Les rapports de Naar-Loor, l'Observateur-3

Les rapports de Naar-Loor, l'Observateur-3

Naar-Loor, rapport 3, Secteur Sol

« Presque 95 millions d’années après le rapport 2, les conditions orbitales et gravifiques sont optimales. Les grandes planètes se sont éloignées comme prévu pendant que nous faisions en sorte que le satellite d’Uranus ne suive pas le mouvement, et au contraire se stabilise sur une orbite excentrique le menant au bon endroit, au bon moment. Pendant ce temps, les débris balayés par les grandes planètes se retrouvent en partie dans un large anneau commençant au niveau de l'orbite de la petite Pluton, et plus loin encore dans une vaste sphère de milliards de débris rocheux ou gazeux qui entoure tout le système. Une protection minimale contre les objets filant dans l'espace, mais indispensable en ce qui concerne les nuages de poussières. Un agréable cadeau nous attend à proximité de la 3ème planète : elle s’est elle-même dotée de deux petits satellites, qui tournent très vite et assez prêt de l’atmosphère, composée d’une bonne proportion de CO², suite au dégazage des roches et à la précipitation des matières lourdes vers le centre de la planète, créant et alimentant le noyau, puis les manteaux et les croûtes terrestres qui se forment avec le refroidissement.

Agréable cadeau car la planète s’est déjà suffisamment refroidie pour précipiter son surplus de vapeur d’eau d’origine volcanique sous forme de pluies continues, et que ces petits satellites (qui ne survivront pas à l’arrivée de la Lune) ont déjà commencé à créer des mini marées dans l’océan d’eau en train de se créer… Nos sondes sont affirmatives : les acides aminés amenés par les comètes et débris déjà cités ont déjà pu assembler des premières molécules autoreproductrices : ces dernières ne quitteront plus jamais cette terre accueillante. Petite aide du CTC ou hasard relativiste, cette présence des briques de la vie déjà en phase d’interactions chimiques va d’autant accélérer notre but. De plus, la présence des deux petits satellites, créés au voisinage et en même temps que la Terre, va permettre d’éviter un choc (qui aurait ralentit par contre notre processus) direct entre les deux gros corps principaux.

Nos calculs sont très précis et offrent peu de chance au hasard : le moment venu, nos créateurs de puits gravifiques ralentissent la Lune (qui a perdu un tiers de sa masse pendant son voyage glacé, ses rencontres de matières, a à peu près la taille de Mars maintenant) pour qu’elle se fasse « capturer » par l’attraction terrestre. Nous nous arrangeons pour que ce satellite ne frappe pas la Terre, mais la frôle seulement, ce qui suffit à lui arracher suffisamment de matières, issues de la croûte jeune et du premier manteau terrestre qui, avec l’aide de l’impact des deux satellites, eux-mêmes constitués en grande partie des mêmes matériaux que la Terre, va pouvoir très rapidement reconstituer un corps solide (le satellite originel d’Uranus étant disloqué par le choc) de la taille que nous jugeons intéressante pour l’avenir de la planète. La mécanique céleste et l’orbite donnée à cette lune devraient stabiliser la Terre sur son orbite actuelle. Cette lune va d’ailleurs se synchroniser d’elle-même avec le temps pour ne plus présenter qu’une face à la Terre, ce qui facilitera beaucoup nos observations futures. La rotation de la Terre, sur elle-même et autour du Soleil, qui est très rapide à l’heure actuelle, va ralentir et l’inclinaison légère de la planète va créer des saisons, alors que la Lune va brasser avec plus de puissance que les deux petits satellites l’océan d’eau, et pouvoir y accélérer les processus chimiques nécessaires à la vie.

Les premières traces de possibles future vie biologique ont déjà été repérées car nous avons détecté un vaisseau d’origine indéterminée aux abords du Soleil, les premières études semblent montrer qu’il s’agit d’un vaisseau-robot d’une civilisation de scientifiques que nous connaissons. C’est un peu trop tôt à notre avis pour une propagation des coordonnées de Sol, nous avons décidé d’effacer à distance les mémoires du vaisseau-robot et de le renvoyer en perdition d’où il venait

En ce qui concerne notre mission, c’est un succès car nous estimons que les premiers organismes vivants et unicellulaires naîtront d’ici 100 à 200 millions d’années après ce rapport. La Lune va se reconstituer très rapidement, en moins d’une centaine d’années terrestres et va petit à petit s’éloigner de la planète pour alléger son influence gravifique, créatrice de marées puissantes, certes, mais aussi de séismes et perturbations tectoniques, et la pesanteur terrestre. Nous installerons une base sur un astéroïde présent sur la même orbite que la Terre, situé dans l’un de ses points de Lagrange, ainsi que sur la Lune, dès qu'elle sera stabilisée et refroidie. »

(c) Yves Herbo pour le texte (07/2011)

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