Moyen-age-18ème siècle

Regroupe les articles parlant de ces périodes.

Tour de France de l'étrange ODHTV Saison 6

Tour de France de l'étrange ODHTV Saison 6

Odhtv etrange

 

La 6ème saison du Tour de France de l'étrange recommence sous une autre forme. Le 06ème Tour de France de l'étrange ou le JT de la Haute-étrangeté vous partagera ainsi tous les 3 mois, les informations importantes de nos partenaires, l'interview de l'édition (les minutes de l'étrange), les conseils de Black et un dossier qui sera soit une réédition, soit un épisode du tour de France de l'étrange des reporters d'odhtv.
 

Saison 4 sur votre site S.F.H. : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/paranormal/tour-de-france-de-l-etrange-odhtv-saison-4.html

Saison 5 sur votre site S.F.H. : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/paranormal/tour-de-france-de-l-etrange-odhtv-saison-5.html


 

Tour de France de l'étrange 6X01 : Shadows people

Dans cette édition, présentée par Gilles Thomas :

- Description des JT de la Haute étrangeté
- Observation de dame blanche avec Yves Herbo
- Conseil de Black: Objet d'enquête n°2: Les thermomètres
- Dossier de l'édition: Shadow people et êtres encapuchonnés (avec Remy Fauchereau, New Eppon, le CRUN et des témoins)

Partenaires:
- Nice Recherches Paranormaleslegendesetparanormal.free.fr/index.htm
- S.F.H.http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/paranormal/
- Paranormal à la unehttp://paranormalalaune.wordpress.com/

 


 

Relayé par Sciences et Fictions et Histoires/Paranormal

 

Yves Herbo Relai, Sciences et Fictions et Histoires, http://herboyves.blogspot.fr/, 26-11-2016

Allemagne : L'engloutissement de la cité de Rungholt

Allemagne : L'engloutissement de la cité de Rungholt

Rungholt fouilles plongee mini

 

Comme plusieurs cités ou ports historiques ou légendaires, disparus ou engloutis au fil du temps, il y a longtemps eu des interrogations sur la réalité de l'existence de la cité de Rungholt, sur les côtes nord de l'Allemagne, en l'absence de traces matérielles étudiables. Un peu comme Vineta, dont je parle ici, il y avait des traces écrites et donc des "témoignages littéraires", mais aucun preuve réelle. En fait, on peut dire que, comme la ville de Troie - issue principalement à l'origine des poèmes (et fictions pour beaucoup) d'Homère sur la fameuse guerre qui y est décrite - la légende est devenue réalité, avec l'effective découverte d'artefacts et de preuves étudiées...

Mais, que s'est-il passé ? Que sait-on vraiment sur cette cité disparue, son ancienneté et histoire ? Et enfin, qu'a-t-on trouvé depuis sa citation dans des écrits du moyen-âge ?

Frise maps

Voici deux maps de la région en question. Celle de gauche montre la contrée a l'époque de la création de ces deux cartes, en 1651, avec les fonds marins visibles (à gauche) et à droite est une reconstitution des côtes avant leur submersion en 1362

Rungholt est donc une légende locale à l'origine car ce n'est pas une très grande ville, elle n'héberge apparemment pas de grand seigneur. C'est un grand port tout de même à priori et une ville de 500 maisons environ et 3000 habitants, ce qui est assez important pour la période estimée de son premier engloutissement. Il faut aussi préciser que son emplacement n'était pas en Allemagne à l'époque, mais dans le Nordfriesland, dans ce qui était alors le Duché Danois de Schleswig (et donc maintenant la Frise Septentrionale allemande). Et les écrits mentionnant son existence datent pratiquement tous de documents datant du 16ème siècle, bien plus tard donc après la première catastrophe, mais plus proche de la deuxième... Parfois appelé l' "Atlantis de la mer du Nord", le Rungholt de la légende était une grande ville riche et la catastrophe était soi-disant une punition divine pour les péchés de ses habitants... une légende commune à beaucoup de cités englouties !

Erwahnung rungholt 1345

Ce texte date de 1345 (avant la disparition de la cité donc) et est un testament mentionnant la ville de Rungholt... un accord commercial entre Hamburger et Rungholt, daté du 1er mai 1361, a été aussi trouvé. Cet accord de commerce et des trouvailles de pichets rhénans corroborent la présomption que Rungholt était le principal port de Edoms Hundred.

Nous ne connaissons donc pas les origines et ancienneté de ce port commercial ou comptoir, mais les artefacts découverts depuis prouvent le commerce de denrées agricoles, et d'ambre de la Baltique. Un commerce de l'ambre qui date donc probablement de la plus haute antiquité, voir du néolithique selon l'archéologie scandinave et de la Baltique, Mer du Nord... Les historiens savent aussi que cet endroit a été habité par le peuple du roi Danois Viking Friesen, qui a peuplé le Uthland (devenus les Frisons)... C'est donc bien l'ancien Uthland (qui a donc une étrange consonnance "Atlante" pour certains chercheurs !) qui a en grande partie disparu sous les flots à force de multiples tempêtes...

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L'antique Uthland et ses villes principales bien avant la catastrophe de 1362...

Rungholt

Mention de Rungholt dans la Carte de Nordfriesland de Johannes Blaeu, montrant l'île inondée de Nortstrandt (extrait zoomé). Cette Carte a été publiée en 1662, mais a été une recopie d'une carte publiée par Johannes Meyer et Caspar Danckwerth en 1652 (elle-même provenant d'une carte de 1240). Carte intégrale ici : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ducatus_Sleswicum_sive_Iutia_Australis_-map_of_Johannes_Blaeu.jpg?uselang=fr#filelinks

Ce que nous savons d'après les manuscrits du 16ème siècle donc, c'est qu'une énorme tempête, appelée la seconde "Grote Mandraenke", a ravagé les côtes de la Mer du Nord et de la Baltique le 16 janvier 1362. Cette tempête (surnommée aussi comme étant une "onde de tempête" par les spécialistes et ayant aussi le nom de Second Marcellus Flood car la première Grote Mandraenke s'est produit le même jour de la Saint Marcel, mais le 16 janvier 1219) a réellement englouti de larges pans de terres immergées car l'eau ne s'est pas retirée... En fait, entre 10.000 et 25.000 personnes sont considérés comme avoir péries lors de cette tempête, qui a ravagé au moins 30 colonies littorales et modifié ce même littoral, emportant de larges parcelles de terres dans la Mer des Wadden (ou Watten en allemand)... (d'autres textes parlent de 7 villages engloutis dans la même région, mais il y en a eu d'autres au Danemark, Hollande et même en Grande-Bretagne d'après les archives...).

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Situation de la Mer des Wadden, partie de la Mer du Nord

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Les lieux de nos jours... cette photo a été prise à 1000 mètres de hauteur, en direction de l'Ouest à partir de Südfell de NordStrand, les vestiges de Rungholt seraient exactement au centre. (Ralf Roletschek [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

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Zoom sur Rungholt engloutie par l'eau et les sables... cliquez pour agrandir encore

Ce qui n'a pas arrangé les choses concernant la recherche et découverte de vestiges de cette cité est aussi le fait qu'une deuxième tempête, du même type, se produisit au même endroit en 1634, faisant disparaître encore plus de terres. En fait, on estime que la cité était à l'origine sur l'île de Strand. Mais l'île de Strand a été entièrement ravagée par la première onde de tempête du 14ème siècle, et encore entièrement submergée par la seconde. Seuls les îlots de Pellworm, Nordstrand et Nordstrandischmoor demeurent comme fragments de l'île de nos jours...

Impressionné par le sort de la ville, ses reliques, et non moins par les descriptions excessives des légendes, le poète allemand Detlev von Liliencron a écrit un poème populaire en 1882 appelé "Trutz, Blanke Hans" à propos de la disparition de la ville, qui commence par les mots:  Heut bin ich über Rungholt gefahren, die Stadt ging unter vor fünfhundert Jahren. (" Aujourd'hui , je me suis rendu au-dessus de Rungholt; la ville a coulé il y a 500 ans "). Theodor Storm mentionne également Rungholt dans son roman "Eine Halligfahrt".

Rungholt reconstitution

Les recherches : Bien qu'on ait retrouvé des traces d'écrits mentionnant des découvertes dès le 17ème siècle (grâce à des chroniqueurs comme Matthias Boèce (dans son "De Cataclysmo Norstandico" il parle de la découverte fréquente de tranchées, de murs et même de chaudières en métal dans la Mer de Watt), de son contemporain Peter Sax et d'Anton Heimreich), ce n'est qu'entre 1921 et 1938 que des grandes marées laissent découvrir, dans la mer des Watten au nord de Südfall, des monticules, des citernes et des bâtiments qui sont étudiés et qui confirment certains détails des anciennes cartes du Moyen-âge. Le chercheur Andreas Busch fait à cette époque plusieurs découvertes d'anciens puits, et estime avec la population de Rungholt à entre 1500 et 2000 habitants (ce qui est important pour l'époque quand on considère qu'une capitale comme Hambourg au même moment possédait 5000 habitants...).

Andreasbusch annees1930

Recherches dans les années 1930 - Andreas Busch sur les lieux... le chercheur a cherché et découvert de nombreuses preuves entre les années 1920 et 1960...

Vers 1880 des pêcheurs découvrent de grands résidus de bois sur l'estran, et plus tard, une écluse a été trouvée; il a été estimé, cependant, que cela provenait d'un naufrage. De plus, des traces de charrue sont découvertes à plusieurs reprises dans des vieux champs morts sur les estrans, ainsi que des céramiques, des résidus de tuiles et même quelques épées qui sont aujourd'hui au Musée Nordsee. Dans les années suivantes, de grandes quantités de limon ont été emportés par les courants océaniques. Alors des restes de Rungholt sont réapparus, cependant, ils ont été détruits très rapidement par les marées. Et enfin, entre 1921-1940, un certain nombre de monticules, de puits et même un morceau de digue ont pu être cartographiés, donnant une bonne idée de la taille de la ville disparue.

On découvre que de nombreux bâtiments de Rungholt et de sa banlieue se trouvaient sur des monticules. Les monticules Rungholter consistaient en des monticules, qui ont été sauvegardés par environ 20 couches de tourbe et gazon contre le vent et les vagues. Des vestiges de 28 de ces monticules ont émergé clairement depuis le début des années 1920 à plusieurs reprises et ont été soigneusement cartographiés par Andreas Busch et décrits en partie. Cela a créé une carte qui pouvait être comparée avec les cartes traditionnelles de Rungholt. Cela a permis d'attribuer les différents monticules à des lieux: depuis, l'emplacement de Lütke Rungholt, de Grote Rungholt et de Niedam sont connus.

Sur et entre les résidus des monticules ont également été trouvés environ 100 puits, qui ont également été construits en tourbe et gazon (qui est imperméable). Le puits avait généralement un diamètre intérieur d'environ un mètre et fournissait probablement deux à trois foyers. L'estimation de la population dans ce domaine est basée sur ces constatations et hypothèses, qui indiquent le nombre d'habitants supposé être sur la zone au moment de la catastrophe (pouvant aller jusqu'à 3000 personnes sédentaires donc, sans compter les visiteurs et nomades).

Rungholt in germany

Situation des monticules et ruines trouvées à marée basse

Un seul des monticules trouvés n'avait pas de restes de puits. Il se trouvait dans une région dans laquelle un nombre particulièrement élevé de buttes ont été découvertes les unes près des autres, le "Champ des Huit buttes" (dans lequel les neuf monticules ont été trouvés), au nord-ouest devant Hallig Südfall. Cette zone a été identifiée comme étant Grote Rungholt. Elle avait un tronçon de 900 mètres dans la direction est-ouest et de 600 mètres dans la direction nord-sud. Le plus méridional de ces monticules (d'après le recensement de Mr. Busch, le monticule 1), est à peu près au milieu de l'extension est-ouest, est donc dépourvu de puits. Alors, considérant que l'église était le seul bâtiment qui n'avait pas besoin de son propre approvisionnement en eau, ce monticule est généralement considéré comme le Rungholter de l'église. Cette hypothèse est étayée par l'observation de deux vestiges de fosses allongées dans le sol, qui auraient pu être des tombes. Cela pourrait même être le centre de la ville.

Sur l'un des deux monticules, qui appartenaient à l'endroit nommé Niedam et qui ont été étudiés entre 1932-1956, Bush a découvert en 1952 deux bandes parallèles de fondations, qui avaient probablement formées les murs d'un bâtiment. Les murs étaient de 5,30 mètres pour les extérieurs et pour l'intérieur de 3,80 mètres, l'épaisseur des parois correspondant à une mesure de 75 centimètres des fondations. C'était en fait une maison de tourbe et gazon (commune dans plusieurs pays nordiques, y compris de nos jours encore (les grassodenhaus), de sorte qu'elle était plus proche d'un chalet qu'autre chose. La tourbe et le gazon étaient alors dans cette région les matériaux de construction les plus largement utilisés, puisque les briques étaient très rares en raison du manque d'argile et devaient être transportées de loin.

Des vestiges d'un rampart de la ville sont introuvables, mais il y a probablement les empreintes de digues basses qui avaient été entre des écluses et les trois lieux. Le poids des digues avait comprimé le sol tourbeux, de sorte qu'une dépression profonde est restée après que les digues aient été emportées. Ces tranchées ont été mesurées, et à partir de leur largeur on peut conclure la hauteur de la digue : environ deux mètres, avec quelques fluctuations dans le cours de la digue. Dans certains endroits, des restes d'améliorations ou réparations de la digue ont pu être découverts. Ce sont des fosses, créées en prenant des tourbes de l'ancien sol, et des pieux pour sécuriser de nouveaux matériaux dans les digues.

Les prairies et les champs situés à l'intérieur de la digue avaient des fossés de drainage qui conduisaient l'eau recueillie à une vanne. Des restes de deux écluses en bois apparurent pour la première fois vers 1880 dans la Wadden, mais n'ont été reconnues en 1922 que comme des bâtiments et explorées par Andreas Busch. Elles sont à environ 500 mètres au nord-ouest de Lütke Rungholt. Entre 1922 et 1929, Busch a pu mesurer les écluses anciennes et les plus jeunes et récupérer une des bûches. Deux écluses supplémentaires ont été repérées en 1962.

Les mesures de Busch ont donné une dimension de l'ancienne écluse d'environ 20,50 x 3,30 mètres de largeur d'ouverture et pour la plus récente, une échelle des dimensions extérieures de 25,50 x 5,36 mètres avec une largeur de passage claire de 4,40 mètres. Dans ces conditions, ces écluses étaient exceptionnellement grandes. Les deux écluses étaient en bois. Dans l'écluse la plus ancienne, Busch a pu même prouver qu'elle avait fui. Elle avait été réparée avec du scellant et avait obtenu un étage supplémentaire; Il fallait donc construire l'écluse plus récente. Les écluses en bois avaient une espérance de vie d'environ 80 à 100 ans à cette époque. Par conséquent, on peut supposer que l'écluse la plus récente n'a pas été construite avant 1280, la plus ancienne vers 1200. C'était aussi la période du premier remblai de la zone, ce qui a rendu les écluses nécessaires. En raison de leur faible profondeur, les écluses ne peuvent pas avoir eu un effet de drainage profond.

En 1994, la datation des écluses a été interrogée avec un grand écho dans la presse, après que l'ethnologue Hans Peter Duerr ait fait encore des découvertes au nord-ouest des trouvailles de Busch et les a nommé comme étant le véritable emplacement de Rungholt. Cependant, l'âge des barres d'écluse a été confirmé par une mesure avec le radiocarbone (mais sans calibration - les calibrations pour de bonnes datations au radiocarbone n'ont été établies qu'au 21ème siècle...); Les découvertes de Duerr sont maintenant attribuées à la ville voisine Frederingscap vel Rip, qui a également été détruite pendant l'inondation, mais reconstruite par la suite...

Les petites découvertes faites dans la région de Rungholt n'étaient généralement pas enregistrées par cartographie. La poterie provient principalement du 13ème et 14ème siècle. Il est à noter qu'il s'agit d'environ 30% de marchandises d'importation. Cette forte proportion de céramiques importées, qu'on ne connaît nulle part ailleurs dans la mer de Wadden, témoigne d'une grande prospérité, que la haute taxation de l'Edomsharde lisible dans le Waldemar Earth Book suggère. La plupart des céramiques importées, principalement de la pierre de poterie rhénane, mais aussi une cruche maure d'Espagne, et de la faïence rouge de Scandinavie, n'a pas été fabriquées au-delà du milieu du 14ème siècle. Une ocarina a finalement été trouvée dans cette région en 1943.

La période de l'existence et de la population de Rungholt peut être limitée à environ un siècle et demi avant sa destruction, ce qui est également soutenu par les découvertes de métal - tombes en bronze, fibules, armes, une petite balance... Leurs maisons reposaient sur environ 25 mètres et derrière une digue d'environ deux mètres de haut. Leurs moyens de subsistance étaient l'élevage, la production du sel des marais salants et le commerce. Autour de leur village, ils cultivent des céréales, surtout du seigle, dans des sillons surélevés (Wölbacker). Ils agrandirent les terres réhaussées (buttes) situées sous le niveau de la mer, sur lequel ils vivaient, en creusant deux barrages, que Andreas Busch avait identifié par erreur comme des écluses, et que Peter Sax mentionne également dans sa chronique au 17ème siècle.

Rungholt fouilles scan

Scan du bateau avec un endroit intéressant (extrait du documentaire ci-dessous)

Rungholt fouilles plongee

plongée sur l'endroit en question (extrait du documentaire ci-dessous)

Rungholt fouilles plongee2

remontée d'un artefact (extrait du documentaire ci-dessous)

Des larmes des Dieux dans le Marais

De l'ambre pour le Pharaon, de l'étain vers Mycènes - déjà au temps du bronze, le Nord de l'Europe opérait un commerce à longue distance. Des vestiges en face de la côte nord-allemande créent maintenant de la confusion. Y a-t-il eu même un trafic direct de Pellworm vers les pyramides il y a 3000 ans ?

Sa vue était strictement fixée sur le sol, le guide Karsten Hansen, 65 ans, avançait dans la vallée de Hallig à travers la mer du Nord. Il était entouré d'un terrain humide gris sans fin, qui claquait à chaque pas sous ses pieds nus. Soudain, l'homme a vu une pierre bleue tachetée. L'élément d'intérêt brillait: un Lapis lazuli, un échantillon d'environ dix centimètres de l'Afghanistan. Cela a souvent été utilisé comme un cadeau pour un visiteur à l'âge du bronze.

Comment trouver un bijou dans les marais ?

Hansen fait partie de l'équipage de l'ethnologue Hans Peter Duerr, qui a été à la recherche de traces de la ville médiévale de Rungholt depuis 1994 - sur son propre temps libre et fond et illégalement - sur la côte nord. Avec un marin débarqué, la troupe chasse chaque année, à marée basse, et déambule avec des bottes en caoutchouc dans le limon. La dernière expédition a eu lieu en août. (cet article date de 2006).

Duerr et son équipe ont fait dans le limon une riche chasse au trésor, un butin sensationnel. Ils ont trouvé :

* des monnaies grecques du 4ème et 3ème siècle avant JC;
* des dents porcines de l'âge du bronze;
* des vestiges d'un cuiseur phénicien et
* des tessons d'un vase d'étrier et l'ancre d'un navire, tous deux de la période minoenne (vers 1300 avant JC).

Le savant suppose, pour l'accumulation d'antiquités méditerranéennes dans la mer des Wadden, une seule d'explication: " Sur la côte existait un vieux comptoir commercial depuis le 14ème siècle avant JC et une galère grecque a chaviré là ... "

Depuis que Duerr a présenté ses vestiges étonnants dans la partie photo d'un livre, il a été l'objet d'un débat hostile. Le Bureau archéologique de Schleswig (ALSH) tient l'homme pour peu plausible. Un des employés suspecte: "J'ai pensé que son propre équipage a jeté les morceaux dans le but de se moquer de lui . La vision qu'au cours de l'âge du bronze moyen, dans le nord de l'Allemagne (1550 avant JC), il y avait un commerce à longue distance par mer, était «pure fantaisie» ", dit le chercheur Hans Joachim Kühn du ALSH. " Il y a 3500 ans, il y avait tout au plus un échange régional de main en main et de tribu à tribu...".

Mais la rumeur va contre ce postulat maintenant. Plusieurs de ses aides ont raconté et validé au Spiegel les découvertes de Duerr. De plus, de nouvelles preuves visibles sont disponibles. Les vieux enseignements se fissurent:

* L'Institut Bonn Helmholtz pour la radiologie et la physique nucléaire a soumis les tessons critiques à une analyse par activation neutronique. Le mélange de matière de l'argile cuite est précisément examiné au millième près d'un gramme. Cela crée une sorte d'empreinte digitale. Résultat: Les tessons découverts dans le marais viennent " avec une forte probabilité de la région centrale crétoise, autour de Knossos et Phaistos " - et sont vraiment d'environ 3500 ans.
* Les particules de saleté qui adhèrent aux pièces ont également été examinées par Duerr, au laboratoire de recherche Rathgen à Berlin. La saleté correspond de façon similaire à " l'environnement du sol des Watts " (watts = marais de la mer des Wadden (Watten en allemand). La poterie aurait pu y être demeurée très longuement.

L'ethnologue a-t-il réellement fait un coup d'Etat ? Les contemporains de Toutankhamon marchandaient avec les buveurs de bière de la côte du nord ?

Les archéologues du Schleswig ne le croient pas. Ils pensent que Duerr est un escroc. " Au lieu de faire gratter les impuretés sur les morceaux par un scientifique indépendant, il l'a fait lui-même et a envoyé le sac au laboratoire ", accuse Kühn. - Qui prouve qu'il n'a pas été trompé ? ".

Mais peut-être que les tenanciers de l'opinion de l'école s'égayaient-ils si fort, parce que leur propre position vacillait... D'autres constatations montrent également que la population de l'âge du bronze a mené beaucoup plus de commerce que prévu. Ce sont les méthodes de tests modernes de la minéralogie et de l'archéométallurgie, qui montrent maintenant que le transport sur de vastes distances des matières premières pastorales s'est réellement produit :

* L'homme du glacier Ötzi, par exemple, avait les meilleurs silex du lac de Garde dans sa poche (-7000 ans !).
* Le cuivre du célèbre "Nebra Heaven - " disque céleste de Nebra" provient des Alpes orientales.
* Il y a plus de 3000 ans, les anciens Allemands imitèrent des chaises pliantes égyptiennes. Dans leurs tombeaux a été trouvé des "aiguilles de chignon" de Chypre et des perles de verre de la Grèce.

L'Europe était plus perméable que longtemps soupçonné, les produits de luxe et les idées religieuses ont été transportés en canot à travers le continent. Les commerçants de la vieille Europe se sont aventurés au-delà, même en haute mer. Même pendant l'âge de pierre, il y avait un "ferry" pour Helgoland. La preuve : Sur l'île un silex rouge rare se trouve. Les marchands du Néolithique l'ont échangés en Hollande où il a été retrouvé dans des couches préhistoriques... 

Il y a quelques années, tout ceci semblaient tout à fait impensable... (et les dogmes de la science, même sans preuves, sont tenaces...). Au mot «commerce», la plupart des experts se prenaient la tête. Quand les enfants jouant à Dohnsen dans le Lüneburger Heide (Allemagne) ont trouvé une coupe en bronze Mycénienne, l'artefact s'était "évidemment" retrouvé là récemment, dans les temps modernes. Le crâne d'un moine berbère, découvert lors de fouilles dans l'ancien sanctuaire irlandais d'Emain Macha, était tout simplement muet...

Même les chercheurs du Schleswiger, les adversaires de Duerr, étaient jusque-là strictement du côté des sceptiques. Ils ne voulaient même pas accepter la présence des Romains dans le Watt. " Dans les années quatre-vingt, quand Föhr a trouvé beaucoup d'argent romain, nous avons d'abord pensé qu'un collectionneur étudiant avait perdu sa collection de pièces de monnaie ", admet Ingrid Ulbricht, directeur du magazine au Musée provincial Gottorf.

Un mauvais jugement a été malheureusement fait par l'archéologue Silesien en 1996. Un profane leur avait présenté une hache verte brillante en jadéite. " Elle date de l'âge de pierre et a été découverte dans une tombe près de Flensburg ", avait expliqué l'homme. Mais les critiques l'avaient vu différemment: " C'est un souvenir des mers du Sud ". Seul le préhistorien Lutz Classen a pu le prouver maintenant: Le Prunkwaffe (arme brillante) est très préhistorique. Le Jade rare vient d'une mine dans les Alpes ligures et a été transporté sur de longues distances jusqu'à la mer Baltique il y a plus de 5000 ans.

Tout cela signifie donc que : l'Europe avait déjà été ruinée par des routes commerciales. Il y avait des chemins de planches à travers les landes, avec de la navigation côtière et un réseau de rivières. Avec cette perspicacité, les chercheurs commencent seulement à prendre au sérieux ce que les sources grecques de la fiction et des mythes ont toujours dit confusément (Homère par exemple). Elles rapportent des voyages des «hyperboréens» (traduit par: "ceux qui vivent au-delà du vent du nord") où le soleil ne descend pas pendant l'été. Les pays du Sud étaient particulièrement populaires pour les mines d'étain de Cornouailles. Des centaines de mineurs ont rapporté le minerai noir des puits profonds. Sur la Méditerranée, ce métal était constamment rare - il n'y avait pas de dépôts fertiles. Seuls ceux qui possédaient de l'étain pouvaient le mélanger au cuivre et produire du bronze: le matériau pour les armes les plus dures.

Mais l'ambre a aussi attiré. «Les larmes des dieux», comme les Grecs appelaient la résine antique, qui se charge électrostatiquement avec son frottement et sent dans le feu. De Mycènes à l'Égypte, de beaux colliers de femmes du monde avec l'ambre jaune. Tous ces bijoux provenaient du nord. Sur Sylt, Föhr et Amrum, de riches princes ont vécu à l'âge du bronze, dont les sujets ont recherché la résine originale sur la plage. «La côte ouest semble avoir été une sorte de monopole dans ce commerce», dit en premier l'historien Albert Bantelmann.

Des centaines de tombes subsistent encore sur les îles de la Frise du Nord, ce qui témoigne de la prospérité des anciens chefs marchants. Ils pouvaient être enterrés dans des cercueils d'arbres ou de bois, et ils ont pris des poignards, des pompons et mamelons pour combattre dans l'au-delà. Les marchands remontaient habituellement l'Elbe en canot. Ainsi ils avancèrent, en partie à pied, loin dans l'intérieur, atteignant la Vltava (Moldau) et les contreforts des Alpes. Le plus beau collier d'ambre préhistorique a été découvert en 1996 au site de l'usine d'Audi à Ingolstadt. Il se compose de plus de 2700 perles.

Mais comment s'est déroulée la route transcontinentale, le Grand Tour vers Mycènes et la terre des pyramides ? L'ethnologue Duerr suspecte un «commerce international ibérique-nord-ouest européen par la mer».

Mais c'est probablement trop. Mis à part quelques planches pourries et des images des roches pâles de Scandinavie, les navires montrés, rien n'est conservé de la vieille marine nordique. Après tout, dans North Ferriby (Angleterre) on a découvert des troncs de chêne, donnant une idée des bateaux de l'âge du bronze. Le plus grand mesure 13,2 mètres de long, 1,7 mètres de large et offre 18 espaces de rameurs. Il avait des planches, qui n'ont pas été cloutées, mais ont seulement été croisées et assemblées avec soin. Le bitume a servi de scellant (on a aussi trouvé un bateau de 4000 ans et des traces de bitume pour imperméabiliser et coller les planches). Un autre type de bateau, appelé le "Curragh", semblait moins digne de confiance. Il avait seulement un squelette (en bois) qui était recouvert de fourrure animale. Il fallait retirer de l'eau tout le temps (écoper). Il est peu probable que les navigateurs frisons et leur ambre voyagaient plus de 5000 kilomètres vers la Crète avec de tels véhicules.

Mais même les hautes cultures du Sud auraient eu un grand besoin d'un voyage direct à la mystérieuse île de l'ambre "Abalus" de Pytheas (qui était probablement l'île de Heligoland). Ils avaient de grands navires avec des voiles et pouvaient naviguer avec l'aide des étoiles. Mais avant Gibraltar, un mauvais vent de face souffle souvent. En outre, si vous voulez quitter la Méditerranée, vous devez surmonter un contre-courant rapide sur plus de cinq heures. C'est encore un peu nerveux sur la côte ibérique. Puis suit le golfe de Gascogne - des centaines de kilomètres d'horreur sans baie protectrice. Ce n'est qu'après des semaines que les bateliers entraient dans la Manche pour charger enfin les barres d'étain convoitées.

Et pourtant: les Américains de la Méditerranée ont clairement osé la visite. Il est certain que vers environ 1100 av. J.-C., les Phéniciens fondèrent l'avant-poste Gadir (Cádiz) vers l'Atlantique. Homer loue ce peuple comme «héros de la navigation» et qui avait apporté l'ambre convoité aux Grecs.

Ce qui s'est passé au-delà de Gadir est cependant dans l'obscurité. Les Phéniciens gardaient leurs routes commerciales comme un secret d'Etat. Peut-être qu'ils n'ont pas pris la route du nord eux-mêmes, mais ont organisé un commerce maritime de tribu à tribu le long des côtes...

Mais les rivières ont aussi été utilisées. Les Grecs, qui fondèrent Marseille vers 600 av. J.-C., poussèrent généralement sur le Rhône et la Saône. Puis une montagne bloqua le voyage. Ils montèrent donc à pied à travers la chaîne de montagnes et arrivèrent sur les bords de la Seine. La tribu vivant là, selon l'hypothèse, était évidemment soudoyée avec des présents. Le fameux tombeau de la «Princesse de Vix», situé dans la région, était rempli de la plus belle céramique grecque et d'un pot de mélange de Sparte de 1,64 m de haut. Les Grecs devinrent populaires parmi les étrangers avec de tels cadeaux. Il est probable que les indigènes celtes et leurs canots ont ensuite pris à leur compte la deuxième partie de la route commerciale et traversé la Seine jusque dans la Manche.

De cette façon, l'étain et l'ambre brillant de la Mer du Nord et de la Baltique entraient toujours dans les pelotons de tête commerciaux qui ont mené à l'Orient. La nouvelle image du trafic interurbain animé à travers la vieille Europe s'accorde bien avec les pièces et artefacts de l'ethnologue Duerr. Il existe de nombreux indices selon lesquels «les princes Bernstein (de l'ambre)» habitaient autrefois la mer du Nord. Il aurait pu y avoir une connexion du marais au désert. Cependant, rien n'a encore été prouvé. Parce qu'il n'est pas autorisé à creuser pour le jury formel, l'ethnologue garde ses tessons dans une cachette. Il refuse de se rendre au Landamt opposé à son avis. « C'est une tragédie, dit Albert Panten, un historien de Niebüll, tout le monde se bloque ». Il a donc encouragé une commission indépendante, qui doit maintenant examiner tous les débris intarissables. « Il doit se passer quelque chose », dit Panten, " peut-être qu'il y a une sensation derrière les morceaux brisés découverts ".  d'après un article de MATTHIAS SCHULZ (2006) pour Spiegel, de Yves Herbo (2016), et extraits de Hans Peter Duerr: "Rungholt - The Search for a Sunken City". Island Publishing House, Frankfurt am Main; 764 pages.

 

Rungholt fouilles

Les archéologues, depuis des années, fouillent les vases dès que les eaux sont assez bases et découvrent sans arrêt des objets, poteries, ustensiles divers et décorations de maisons. (extrait du documentaire ci-dessous)

Rungholt vueavion

Vue d'avion, des fondations importantes apparaissent... (extrait du documentaire ci-dessous)

Rungholt vueavion2

Les marées dégagent provisoirement les sables et boues, découvrant des empreintes nettement artificielles de cette "Atlantis du Nord"... (extrait du documentaire ci-dessous)

Artefacts rungholt allemagne j mullerchen

Des artefacts remontés par les filets jetés dans la mer des Watten (ou Wadden en néerlandais)...

Rungholt artefact

 

Musée de Rungholt : des artefacts trouvés sur place et leurs probables provenances placées sur une carte.

Rungholt allemagne

Musée de Rungholt : une photo satellite de l'endroit

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Baltique : la cité perdue de Vineta

Baltique : la cité perdue de Vineta

 

Vineta karte abraham ortelius 02

J'ai déjà parlé de cette légende intéressante rattachée à la Mer Baltique, lors des articles et Page consacrés aux Anomalies (http://www.sciences-fictions-histoires.com/pages/ecrits/les-anomalies-de-la-mer-baltique.html) découvertes par une équipe de plongeurs suédois, qui sont situées effectivement au Nord-Ouest, vers l'antique pays de Misiko, c'est-à-dire vers l'endroit où a été située il y a très longtemps la légendaire cité de Vineta, engloutie selon le mythe dans la Mer Baltique... :

 

 
Oera linda amsterdam peo platon
 
 

Baltique et Atlantide l'Oera Linda Boek :

" La mémoire néerlandaise semble avoir gardé un souvenir très précis du déluge et de l'engloutissement de l'Atlantide. Le plan d'Amsterdam reproduit fidèlement celui de Poséidopolis, capitale atlante.

"Quand on avait traversé les trois ports extérieurs, on trouvait un mur circulaire commençant à la mer et partout distant de cinquante stades de la plus grande enceinte et de son port. Ce mur venait fermer au même point l'entrée du canal du côté de la mer." (Platon, Le Timée)

ll est vrai que la Hollande des polders pourrait bien connaître un jour le sort de l'Atlantide : disparaître elle aussi sous les eaux. Mais il y a un lien plus troublant encore entre les deux pays. Un mystérieux livre hollandais, l'Oera Linda Boek, donne une description détaillée, confondante, des différents épisodes d'un bouleversement planétaire daté de - 2193 avant JC.  Avant d'étudier de près son authenticité avec l'aide d'un spécialiste, plongeons-nous dans l'ouvrage en question.

" Ceci est écrit sur tous les bourgs : Avant que vienne le mauvais temps, notre terre était la plus belle du monde entier, le Soleil se levait haut et il n'y avait que rarement de la gelée. Les arbres et les buissons produisaient des fruits variés, qui maintenant sont perdus. Dans les champs, nous n'avions pas seulement de l'orge et du malt, mais aussi du blé qui brillait comme de l'or cuit aux rayons du soleil. Les années n'étaient pas comptées puisqu'elles étaient plus belles les unes que les autres. " (Pierre de Châtillon, Bouleversements climatiques)

" Avant la catastrophe, le soleil se levait haut et la gelée était rare. Le climat a donc changé brusquement. La bonne terre à blé, située sous des cieux tempérés, s'est retrouvée dans le grand nord. Le même épisode a gelé vif des milliers de mammifères en Sibérie et en Alaska. On pourrait attribuer ce froid soudain à un changement de place des pôles, soit par une bascule du globe terrestre, soit un glissement de l'écorce terrestre sur la couche de magma visqueux ". (Immanuel Velikowsky, Les grands bouleversements climatiques)

 

Oera linda hollande 200po

 

Le résultat, en tout cas, est le même pour les terres qui se retrouvent près du pôle : la faune et la flore se trouvent soudain inadaptées. Le climat devient rude, le soleil reste bas sur l'horizon. " Comment débuta le mauvais temps : durant tout l'été, le soleil demeura caché derrière les nuages, comme s'il n'osait regarder la Terre. C'était le calme perpétuel et le brouillard mouillait les poumons comme une voile exposée sur une maison des marais. L'air était lourd et oppressant et le coeur des hommes était inquiet. Au milieu de ce calme, la Terre se mit à trembler comme si elle était mourante. "

Pourquoi le soleil reste caché avant la catastrophe ? Pourquoi cette humidité inhabituelle et ce climat oppressant ? On a souvent remarqué, à l'approche d'un séisme, un comportement singulier chez les animaux, comme s'ils savaient déjà qu'un mauvais coup se prépare. La vie sauvage a des antennes pour percevoir le danger avant qu'il n'arrive, c'est une des clés de la survie des espèces.

Dans cette version, aucun dieu ne prévient les hommes de bâtir une arche. A la place, il y a ce triste pressentiment dans le coeur des hommes. " Les montagnes s'ouvrirent pour vomir feu et flammes. Certaines ont même coulé dans le coeur de la Terre, alors qu'ailleurs des montagnes sont sorties de la plaine ". " Aldland, appelée Atland par les navigateurs, disparut dans les vagues sauvages qui se levèrent tellement haut sur les côtes que tout disparut sous la mer. Plusieurs personnes furent avalées par la Terre et les autres qui échappèrent au feu périrent par la mer ".

Jolie précision sur Atland, dans laquelle chacun aura reconnu l'Atlantide. Notons au passage que le Boek nous donne une étymologie originale de l'Atlantide. Selon Platon, ce nom vient d'Atlas, le Titan qui donna aussi son nom à l'océan où se trouvait son île-continent. Mais selon le Boek, l'Atlantide viendrait du nordique Aldland, la vieille terre, la terre ancienne. Tous ces détails troublants donnent le tournis.

Pur bonheur pour le chercheur que de découvrir ainsi une autre source que Platon pour attester de l'existence de l'Atlantide ! Et de son engloutissement... Cette précieuse source nous confirme aussi la force et la hauteur de la Vague du déluge, qui n'a pas épargné grand-chose, comme on va le voir. On note enfin le caractère meurtrier de la catastrophe, attribuée à trois causes concurrentes,  des séismes, de gigantesques incendies et une submersion quasi-totale.

" C'est aussi sur la terre de Findaet au Twiskland que la Terre vomit le feu. Toutes les forêts brûlèrent les unes après les autres et quand le vent souffla vers nos terres, elles furent couvertes de cendres. Les rivières changèrent leur course et dans leur embouchure se formèrent de nouvelles îles de sable. Cela se poursuivit durant trois ans, puis finit par cesser et les forêts redevinrent visibles. Les rivages étaient méconnaissables. Plusieurs pays étaient engloutis ; ailleurs des terres étaient sorties de la mer et la forêt était détruite sur la moitié du Twiskland. Les gens qui restaient sont venus s'installer dans les endroits vides. Nos gens, qui étaient dispersés, furent exterminés ou pris en esclavage. La surveillance était doublement importante pour nous et le temps nous enseigna que l'union fait la force ".  (Pierre de ChâtillonBouleversements climatiques)

 

Mammouthcongel200po

Sibérie, des mammouths congelés en quelques minutes, avec de la végétation non digérée dans l'estomac...

Témoignage incroyable, tellement incroyable même... qu'on n'y croit pas. En tout cas, pas à première vue. La forme du récit est trop moderne, comme l'est aussi le point de vue du narrateur. Si le mythe est authentique, le livre l'est-il ? D'où sort-il, au fait, ce livre étonnant ? Jacques Fermaut a reçu il y a une vingtaine d'années l'Oera Linda Boek envoyé par un ami hollandais. Il n'était alors que peu au courant des controverses suscitées par l'ouvrage et se lance dans son étude avec un a-priori favorable.

" Pour surprenante qu'elle fût, tant par sa langue que par son contenu, l'œuvre m'intéressa tout autant qu'elle me stupéfia ". Il s'agirait en fait d'un manuscrit du 13e siècle, qui s'est transmis soigneusement de père en fils au sein d'une chronique de l'histoire frisonne et plus particulièrement d'une famille hollandaise, celle des Over van Linden, qui se disait jadis Oera Linda. Le manuscrit est écrit dans une langue et dans un graphisme archaïque, réservé aux érudits. Il faut souligner qu'aucun des membres de la famille Over van Linden n'était capable de le lire.

Au terme d'une étude détaillée, Fermaut démonte le texte, traque la syntaxe et conclut ceci: l'OLB présente toutes les apparences d'un texte authentique. Le manuscrit " date les événements à partir de la submersion de l'Altland, survenue, d'après le texte, en 2193 avant Jésus-Christ. L'ouvrage est un fourre-tout de style biblique, mêlant genèse, textes religieux et sapientiaux, codes de lois, récits de périples de hardis navigateurs frisons, paraboles et relations historiques plus ou moins légendaires ". (http://home.nordnet.fr/~jacfermaut/oeralindaboekpres.html)

Un internaute note que la date de -2193 pour la submersion de l'Aldland lui semble vraisemblable, car avec un logiciel d'éphémérides " on remarque qu'il s'est produit cette année-là un alignement des planètes du système solaire, ainsi que de la Lune, des étoiles Aldébaran et Antarès ". On sait combien ces alignements planétaires sont réputés propices aux catastrophes, bien que ces faits d'observations ne soient guère étudiés par nos scientifiques (un alignement supplémentaire avec la fameuse 9ème planète (ou planète X) récemment soupçonnée exister n'est pas à exclure).

 

Deluge gericault

 

L'alignement planétaire de - 2193 aurait eu lieu dans la période du Jol. La période du Jol correspond grosso-modo à l'Avent, à la Saint-Nicolas et à Noël. Est-il possible qu'on ait fixé cette date pour se souvenir de la catastrophe ? La fête de Noël pourrait-elle être une commémoration de ce terrible cataclysme, après avoir été une fête des survivants ? Cette fin du monde au plus noir de l'année, suivie de longs mois de brumes et d'obscurité, justifie tout à fait la célébration des lumières, quand enfin elles reviennent...

Ce qui expliquerait cette bizarre angoisse partagée que la lumière ne revienne pas comme tous les ans. Pourquoi le solstice d'hiver est célébré depuis l'aube des temps ? Parce que les hommes du déluge ont craint que la lumière ne revienne plus. Les Celtes, comme tous les peuples antiques adeptes de la Vieille religion célèbraient le solstice au retour la lumière. Bien plus tard, les Chrétiens y ont rajouté la naissance de Jésus, dont la date de naissance réelle est inconnue. " Les fêtes " aujourd'hui sont surtout l'affaire des commerçants...

D'après Jacques Fermaut, " l'Oera Linda Boek repose très certainement sur une tradition vraie, d'une vénérable antiquité ". Le Saint-Suaire de Turin a-t-il pu être contrefait par un artiste et chimiste de génie ? De même, l'Oera Linda Boek pourrait-il être une contrefaçon ?  En ce cas,  elle est astucieuse et très bien faite. Ainsi, par exemple, la date de -2193 n'était pas donnée en clair dans le texte, elle a été déduite, ou plutôt calculée par des experts. Il y a ici tous les ingrédients d'un mystère digne de celui de l'arche perdue.

A moins qu'il ne s'agisse que d'une fable de plus ? "

http://eden-saga.com/fr/deluge-livre-hollandais-famille-over-de-linden-oera-linda-boek.html - extraits

" Certes, la date précitée était de nature à susciter la méfiance, la submersion de l’Atlantide se situant au XIIIe siècle avant Jésus-Christ d’après Jürgen Spanuth (L’Atlantide retrouvée ? Plon, 1954) tout comme L’invasion de la Méditerranée par les Peuples de l’Océan (ouvrage de Jean-Jacques Prado, L’Harmattan, 1992) qui en fut la conséquence. Mais, il semblait improbable que nos plats pays à fleur de mer n’eussent subi que cette seule catastrophe, d’autant que le Dr Ottema (1877) situait à cette époque une transgression cimbrienne ".

http://home.nordnet.fr/~jacfermaut/oeralindaboekpres.html - citations

Voir aussi cette étude récente très sérieuse sur ce manuscrit : http://fryskednis.blogspot.fr/2016/02/friesland-frisians-and-frisian-language.html

Vineta

" Vineta ou Wineta (parfois considérée comme ne faisant qu'une avec Jomsborg) est une ville légendaire qui se serait située sur la côte de la mer Baltique. On a cherché à la localiser à Wolin en Pologne ou à Zinnowitz sur l'île d'Usedom en Allemagne, puis près de Barth dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.

Vinetakarte

Les endroits au bord de la Baltique où Vineta a été cherchée, en vain...

 

La première mention écrite de la cité remonte aux alentours de 965 et est due au voyageur arabe Ibrahim ibn Ya'qub, émissaire du Calife de Cordoue : il parle d'un grand port « à douze portes » dans le nord-ouest du pays de Misiko (Pologne), dont les armées seraient supérieures à celles de « tous les peuples du Nord ». Une transcription possible de ses écrits pourrait être Weltaba, ce qui correspond au mot polonais moderne "Wełtawa" signifiant à peu près une place parmi les vagues.

vers 1075/80, l'évêque Adam de Brême écrivit à propos d'un emporium sur une île de l'estuaire de l'Oder, à l'est de son diocèse, où des Slaves, des Barbares et des Grecs étaient censés vivre et où des marchands saxons restaient pour le commerce. Harald Bluetooth avait une fois trouvé refuge là-bas. La plus ancienne écriture manuscrite conservée de ce manuscrit (11ème siècle) comprend une orthographe en Vimne ou Uimne, la deuxième plus ancienne écriture préservée (qui date d'environ 1200) parle d'une cité Uimne et Iumne ou Jumne (il n'y a aucune distinction entre les v et u ou i et j dans le script Latin de cette époque). Les copies les plus récentes du manuscrit utilisent principalement Jumne, dans une copie moderne tardive, le nom est orthographié Julinum et Juminem.

Entre 1140 et 1159, trois vitae d'Otto de Bamberg ont été écrits, utilisant le nom de Julin pour un lieu médiéval situé à l'emplacement de la ville moderne de Wolin (Pologne).

Entre 1163/1168, Helmold de Bosau a recopié presque mot à mot les phrases respectives écrites par Adam de Brême. La plus ancienne écriture préservée de la chronique de Helmold (vers environ 1300) a le lieu qui est orthographié en Uineta, corrigé par le copiste en Iuḿta (abréviation de iumenta ou iumneta). Les copies les plus récentes utilisent Jumneta dans le texte, mais dans l'en-tête du chapitre respectif, toutes les copies utilisent Vinneta.

Vers 1170, la saga nordique de Knytlinga rapporta un siège de "Jomsborg" par le roi dano-norvégien Magnus (1043) et une campagne contre ce lieu par le roi danois Valdemar I (1170).
Vers 1190, Saxo Grammaticus a rapporté la même campagne (de 1170) et aussi le séjour antérieur de Harald Bluetooth là-bas, mais a appelé la place Julin [um].

Au XIe et au XIIe siècle, des marchands parlent de la cité comme de l'une des plus puissantes de la Mer Baltique. L'évêque Adam de Brême écrit qu'elle est l'une des plus grandes villes d'Europe.

En 1170, une flotte danoise aurait détruit Vineta pendant la croisade de christianisation des Wendes.

Selon une légende, Vineta fut engloutie au cours d'une tempête en raison des péchés de ses habitants, ceci ayant été annoncé par des présages. Elle pourrait avoir disparu en fait en raison de la modification du cours des bras du delta de l'Oder.

Vineta karte abraham ortelius 02 

la Carte de Abraham Ortelius (1527-1598) montrant une localisation de Vineta (1584).

Dans Europica Varietas (Kassa, 1620), le voyageur hongrois Márton Szepsi Csombor affirme que Vineta a été détruite par la foudre de Dieu, comme sa voisine Julinum, et engloutie par la mer. On pourrait voir ses bâtiments sous l'eau par temps clair.

Dans les années 1840, Timofeï Granovski considère que Vineta n'est qu'une légende médiévale. Il n'y a pas de preuve scientifique de son existence connue à ce jour ". (Mais on pensait la même chose pour Troie ou Rungholt par exemple... avant leur réelle découverte).

Vineta gravurebois1881

Une gravure sur bois montrant Vineta (illustration d'un poème - 1881)

 

On sait que la vase a été fouillée pendant 100 ans vers Swinoujscie, Peenemünde et Wollin. Après la dernière guerre mondiale, les fouilles ont été arrêtées : la côte de Poméranie était une zone tabou, usurpée par l'armée populaire nationale pendant la guerre froide... En 1998, un chercheur publie un livre et affirme que Vineta se trouvait entre Hiddensee et l'île de Rügen, un quatrième endroit non fouillé, d'anciennes terres ensablées et noyées. Il s'agit de Klaus Goldmann, qui est tout de même à l'époque conservateur principal au Musée de préhistoire et de la protohistoire à Berlin. Il a publié par la suite un livre de sa théorie, basée il est vrai sur de vrais artefacts trouvés tout autour de la région de Barth. D'innombrables fers de lance, de la poterie, fusaux et carreaux d'arbalètes, des brides argentées de chevaux et des os d'animaux abattus ont été trouvés dans la région. Personne ne savait qui a trouvé la ferraille du site... 

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Localisation de Vineta d'après Goldmann (1999)

Tout à coup, une explication fascinante s'offrait. " Les découvertes dispersées pourraient provenir de la banlieue de Vineta ", explique Friedrich Lüth de l'Office d'Etat pour la gestion du patrimoine à Schwerin, " Goldmann nous a amené sur une piste importante ". Mais où se trouvait l'endroit de la ville ? Au large, des pêcheurs signalèrent une structure en bois en bordure de Barth. On n'en rapporta qu'un piège à poissons...

Mais les archéologues ne se découragèrent pas et on découvrit d'étonnantes choses sur les bords de la Baltique : des céramiques et monnaies de la Perse, de l'Arménie et même de Bagdad ont été découvertes. Les pelles sont tombées sur des restes de digues et de grands domaines antiques... Des comptoirs commerciaux existent par exemple au 8ème siècle à Ralswiek (Rügen) et Reric (Wismar Bay), y amenant de fiers drakkars vikings comme des voiliers des différentes colonies baltes de l'ancienne russie, ou même de Kiev, mais aussi, via les fleuves comme le Dniepr, des épiciers orientaux de la lointaine Constantinople. Les écrits arabes parlent déjà des Slaves comme étant un peuple ayant dominé l'amélioration de la terre, transformant des marécages et des zones inondées en terre agricoles luxuriantes. Des barrages et déversoirs ont dompté l'Oder rageux, des champs de maïs et de blé ont surgi...

Qu'était Vineta au coeur de cette zone turbulante de commerçants ? Des sources signalent que dans la ville, des Saxes et des Slaves, et des "Grecs et barbares" co-existaient - une image iconique multiples avec un mélange des églises orthodoxes et une croyance qui était aussi orientée vers l'Église d'Orient. Goldmann estime le nombre de résidents à environ 20000-30000 : " Aucune ville européenne à cette époque n'était plus grande ".

Un telle " boomtown ", située juste à la frontière de l'Empire romain germanique, doit avoir été une horreur pour les princes allemands. Faisant glisser leurs impôts à travers leurs doigts. Le christianisme a éclaté en camps hostiles - Par le Grand Schisme de 1054, la situation a empiré. Rome était alors sur une ligne dure : Le Ostler orthodoxe étaient les nations qu'ils devaient tuer. La tension a éclaté évidemment en un terrible carnage. Goldmann suppose que Vineta a été attaquée à plusieurs reprises vers les 11ème et 12ème siècles, par des mercenaires et des croisés. Helmold a rapporté que des attaquants danois avaient détruit les digues et les barrages dans la région de la baltique et Vineta a été inondée de cette façon...

Que ce scénario soit vrai, doit maintenant être déterminé par les archéologues. De nouvelles recherches ont été annoncées. La société nautique Nord veut faire des scans de Barth Bodden avec deux sonars. " Si là-bas il y a des portes et des palais en bois ", dit le directeur général Roland Atzler, " nous allons les trouver "... (...).

Un article de MATTHIAS SCHULZ dans Der Spiegel (1999) - extraits traduits par Yves Herbo.  =

Spiegel 1999 38 14799667spiegel-1999-38-14799667.pdf (330.26 Ko)

 

Vinetakarte2

 

Il faut aussi noter que Heinrich Heine et Ferdinand Freiligrath ont écrit des poèmes sur la ville mythique. Johannes Brahms a mis en musique sa chute...

Ref. : Schmidt, Roderich: Das historische Pommern. Personen, Orte, Ereignisse (Veröffentlichungen der Historischen Kommission für Pommern, Reihe V, Forschungen Bd. 41), Köln / Weimar 2007, S. 70-72.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vineta

http://en.wikipedia.org/wiki/Vineta

http://evols.library.manoa.hawaii.edu/bitstream/handle/10524/32129/41-Volume3.pdf?sequence=1

https://toniglenn.wordpress.com/tag/vineta-karte/

Klaus Goldmann, Günter Wermusch: "Vineta". Gustav Lübbe Verlag, Bergisch Gladbach

 

L'anomalie 2 examinée de près d'après le scan original par Marc-Philippe Evrard en 2012, avec des essais de pyramide ou bâtiment qui correspondent bien sûr aux thèses d'une civilisation mondiale et, de plus, de la possible Vineta, ou Aldland... :

Marc philippe evrard ano2

Marc philippe evrard ano2b

 

Les anomalies découvertes par 90 mètres au fond du Golfe de Botnie de la Mer Baltique (en 2011) pourraient-elles être des vestiges de Vineta ? On a pu voir (entre autres vers la cité engloutie de Rungholt en Allemagne - qui a fini par être découverte, elle, et dont je vais parler prochainement - que des vestiges peuvent être déplacés sur de grandes distances par un tsunami (ou "déluge" qui ne pourrait être qu'un autre mot pour tsunami)... et la cité/port antique ou médiévale a pu être aussi mal située dans les écrits... On sait par exemple de façon certaine que la déglaciation et la fonte des glaciers sur la péninsule scandinave fait que, après un enfoncement et inondations des terres à cause du poids de ces glaces, l'effet inverse a lieu actuellement, le poids des glaces disparaissant à nouveau : des îles englouties réapparaissent d'un côté, alors que de l'autre la montée des eaux (à cause du réchauffement climatique) continue encore, voir s'accélère... tous ces mouvements + des grosses tempêtes et même des tsunamis (séismes) enregistrés expliquent largement la disparition de plusieurs ports et cités en bordure du continent ou sur des îles du Nord européen...

 

Yves Herbo et traductions, Sciences et Fictions et Histoireshttp://herboyves.blogspot.fr/, 03-11-2016