Climat : prévisions pessimistes ou réalistes ?

Climat : prévisions pessimistes ou réalistes ?

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Une étude prévoit une montée des eaux tout autour du globe allant de 8 à 23 cm d'ici 2030, par rapport au niveau de 2000. | AFP/RICHARD BOUHET

L'élévation du niveau de la mer due au réchauffement climatique pourrait se révéler deux à trois fois plus importante que prévu au cours de ce siècle, indique une étude publiée vendredi 22 juin par le Conseil national de la recherche américain.

Les experts se sont penchés sur des estimations des Nations unies et les ont mises à jour avec de nouvelles données concernant l'état de la calotte glaciaire, dont la fonte serait responsable de l'accélération de la montée du niveau des océans. Dans leur étude, ils prévoient une montée des eaux tout autour du globe allant de 8 à 23 cm d'ici 2030, par rapport au niveau de 2000, de 18 à 48 cm d'ici 2050, et de 50 cm à 1,40 m d'ici 2100.

Cette dernière estimation est nettement supérieure à celle avancée par le Groupe d'experts des Nations unies sur l'évolution du climat (GIEC) dans leur rapport de 2007. A l'époque, le GIEC avait tablé sur une hausse de 18 à 59 cm d'ici la fin du XXIe siècle.

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La grande digue de Malé (Maldives) construite au début des années 90 pour parer à un raz-de-marée n'est plus assez haute... © collectif Argos

LA CALIFORNIE PARTICULIÈREMENT TOUCHÉE

" Avec la montée du niveau des océans, on s'attend à une multiplication des tempêtes de puissance extrême et de plus longue durée, ainsi qu'à des vagues plus grandes, ce qui accroît le risque d'inondation, d'érosion côtière et de perte de zones marécageuses ", soulignent Robert Dalrymple, président du comité d'experts, et Willard Hackerman, professeur d'ingénierie civile à l'université Johns-Hopkins (Maryland), co-auteurs de cette étude.

La Californie devrait être particulièrement affectée par la montée du niveau de l'océan Pacifique en raison notamment d'une forte érosion. Sur la côte, au sud du cap Mendocino, l'océan devrait ainsi gagner de 42 cm à 1,67 m d'ici 2100.

En revanche, le reste de la côte ouest devrait voir une augmentation moindre, avec un gain prévu entre 10 cm et 1,43 m, indiquent les experts. Dans cette région, qui englobe l'extrême nord de la Californie et les Etats de l'Oregon et de Washington, le sol s'élève sous l'effet de la tectonique des plaques. Mais un séisme de magnitude 8 ou davantage pourrait provoquer une montée soudaine de un mètre voire plus dans cette région, sujette à de fréquents tremblements de terre.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/06/22/la-hausse-du-niveau-de-la-mer-devrait-etre-bien-plus-importante-que-prevu_1723512_3244.html#xtor=RSS-3208

patagonie-rechauffement-climatique-une-verite-qui-derange.jpg En Patagonie (Argentine), le même glacier photographié en 1928 (en haut) et de nos jours (2009).© Greenpeace/Paramount Classics/UIP

Les émissions CO2 de la Chine suggèrent un changement climatique plus rapide que prévu

Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) de la Chine pourraient être 20% supérieures à ce que l’on pensait précédemment, d’après ce qu’indique une nouvelle analyse de données chinoises publiée dimanche, et qui suggère que le rythme du changement climatique mondial pourrait être encore plus rapide que ce qui prévu actuellement.

La Chine a déjà dépassé les Etats-Unis pour devenir le principal émetteur de gaz à effet de serre au monde, produisant environ un quart des émissions de CO2, qui selon les scientifiques sont en train de réchauffer la planète et de provoquer des phénomènes climatiques plus extrêmes.

Ce sont ces données qui sont utilisées pour modéliser comment le climat de la planète changera, ce qui aide à anticiper l’augmentation du nombre de sécheresses, d’inondations et autres phénomènes climatiques extrêmes.

« Ce qui est triste c’est que les données concernant les émissions et l’énergie de la Chine […] ajouteront une incertitude supplémentaire dans les simulations de modélisation du changement climatique à venir » indiquent les auteurs dans une étude publiée dans le journal Nature Climate Change.

L’équipe de scientifiques de la Chine, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, menée par Dabo Guan de l’Université de Leeds, a étudié deux ensembles de données sur l’énergie provenant du Bureau National de Statistiques de la Chine. Un ensemble de données présentait la consommation d’énergie au niveau national, l’autre au niveau provincial.

Ces données sont une compilation des inventaires d’émissions de CO2 de la Chine et ses 30 provinces pour la période 1997-2010 et montrent une grande différence entre les deux ensembles.

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Une tempête de sable, conséquence de l'érosion liée aux activités humaines, oblige cette habitante de Longbaoshan (Chine) à se protéger le visage. © collectif Argos

« L’article identifie un fossé d’émissions de 1,4 milliards de tonnes en 2010 entre les deux ensembles de données. Cela implique une plus grande incertitude dans les statistiques de la Chine en matière d’énergie » a indiqué Dabo Guan, de l’école de la Terre et de l’Environnement de l’Université de Leeds.

C’est légèrement plus que les émissions annuelles du Japon, l’un des cinq principaux émetteurs d’émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial

Dabo Guan a ajouté que la Chine n’était pas le seul pays à avoir des données incohérentes.

Les scientifiques affirment que le monde se dirige déjà vers un réchauffement de 2°C des températures pour les prochaines décennies du fait de la croissance rapide des émissions liées à la combustion de carburants fossiles et à la déforestation.

Si l’on ajoutait un milliard de tonnes aux simulations informatiques, cela changerait (et accélèrerait) le rythme du réchauffement attendu.

D’après les statistiques nationales chinoises, les émissions de CO2 ont en moyenne augmenté de 7,5% annuellement entre 1997 et 2010 pour passer à 7,69 milliards de tonnes en 2010.

En comparaison, les émissions cumulées de toutes les provinces chinoises ont augmenté de 8,5% en moyenne pour atteindre 9,058 milliards de tonnes en 2010.

Les émissions américaines totalisaient 6,87 milliards de tonnes en 2010 d’après l’Agence de Protection de l’Environnement des Etats-Unis.

Les scientifiques affirment que les différences en matière de données concernant la consommation et le traitement du charbon au niveau provincial sont le principal facteur de divergence des statistiques.

Les résultats mettent par ailleurs en lumière le défi considérable qui atteint la Chine pour introduire un marché d’échange de permis d’émissions, qui a besoin de mesures précises pour vérifier la consommation d’énergie et la pollution CO02 aux niveaux national et local.

Yang Fuqiang, ancien responsable du gouvernement chinois et conseiller pour le Conseil de défense des Ressources Naturelles à Pékin a déclaré que les provinces avaient l’habitude de sous-estimer leurs émissions de CO2 et leur niveau de consommation d’énergie.

Sous nos latitudes aussi, les glaciers sont en recul. Ici Aletsch, le plus grand glacier des Alpes (2009).

Yves Herbo sur Google+

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