Les nouveaux maîtres du monde

Les nouveaux maîtres du monde

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Cénacles internationaux, cercles d'influence, institutions financières... Et si, en marge des gouvernements élus, se développait un autre pouvoir planétaire, opaque, voire secret ? La question est au centre de l'enquête menée par les auteurs de Circus politicus, dont L'Express publie des extraits. Loin des théories du complot, l'occasion d'un débat sur nos démocraties.

Le monde est-il entré dans la phase aiguë du soupçon ? Celui que les peuples nourrissent à l'égard de leurs élites, celui qui défoule des contribuables dont le joug s'alourdit, celui qu'entretiennent des responsables politiques enclins à entourer leurs décisions -et leur indécision- du plus grand secret. Dans une perspective historique, il n'y aurait rien de neuf, à vrai dire, dans ce sentiment diffus et persistant. "Depuis qu'il y a pouvoir, il y a complot", rappelle avec sagesse le philosophe Marcel Gauchet. Sauf qu'un élément nouveau s'affirme et se confirme à travers le développement d'un pouvoir planétaire, transversal, qui, surtout, échappe à tout contrôle démocratique.

Faire la part des choses entre la croyance en la conjuration permanente et la terrible réalité d'un monde conduit par des incompétents

Ce dernier point, la désappropriation des peuples et la dépossession de leurs institutions légitimes et élues, est la thèse que défendent deux journalistes, Christophe Deloire et Christophe Dubois, auteurs du best-seller Sexus politicus, dans leur nouvel essai, Circus politicus (dont L'Express publie les bonnes feuilles), longue enquête sur le théâtre d'ombres que serait désormais la vie politique française.

Ils ont fouillé, interrogé et débusqué pour dévoiler une série de cercles où se prennent les grandes décisions, européennes ou mondiales, qui exercent des effets concrets sur chacun de nous sans que nous soyons informés du contenu des discussions. En se faufilant dans les coulisses des cénacles internationaux, on découvre l'autre visage des hommes (et des femmes) de pouvoir, les chuchotements ou la voix arrogante des maîtres du monde.

Des technocrates dont l'expertise échappe aux élus

L'époque et le contexte actuels favorisent l'opacité ou cette notion indéfinissable de "gouvernance", qui semble être le dernier avatar de la modernité. Un faisceau de facteurs nourrit ces castes, par définition endogames, chargées de la gestion des grands intérêts supranationaux. La mondialisation engendre une strate de technocrates, supposés compétents, dont l'expertise échappe par nature au grand public, mais aussi aux élus du peuple. La construction européenne, qui, plus à tort qu'à raison, est vouée aux gémonies en raison d'une centralité confuse, réputée pléthorique et budgétivore, imposant des objectifs collectifs qui requièrent leurs clercs dévoués. Le développement fulgurant d'Internet, haut lieu de l'amplification des rumeurs, nimbe ces sommets de vapeurs de complots, mélange de série télévisée américaine et de tuyaux percés.

Il faut sans doute faire prudemment la part des choses entre la croyance populaire en la conjuration permanente de barons masqués et la terrible réalité d'un monde conduit par des leaders qui cachent derrière leurs cravates une forte dose d'incompétence, si ce n'est de désarroi.

Une instance inaperçue et inconnue du plus grand nombre

Il revient à Pierre Bourdieu d'avoir formulé le concept du "gouvernement invisible", dans un article au titre alarmiste, "La culture est en danger". "Les grandes firmes multinationales et leurs conseils d'administration internationaux, les grandes organisations internationales, OMC, FMI et Banque mondiale, aux multiples subdivisions désignées par des sigles et des acronymes compliqués et souvent imprononçables, et toutes les réalités correspondantes, commissions et comités de technocrates non élus, peu connus du grand public, bref, tout ce gouvernement mondial qui s'est en quelques années institué, et dont le pouvoir s'exerce sur les gouvernements nationaux eux-mêmes, est une instance inaperçue et inconnue du plus grand nombre."

Mais, plutôt que cette vision d'un cercle fermé, où flotte un parfum de cynisme parmi les fumées de havane, on préférera l'ironie de Marcel Gauchet au sujet de ces élites désemparées. "Ils nous disent qu'ils sont impuissants parce que la mondialisation met les problèmes hors de leur portée, et pourtant ils n'arrêtent pas de concerter, gardés dans des forteresses. Rien de plus propice à faire naître l'idée qu'ils nous mentent et qu'ils déterminent entre eux, hors de tout contrôle, une politique qui ne nous veut pas du bien."

Par Christian Makarian pour l'Express


Salim Laïbi - la faillite du monde moderne - entretien by ERTV


CONVERSATION D'AVENIRS,Les USA, maîtres du monde ? by Public Sénat

Les nouveaux maîtres du monde - Goldman Sachs http://www.les-crises.fr/video-goldman-sachs/

Plus qu'une banque, Goldman Sachs est un empire invisible riche de 700 milliards d'euros d'actifs, soit deux fois le budget de la France. On l'appelle "la Firme", comme dans les romans d'espionnage des années 1980. Après s'être enrichie pendant la crise des subprimes en pariant sur la faillite des ménages américains, elle a été l'un des instigateurs de la crise de l'euro en maquillant les comptes de la Grèce puis en misant contre la monnaie unique. Un empire de l'argent sur lequel le soleil ne se couche jamais, qui a transformé la planète en un vaste casino. Grâce à son réseau d'influence unique au monde, et son armée de 30 000 moines-banquiers, Goldman Sachs a su profiter de la crise pour accroître sa puissance financière, augmenter son emprise sur les gouvernements et bénéficier de l'impunité des justices américaine et européennes.


D'un côté, il y a les "black hats" (chapeaux noirs), les délinquants virtuels mus par l'appât du gain ; de l'autre, les "white hats" (chapeaux blancs) ou pirates bienveillants. Les hackers forment une vaste communauté aux profils diversifiés. Capables de modifier la une d'un journal sur le Net ou de piéger le ministre de l'Intérieur, ils sont aussi les seuls à savoir protéger les entreprises des menaces informatiques. Inventeurs des logiciels libres - permettant d'échapper à la toute-puissance de Bill Gates ou de Steve Jobs -, ils sont aussi, grâce à l'exploration des failles informatiques, à l'origine de la sécurisation des achats en ligne. Beaucoup n'ont qu'un bac en poche mais les services secrets et les responsables politiques se disputent leurs faveurs...

À contre-courant des idées reçues, ce film raconte la génération hackers, entrée dans l'arène politique et médiatique à l'occasion du débat sur Hadopi.

SFH 03-2013

Yves Herbo sur Google+

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