon dont les premiers hommes modernes ont réussi à survivre, ou non, dans des conditions arides et extrêmes.

Le chef du projet, le professeur Michael Petraglia, Co-Directeur du Centre pour l'Archéologie Asiatique à l'Ecole d'Archéologie de l'Université d'Oxford, a déclaré: "A partir d'images de la NASA prises du désert d'Arabie, nous pouvons voir les caractéristiques physiques du paysage qui sont visibles depuis l'espace; elles dénotent tout un réseau de vallées fluviales et d'anciens bassins lacustres. Ces lignes et les creux dans le sable nous fournissent une carte de la région sur laquelle nous allons concentrer notre activité de recherche. La présence d'eau est un indicateur précis de l'endroit où les premiers hommes et animaux ont migré ou se sont installés.

La péninsule arabique a une richesse de sites archéologiques et un spectaculaire dépôt d'anciennes rivières et d'anciens lacs. Pourtant, en dépit de son importance en tant que pont entre deux continents, il y a très peu de connaissance sur ses débuts préhistoriques. Ce projet s'appuie sur de nombreuses disciplines: l'ensemble devrait révéler une histoire jusque-là indicible, mais très importante sur l'effet du changement climatique sur les premiers hommes".

Les chercheurs pourront identifier les sites archéologiques importants, y compris les sites qui ont déjà été fouillé et où des outils de pierre et des fossiles d'animaux ont été trouvés.
Les chercheurs vont également mener des études sur le terrain dans les anciens bassins lacustres, où des fossiles de poissons pouvant aller jusqu'à un mètre de long ont été découverts.

Une palette de techniques de datation sera utilisée par les chercheurs pour identifier l'âge des fossiles et des outils en pierre pour faire ressortir les chronologies des sites archéologiques.

La datations des fossiles d'animaux et de plantes devrait fournir de nouvelles informations sur les sources alimentaires éventuelles des premiers hommes, ainsi que l'évolution des changements environnementaux.
Le projet permettra d'examiner les zones marines, les grottes, les puits d'eau existants et des carrières pour étudier la stratigraphie.
Ils examineront également les dépôts entre 30 à 60 mètres de profondeur pour mesurer les effets des changements environnementaux. En observant tout changement des plantes fossiles, des roches et des couches, ils pourront voir les moments où le climat était plus humide ou plus sec.

Les scientifiques vont extraire l'ADN des animaux issus de la péninsule arabique. L'ADN agit comme une horloge moléculaire qui peut en dire plus aux chercheurs sur le descendant le plus récent de cet animal et quand l'ancêtre commun est susceptible d'être arrivé dans cette région.
Ils examineront l'ADN d'un certain nombre d'espèces à partir de collections de musées, tels que l'autruche, l'oryx, le bouquetin, la hyène, et le ratel. Ils pourront établir leur origine, leurs histoires démographiques, et les modèles de dispersion probables.

Sources :
Physorg: "Ancient network of rivers and lakes found in Arabian Desert"

Traduction : http://decouvertes-archeologiques.blogspot.fr/

MAJ 08-2015 : suite des recherches :

Pour le Professeur Petraglia, l'histoire a commencé en 2000, quand il était un associé de recherche au Smithsonian à Washington. Une délégation du ministère saoudien de l'Education a visité l'institution pour le lancement de "Written in Stone", un site Web commun consacré à quelques-uns des exemplaires des 9.000 anciennes inscriptions rupestres trouvées dans le pays.

« Je leur ai dit que je me suis intéressé aux migrations hors d'Afrique et que je comparais l'Inde à l'Afrique. Ils ont dit, " Eh bien, l'Arabie saoudite n'est-il pas un endroit logique pour travailler ? ". Je pensais « absolument », et j'ai obtenu une bourse subventionnée. "

En 2001, Petraglia a passé plusieurs mois en Arabie Saoudite: " Et j'ai été épaté ". Jusque-là, il n'avait jamais entendu parler de l'énorme étude archéologique nationale menée dans les années 1980, qui avait été signalée dans Atlal, mais n'était pas devenue une part de la littérature scientifique internationale.

Alors dans le pays, il a pu visiter trois ou quatre sites. Parmi eux se trouvait Dawadmi, dans le centre de la péninsule arabique, où, dit-il: « Je voyais tous ces outils de pierre étonnants et bien conservés, étalés littéralement sur des kilomètres."

Avec des objets répartis sur 200 km, le site Dawadmi s'est avéré être l'un des plus grands dans le monde pour les outils de pierre fabriqués par l'homme des débuts.

Le "projet Palaeodeserts" a signalé ses résultats en mi-Avril dernier avec une conférence à Oxford, dont le titre résume la nouvelle perception du rôle de la région dans l'élaboration de la destinée humaine: " Saoudite Verte : la préhistoire humaine au carrefour des continents ".

" Nous l'avons appelé saoudite verte parce que plusieurs fois dans le passé, la Saoudite était verte, avec des prairies, des paysages boisés, des rivières et lacs," explique le professeur Petraglia.

" Avec ce titre, nous avons essayé de briser l'image stéréotypée de l'Arabie comme étant juste ce lieu stérile, désolé, hyper-aride, car il est tellement plus intéressant que cela."

L'une des leçons clés qui a émergé du projet, avec beaucoup de résonance pour notre temps, est que le changement climatique a joué un rôle central dans la détermination du sort de notre espèce à ses débuts.

« Nous avons maintenant des preuves de mouvements dramatiques à travers le temps, entre l'humidité et la sécheresse, d'un cycle répétitif », explique le professeur Petraglia.

" Nous avons l'aridité et la formation des déserts, mais qui est suivi par l'humidité et les lacs et les rivières, qui a attiré des populations à travers le Sahara et jusqu'en Arabie. La grande question est : qu'est-il arrivé à ces populations quand les choses allaient mal ? "

Une partie de la réponse est que l'environnement changeant a repoussé des populations entières à nouveau. Certaines sont allées vers l'est, en fin de compte pour remplir d'autres régions de la Terre pour la première fois, alors que certaines ont recherché des sanctuaires dans ce qui était alors des zones environnementales plus favorables, comme dans le sud de l'Arabie ou le long du Golfe. Maintenant, bien sûr, ces régions sont dans une période de sécheresse, mais le Professeur Petraglia dit: " La prédiction devrait être que, dans l'avenir, les périodes humides réapparaîtront à travers le Sahara et l'Arabie "...

" Ceci est un cycle naturel que le climat de la Terre a traversé pendant des centaines de milliers d'années. "

Prédire exactement quand des rivières pourraient à nouveau circuler à travers "l'Empty Quarter" est «très difficile», et faite doublement par les créatures mêmes dont la distribution mondiale et de dominance a été rendue possible par ce cycle naturel, en premier lieu - nous.

" Les gens ont influencé ces processus de nos jours, ce qui, bien sûr, fait toute la différence." (YH : une façon d'appuyer le fait que l'homme moderne a influencé par son activité et sa présence ce cycle millénaire).

L'avenir immédiat du projet réside dans le développement d'un centre de recherche écologique Saoudien à Riyad, qui a été annoncé l'an dernier par le Prince Sultan bin Salman Al Saud, président de la Commission saoudienne pour le Tourisme et les Antiquités.

Les pensées de Professeur Petraglia sont déjà tournées vers d'autres régions de l'Arabie, qui, selon lui, pourraient fournir des pièces supplémentaires au puzzle préhistorique.

" Si nous en obtenons la possibilité, nous appliquerions la même approche internationale, interdisciplinaire et collaborative pour l'enregistrement archéologique du Golfe (entier), y compris dans les Émirats Arabes Unis," dit-il.

Le golfe Persique a un dossier archéologique bien connu, qui remonte à dix mille années, mais " il doit être mieux compris à l'égard de comment le changement climatique a touché les populations, en examinant comment les sociétés ont changé à partir des chasseurs-cueilleurs pour devenir des éleveurs-chasseurs et pêcheurs ".

Encore plus excitant, les sables du Golfe pourraient dissimuler un bien plus grand trésor, croit-il.

" Il y a maintenant des indices disant que le Golfe a une préhistoire beaucoup plus profonde, remontant à 100.000 années ou plus.

" Une échelle complète et détaillée des explorations et des fouilles archéologiques fait cruellement défaut."

Source : http://www.thenational.ae/uae/heritage/when-arabia-was-green-lush-grasslands-helped-early-man-make-leap-out-of-africa#full

Traductions partielles Yves Herbo, Sciences, Fictions, Histoires, 14-08-2015

MAJ 2 : Découverte extraordinaire dans le Golfe, l'Histoire de l'Humanité bientôt réécrite ?

As yemen oman uae archaeological sites

(...) En Mars 2015, les archéologues ont fait une découverte à Sharjah en Arabie Saoudite, qui non seulement promet d'apporter un éclairage nouveau sur le rôle de l'Arabie dans la préhistoire, mais a aussi le potentiel de réécrire l'histoire de l'humanité.

La découverte a été une usine préhistorique d'outils composée de plus d'un millier de fragments de pierre dont quatre haches, des grattoirs qui auraient été utilisés pour le nettoyage et la préparation des peaux d'animaux et des préformes lithiques : des pierres brutes, incomplètes et inutilisées qui attendent encore la taille finale et le raffinement qui les auraient transformés en outils.

" Ils peuvent être vieux de 200.000 ou même 500.000 années, nous ne savons pas encore, mais ils repoussent certainement à loin (dans le temps) la première preuve de l'occupation humaine dans le sud-est Saoudien ", explique Knut Bretzke de l'Université Eberhard Karls de Tübingen, en Allemagne, le leader de l'équipe responsable de la découverte faite à Suhailah, au nord de la ville-oasis de Dhaid.

Comme un nombre croissant d'éléments archéologiques découverts à travers l'Arabie durant la dernière décennie, "l'assemblage lithique" de Bretzke constitue un défi pour le modèle standard (toujours théorique) de " la sortie d'Afrique " des débuts de la dispersion humaine qui a dominé le consensus scientifique depuis la fin des années 1990.

" Le modèle "standard" dit généralement que les humains modernes sont sortis de l'Afrique entre il y a 50.000 à 60.000 ans, mais il est important de réaliser que nous avons maintenant des preuves archéologiques pour appuyer la théorie selon laquelle il y a eu une expansion plus tôt de l'homme moderne ", explique l'archéologue.

" Et maintenant, il y a de plus en plus de preuves avec deux études génétiques et d'autres découvertes en Arabie et en Asie, qu'il pourrait y avoir eu de multiples expansions (migrations) bien plus tôt que cela."

Si l'analyse de Bretzke est correcte, alors les outils non seulement témoignent de l'occupation humaine de l'Arabie au moins 75.000 années plus tôt que précédemment accepté, mais Suhailah est également l'un des sites archéologiques préhistoriques les plus importants, pas seulement dans les Émirats arabes unis, mais dans l'ensemble de la péninsule arabique.

" Cela n'a pas été dérangé et nous pouvons maintenant recueillir et étudier les lithiques systématiquement, ce qui va donner un aperçu de l'occupation humaine pendant le milieu du Pléistocène ", explique l'archéologue d'une quarantaine d'années.

Mais tandis que Bretzke reste optimiste sur le fait que le travail de terrain permettra à son équipe de découvrir plus de preuves à Suhailah, il admet que d'arriver à une date plus précise pour l'usine d'assemblage (ce lieu de convergeance et de fabrication d'outils à grande échelle) est peu probable.

Les découvertes ont été faites au niveau du sol et non pas à la suite de travaux d'excavation, rendant les datations difficiles. " Jusqu'à présent, il est impossible de fournir une date absolue pour les découvertes qui sont faites à la surface. Bien sûr, les haches ont des caractéristiques particulières qui me permettent de les mettre dans un laps de temps entre il y a 200.000 à 500.000 ans, mais qui est basé uniquement sur leur forme et la technologie qu'ils utilisent ".

Si la datation de Suhailah va probablement rester une question d'interprétation, (YH : mais c'est le cas de la majorité des comparaisons de formes de poteries ou autres pour beaucoup de sites plus récents), l'archéologue est plus confiant quant à l'établissement de dates absolues pour ses découvertes à Jebel Faya, un autre site de Sharjah où Bretzke a supervisé des fouilles depuis 2012.

« Nous avons creusé sur environ 150 mètres carrés et nous sommes descendus, au point le plus profond, à environ quatre mètres cinquante sous la surface », explique l'Allemand.

« Nous avons découvert une séquence de sept couches et nous avons prélevé des échantillons et les avons soumis pour une datation. Nous attendons encore les résultats, mais le fait est que nous avons maintenant une séquence de sept couches potentiellement paléolithiques qui peuvent être datées et connectées à celles qui ont déjà été fouillées, avec quelques découvertes du Néolithique tardif et de l'Age du Bronze trouvées sur le dessus ".

" La couche la plus profonde doit dater d'il y a environ 125.000 ans, mais nous ne savons toujours pas avec certitude pour les couches supérieures. Mais, compte tenu de la morphologie de la grotte et de la sédimentation, nous croyons qu'ils sont de la fin du Pléistocène, vieux peut-être de 12.000 ou 13.000 années. Nous ne pouvons pas être sûr, mais les outils ne se regardent pas comme s'ils étaient néolithiques ».

Pour Bretzke, l'importance de ces couches vient de leur capacité à mettre en lumière non seulement sur l'occupation au début de l'Arabie, mais comment la colonisation de la péninsule a été liée à des changements dans le climat, les origines et les destinations des habitants de Jebel Faya et combien de temps ils sont restés.

Travaillant avec le professeur Adrian Parker, un géographe de l'Université d'Oxford Brookes en Angleterre, Bretzke a analysé les couches de sédiments de Jebel Faya et la présence de phytolithes, des structures de silice microscopiques qui sont recueillies dans le tissu végétal et persistent dans le sol longtemps après la désintégration d'une plante, permettant d'établir les liens entre l'occupation et des changements dans le climat préhistorique et la végétation du site.

« Nous avons étudié la taille des grains [des sédiments] et établi quelques conclusions sur la façon dont ils ont été déposés, parce que vous pouvez faire la distinction entre un dépôt dans des conditions humides et des conditions sèches », explique Bretzke.

" Nous avons également trouvé des preuves de l'existence de palmiers sur le site. Bien sûr, nous ne savons pas si ils étaient d'origine naturelle ou si les gens les ont amenés là-bas, mais ils doivent avoir été quelque part dans le voisinage ".

Bretzke et Parker ont conclu que les couches de périodes d'archéologie et d'occupation sur le site sont toujours liées à des périodes humides et que les couches sans preuves archéologiques sont liées à des périodes sèches.

" Il n'y a aucune source d'eau permanente au Jebel Faya à part les précipitations et les eaux de surface. Dès qu'il cesse de pleuvoir, vous devez le quitter ", dit l'archéologue.

" La séquence [de découvertes] ne nous donne pas également des informations détaillées sur la technologie qui a été utilisée. J'ai des outils avec des caractéristiques que je ne peux trouver nulle part ailleurs et chacune est radicalement différente ", explique Bretzke.

" Cela suggère qu'il y avait des impulsions d'occupations plutôt qu'une occupation continue, et aussi que les populations entrantes sont venues de différentes directions."

(...) Hans-Peter Uerpmann a commencé des fouilles à Fay-NE1 en 2003 et a fait sensation en 2011 quand, avec Simon Armitage de Royal Holloway, de l'Université de Londres, il a publié un document « La Route du Sud " Out of Africa " : preuve d'un début d'Expansion de l'Homme moderne en Arabie " dans la revue Science.

Non seulement ce document réclame que Jebel Faya a fourni la preuve de l'arrivée des humains anatomiquement modernes en Arabie dès il y a 125.000 années, mais il a également proposé qu'ils sont arrivés par l'intermédiaire du Détroit Bab El Mandeb de la Mer Rouge et non via la vallée du Nil ou du Proche-Orient, comme cela avait été suggéré précédemment.

" Ces humains anatomiquement modernes '' - comme vous et moi - avaient évolué en Afrique il y a environ 200.000 ans et a ensuite peuplé le reste du monde ", a déclaré Armitage en 2011.

"A Jebel Faya, les datations révèlent une image fascinante dans laquelle les humains modernes ont migré hors d'Afrique beaucoup plus tôt qu'on ne le pensait précédemment, aidés par les fluctuations mondiales du niveau de la mer et du changement climatique dans la péninsule arabique."

" Jusqu'à présent, nous avons pensé que des développements culturels conduisaient à l'occasion des personnes à se déplacer hors de l'Afrique ", a déclaré Uerpmann aux journalistes au moment du rapport. " Maintenant, nous voyons, je pense, que c'était l'environnement qui a été la clé." (...)

(...) En 2010, après une recherche de six ans sans aucun résultat, Jeff Rose et son équipe ont commencé à découvrir des outils lithiques au cours de leur dernière saison dans le champ qui apparaît être un type très spécifique de la technologie de l'outil de pierre utilisée par le " complexe nubien", les chasseurs nomades de l'Afrique de la Vallée du Nil.

" Cette façon de faire des outils de pierre avait été trouvée seulement en Afrique, le long de la vallée du Nil jusqu'à ce moment ", dit Rose. " Nous avons daté les trouvailles comme étant d'il y a environ 106.000 années et ils étaient assez bien assortis à ceux de la vallée du Nil et une fois que nous avons trouvé un site et commencé à chercher pour ceux-ci, nous en avons trouvé environ 200 de plus, tous dans le sud d'Oman ".

" Nous avions touché le jackpot ", a déclaré Rose au National Geographic. " C'était l'euphorie scientifique. Nous n'avions jamais considéque le lien à l'Afrique viendrait de la vallée du Nil, et que leur route serait à travers le milieu de la péninsule arabique, plutôt que le long de la côte ".

" Les généticiens ont montré que l'arbre moderne de la famille humaine a commencé à se diversifier il y a 60.000 années. Je ne conteste pas quand cela est arrivé, mais où. Je suggère que la grande expansion humaine moderne vers le reste du monde a été lancée à partir de la Péninsule Saoudienne plutôt que de l'Afrique ".

Malgré la controverse entourant Jebel Faya, la publication du site était l'un des trois événements qui, selon Michael Petraglia de l'Université d'Oxford, a fait de 2011 mirabilis une "annus mirabilis" pour l'archéologie préhistorique en Arabie.

" Il y avait trois publications indépendantes en 2011, l'un à propos de Jebel Faya, l'un écrit par Jeff Rose sur Oman et celui par nous en Arabie Saoudite, qui a identifié et daté les premiers sites stratifiés dans toute l'Arabie, qui a complètement changé tout ce que nous connaissons sur la chronologie de l'occupation dans la péninsule arabique ".

" Le modèle prédominant dans le milieu universitaire a été que, beaucoup d'êtres humains se sont déplacés hors de l'Afrique de façon répétée dans le temps sur un couple de millions d'années, ils ont utilisé les côtes de l'Arabie et évité l'intérieur ", explique Petraglia. " Mais nous démontrons très, très clairement maintenant que ce n'est pas le cas. Le tableau d'ensemble est que l'Arabie Saoudite est désormais au cœur de notre compréhension du passé de l'humanité. Ce n'est pas une histoire de côté, c'est l'histoire centrale. "

Pour Rose, le concept de "Green Saoudite" et l'image qu'il peint des dispersions dictées par le climat, dans laquelle des groupes de chasseurs-cueilleurs suivent les cours d'eau, non seulement correspond à l'archéologie, c'est également logique.

« Les gens qui ont été en Arabie Saoudite ne pénètraient pas par le long de sa côte, ils se déplacaient à l'intérieur pendant les périodes vertes. Ils ont été opportunistes et profitant d'une péninsule arabique qui a été couverte par les prairies, les rivières et les lacs et les mêmes plantes et les animaux auxquels ils ont déjà été adaptés au nord-est de l'Afrique ". (...)

Source : http://www.thenational.ae/arts-lifestyle/the-review/the-long-read-out-of-arabia-the-story-of-early-humanity

Yves Herbo Traductions partielles d'après les publications scientifiques et un long résumé de Nick Leech, Sciences, Fictions, Histoires, 14-08-2015

Nejd plateau asDr Yamandú Hilbert examining stone tools from a Palaeolithic site on the Nejd Plateau, Dhofar. Courtesy Jeffrey Rose

YH : pour résumer, l'homme moderne serait sorti d'Afrique il y a environ 120.000 ans pour se regrouper en partie en Arabie Saoudite verte et aurait ensuite conquis le monde à partir de l'Arabie Saoudite redevenue sèche il y a 60.000 ans...

MAJ 3 : C'est une autre MAJ axée principalement sur l'eau, car les dernières informations concernant l'Arabie Saoudite elle-même, ne sont pas archéologiques mais plutôt écologiques : 

Le bassin d'eau souterraine d'Arabie menacé d’épuisement

Le bassin d'eau souterraine d'Arabie, une source aquifère dont dépendent quelques 60 millions de personnes selon la NASA, est l'un des bassins les plus menacés par la sécheresse et qui risque l'épuisement pour bientôt, selon des recherches de scientifiques menées sur la période 2003-2013, citées par futura.sciences.com.

Selon deux études publiées en juin 2015 sur les niveaux des grands réservoirs d'eau souterraine dans le monde, les évaluations basées sur les données du duo de satellites Grace montrent que 21 des 37 grands systèmes aquifères sont en voie d'épuisement.

Il s'agit aussi du bassin aquifère indien Indus, situé dans le nord-ouest de l'Inde et au Pakistan.

Le troisième plus vulnérable est le bassin de Murzuk-Djado, en Afrique du Nord.

Les scientifiques s'alarment de la situation qui, conjuguée au changement climatique et la croissance démographique, menace plusieurs régions de graves pénuries d'eau et de crises socioéconomiques et politiques.

Sur la Planète bleue, 97,5% de l'eau est salée (océans...). Sur les 2,5% d'eau douce, presque un tiers est souterraine (30,1%) et seulement 1,2% est disponible en surface. 68,7% sont dans les calottes polaires ou des glaciers.

Vue de l'espace, que ce soit à quelques milliers ou des centaines de millions de kilomètres, notre Planète apparaît bleue. Mais, en réalité l'eau ne représente que 0,023% de sa masse totale.

La pollution de l'eau en surface et le tarissement des cours d'eau sont des facteurs aggravants de cette situation. Les chercheurs rappellent que ces ressources aquifères sont très difficiles d'accès, donc très coûteuses à explorer...

Sources : http://www.webmanagercenter.com/actualite/economie/2015/07/14/165498/le-bassin-d-eau-souterraine-d-arabie-menace-d-epuisement,  futura.sciences.com.

 

Yves Herbo Traductions, S,F,H, 05-2012, 08-2015

OVNIs : Matin OVNI dans le monde du 12-08-2015

OVNIs : Matin OVNI dans le monde du 12-08-2015

Gillest

Matin OVNI dans le monde du 12-08-2015 d'ODH TV est réalisée et vous est présentée par Gilles Thomas.

Au programme de cette nouvelle édition :

Actualité Ovni dans le monde récente et interview de Thierry Rocher du SCEAU.

 

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L'émission est en collaboration avec :

http://Sciences, Fictions, Histoires

http://investigationsoanisetoceanogra...

http://area51blog.wordpress.com/

http://ufoetscience.wordpress.com/

http://reub.e-monsite.com/

 


 

La page Facebook ODH Tv à liker et partager:
http://www.facebook.com/pages/ODH-Tv/...

 

Yves Herbo Relai-Sciences, F, Histoires, 13-08-2015

Le mécanisme d'Anticythère refait parler de lui

Le mécanisme d'Anticythère refait parler de lui - MAJ 12-08-2015

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Les dernières avancées sur la modélisation 3D de cette fabuleuse machine datant d'environ 2100 ans permettent d'en reparler, et j'en profite donc pour ajouter cet artefact contesté par personne (exceptionnellement), qui prouve à lui seul l'avancée technique et scientifique atteint par des représentants de l'humanité (en principe !) bien longtemps avant leurs réinventions réclamées entre le 18 et 20ème siècle, et donc la mise entre parenthèse, pour une période assez longue pour une civilisation humaine, de son "évolution" pour des raisons déjà évoquées, entre autres l'appropriation du savoir et son verrouillage par le pouvoir religieux, en réaction précisément à la grande vague d'espoir (détournée malheureusement de son objectif) suscité par les messages de Jésus, remettant en cause complètement la façon "normale" et "habituelle" des humains à gérer leurs affaires (n'oublions pas que l'une des premières choses qu'à faite Jésus en arrivant au Temple, c'est d'en chasser les commerçants et de condamner la notion de profit pour privilégier l'entraide, l'amour et la notion de priorité envers l'être humain au lieu du matériel...

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Découverte en 1900 par des pêcheurs d'éponges, dans une épave près des côtes de l'île grecque d'Anticythère, et datée des alentours de 87 Avant J.C., cette machine de bronze, de forme circulaire, actuellement fragmentée en 3 parties, occupe le volume d'un petit boîtier haut de 21 cm, large de 16 et épais de 5. Elle est composée de 32 éléments dont une vingtaine de roues dentées.

Elle devait probablement être actionnée à la main ou par un système hydraulique. Son fonctionnement se base sur les mouvements différentiels des engrenages permettant de « calculer » la position des astres à un moment donné.

ancy-x1.gif Radiographie

Elle semble être la première machine capable de restituer des données transformées après entrée d'autres données. De ce point de vue, elle peut être considérée comme une véritable machine à calculer.

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Comme il était impossible de démonter le disque sans l’endommager gravement et que d’autre part les moyens classiques, tel que la radiographie s’avéraient inadaptés, pendant des décennies toute nouvelle étude du disque fut bloquée jusqu’à ce que, en 2000, l’astronome Mike Edmunds de l’Université de Cardiff, eut l’idée d’utiliser le scanner. Malheureusement aucun scanner ne se révéla adapté à cet usage ; si bien qu’en 2002, Edmunds se résolut à faire construire un appareil spécialement adapté: un scanner à rayons X (450 kilovolts) pesant plus de huit tonnes.
Cet appareil s’avère capable de reconstituer et produire des images tridimensionnelles avec une précision de 50 microns (Photos ci-dessous).

 

Modélisation 3D de la machine d'Anticythère

Les études vont confirmer que cet appareil servait bien à calculer la position de plusieurs planètes du système solaire; il reste donc une question essentielle : quel est l'auteur de cette machine complexe quand on sait que les grecs étaient peu portés sur les technologies ?

 

Les études, sont actuellement menées par:
Cardiff university: Mike Edmunds et Dr Tony Freeth
National archaeological Museum of Athens
Universités d'Athènes et de Thessalonique
The Antikythera mechanism research project

Sources:

http://decouvertes-archeologiques.blogspot.fr/2006/12/le-mcanisme-danticythre-rvle-certains.html
Eurekalert: "Mystery of ancient astronomical calculator unveiled"
Wikipedia (english): "Antikythera mechanism"
Wikipedia (français): "Machine d'Anticythère"
Cardiff university: "The 2000-year-old computer"
The Antikythera mechanism research project

 

Quelques nouvelles photos du mécanisme prises par le scanner (et au-dessus) :

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m-canisme-d-anticyth-re.jpg 

On remarque des inscriptions, minuscules gravures sur ces scans : les études et comparaisons d'écritures sont en cours...

Yves Herbo 04-2012, up 08-2015

Des surprises dans l'épave où a été trouvée l'Anticythère

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Les archéologues marins disent qu'ils ont découvert de nouveaux secrets dans une ancienne épave romaine célèbre pour avoir détenu une calculatrice sophistiquée étonnamment astronomique (vieille de + de 2000 ans). Une équipe d'enquête internationale affirme que le navire est deux fois plus long qu'on ne que le pensait initialement et contient beaucoup plus d'objets calcifiés de la cargaison perdue au milieu du navire qui font apparaître de nouvelles découvertes.

À la réunion de l'Archaeological Institute of America de ce vendredi 4 janvier 2013 à Seattle, l'archéologue sous-marin Brendan Foley de la Woods Hole Oceanographic Institution (Massachusetts), a distribué un rapport sur la première enquête de la Grèce sur le célèbre naufrage de l'île Anticythère depuis 1976. L'ancienne épave romaine a sombré au large des côtes grecques autour de 67 avant J.-C., remplie de statues et de l'horloge astronomique célèbre.

" Le navire a été énorme pour l'antiquité," dit Foley. " Les plongeurs il y a un siècle ne pouvait pas mener ce genre d'enquête, mais nous avons été surpris quand nous avons réalisé à quel point elle était grande."

Achevée en Octobre par une petite équipe de plongeurs, l'enquête a traversé l'île et le site de l'épave, perché sur une pente raide sous-marine à quelques 150-230 mètres de profondeur dans la mer Méditerranée.

L'enquête d'octobre montre que le navire était de plus de 160 pieds de longueur (environ 50 mètres), deux fois plus long que prévu. Découvert par la marine grecque et ses plongeurs en 1901, son arrière était penché trop profondément pour que ses découvreurs originaux puisse le trouver.

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Le mécanisme de bronze d'Anticythère a utilisé 37 roues dentées, une technologie réinventée un millénaire plus tard, pour créer un calendrier lunaire et prédire le mouvement des planètes.

L'épave est surtout connue pour avoir contenu une calculatrice astronomique de bronze, le «mécanisme d'Anticythère», largement considéré comme le dispositif le plus complexe connu de l'antiquité, accompagné par des dizaines de statues en marbre et en bronze. Le mécanisme apparemment utilisait 37 roues dentées, une technologie réinventée un millénaire plus tard, pour créer un calendrier lunaire et prédire le mouvement des planètes, ce qui était une connaissance importante pour la publication d'horoscopes et la planification des festivals dans le monde antique superstitieux.

Une ancre de plomb récupérée dans une position escamotée dans le nouveau sondage montre que le navire a coulé sans doute de façon inattendue lors d' « une tempête, il a explosé contre une falaise sous-marine », explique l'archéologue marin Theotokis Theodoulou du Département des antiquités sous-marines de la Grèce (Ephorate). " Il semble avoir coulé par l'arrière avec sa poupe (arrière) au point le plus profond», dit-il.

Les chercheurs ont longtemps débattu pour savoir si le navire a contenu le butin d'un général romain de retour d'un pillage de la Grèce à l'époque où la république romaine a été obtenu les rênes du monde méditerranéen, ou simplement des produits de luxe destinés à des villas nouvellement construites de l'élite romaine sur l'île. La dernière enquête sur l'épave avait été dirigée par l'explorateur sous-marin Jacques Cousteau, dont le documentaire "Diving for Roman Plunder" chronique les efforts en 1976, qui semblait avoir fouillé la cuisine du navire.

L'équipe d'enquête en Octobre avait regardé le documentaire des années 1970 pour l'aider à s'orienter sur le site de l'épave. « Ils n'avaient pas la technologie sous-marine que nous avons maintenant pour faire une enquête très efficace ", dit Theodoulou.

" Avec ce qui ressemble à des vases, amphores, tessons de poteries et des tuiles, dit Foley, l'épave semble aussi avoir "des dizaines" d'objets ressemblant à des rochers calcinés compactés faits de sable durci qui reposent au sommet des amphores sur le fond marin. Les rochers ressemblent au mécanisme d'Anticythère avant sa récupération et sa restauration. En 2006, une équipe de tomographie à rayons X a signalé que le mécanisme contenait au moins 30 engrenages en bronze découpés à la main pour la recréation de cycles astronomiques utiles dans les horoscopes et le calendrier des Jeux Olympiques dans le monde antique, le dispositif le plus complexe mécanique connue depuis l'Antiquité jusqu'au Moyen-Age. " Les objets ne sont peut-être que des collections de clous en bronze, mais nous ne saurons pas jusqu'à ce que quelqu'un jette un regard sur eux ", dit Foley.

L'effort d'enquête, dirigée par Aggeliki Simossi de l'Ephorate des antiquités sous-marines, se poursuivra pendant les deux prochaines années. L'équipe d'enquête internationale regardera dans deux endroits différents pour des épaves antiques pendant ce temps, alors que les fonctionnaires grecs sur les antiquités méditent sur une exploration plus poussée. Une amphore récupérée de l'épave a également été testée au niveau de ses parois internes pour des traces d'ADN de la cargaison régulière, comme le vin, une fois transporté par le navire.

La récupération de tout ce fret qui reste dans l'épave, maintenant recouverte de sable, présente un défi technique difficile, mais pas impossible, pour les archéologues sous-marins.

« Évidemment, il y a beaucoup d'objets encore là-bas, mais il nous faudra être très prudent au sujet de nos prochaines étapes. Ce navire n'était pas normal, " dit Theodoulou.

Source : http://www.archaeology.org/news/406-130103-antikythera-ship-survey

 

On connaît encore mal la machine d'Anticythère, mais on connaît encore plus mal la richesse de la cargaison retrouvée par 100 m de fond au large d'Anticythère. C'était sans doute la plus fabuleuse cargaison artistique et commerciale de toute l'Antiquité -- ce qui prouve à quel point la machine était un "trésor" aux yeux de ses contemporains. On peut découvrir dans cette exposition au musée d'archéologie d'Athènes tous les objets retrouvés sur le site... 

Une nouvelle exposition du Musée archéologique national d’Athènes présente pour la première fois l’ensemble des trouvailles provenant de la célèbre épave antique d’Anticythère, ramenées à la surface en deux phases distinctes : en 1900-1901 par des pêcheurs d’éponges de Symi avec la collaboration de la flotte grecque, inaugurant ainsi l’archéologie sous-marine en Grèce, puis en 1976 par le Service archéologique avec la collaboration de la Calypso, le navire océanographique du commandant Cousteau.

378 pièces antiques (sculptures de marbre et de bronze, vases en céramique, verre et métal, bijoux et autres objets liés au fonctionnement du navire et à la vie de l’équipage, ainsi que des monnaies) constituent un éclatant témoignage de la richesse de cette cargaison et de la science de la construction navale et de la navigation dans l’Antiquité grecque.

Les 82 fragments de la Machine d’Anticythère, un mécanisme connu comme « le premier ordinateur de l’humanité » dont on n’a compris le fonctionnement que récemment, sont eux aussi exposés ensemble pour la première fois. Les recherches récentes, présentées au public par des moyens informatiques et des reconstitutions en 3 D, démontrent l’étendue des connaissances en mathématiques, astrophysique et mécanique que possédait la Grèce antique.

 

S,F,H, Yves Herbo traductions 01-2013, up 08-2015

MAJ 08-2015 :

La machine d'Anticythère plus ancienne encore qu'on ne le pensait !

Selon les dernières estimations, la machine d’Anticythère, permettant de prédire les grands événements astronomiques remonterait à 205 ans avant notre ère. Soit environ 100 ans plus tôt que d'après les premières estimations.

Ce sont deux historiens spécialistes du mécanisme d'Anticythère, l'Argentin Christian Carman, de l'Université de Quilmès, et l'Américain James Evan de l'Université Puget Sound qui ont réussi récemment à déterminer cet âge précis. En photographiant l'objet au radiocarbone et en analysant la forme des lettres grecques de l'inscription figurant au dos de l'instrument, ces experts sont parvenus dans un premier temps à estimer l'âge de ce dernier à une période entre 100 et 150 av. J.-C. Mais leur dernière étude, axée entièrement sur le calendrier prédictif de la machine, conclut quant à elle à une date d'origine minimum de 205 av. J.-C, soit 50 à 100 ans plus tôt par rapport à la dernière estimation. La calculatrice prédit en effet une éclipse survenue un 12 mai de cette année précise. Cette découverte a fait l'objet d'une publication parue dans la revue Archive for History of Exact Sciences. On note que les auteurs pensent que la machine a donc commencé a exister à cette période, mais il fallait bien qu'elle soit fabriquée avant cette éclipse pour pouvoir la prédire... la date de 205 avant JC est donc logiquement un minimum mais elle peut être encore un peu plus ancienne.

Nous ne savons toujours pas qui est l'auteur de ce mécanisme très complexe, ni le lieu de sa fabrication mais, compte tenu de la complexité de l'instrument, de nombreux scientifiques imminents de l'époque ont été supposés avoir participé à sa réalisation. Parmi ceux-ci, figure l'illustre mathématicien Archimède. Toutefois, ce dernier étant mort en 212 av. J.-C, soit sept ans avant l'origine de la machine, il est peu probable qu'il soit le constructeur de cette invention, au vu des nouvelles découvertes (mais il peut en être l'auteur à titre posthume, difficile à savoir en l'absence d'autres indices). Cependant, il n'est pas impossible que des données écrites ou même des plans plus anciens que cet âge défini de 205 Avant JC aient pu servir à la fabrication de la machine, il est difficile de figer l'Histoire à ce niveau car plusieurs possibilités demeurent...

En parallèle à ces études de la machine, les fouilles de la grande épave du bateau où elle a été retrouvée continuent toujours ! En effet, les dernières fouilles ont prouvé que le navire était bien plus grand qu'on ne l'avait imaginé au 20 ème siècle, car il devait faire au moins 50 mètres de longueur : un véritable paquebot pour son époque et l'un des plus grand naufrages de cette époque. Les sédiments recouvrent environ 300 mètres du fond marin de débris divers et les robots (car l'épave est à 55 mètres de profondeur et il est compliqué pour l'homme de plonger si bas sans appareillage spécial).

Epave anticythere

Selon leur communiqué, les membres de l'opération "Retour à Anticythère" ont déjà remonté de la vaisselle, des éléments du navire, et une lance en bronze géante. L'immense javelot mesure plus de 2 mètres de long. Trop volumineux et lourd pour avoir été une véritable arme, les chercheurs pensent qu'il pourrait avoir appartenu à une statue géante, " peut-être un guerrier ou la déesse Athéna ", d'après Brendan Foley. Les fouilles continuent donc, et pour plusieurs années car il n'est pas impossible que des statues, de l'art ou d'autres machines aient été éjectés du navire en perdition et enfouis quelque part sous le sable...



Yves Herbo, Sciences, Fictions, Histoires, 12-08-2015