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Pérou : Les pierres d'Ica, historique complet

Pérou : Les pierres d'Ica, historique complet

Icastone 3fingers

Une pierre d'Ica montrant un animal (crapaud ou grenouille, mais les yeux ni les pattes arrières n'y ressemblent pas ?) possédant quatre pattes avec trois doigts

 

Les pierres gravées d'Ica sont classifiées de diverses façons selon les chercheurs et surtout entre ceux qui refusent de remettre en question des faits établis par la science, en oubliant que des choses très établies à une période peuvent être complétées et même annulées par d'autres découvertes (ce qui se produit très régulièrement car la science est composée essentiellement de théories non figées à 100%, souvent incomplètes ou valables temporairement) et ceux qui ont l'esprit plus ouvert et pour lesquels aucune preuve ne peut réellement figer une science ou une connaissance, dans la mesure ou les lois universelles ne sont pas obligatoirement figées dans le temps et peuvent se modifier. Et aussi le fait que toutes les théories ne peuvent imaginer ou prouver qu'une autre réalité (prouvée des années plus tard) ne rentre pas en conflit avec ces mêmes théories prouvées donc temporairement. Le meilleur exemple est le changement presque radical actuel de la position de la science officielle sur la probabilité de l'existence de civilisations extra-terrestres assez nombreuses dans l'univers, mais aussi pour un autre exemple très récent sur l'acceptation récente de la science sur l'étude mesurable de la possibilité de la survie de la conscience après la mort du corps. Et j'en rajoute une couche quand on entend de très sérieux physiciens diplômés théoriser sur la possibilité que notre univers ne soit en fait qu'une énorme simulation informatique (presque un jeu vidéo !) d'un ancienne civilisation extra-terrestre qui recrée ainsi artificiellement son histoire et ses ancêtres (nous !)... et cette théorie est émise par de très sérieux scientifiques qui, en étudiant les collisions de particules (à l'aide de très puissants ordinateurs-machines à calculer), affirment y découvrir des codes et même des "bugs" mathématiques proches de ce qu'on peut voir dans nos propres codes informatiques...

Bon, je ne cautionne pas spécialement une hypothèse ou un "clan" par rapport à un autre, mais je pense au moins que, pour l'Histoire, ces données font partie des choses à conserver, connaître et compiler éventuellement avec d'autres données... car c'est aussi comme ça que la science peut avancer, non seulement par des comparaisons de données diverses, mais aussi justement par le mélange de plusieurs sciences et connaissances - les nôtres étant probablement trop "cloisonnées" ou "spécialisées" pour appréhender finement certaines réalités, qui nous échappent donc... 

Nous allons donc commencer par l'historique de ces découvertes (rapidement car il y a eu des livres entiers déjà sur le sujet !), puis la visualisation de certaines de ces pierres, et nous discuterons de certaines hypothèses et contre-hypothèses avant d'en formuler d'autres, sans fermer la porte à toute idée, car c'est obligatoirement improductif et même obscurantiste en final...

Comme je l'ai dit, un nombre considérable d'auteurs ont écrit sur cette histoire, et les divers historiques ne sont pas tous semblables (surtout selon la tendance affichée de certains auteurs, qu'on ne peut qualifier de très objectifs d'ailleurs, d'un côté comme de l'autre), surtout sur certaines dates ou certains apports ignorés ou effacés selon... Voici la chronologie que j'ai pu établir par comparaisons et vérifications, ceci étant un historique pouvant d'ailleurs être complété ou tronqué car il est impossible de tout lire et tout connaître sur cette longue affaire. Je reste de toute façon ouvert pour ma part pour toute précision étayée (bien sûr) et données supplémentaires, éclaircissements...

L'un des historiques a été établi précédemment par Philip Coppins (http://www.philipcoppens.com/jurassiclibrary.html), qui est un archéologue diplômé (je suis d'accord avec l'affirmation disant qu'un diplôme n'a qu'une valeur provisoire si on considère la réalité de la mémoire humaine, mais la mention est aussi une forme de reconnaissance) et reconnu, je m'en servirai donc, avec des historiques de chercheurs locaux de préférence en comparaison et ajouts de données, mais aussi mes propres recherches...

Pedro simon

Fray Pedro Simon (1574-1628 (assassiné))

 

La première mention des pierres proviendrait d'un prêtre espagnol voyageant dans la région d'Ica vers les années 1610. Le Père Simon (Fray Pedro Simon), missionnaire jésuite (franciscain pour être plus précis), nota son étonnement en voyant certaines pierres gravées. Ce moine très érudit écrira 5 volumes sur l'Histoire de la conquête espagnole de l'Amérique Latine, dès les années 1610 donc, et on a retrouvé des éditions de ces volumes nommés "Noticias Historiales" datés de 1626-1627 en Espagne, puis d'autres rééditions du 19ème siècle. C'est surtout dans les volumes 4 et 5 (où il parle du Pérou) que l'on retrouve des références aux pierres, car il y décrit bien des voyages le long des côtes péruviennes et la mention du peuple de Ocucaje (proche d'Ica, créée en 1563 et nommée d'abord Villa de Valverde), ainsi que la mention de pierres inédites. Il est assez probable que ce moine ait relevé et noté des données transmises par les anciens conquistadors et des prêtres précédents, car il a été principalement affecté à Grenade, en Colombie et au Venezuela.

Noticiashistorialesv01 1565 1627pub

Inédites car il les mentionne (alors que des pierres ou plaques gravées ne sont pas rares au Pérou) en faisant des suppositions. On peut supposer que ce religieux aurait bien connu le haut lieu secret de Ocucaje. En voulant peut-être même l'inventorier en partie, sans en révéler son existence et le sens. Car le zèle pieux extrême pratiqué par les clercs du Moyen Age, dont il avait la réputation, ne pouvait qu'interpoler le message des Prédécesseurs Superieurs visible sur quelques pierres gravées représentant le péché originel, la Nativité, la fuite en Egypte et la Passion de Jésus... Le moine parle en effet (évidemment) de pierres montrant des idoles et des démons, des monstres et le diable visibles sur ces pierres...

(http://lecturapiedrasdeica.blogspot.fr/2009_01_01_archive.html)

(https://archive.org/details/tierrafirmeindias04simbrich)

(https://archive.org/details/tierrafirmeindias05simbrich)

Noticiashistorialesv04 1565

En 1562, des explorateurs espagnols auraient envoyé des pierres en Espagne, pour le Trésor Royal. C'est peut-être l'une de ces pierres du 16ème siècle qui sera montrée au 20ème siècle par la Reine d'Espagne.

 

Le chroniqueur indien, Juan de Santa Cruz Pachacuti Yamqui Salcamayhua, écrivait en 1613 ((ou entre 1620-1630 selon les auteurs) dans son oeuvre Relación de las antigüedades deste Reyno del Piru), que beaucoup de pierres sculptées avaient été trouvées au temps de l'Inca Pachacutec (1438-1478) dans le royaume de Chincha, vers Chimchayunga, des pierres qui ont été appelées "Manco". Chinchayunga était connu comme le bas pays de la côte centrale du Pérou, où se trouve Ica aujourd'hui. En fait, il y a dans son livre un dessin de son interprétation de la cosmologie inca (avec le dieu Viracocha en haut à gauche) sur lequel apparaîtrait possiblement une pierre d'Ica (en haut à droite), mais aussi une sorte de dieu reptile-dinosaurien (à droite), qui était à l'origine une image du Temple du Soleil Qurikancha à Cusco (détruit par les Espagnols). Voir ce dessin ci-dessous :

Santa cruz pachacuti yamqui es

 

Notez bien que, étant donné la période historique et les personnalités de ces deux auteurs, il est difficile d'être certain à 100% qu'ils parlaient bien des galets semblables à ceux encore découverts actuellement dans des couches géologiques anciennes ou des tombes (selon un reportage récent notamment). Mais le prêtre a bien fait la distinction entre des murs gravés et des pierres gravées, et ces dernières l'ont suffisamment troublées pour qu'il parle de démons, d'idolatrerie et de monstres, ce qui est assez logique pour un franciscain de cette époque, alors que le second, un indien de la noblesse inca érudite a été un peu plus précis encore, avec même un dessin qui offre assez peu de doutes sur une correspondance d'avec un galet gravé de la région d'Ica (même si la cité d'Ica est relativement récente historiquement, la région a été habitée par les Paracas, les Nazcas et des tribus indiennes depuis 2800 ans minimum... et on a aussi trouvé des preuves d'activités préhistoriques humaines remontant à -12800 ans au Pérou... les chasseurs-cueilleurs étant nomades, on peut imaginer qu'ils ont visité et campé sur beaucoup d'endroits...

Le père de Javier Cabrera, Dom Pedro, avait neuf ans environ en 1906, quand il accompagna son père à l'extérieur d'Ica et le vit découvrir trois ou quatre pierres dans des tombes. Le grand-père de Javier Cabrera, comme beaucoup d'autres riches péruviens, possédait une vaste collection d'artefacts précolombiens. Les trois ou quatre pierres gravées ont été volées ou perdues longtemps avant la naissance de Javier Cabrera en 1926.

En 1909, l'archéologue Carlos Belli, en collaboration avec certains Huaqueros (pilleurs de huacos) (le fait est attesté par son propre fils), a mené une longue série d'enquêtes dans la vallée de Nazca et Ica River et y fait de nombreuses découvertes, dont des galets gravés. Il les entrepose dans sa propre maison, qui deviendra en 1940 le Museo Arqueológico Carlos Belli, où plusieurs pierres y seront longtemps visibles.

En 1936, des paysans labourant les champs à l'extérieur d'Ica, à Salas, ont découvert une seule pierre. Les autorités ont alors attribué les pierres gravées aux Incas parce que la prépondérance des céramiques, des textiles et des momies était associée aux Incas dans la région de Salas.

En 1941, l'archéologue José Tello (spécialiste de Chavin avec des fouilles entre 1919 et 1940) découvre dans une tombe un vase en pierre montrant un animal étrange gravé dessus.

A partir de 1955, les frères Carlos et Pablo Soldi commencent à collectionner 114 pierres qui seront plus tard données au Musée régional d'Ica.

Soldi stone

L'une des rares photos d'un galet trouvé par les frères Soldi et offerte au musée régional d'Ica (qui ont disparues ?) ce galet gravé n'est pas très semblable à ceux du musée Cabrera - (Crédit A. Veciana)

En 1960, un embaumeur du désert Ocucaje met en garde contre les pierres (dans un article de journal local).

En 1961, le Professeur Alejandro Pezzia, conservateur du Assereto Ica Museum, a écrit les lignes suivantes dans un livre publié en 1968 (Ica y el Perú Precolombino, Tomo I “Arqueología de la provincia de Ica") : " Dans la vallée d'Ica, en 1961, font leur apparition sur le marché un grand nombre de pierres gravées qui se manifestent en tant que nouveaux vestiges artistiques élaborés par les artistes iqueños précolombiens. Il est intéressant de noter que les pierres dont nous avons parlé ont intrigué les archéologues, car elles ont fait leur première apparition en 1960. Elles se trouvent notamment dans les dépôts cachés sous les pentes des collines des haciendas Ocucaje et Callando, dans la vallée de la rivière Ica (à l'entrée de la voie ferrée) ". " Les Pierres, dit Pezzia, avec des motifs anthropomorphes composés de visages humains et d'autres plus compliqués; des exemplaires décorés de motifs ichtyomorphes (poissons), d'autres pierres avec des motifs de serpents dans une technique réaliste. Les autres échantillons correspondent à des représentations classiques de lézards, crapauds, des quadrupèdes, des perroquets, des insectes et de multiples figures. De nombreux modèles sont adaptés à de grandes analogies avec les styles des cultures Paracas, Nasca et Ica Tiwanaku, en particulier les motifs de poissons, de serpents, de perroquets et d'insectes. ". Et Pezzia mentionne cinq collections privées de pierres gravées extraites du désert de Ocucaje, parmi lesquelles celle du Dr Cabrera, avec plus de 1500 exemplaires déjà en 1968...

AlejandroPezzia-1968

Le livre de Alejandro Pezzia montrant le vase découvert en 1941 par l'archéologue José Tello et la description de la découverte d'une tombe contenant une authentique pierre d'Ica... (tombe identifiée comme étant Paracas, 800 Av. JC).

 

Entre la fin des années 1950 et 1961, le Professeur Santiago Agurto Calvo, recteur de l'Université nationale d'ingénierie fait des fouilles dans Ocucaje et dans quelques tombes précolombiennes sont découvertes de nombreuses pierres gravées dont il commence à faire la collecte. Il poursuit ses explorations dans le secteur de Toma Luz de l'hacienda Callando dans la vallée d'Ica. En 1966Santiago Agurto Calvo a publié un article sur sa propre collection personnelle dans le journal El Comercio, intitulé "Les pierres magiques de Ocucaje" (1966), qui détaille un rapport commandé à l'Ecole des Mines de l'Université Nationale d'Ingénierie et produit par Fernando de las Casas et César Sotillo. Ceci dit : “Todas las piedras son andesitas fuertemente carbonizadas, a pesar de que por su coloración y textura externa parecen ser, entre sí, de distinta naturaleza. Las piedras proceden de capas de flujos volcánicos correspondientes a series del mesozoico característico de la zona. La acción del intemperismo ha atacado la superficie de las piedras, cambiando los feldespatos en arcilla, debilitando por tanto su grado de dureza externa y formando una especie de cáscara que rodea la parte interior. La dureza exterior corresponde en promedio al grado 3 de la escala de Mohns, llegando a ser hasta de 4 y medio grados en la parte interna no atacada por el intemperismo. Las piedras pueden ser trabajadas prácticamente con cualquier material duro como huesos, conchas, obsidiana, etc., y, naturalmente, con cualquier instrumento metálico prehispánico” : (traduction par Yves Herbo) : " Toutes les pierres sont en andésite fortement carbonisées, bien que de par leur couleur et leur texture externe, elles paraissent, par comparaison, de nature différente. Les pierres sont des couches de coulées volcaniques correspondant à l'ère Mésozoïque caractéristique de la région. L'action de l'altération (érosion) a attaqué la surface des pierres, changeant les feldspaths en argile, affaiblissant ainsi le degré de dureté externe et formant une sorte de coquille entourant la partie intérieure. La dureté moyenne extérieure correspond au grade 3 de l'échelle de Mohns, devenant jusqu'à 4 degrés et demi à l'intérieur non attaqué par les intempéries. Les pierres peuvent être travaillées pratiquement avec tous les matériaux durs tels que des os, des coquillages, de l'obsidienne, etc., et naturellement avec tout instrument métallique préhispanique. Après plusieurs tentatives infructueuses, c'est le 20 Août de cette année (1966) que j'ai eu la chance de trouver une pierre sculptée dans une tombe du cimetière pré-hispanique appelé Tornaluz à l'Hacienda Cayango, département de Ica. Le cimetière, situé dans un site archéologique fouillé abondamment, avait été récemment découvert et semble être une petite partie d'un grand complexe nécrologique. Le tombeau de référence est au sommet, orientée nord-sud le long de son axe longitudinal. En creusant la tombe ont été trouvés, comme le montre le croquis, des restes humains, des céramiques et dans l'une de celles-ci, une pierre sculptéeLes céramiques trouvées ont la forme, la couleur et la décoration caractéristique de la culture Huari-Tiahuanaco qui a existé dans le département d'Ica, de sorte que l'origine des pièces ne cause pas de doute et qu'on peut estimer leur âge, à environ six cents à neuf cent ans. ". Mais la pierre gravée, non datable, a pu être découverte a cette époque et mise dans la céramique, bien que sans lien avec cette culture, évidemment... " La pierre est un petit rocher aplati, de 5,5 x 4 x 2 cm, d'une texture brune et légèrement rugueuse. D'un côté est un oiseau portant un maïs et avec les ailes déployées en vol. La sculpture a été réalisée par des incisions et des coupes chanfreinées produisant l'impression d'un relief élevé. La conception est solide et sûre, magnifiquement dessinée et fait bon usage de la surface de la pierre. Informé du fait, le directeur du musée de Ica, M. Adolfo Bermudez, et le conservateur de celui-ci, l'archéologue Alejandro Pezzia étaient intéressés profondément par elle, a confirmé le classement des restes trouvés et d'accord avec moi sur la façon la plus commode pour annoncer la découverte. Le 10 Septembre, accompagné du Dr Pezzia, nous avons travaillé toute la journée dans le cimetière de Tomaluz; mais, en dépit du matériel archéologique tianuanaco abondant trouvé, nous n'avons trouvé aucune pierre sculptée. Le lendemain, nous nous sommes dirigés vers la bande du secteur de l'Hacienda Ocucaje, et choisi comme poste de travail le dénommé Cimetière Max Uhle. Là, après avoir excavé plusieurs tombes, on a trouvé dans l'une d'entre elles, dont l'excavation a été témoin le Dr Pezzia, une autre pierre gravéeLe tombeau, situé dans le fond du cimetière, à en juger par la preuve qui a été trouvé en lui, correspond à la culture Paracas qui s'est produite dans OcucajeQuant à la "pierre magique", elle est de forme ronde et oblongue et une texture semi-rugueuse. D'un côté, il est représenté une figure étoilée presque symétrique qui pourrait bien être la stylisation d'une fleur. La sculpture est probablement dessinée avec des incisions d'épaisseur et de profondeur différentes en fonction de la forme. Le design est élégant et précis, avec un raffinement dans certains détails et une bonne utilisation de la face supérieure de la pierre. Selon les éléments de preuves trouvés avec elle, la pierre correspond au Paracas-Ocucaje Caverns et l'âge est estimé entre 1500 et 2300 ansAvec cette constatation, en présence d'un archéologue éminent comme le Dr Pezzia, se ferme un chapitre de l'histoire des pierres magiques de Ocucaje et s'en ouvre un plus prometteur et intéressant ".

" Une question fondamentale, conclut l'article de Santiago Agurto Calvo : vont-elles être fausses, seront-elles authentiques ?, il a monté en moi la chance claire, de passer à d'autres questions aussi excitante que la première, mais plus difficile à répondre. Je suis sûr que les archéologues et les chercheurs du pays donneront une réponse rapide et sûre qui saura satisfaire notre curiosité et enrichir l'histoire et la culture du Pérou... ".

 

Corte pierreicatombe

coupe schématique d'une tombe préhispanique avec une pierre gravée, datation entre 1500 et 2300 ans... (Alejandro Pezzia - JJbenitez.com)

En 1965Hermann Busse de la Guerra, l'un des plus grands historiens péruviens, publie "Introduction au Pérou", où il se référe aux pierres d'Ica qu'il a examiné dans la collection Soldi, y compris au musée national d'Ica où certaines ont été exposées plusieurs décennies. Il rapporta aussi des propos des frères Soldi, qui affirmaient que les pierres qu'ils avaient trouvé au début des années 60 étaient souvent couvertes d'une couche de salpêtre, ce qui indiquait qu'elles avaient une certaine ancienneté... Dans son livre, il écrit aussi nettement que, quelques années plus tôt en 1961, une crue de la rivière Ica avait mis en évidence de nombreuses pierres précolombiennes que les paysans avaient récupéré et vendu.

Une étude fut réalisée en 1966 par deux ingénieurs, Fernando de las Casas et Cesar Sotillo, sur des pierres que Santiago Agurto Calvo avait acheté à des huaqueros en 1962. L'étude conclut que les pierres étaient d'une dureté faible permettant de les travailler avec n'importe quel outil rudimentaire en os, en obsidienne ou en métal... ce qui pouvait en faire des artefacts précolombiens, mais n'excluait pas pour autant l'hypothèse d'un canular (dans ce cas monté déjà au tout début des années 1960 par des huaqueros ?).

En 1966, une pierre gravée est offerte au médecin péruvien Javier Cabrera Darquea (descendant d'un des fondateurs de Ica), pour son 42e anniversaire par son ami, le photographe Felix Llosa Romero. Cabrera affirmera par la suite y avoir reconnu le dessin d'un poisson éteint depuis des millions d'années. 

Jusqu'ici, et selon l'avis de nombreux chercheurs, y compris des sceptiques et détracteurs, les galets gravés d'Ica sont considérés comme authentiques : ils montrent des scènes classiques des civilisations de Paracas et de Nazca, des fleurs, des animaux connus, des gravures géométriques, des déités et cultes classiques, peut-être même des descriptions de procédures médicales (il est avéré que les Nazcas pratiquaient une chirurgie élaborée, y compris des trépanations et une momification poussée des défeints). Les témoignages des archéologues et chercheurs cités au-dessus sont assez clairs à ce sujet. Les choses se gâtent quand Mr Cabrera, peut-être obsédé par cette image de "poisson préhistorique", commence à vouloir réunir le plus possible de nouvelles pierres... incitant peut-être sans le vouloir au début les huaqueros et les paysans locaux à vouloir lui faire plaisir... avec rétribution... On suppose ici que Mr Cabrera était amateur éclairé ou passionné sur la préhistoire (car comment aurait-il reconnu un poisson préhistorique sur la première pierre qu'il ait vu (ou revue si on suit le fait que son père en possédait auparavant) sinon ?) mais il semble établi qu'il est apparemment le seul au début à récupérer et collecter des pierres comportant des dessins de dinosaures (de diverses périodes et ères préhistoriques, n'ayant jamais "cohabitées ensembles", pas plus qu'avec l'être humain à priori... si il s'agit bien d'êtres humains bien sûr !)...

Description des pierres d'Ica : elles sont en andésite, une roche volcanique abondante dans la région d'Ica, qui a été analysée comme datant du Mésosoique (Le Mésozoïque est une ère géologique qui s'étend de -251 millions d'années à -65,5 millions d'années, donc sur une période de 185,5 millions d'années, et appelée anciennement Ère secondaire (ou Ère des Reptiles car c'est l'ère où apparaissent la majorité des espèces de dinosaures et des premiers mammifères)). Elles sont le plus souvent noires, mais peuvent prendre d'autres teintes (gris, jaune ou rose). Leur taille est également très variable, du galet de 20 g pour les plus petites au rocher de 500 kg pour les plus grosses. La grande majorité des pierres sont cependant de gros galets de quelques kg. Les pierres d'Ica sont le plus souvent gravées, parfois sculptées en bas-relief, dans le style des cultures précolombiennes pré-incas (Nazca, Paracas, Tiahuanaco...) et incas. Certaines pierres sont très frustres, tandis que d'autres présentent des compositions artistiques plus riches et détaillées
Elles dépeignent une grande variété de scènes, parmi lesquelles on peut ainsi observer :

- des animaux courants divers et des plantes locales ;

- des scènes de la vie courante, des cérémonies religieuses ;

- des scènes sexuelles : masturbation, homosexualité, bestialité...

Ces trois premiers types se rencontrant sur d'autres supports connus et archivés par les scientifiques (murs, poteries...), ces pierres ont été considérées comme authentiques lors de leur découvertes et semblent communes (et de peu de valeur étant donné leur nombre)...

- des technologies futuristes : des astronomes utilisant des télescopes, des chirurgiens réalisant des opérations complexes (transplantations d'organes, césariennes, opération à coeur ouvert, trépanations, études d'embryons humains ou animaux), des machines volantes... (interprétations parfois non évidentes, même si on a su et prouvé par la suite qu'en effet, les Nazca et les Incas ensuite, ont pratiqué des trépanations et possédaient des instruments chirurgicaux sophistiqués pour leur période...).

- des paysages étranges ou des cartes montrant des continents inconnus, dans lesquels certains (comme Javier Cabrera) ont reconnu d'autres planètes ou des continents perdus comme l'Atlantide et Mu ; (interprétations souvent non évidentes).

- des cartes du ciel montrant des étoiles et des astres divers ; (les connaissances et pratiques astronomiques d'une élite précolombienne sont attestées).

- des monstres imaginaires (dragons, chimères, sirènes...) ou des dinosaures ; (interprétations souvent non évidentes).

- des populations précolombiennes combattant des dinosaures et des monstres divers, ou les utilisant comme monture (interprétations souvent non évidentes).

On estime à entre environ 50000 à 60000 le nombre de pierres d'Ica présentes dans divers musées et collections (20000 dans le musée de Cabrera en final), sans compter les milliers d'autres probablement entreposées chez des particuliers locaux et dans le monde entier...

Dès 1966 donc, Javier Cabrera se procura dans un premier temps 341 nouvelles pierres d'Ica en les achetant aux frères Soldi pour la faible somme de 7000 soles péruviennes car ces collectionneurs n'arrivaient pas, de toute façon, à les revendre ou à intéresser des archéologues sur ces galets (moins de 40 euros). Puis Cabrera en acheta plusieurs milliers d'autres à des paysans de la région d'Ica, notamment à Basílio Uschuya et Irma Gutierrez de Aparcana

Entre la fin des années 1960 et les années 1980, Javier Cabrera Darquea a augmenté sa collection de plus de 11000 pièces. Les pierres d'Ica furent exposées dans un premier temps dans la Maison de la Culture d'Ica. Puis dès 1968, craignant que les pierres ne soient soustraites à la vue du public comme celles du Muséum Régional d'Ica, Javier Cabrera Darquea déplaça sa collection dans sa propre maison qu'il reconvertit en un musée consacré exclusivement aux pierres d'Ica. Cabrera contacta également des spécialistes de l'histoire précolombienne pour leur demander d'examiner les pierres d'Ica, et il attira l'attention de la presse sur leur existence dès 1967...

Cabrera mac laine daniken

Dr. Cabrera avec l'actrice américaine Shirley MacLaine (à gauche) et avec Erich von Däniken (à droite) - (Crédit photo piedrasdeica.es)

 

Suite à la parution du best-seller d'Erich von Däniken Présence des extraterrestres (plus connu sous son nom anglais : Chariots of the Gods ?) en 1968, de nombreux auteurs partisans de la théorie des anciens astronautes rédigèrent des livres sur l'existence d'un ancien contact avec les extraterrestres ; les pierres d'Ica y furent souvent mentionnées, ce qui contribua à faire connaître leur existence dans le monde entier. Il est a noter que Erich von Däniken rendit de nombreuses visites au Dr Cabrera, mais que ce dernier refusa toujours de lui révéler l'endroit précis de la découverte de ces pierres (et malgré la richesse de l'auteur et ses probables propositions financières).  En 1973, lors d'un entretien avec Basilio Uchuya, ce dernier lui avoua avoir créé lui-même les pierres qu'il avait vendu à Javier Cabrera Darquea. Il avait copié les gravures en s'inspirant de bandes dessinées, de magazines et de livres diversDäniken, pourtant au départ très favorable à l'authenticité des pierres, conclut à la fraude pour une grande partie des pierres d'Ica. L'auteur persista cependant toujours à affirmer que certaines pierres de la collection Cabrera étaient authentiques, et qu'une étude au microscope permettait de distinguer les vraies pierres (patine avec microorganismes dans les gravures) des fausses (traces d'usinage). Il fit d'ailleurs faire des analyses des pierres dans 5 laboratoires différents, qui démontrèrent à priori ce fait, grâce à la petite couche de patine présente ou non sur les gravures... Toutefois, quelques temps plus tard, Uchuya affirma au journaliste allemand Andreas Fischer que les pierres étaient authentiques. S'il avait prétendu les avoir fabriquées, c'est parce qu'il craignait d'être mis en prison pour recel d'artefacts archéologiques - les autorités péruviennes réprimant fermement le pillage de sites archéologiques.

Javier Cabrera affirmait avoir fait réaliser en 1967 une expertise d'une trentaine de ses pierres, dont certaines parmi les plus controversées, montrant des dinosaures. Elles furent examinées par le géologue Eric Wolf, qui observa que les pierres étaient recouverte d'une fine patine d'oxydation, y compris au niveau des gravures, ce qui le conduisait à penser qu'elles étaient anciennes. En outre, les gravures avaient été exécutées juste avant que les pierres n'aient été déposées dans les tombes ou les lieux archéologiques où elles avaient été découvertes... ce qui, selon Cabrera, indiquait qu'il ne s'agissait pas de simples objets d'art décoratifs mais qu'on avait cherché à les mettre à l'abri pour les transmettre à la postérité.

En 1969, une nouvelle publication archéologique intervient : un Guide de la carte archéologique et pictographique du département d'Ica est publié en 1969. Ce texte décrit comment, le 26 Octobre 1966, l'archéologue et conservateur du musée d'Ica, Mr Pezzia, a découvert une troisième pierre sculptée dans une tombe du cimetière San Evaristo, à l'Hacienda Tomaluz (région Cayango d'Ica). " La tombe, dit Pezzia, a été formée par une fosse circulaire de 1,20 m de profondeur. A 50 cm de la surface se trouvait la tête et les restes d'une momie correspondant à un enfant de sept ans, regardant vers le sud, avec des restes humains détruits par un processus de carbonisation, à l'exclusion de la mâchoire inférieure et de quelques petits os. En observant il a constaté la position assise de la momie. Dans la section précédente de la momie et au niveau de la région pectorale, est-ouest, ils ont découvert les documents suivants: La première preuve archéologique correspondait à une roche ou rocher d'andésite fortement carbonisé d'un type de forme elliptique et plat, étant décoré selon le paragraphe suivant. La pierre est noire avec des taches brunes, avec 65 millimètres de longueur, 45 de large et 20 d'épaisseur, ayant la surface inférieure non décorée, mais une surface ondulée. Le spécimen a été trouvé dans une position horizontale avec la face gravée vers le haut et à proximité de la hauteur des épaules de la momie. La décoration correspond à un «poisson» dans une technique réaliste, un corps allongé, une grosse tête, la bouche et les yeux moyens, une grande nageoire dorsale, deux petites branchies ventrales et une queue robuste et se terminant par un écoulement d'ailettes symétriques. Toutes les nageoires sont décorées par des lignes croisées. La conception occupe presque toute la surface de la pierre et est tracée sur le diamètre perpendiculaire de celle-ci. La relique se comporte comme un nouvel élément culturel de la préhistoire régionale, trouvé en association archéologique. Sans doute ces pierres gravées ont dû jouer un rôle important dans les croyances des populations isolées de la vallée d'Ica, à en juger par son symbolisme appréciable. Actuellement, ces témoignages sont investigués sur toute l'étendue des conclusions précises... ". Et le prestigieux archéologue péruvien conclut son rapport avec les mots suivants et dévastateurs: " La référence de la tombe a servi à vérifier l'authenticité des pierres gravées à l'époque du Moyen Horizon de la vallée de Ica ". A l'époque, les pierres sont, avec aucun doute, authentiques, car excavées de tombes inconnues par des scientifiques... même si ces dessins sont inconnus culturellement, il n'y a pas de doutes. C'est la notion de dinosaures associés à des humains qui transforment les pierres en impossibilité... puis faux. Mais en fait, était-ce des humains ? ou même une ère précise connue ? La vérité est probablement ailleurs qu'une simple logique...

Le Guide archéologique confirme en tout cas que :  le 20 Août 1966, l'architecte trouve une pierre gravée dans une tombe préhispanique à l'Hacienda Cayano (LCA). D'un côté, elle présente un oiseau aux ailes déployées. Âge de la tombe: entre six cents et neuf cent ans. Le 11 Septembre 1966, au Cimetière Max Uhle (LCA). Santiago Agurto Calvo et l'archéologue Alejandro Pezzia trouvent une deuxième pierre sculptée. Sur un côté un glyphe apparaît comme une étoile. Âge de la tombe: entre quinze cents et deux mille trois cents ans. Le 26 Octobre 1966, Pezzia déterre une troisième pierre gravée dans le cimetière de San Evaristo (Tomaluz, lca). La gravure représente un «poisson». Âge de la tombe: environ un millier d'années. En Octobre 1966, Alejandro Pezzia trouve une quatrième pierre gravée à cinquante mètres de la précédente, à 1,60 mètres de profondeur, dans une tombe de sable cylindro-conique avec une faible humidité. A côté des restes de deux momies est découverte une pierre presque plate gravée, du type andésite, noire, elliptique et de 66 millimètres au plus grand diamètre, 45 au plus petit diamètre et 16 mm d'épaisseur. Elle est gravée sur l'une de ses faces, avec une technique d'incision. Dans le dessin, on voit une flamme dans une conception réaliste. Cette gravure couvre toute la surface de la pierre, avec une grosse tête, des petites oreilles, un oeil elliptique, un museau rectangulaire et un cou court. Âge de la tombe: neuf cents ans.

Toujours en 1969, le 28 Janvier 1969 exactement, le professeur Trimborn et aussi le Dr. Frechen et ses assistants du laboratoire de Pétrologíe de l'Université de Bonn en Allemagne, analysent trois pierres gravées qui leur a été amenées par le géologue Eric Wolf. Trimborn, l'une des grandes autorités du monde de la culture et d'ethnologie du Pérou et de la Bolivie, analyse trois pierres gravées d'Ica et émet le jugement suivant: " ... On ne peut déterminer l'âge de la rainure, ou le moment où la gravure a été remplie. (Ces incisions sont toujours remplies par de la terre.) Nous pensons qu'il n'y a personne dans le monde qui puisse témoigner avec précision de l'âge exact de ces gravures. L'oxydation couvre efficacement la totalité de la pierre. Cependant, nous le répétons, on ne peut déterminer son âge. Cependant, ces images ou ces gravures ne sont pas récentes ".

En 1971, apparemment à nouveau sous la menace de problèmes avec les autorités péruviennes, Basilio Uchuya montra au reporter Alex Chionneti un des magazines que Cabrera lui aurait donné, qui exposait différents types de dinosaures, pour qu'il s'en serve comme source d'inspiration. Le paysan préfère directement accuser le Dr Cabrera donc, sans apporter de preuves, mais se fait payer par le journaliste pour ces infos.

En 1974, suite à deux visites au musée des pierres d'Ica en 1973, Robert Charroux discute de l'affaire d'Ica dans tout un chapitre de son livre L'Enigme des Andes, sans réellement se prononcer sur l'authenticité de toutes les pierres, il pense que " les pierres proviennent peut-être de l'un des sanctuaires secrets où les habitants de l'Atlantide ont laissé de vastes témoignages de leur civilisation avancée "...

Le célèbre journaliste du paranormal, Juan Jose Benitez, dans son livre "Existió Otra Humanidad" (1975), présente sa version des événements. Pour lui, les pierres vendues sur le marché noir étaient évidemment faites par des artisans qui essaient d'imiter les motifs et les dessins que le Dr Cabrera gardait dans son musée, et qui étaient authentiques. " Irma Acarpana, comme Uchuya et le reste des familles qui habitent Ocucaje, avait été pendant plusieurs années - éventuellement depuis 1962 - voir les pierres qui gisaient au fond du désert. Cela pourrait très bien expliquer que les motifs choisis par elle à "graver" sur les pierres déposées sur le sable de sa cour étaient si semblables, ou tentaient de paraître, de parler de certaines propriétés, à l'authentique collection d' "idéogrammes" de Javier Cabrera. En réalité, comme je l'ai confessé quelques minutes après Tito Aisa, la véritable cible de la vieille Irma, ce n'était pas exactement de vendre la pierre, mais de "protéger" ceux qui pourraient effectivement être mis en difficulté. Tito faisait allusion, bien sûr, à la police ou les archéologues officiels. La pierre à moitié gravée du dossier était la meilleure preuve qu'elle "avait travaillé" les rochers ... ". Cela se complique en effet, car les huaqueros, pour se protéger de la police, montre volontairement et facilement qu'ils font des faux (ce qui n'est pas interdit !) et ne vendent aucun vrai artefact qui pourrait les mener en prison à cause des lois sur la protection des vestiges archéologiques...

En janvier 1975, Basilio Uchuya et Irma Gutierrez de Aparcana affirmèrent donc à nouveau au journal péruvien Mundial qu'ils avaient fabriqué eux-même leurs pierres. Ils en avaient vendu principalement à Javier Cabrera Darquea, ainsi qu'à divers touristes dans une moindre mesure. De Aparcana montra aux journalistes l'endroit où elle extrayait les pierres et affirma qu'elle se dédiait entièrement à la fabrication des pierres, ce qui lui permettait d'en réaliser une vingtaine chaque semaine. Uchuya précisa quant à lui qu'il fabriquait des pierres depuis près de 10 ans mais qu'il avait arrêté d'en faire depuis quelques années déjà. Tout ceci n'expliquant pas les 11000 pierres récupérées par Cabrera en moins de 10 ans. Il détailla le processus lui permettant de produire les pierres : il brûlait les roches, les gravait avec un couteau à double lame, puis les plaçait un certain temps dans de l'argile, et il terminait son travail en les passant au cirage noire à chaussure. Enfin, Uchuya affirma que Cabrera lui-même était au courant de la supercherie. Mais il s'avéra que Mundial n'avait aucune réelle preuve de ces allégations, car les journalistes (qui avaient payé les huaqueros), malgré leurs promesses de le faire, ne publièrent aucun film de cette fabrication artificielle ni de l'endroit d'où était extrait les pierres. La seule photo fut celle de Uchuya montrant un magazine des années 1970 affichant des dinosaures...

Basilio con recorte de dinosaurios

 

En 1976, le biologiste américain Ryan Drum étudia les pierres au microscope et n'y décela aucune trace d'usinage. " j'ai étudié les roche avec un agrandissement de 30 et 60 avec un microscope électronique et je n'ai pas trouvé, dans les incisions, des traces de manipulations. Si les pierres sont authentiques, alors elles ont une valeurs inestimables ; si elles sont une blague, étant donné la masse, et la précision des détails nous devrions étudier anthropologiquement parlant son auteur...".

La même année 1976, un ingénieur de la NASA convaincu que par le passé la Terre a été visitée par des aliens, Joseph Blumrich, analysa lui aussi une pierre d'Ica et observa une patine d'oxydation recouvrant toute la pierre, y compris les gravures. " je suis resté profondément impressionné par ce que j'ai vu. Et je suis très heureux d'avoir trouvé une evidence aussi directe de ce que je crois. Je n'ai aucun doute sur l'authenticité de ces pierres ".

 

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Les plus anciennes momies du monde deviennent de la boue noire

Les plus anciennes momies du monde deviennent de la boue noire

 

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Ce sont les plus anciennes momies (mummies) humaines découvertes dans le monde, au nord du Chili (et non pas en Egypte), et elles sont en train de se transformer en gélatine noire en raison d'une bactérie liée à la hausse du taux d'humidité locale. Les chercheurs chiliens ne savent pas comment l'arrêter et les fonctionnaires régionaux viennent de demander de l'aide à l'Agence culturelle des Nations Unies, l'UNESCO, afin de les faire reconnaître comme un site du patrimoine mondial. 

Ce sont pour l'instant au moins 100 de ces momies qui sont touchées par le phénomène, éventuellement lié au réchauffement climatique qui semble aider la prolifération bactérienne et des champignons nocifs.

 

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Credit: Vivien Standen

Bien sûr, obtenir cette reconnaissance ne sauvera pas les momies déjà touchées, mais les chercheurs espèrent que l'attention accrue de la communauté internationale les aidera à trouver des solutions à la gélatine noire.

Cette gélatine est supposée être le résultat de colonies de bactéries prospères dans la peau momifiée.

" La reconnaissance (de l'UNESCO) n'est pas un objectif en soi, mais le début d'un processus d'amélioration des outils de conservation, avec l'aide de l'État chilien et de la communauté internationale ", a déclaré Sergio Medina Parra, anthropologue et chef de département à l'Université de Tarapaca au Chili.

Depuis le début des années 1900, près de 300 momies humaines ont été découvertes le long des côtes du sud du Pérou et du nord du Chili, y compris des adultes, des enfants, des nourrissons et des fœtus de fausses couches.

 

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A complete Chinchorro mummy at San Miguel de Azapa Museum in Arica, Chile. Credit: Vivien Standen

Certaines datent de 5050 avant JC, ce sont les plus anciennes momies découvertes dans le monde à ce jour. Elles ont été fabriquées par un groupe de chasseurs-cueilleurs connus sous le nom de Chinchorro, qui momifiaient leurs morts environ 2 000 ans avant que les anciens Egyptiens ne commencent à momifier leurs pharaons.

" Les datations que nous avons pour les corps disent qu'ils sont d'il y a 7000 ans... ils ont donc plus d'ancienneté relative en termes de travail intentionnel sur le corps humain que ceux trouvés en Egypte ", dit Medina Parra.

Tandis que les Egyptiens réservaient la momification à l'élite seulement, les Chinchorros semblaient momifier presque tout le monde, vieux ou jeune, suggérant qu'ils ont maintenu une société très égalitaire très longtemps.

" Les momies des Chinchorros n'étaient pas restreintes aux morts des classes supérieures, cette communauté était très démocratique " confirme Bernardo Arriaza de l'université de Tarapaca, qui dirige les fouilles dans la région depuis 30 ans, au Los Angeles Times.

Arriaza soupçonne que l'eau potable, contaminée dans la région à partir des volcans à proximité, pourrait avoir initié la pratique de la momification, parce que les chercheurs ont trouvé de l'arsenic dans les tissus des momies.

" L'empoisonnement à l'arsenic peut entraîner un taux élevé de fausses couches, et de la mortalité infantile, et la douleur de ces décès peut avoir conduit cette communauté à commencer à préserver les petits corps ", a-t-il dit. " La momification aurait pu commencer avec les fœtus et se développer ensuite pour inclure les adultes. Les momies les plus anciennes que nous avons trouvées sont des mommies d'enfants ".

 

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The head of a Chinchorro mummy at San Miguel de Azapa Museum in Arica, Chile. (Photo courtesy of Marcela Sepulveda.)

La raison pour laquelle les momies ont été si incroyablement préservées durant tout ce temps est qu'elles ont été enterrées sous les sables secs du désert d'Atacama pendant des milliers d'années - où certaines parties de la terre n'ont pas été touchées par la pluie depuis plus de 400 ans.

Au cours du dernier siècle, le désert a été fouillé et les mommies transportées dans des institutions de recherche locales pour leur conservation.

Au début de l'année dernière (2015), les choses ont commencé à aller mal, et les conservateurs chiliens se tournèrent vers les scientifiques de l'Université de Harvard pour obtenir de l'aide. " Nous savions que les momies étaient en train de se dégrader, mais personne ne comprenait pourquoi ", a déclaré à l'époque le biologiste de Harvard Ralph Mitchell. " Ce genre de dégradation n'a jamais été étudié auparavant ".

L'analyse des échantillons de tissus des momies a révélé qu'ils étaient rongés par des bactéries - mais ce n'était pas des bactéries anciennes, elles étaient du genre qui vivent normalement sur la peau des gens. Et elles accélèrent le processus de dégradation comme rien d'autre.

" Aussitôt que la bonne température et l'humidité correcte sont apparues, elles ont commencé à utiliser la peau comme nutriments ", a déclaré Mitchell à Live Science, ajoutant que, " à moins que les chercheurs locaux puissent garder les momies de Chinchorros dans de bonnes conditions de température et d'humidité, les micro-organismes natifs vont mâcher ces corps tout de suite ".

Il n'y a pas encore d'informations pour savoir si la demande à l'UNESCO sera approuvée, mais espérons que les chercheurs locaux trouveront l'aide dont ils ont besoin pour garder ces momies en sécurité. Parce que des restes d'humains artificiellement préservés qui existaient plus de 2 millénaires avant les anciens Égyptiens est stupéfiant, et nous ne pouvons pas simplement laisser ceci être mangé...

" Préparer les momies était un processus compliqué qui a pris du temps - et des connaissances étonnantes ", a déclaré Marcela Sepulveda, professeur d'archéologie au département d'anthropologie et laboratoire d'analyses et de recherches archéométriques de l'Université de Tarapacá. Les Chinchorros ont d'abord extrait le cerveau et les organes, puis reconstruits le corps avec de la fibre, remplis la cavité du crâne avec de la paille ou des cendres, et utilisés des roseaux pour recoudre l'ensemble, reliant la mâchoire au crâne. Un bâton a gardé la colonne vertébrale droite et a été attaché au crâne. L'embaumeur a rétabli la peau en place - en maintenant l'intégralité parfois du corps avec de la peau des lions de mer ou d'autres animaux. Enfin, la momie était recouverte d'une pâte dont la couleur (faute d'autres données) est attribuée par les archéologues à différentes époques pendant les plus de 3.000 ans de fabrication de mommies des chinchorros - le noir étant fait de manganèse a été utilisé dans les plus anciennes, le rouge fait d'ocre dans des exemples plus tardifs, et une pate brune avait été appliquée sur les plus récentes trouvailles...

 

Chili chincherros courtesy of marcela sepulveda

In the valleys of northern Chile, where the Chinchorro people lived 7,000 years ago, large numbers—perhaps hundreds—of mummies are buried just beneath the sandy surface. (Photo courtesy of Marcela Sepulveda.)

Selon Sepulveda et d'autres, il y a un grand nombre - peut-être des centaines - de momies Chinchorros enterrées juste sous la surface sablonneuse dans les vallées de la région. Elles sont souvent découvertes lors de projets de construction neuve et des travaux publics. L'élévation des niveaux d'humidité peut rendre les momies non récupérées sensibles aux dommages. Alors que le processus de dégradation est relativement contrôlé au musée, il est pire dans les sites exposés à l'environnement naturel. « Qu'en est-il de tous les artefacts sur le terrain ? » demande Mitchell. « Comment les conserver à l'extérieur du musée ? Existe-t-il une réponse scientifique pour protéger ces objets historiques importants contre les effets dévastateurs du changement climatique ? ".

" La solution au défi de pouvoir préserver les momies Chinchorros de 7 000 ans, estime Mitchell, peut s'inspirer de la science du XXIe siècle. Vous avez ces corps là-bas et vous posez la question: Comment puis-je les empêcher de se décomposer ? C'est presque un problème médico-légal ".

Vivien Standen, Bernardo Arriaza et Mariela Santos, de l'Université de Tarapacá, et Philippe Walter, du Laboratoire d'archéologie moléculaire et structurale de Paris, ont participé à cette recherche bactérienne de 2015. Le travail a été soutenu par Harvard SEAS, le Conseil national de recherche scientifique et technologique au Chili, et l'Universidad de Tarapacá. Aujourd'hui en 2016, chacun espère en de nouveaux moyens apportés par l'UNESCO et les services publiques...

Sources : http://www.sciencealert.com/the-oldest-mummies-in-the-world-are-turning-into-black-slime

https://www.seas.harvard.edu/news/2015/03/saving-chilean-mummies-from-climate-change

 

Yves Herbo, Sciences et Fictions et Histoireshttp://herboyves.blogspot.com/, 15-11-2016

Madère, des ruines englouties au seamount Ampere ?

Madère,  des ruines englouties au seamount Ampere ?

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Archipel volcanique entre les Canaries, l'Afrique du Nord et les Açores, Madère a très probablement été connu des Phéniciens dès l'antiquité, tout comme les Canaries et probablement les Açores aussi, étant donné les récentes découvertes dont j'ai déjà parlé. Cet article fait bien sûr également partie de mes recherches sur les découvertes archéologiques de la zone Atlantique médian au large de l'Europe et de l'Afrique de l'ouest. Après les Canaries donc plusieurs, fois, les îles du Cap Vert, et les Açores dont j'ai aussi parlé il y a peu ici...

1024px madeira topographic map fr svg(Wikipedia)

Géographiquement parlant, Madère (en portugais: Madeira) est un archipel situé dans l'Atlantique à environ 660 km de la côte africaine (Maroc), 980 km de Lisbonne, 400 km de Gran Canaria (Canaries) et 880 km de Santa Maria, l'île la plus proche des Açores. Notons aussi que cet archipel fait partie de ce qui est appelé la région de Macaronésie, dont voici la carte :

Macaronesie

D'après certains textes et données historiques anciennes, ce sont des Phéniciens de Carthage qui, vers le 8e siècle avant JC, après avoir été chassés de la Mer Egée par les Helènnes (Grecs), auraient établi des comptoirs au nord de l'Afrique (Tingis/Tanger), (Kerné/île d'Arguin) et dans les îles de l'Atlantique (Canaries, Madère, Açores), ils auraient même commencé à préparer Madère pour un refuge éventuel, dont aucune trace n'a été retrouvé jusqu'à présent (possiblement à cause des séismes survenus localement). On sait aussi que les Berbères ou Arabes connaissaient très tôt Madère et qu'il y avait déjà des moutons sur place, car l'île est appelée : «djazirat al ghannam» («île aux Moutons») dans des textes... Et très récemment (2014), la découverte de fossiles de souris domestiques à Madère, identifiées aux régions de scandinavie/nord allemagne et datées d'avant l'an 1036, semble également prouver que des Vikings ont débarqué à Madère vers cette époque (tout comme il a été découvert des artefacts (épées) vikings aux Canaries)... on sait également que cet archipel apparaît déjà sur des portulans dans les années 1300, et sur une carte nautique Florentine en 1351, bien avant la redécouverte officielle par les Portugais vers 1418...

C'est le 4 mars 1935 que Jean Danton, ingénieur du service des câbles sous-marins, chargé du côté français d'établir les jonctions des communications avec les USA et les îles de l'Atlantique via le cablage sous-marin qui découvrit une montagne sous-marine située à environ 400 km au large des côtes du Portugal, sur l'élévation du banc Ampère. Par 35° 34' latitude nord et 12° 54' longitude est, le banc en question se trouve dans une région de fonds particulièrement tourmentés, de fosses et failles volcaniques et d'élévations du même type, comprenant le socle des îles Madère, Déserta et Porto Santo, les bancs de la Seyne (-148 m), Joséphine (-150 M) et Gorringe (-42 m). Le sommet de cette montagne, de faible dimensions, se trouve à seulement 60 m au-dessous du niveau de l'océan mais sa caractéristique principale est qu'il était plat : il avait donc probablement été assez longtemps en surface et avait été érodé, comme une île...

Madere-Seamont Ampere.jpgCarte des fonds sous-marins, les chiffres entre parenthèse indiquent l'âge estimé de l'apparition des îles volcaniques - Madère il y a 5 millions d'années par exemple, le mont Ampere il y a 31 millions d'années : les montées et baisses du niveau de l'océan selon les diverses glaciations/déglaciations connues l'ont faits apparaître/disparaître probablement plusieurs fois, tout comme d'autres terres environnantes... (la dernière fois entre -12000 et - 7000 ans à priori, la fonte des glaces sur les montagnes espagnoles et françaises a également probablement accentué le phénomène (comme cela se passe actuellement en Scandinavie), faisant remonter ou descendre les fonds sous-marins sur de grandes surface par effet de balancier et créant des failles, cassures... il existe une profonde faille au large de Madere, qui pourrait être bien plus récente qu'estimé par la simple tectonique des plaques...). L'endroit indiqué "ODP sites" est au sujet d'une des expéditions de l'organisation Ocean Drilling Program américain, qui effectue de nombreuses plongées et observations des fonds marins partout dans le monde et dont les scientifiques établissent de nombreux rapports...

Voici une des nombreuses preuves que, dans le proche Atlantique et entourant tant les Canaries, que les Açores et Madere, de nombreuses montagnes maintenant sous-marines ont été des îles à l'air libre dans un passé plus ou moins lointain selon les endroits ! : Une étude du banc et seamount de Gorringe, situé sur la faille des Açores/Gibraltar http://oceana.org/sites/default/files/reports/seamounts_gorringe_bank_eng2.pdf

Vous pouvez lire en page 11 de ce document (en anglais), que le mont de Gorringe a été hors de l'eau durant la dernière période glaciaire, grâce à la découverte de différents coquillages le prouvant. Ils sont en lien avec les différentes variations glaciaires causées par les transgressions et regressions marines dans le haut Pleistocène, entre il y a 75.000 et 18.000 ans environ... et il y a des montagnes sous-marines qui sont plus hautes encore (Ampere par exemple)...

Ce document comporte également une carte des nombreuses montagnes sous-marines de la région, dont la plupart ont été immergées dans le passé. Encore plus étonnant est une mention récente, de juin 1811, qui mentionne l'apparition puis la disparition d'une île au large des Açores : une éruption volcanique provoqua l’apparition de cette île au large de l’archipel des Açores, en plein océan Atlantique. Elle fut baptisée l'île Sabrina, mais quelques mois après, elle disparut dans la mer...

 

À plusieurs reprises, des expéditions océanographiques russes mirent en évidence des vestiges surprenants - vraisemblablement des restes d'anciens murs et de dallages - dans le voisinage de ce mont Ampère.

Atlantis zhirov

Historiquement, c'est en 1964 que le Dr Nicolai Zhirov, membre de l'Académie des Sciences Soviétique, et qui est aussi connu comme le "père de l'Atlantologie russe", examine dans son livre "Atlantis" les références historiques et le matériel géographique sur Atlantis, et sa probable localisation dans l'Atlantique. Il écrit au sujet de disques de pierre calcaire, connus comme des "sea biscuits" qui ont été originellement découverts sur le fond marin au large des Açores, et trouvés également plus tard dans la zone de Bimini. Ces disques ont 6 inches de diamètre (15,24 centimètres) et 1,5 inche (3,8 cm) d'épaisseur, avec une depression en leur centre sur une face, comme un petit plateau. Ils ont une surface lisse et des tests ont déterminé qu'ils étaient âgés de 12.000 ans et s'étaient formés à l'air libre...

Petrified sea biscuit

Les "sea biscuits" sont la plupart du temps des fossiles d'animaux marins préhistoriques, découverts dans beaucoup de mers chaudes, et qui font l'objet de collections d'ailleurs. On ne trouve pas de photos de ceux invoqués par  Zhirov dans son études.

" Une expédition russe menée par Boris Asturua affirma avoir découvert une cité engloutie à 645 km des côtes portugaises. Il affirma que les constructions étaient faites d'un béton très dur et de plastiques. Il affirma également avoir vu les vestiges de ce qui ressemblait à un monorail de transport et récupéra une statue" ... Cette phrase est reprise dans beaucoup d'ouvrages sur le sujet... mais difficile d'en trouver l'origine, et une réelle trace... l'une des nombreuses sources : "Sunken Realms: A Complete Catalog of Underwater Ruins" Par Karen Mutton... et l'inévitable Charles Berlitz qu'elle cite.

En 1973, un sous-marin américain photographiait des colonnes antiques (romaines, grecques ou égyptiennes, ou Atlantes !) au niveau de la grande faille au milieu de l'Atlantique, à 6000 pieds de fond (1,8 km). Plutôt que de se retrouver dans une revue scientifique ou débattue sur un campus universitaire, la photo a été publiée dans un livre sur le continent perdu de l'Atlantide supposée... 

DeepcolumnsOn voit très mal sur cette vieille photo, mais les colonnes et ruines reposent sur ces grands rochers effondrés (socle continental ?), dans le cercle tracé au stylo en bas à droite...

Source Unexplained:News  + "Atlantis Rising" by Brad Steiger.  YH : en fait, cette photo est identique (mais disposée "allongée" au lieu de "debout", à celle contenue dans le "cruise report" du navire R/V Anton Bruun, prise le 29-10-1965 au large du... Pérou, dans le Pacifique, par 2000 mètres de fond, et montrant des colonnes debout dans la vase (d'autres gisent sur place). Un inscription semble apparaître sur l'une des colonnes, et des spéculations ont été faites par le scientifique Dr. Robert Menzies à l'époque, sur des colonnes fabriquées par l'homme et se retrouvant au fond du Pacifique suite à un glissement de terrain... ce rapport fera l'objet d'un prochain article, la documentation étant rare...

Dès 1962, le navire soviétique Sedov étudiait avec attention le banc de Gorringe et surtout le seamount Gettisburg au large de Madere. Voici une étude française sur le même endroit, datée de 1979, cette étude conclue entre autres que " Cette étude a mis en évidence l'importante surrection au Miocène. Une terrasse d'abrasion marine est datée Miocène moyen, ce qui signifie que le sommet du mont Gettysburg était à cette époque à 400 m au moins au-dessus du niveau de la mer. Ceci impose une subsidence moyenne de l'ordre de 3 cm/IOOO ans, ce qui est faible mais pourrait s'expliquer par le fait que Gorringe se trouve dans une région soumise à la compression depuis cette phase tectonique intra-miocène. Aucun phénomène de tectonique récente n'a été observé; ceci est une anomalie dans une région tectonique active; le manque d'observations pourrait expliquer cette absence. :

http://archimer.ifremer.fr/doc/00034/14544/11811.pdf

Ne pas oublier surtout que les problèmes de mauvaises datations géologiques et de recalibrations récentes du Carbone 14 au 21ème siècle (par exemple) n'étaient pas du tout connus ni même envisagés (et envisageable) par la science du 20ème siècle...

Tout au long des années 1970, les russes multiplient les expéditions dans la région, explorant l'archipel englouti Horseshoe, incluant les bancs et seamounts Ampere, Josephine, Gettysburg, Dacia, Concepcion, Corall et Sen. En 1974, une équipe scientifique de biologistes et de géologues sont sur le navire de recherche "Moskowsky Universitet" pour étudier les fonds marins et bancs de sable des Açores jusqu'en Méditerranée. A bord de ce navire, en 1974 (et non pas en 1977), se trouvait Vladimir Marakuyev, un spécialiste de la photographie sous-marine, et une caméra sous-marine fut utilisée tout au long des recherches, de façon routinière. Les eaux des environs de Gibraltar étaient remarquablement claires et la caméra fut donc disposée afin qu'elle puisse photographier le fond sous-marin à une distance de trois mètres, suspendue à un câble. Le navire commença sa campagne de recherches en janvier 1974 du côté de l'archipel englouti Horseshoe, à 300 miles (483 km) à l'ouest de Gibraltar. Alors que le scientifique américain Dr Maurice Ewing venait d'affirmer (aussi pour des raisons militaires ?) " thirteen years exploring the Mid-Atlantic Ridge but found no trace of sunken cities ", un groupe de photographies inattendues furent prises. Mais cette découverte ne fut réelle qu'un an plus tard, en 1975, lorsque Marakuyev arriva à ces séquences parmi les centaines de photographies prises (c'est un peu comme quand vous voyez les immenses données spatiales recueillies par le robot WISE utilisant l'infrarouge pour repérer des astres invisibles ou cachés : il faut de nombreuses années pour les humains pour les collecter et les analyser... et encore, ces données ne sont pas complètes car en fonction de la technologie employée à l'époque, qui ne peut que s'améliorer !).

Leur but, selon les responsables russes, " était d'étudier les bancs de sable dans les eaux peu profondes de la mer Méditerranée et de l'océan Atlantique, non loin de l'Afrique nord-ouest ". A bord du navire et faisant partie de l'équipe se trouvaient des géologues et des biologistes de la mer. L'origine, la structure et la population animale des bancs de sable, les sommets des montagnes sous-marines et des bas-fonds constituaient le principal intérêt scientifique des spécialistes. " Mais leur " intérêt scientifique " cachait aussi des opérations secrètes. Parmi les «spécialistes», à l'intérieur  des 922 tonnes du navire de l'Académie soviétique des sciences se trouvaient des membres de la Marine Rouge, opérant sur une instrumentation de détection pour la surveillance de la flotte sous-marine de l'Amérique. Ils soupçonnaient qu'une particulière, stratégiquement située en contrebas, montagne pouvait offrir des opportunités naturelles, avec un sommet plat, pour l'installation d'une base sous-marine de l'ennemi: les parties supérieures du banc étaient à moins de deux cents pieds sous la surface de l'eau. Les responsables soviétiques avaient été alertés d'une éventuelle signification militaire du site lors de la décennie précédente, lorsque le RV Vema de l'Observatoire géologique Lamont de New York avait été observé rôder aux alentours.

Mais le système de balayage électronique des ingénieurs radio sur le navire n'ont ramassé aucune transmissions associées à l'Ampere Seamount, mais un sonar à balayage latéral a en fait révélé ce qui aurait pu être des caractéristiques possibles de constructions là, et aussi un "appareil photo" sous-marin avec des capacités directionnelles sur les côtés.

Vladimir marakuyev

Ce qui apparaissait être un mur et un escalier de pierre, localisé à une profondeur de 60 mètres. En fait, il y avait huit pierres dont quatre étaient carrées et quatre rondes. Elles étaient longues d’un mètre environ. Une autre photographie montrait trois pierres régulièrement espacées qui semblaient former une partie d’escalier. Marakuyev a observé que ces structures avaient été photographiées au sommet du seamount Ampere, qui est à seulement 200 feet (60 m) de la surface. Il affirma "Nowhere have I seen anything so close to traces of the life and activity of man in places wich could have once been dry land ". " Nulle part je n'ai rien vu de si près comme traces de la vie et de l'activité de l'homme dans des lieux qui pourraient avoir été autrefois la terre ferme ".

Les choses en restèrent là car, en fait, les autorités soviétiques n'avaient aucun intérêt à ce que ce genre de chose s'ébruite : les missions étaient aussi militaires et devaient permettre l'établissement de cachettes pour les sous-marins nucléaires russes, en cas de conflit, ainsi que l'espionnage de l'occident, les Açores et les bancs de Madère étant un endroit considéré comme stratégique tant par les russes que par l'OTAN et les américains. 

Ce ne fut qu'en 1979 qu'un savant soviétique réputé, le Pr Andrei Aksyonov, directeur adjoint de l’Institut d’océanographie de l’Académie des Sciences d’URSS, prétendit lors d'une interview qui se déroula à Moscou et qui fut d'ailleurs publiée le 21 mai 1979 dans le New York Times, que les structures étaient bien le fait de la main de l’homme et constituaient de parfaits exemples d’une ancienne maçonnerie. Aksyonov ne prit pas position quant à l’origine des ruines, il n’en déclara pas moins : « Je crois que les objets qui apparaissent sur les clichés se trouvaient autrefois à la surface. ». Le professeur parle aussi de sa nouvelle expédition sur les lieux avec le navire Vityaz... notant les moqueries et scepticisme de collègues européens (un classique malheureusement de la part des sceptiques qui retardent des progrès de l'Humanité avec une fausse justification de lutte contre l'obscurantisme), il affirme " Heinrich Schliemann, the great 19th‐century German archeologist, found the ruins of Troy in Turkey by studying the poetry of Homer very attentively,” he said. " Mr. Schliemann, too, got a skeptical reception at first ". " Heinrich Schliemann, le grand archéologue allemand du 19e siècle, a trouvé les ruines de Troie en Turquie en étudiant attentivement le poème de Homère. Il a aussi reçu une réception sceptique en premier...". (Que se serait-il passé s'il avait écouté les sceptiques  et abandonné ?).

En avril 1979, l'agence de presse AP émettait un autre bulletin au sujet des "recherches d'un navire russe qui aurait pris des photos de ce qui pourraient être des ruines". (Il s'agit ici d'une autre expédition russe, celles du navire Vityaz se situant de 1979 à 1984).

Un rapport dans le magazine soviétique, Znanie-Sila («Knowledge Is Power»-"Le savoir est le pouvoir"), paru le 08 novembre 1979, avec un éditorial de M. Barinov, a enfin raconté comment le "matériel d'éclairage et des caméras spéciales ont été abaissées à une profondeur de trois mètres et demi [11,5 pieds] du fond, au-dessus du sommet du mont sous-marin, après quoi les lumières avaient été allumées, et une série de photographies avaient été prises avec un appareil automatique, simplement. Chaque série a été prise sur environ une heure et demi. " Les résultats de plusieurs centaines d'images ont été assemblées en un panorama complet du sol de la montagne sous-marine par « un spécialiste de la photographie sous-marine de l'Institut URSS d'océanographie, " Vladimir Ivanovitch Marakuyev.

" Bien que toujours sur l'expédition, quand j'avais commencé à développé les photographies et ai fait les premières impressions," a-t-il dit, " je me suis aperçu que je ne avais jamais vu quelque chose comme ça avant. L'Institut océanographique de l'URSS a une énorme archive de photographies sous-marines qui ont été prises sur d'innombrables expéditions depuis de nombreuses années dans toutes les régions des océans du monde. Nous avons également des copies de plusieurs milliers de photographies prises par nos collègues américains. Nulle part je n'ai rien vu de si près comme traces de la vie et de l'activité de l'homme dans des lieux qui pourraient avoir été autrefois la terre ferme ". Marakuyev faisait principalement référence à un mur de pierre avec des blocs découpés et ajustés,  couverts par des mauvaises herbes et de la boue, une partie de ses sections supérieures dépassant de cinq pieds au-dessus de la couche de limon. L'analyse comparative a déterminé que la section dégagée était de "légèrement plus ou moins" de six pieds et trente pouces de large (un mur de 1,5 mètre de hauteur visible et 75 centimètres de largeur environ).

Photos ampere marakuyev

" Sur la première photo," observe Alexander Nesterenko, directeur du Département de la Flotte de l'Institut océanographique, " nous pouvons voir sur le côté gauche de la photographie ce mur. Les blocs de pierre sur le bord supérieur de la masse sont clairement visibles. Tenant compte du raccourcissement de la photographie et de la hauteur du mur, il est curieux d'examiner de plus près la bande de maçonnerie verticale. Bien que l'objectif pointait presque verticalement vers le bas, les zones de maçonnerie peuvent être vues très clairement. On peut compter cinq de ces zones, et si l'on tient compte de la déformation de l'échelle causée par la proximité de la lentille par rapport à l'objet, on peut suggérer que les blocs de maçonnerie du mur sont d'environ soixante-quinze centimètres [29,5 pouces]. Les blocs de maçonnerie sont clairement visibles sur les deux côtés de la paroi. L'herbe de mer est visible sur toutes les photos, épaisse, de couleur brun rougeâtre... "

" Les spécialistes qui ont consulté la page ", a ajouté Andrei Aksyonov, directeur adjoint de l'Institut d'océanographie de l'Académie soviétique des sciences, " disent que c'est un mur typique de l'antiquité ".

D'autres photographies ont révélé de larges surfaces lisses comme une chaussée, plus les sommets régulièrement espacés de marches en pierre évoquant un grand escalier. " Sur une zone sur laquelle de la lave a coulée peut être vu quelque chose qui semble descendre par trois marches. Si l'on compte les bords supérieurs et inférieurs à peine visibles, en tout nous pouvons voir cinq niveaux. Elles sont espacées, bien sûr, et envahies par les éponges et végétation ". Il a déclaré que les structures " se trouvaient autrefois sur la surface de la terre, au-dessus du niveau de la mer. Je crois que les objets dans les images se trouvaient autrefois sur la surface. Le tremblement de terre catastrophique de Lisbonne, en 1755, a provoqué un raz de marée et une inondation qui a laissée une partie de la ville à jamais sous la mer. Quelque chose de semblable peut-être arrivé à une île dont l'Ampere Seamount serait le reste sous-marin ".

Après des essais répétés de l'équipement et des consultations avec des scientifiques de retour en terre de Russie avec l'appareil photo du Moskovsky Universitet, Marakuyev a confirmé que l'imagerie des structures apparemment artificielles ne résultait ni du cinéma, ni d'anomalies de l'appareil ou des dysfonctionnements, pas plus que des cibles inhabituelles naturelles, des formations géologiques confondues avec des caractéristiques artificielles. Le Dr. Sofia Stepanovna Barinova, de l'Académie soviétique de l'Institut des Sciences de la biologie, a cité l'immense manteau de limon qui recouvre les ruines comme une cape d'obscurcissement, cachant presque toute trace de preuves matérielles. Un dépôt constant de décomposition micro-organique de matériaux a été en descente en continu sur les ruines, et non pas pendant des siècles, mais des millénaires, accumulant les sédiments sur une épaisseur mesurée. Par conséquent, les photographies de Marakuyev n'ont révélé qu'une infime fraction de leurs parties supérieures. Sous la vaste couverture de suintement du Mont Ampere pourrait se cacher une ville entière. Mais l'intérêt russe sur la montagne en contrebas n'était pas passé inaperçu.

Une nouvelle fois, les choses en restèrent là et plus aucun commentaire des russes n'atteignit l'occident à ce sujet. Ce ne fut qu'en 1982 puis en 1984, que des photos sous-marines prises par l'équipe du plongeur Nicolaï Rizenkov, embarquée sur le navire océanographique Vityaz, révélèrent les restes d'un mur d'environ 2 mètres fait de pierres assemblées et de dalles rectangulaires...

En 1982, un éminent Atlantologue, Egerton Sykes, était interviewé sur le silence entourant ces découvertes et concluait " Cela doit avoir une importance considérable pour eux ". Il supposait que les photographies avaient été prises proche des Açores, entre Santa Maria et Sao Jorge, près de Formigas Rock. Comme les russes n'étaient pas supposés être à proximité de cet endroit, ils ne pouvaient révéler la correcte position. Au sujet des pierres et terrasses photographiées (par Nicolaï Rizenkov), Sykes a commenté " Ils sont très intrigant. L'escalier de pierre qui est distinctement visible a été avec évidence découpé dans la base pierreuse. C'était probablement une pente de 100 marches ou plus sur la face... comme les marches des pyramides Maya. L'une des photographies montre une terrasse de pierre élevée en conjonction avec les marches d'un autre escalier, comme une pyramide à degré... "

L'expédition de l'année 1984 recueillit, en outre, des données géologiques prouvant que les plateaux supérieurs et le sommet du mont Ampère se trouvaient à l'air libre dans un passé lointain.

Malheureusement, les Russes ne purent revenir facilement sur les lieux, les autorités portugaises de Funchal (Madère) leur en interdirent l'accès, pour des raisons de sécurité militaire. Et c'est sûrement pour cette raison que les expéditions et découvertes furent longtemps cachées : elles étaient interdites selon les conventions avec l'Europe...

L'Académie soviétique des sciences a lancé un nombre indéterminé d'expéditions de suivi dans l'Atlantique Est au début des années 1980, peut-être une au cours de chaque saison de voile chaque année depuis la découverte initiale de la Moskovsky Universitet expédition en 1974, mais rien de leurs résultats n'a été rendu publique depuis 1979 et jusqu'au milieu des années 1980. Leur dernier survivant en vie, le Dr Alexander Moiseevich Gorodnitsky, qui a présidé le laboratoire de géophysique marine à l'Arctique Institut de recherche en Géologie de Leningrad, a décrit les dernières entreprises, officiellement connues par lui.

" En 1984 et 1986, " a-t-il déclaré au magazine Pravda, « notre expédition a travaillé sur les pentes du mont Ampere, quand nous avons trouvé des constructions très étranges à la profondeur de seulement une centaine de mètres [trois cent vingt-huit pieds]. Ils ressemblaient à des chambres et des murs. Je suis allé sous l'eau [dans un mini sous-marin] pour le voir moi-même, ai fait quelques croquis. D'autres géologues ont admiré des autels ou des murs. Voilà ce qu'ils avaient vu. Nous ne pouvions pas prendre de photos à ce moment-là [pourquoi, Gorodnitsky ne l'a pas expliqué]. Au début, il me semblait que ces pièces et ces murs avaient été créés par la nature, mais les chambres étaient de taille égale. "

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Des photos et schémas publiés en 1986 dans le "Science et Vie" russe N°8

En Septembre 1985 ses collègues à bord d'un autre navire de recherche, l'académic Boris Petrovsky, ont récupéré un grand bloc sculpté de 14,764 pieds (4,5 mètres) sur 9,84 pieds (3 mètres) au-dessus du sommet de Ampere. " Les côtés de l'artefact de marbre ont été lissés ", a-t-il rapporté à la Pravda. " Sa couleur était jaunâtre. Son schéma [design] trahi une origine artificielle. Les scientifiques soviétiques ont mentionné qu'il était certainement fait par l'homme. Par analyse chimique, ils ont produit des résultats paléo-chronologique, montrant que ce morceau de marbre était couché au fond de l'océan depuis des milliers d'années. Les résultats paléo-chronologique n'ont pas été expliqués à la Pravda, mais ont peut-être fait référence à une ancienne, peut-être une échelle de temps du Paléolithique ("âge de pierre").

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Des photos et schémas publiés en 1986 dans le "Science et Vie" russe N°8

Les profondeurs beaucoup moins profondes au niveau desquelles le Dr Gorodnitsky a observé des "chambres" creuses sur Ampere sont révélatrices, parce que les niveaux des mers se tenaient à une centaine de mètres plus bas jusqu'à la fin du dernier «âge de glace» ou époque glaciaire. Il y a onze mille sept cent ans, le seamount était une île de taille imposante entre 300-350 pieds (+ 100 mètres) au-dessus de l'océan, alors les structures qu'il a vu auraient été, de façon assez appropriée, sur la terre ferme, à proximité de résidences sur la rive avant une plage.

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Des photos et schémas publiés en 1986 dans le "Science et Vie" russe N°8

Comme ses collègues, il a été choqué par la cessation officielle de toutes les navigations et des recherches futures à Ampere avant la fin de leur saison d'expédition de 1986. Le Directeur Aksyonov avait péremptoirement déclaré que le réexamen des relevés photographiques avait prouvé que toutes les fonctionnalités des monts sous-marins étaient tout à fait naturelles, et qu'aucune enquête similaire ne serait parrainé par le gouvernement. Il a refusé de divulguer toute preuve contraire présumée et était le seul scientifique qui a renversé sa position de longue date disant que les éléments sous-marins étaient artificiels.

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Des photos et schémas publiés en 1986 dans le "Science et Vie" russe N°8

 

Inexplicable comme volte-face du professeur Aksyonov semblait l'être au premier abord, ses origines étaient moins scientifique que politique. L'arrêt brutal de la recherche sur Ampere a été publié quelques jours après le pire accident de la centrale nucléaire de l'histoire, quand Tchernobyl a explosé le 26 Avril 1986. Trente et une personnes ont été tuées sur le coup, puis trois cent quarante morts de cancers induits par la radioactivité directe et la leucémie, tandis que des centaines de milliers d'autres à travers la Russie et l'Europe ont souffert d'horribles séquelles et de décès prématurés. La réputation internationale de la science soviétique était irrévocablement endommagée, et tous les universitaires en Russie ont été ordonnés par des responsables du Kremlin de sortir de la scène publique jusqu'à ce que la catastrophe soit suffisamment reculée dans le passé pour pouvoir ré-émerger. En cinq ans, après, l'URSS s'est effondrée, a causé au moins en partie de Tchernobyl.

Au cours de l'exposition qui a suivi sur les assassinats de masse, les incarcérations massives, la corruption et l'incompétence qui caractérisait la tyrannie communiste des soixante-quatorze années précédentes, une frénésie véritable de destruction de documents a consommé la société post-soviétique. Les fonctionnaires et les bureaucrates du gouvernement, désemparés, cherchaient désespérément à effacer toute trace de leur complicité avec le régime déchu. Avec les avocats d'enquêtes du président Boris Eltsine qui ont poursuivi agressivement les anciens politiciens de carrière criminelle, des bibliothèques de fichiers entiers ont été déchiquetées ou incinérées pour couvrir leurs traces. Il n'y avait pas de temps pour faire soigneusement la distinction entre des documents écrits incriminés ou inoffensifs, et, dans la fureur générale pour échapper à la détection et la poursuite, toutes les archives des rapports originaux, documents, films, photographies et objets, y compris le bloc de marbre récupéré par l'académic Boris Petrovsky - accumulés sur neuf ans dans l'Atlantique - ont été perdus. Depuis lors, les chercheurs de la Société russe pour étudier les problèmes sur l'Atlantide (à Moscou) ont tenté de rassembler minutieusement ensemble ce qu'il reste des découvertes tardives du XXe siècle de leurs compatriotes qu'ils peuvent trouver.

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Des photos et schémas publiés en 1986 dans le "Science et Vie" russe N°8

 

" Après avoir raconté étrange voyage de la Moskovsky Universitet expedition au cours d'une conférence en octobre 1999 à l'Association pour la recherche et des Lumières, à Virginia Beach, en Virginie, ma femme, Laura, a été approchée par un membre de l'auditoire. L'homme âgé de presque 60 ans, lui a sincèrement confié qu'il a vérifié personnellement les structures sous-marines décrites dans mon exposé. Il lui a dit que, à l'époque, il était à bord d'un sous-marin de la Marine des Etats-Unis en patrouille dans le milieu de l'Atlantique, lorsque les ordres ont été reçus d'aller immédiatement à l'Ampere Seamount et de déterminer les intentions d'un navire soviétique persistant là. Les Soviétiques étaient tellement absorbés par leur découverte qu'ils ont été pris par surprise et pris avec leurs lumières, sondant le sommet boueux de la montagne en contrebas. Bien qu'abordé dans les eaux internationales, le Moskovsky Universitet a brusquement hissé les câbles de la caméra et de l'ancre, puis navigué au loin avec aucun signal de reconnaissance, ni un mot d'explication transmis ".

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Des photos et schémas publiés en 1986 dans le "Science et Vie" russe N°8

" Les Américains ne l'ont pas poursuivi, mais ont tourné leur attention sur tout ce que les Russes étaient tellement occupés à faire quand ils ont été interrompus par le sous-marin. En peu de temps, ils ont trouvé le même mur en pierre, escalier, place et d'autres caractéristiques de l'homme que Marakuyev a documenté. Après avoir fait leur propre enquête photographique de ces découvertes inattendues, le commandant a annoncé à l'équipage du navire qu'il ne devait en discuter avec personne, à moins d'être interrogé par des officiers supérieurs, cela a été interdit par un serment de sécurité que chaque homme a juré après son enrôlement. Après que le vétéran anonyme de ces événements a partagé ses souvenirs avec Laura, il a disparu. Je ne l'ai pas rencontré. Que ce soit ou non cru, les Soviétiques pensaient assez de bien de leurs photographies du fond marin pour lancer une seconde expédition sur le Mont Ampere ".

En 1986, le magazine russe Наука и жизнь (Science et vie), nº 8, de l'année 1986 publie tout de même quelques photos, cartes et croquis sur les expéditions évoquées plus haut.

N 8 - Ampere schémas - 1986n-8-1986.pdf (2.22 Mo)

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Des photos et schémas publiés en 1986 dans le "Science et Vie" russe N°8

Mais est le mont Ampere est-il vraiment le candidat le plus crédible pour la civilisation perdue de Platon, comme ils le prétendent ? Nommé d'après le mathématicien français, physicien, et père de l'électrodynamique, André-Marie Ampère (1775-1836), il est l'un des neuf volcans inactifs formant les Seamounts Horseshoe, " dentelée comme une couronne, " dans les mots de l'océanographe allemande Jörn Hatzky, et correspond à la description de Platon de l'Atlantide comme une grande île (nesos dans l'original grec, et non pas un «continent»), annelée avec de hautes montagnes, " en dehors des piliers de Heracles," détroit d'aujourd'hui de Gibraltar. « Ces monts sous-marins," explique Hatzky, " font partie de la structure Açores-Gibraltar, qui marque la frontière entre deux plaques tectoniques majeures: l'Eurasie et l'Afrique. Le volcanisme sous-marin qui a formé la Horseshoe Seamounts appartient à la zone de propagation du fond marin de la dorsale médio-atlantique ".

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En tant que tel, le mont Ampere est sujet à des accès irréguliers de subsidence provoqués par l'instabilité sismique de la faille sur laquelle il est assis. Ces épisodes tectoniques ont combiné au cours des cent dix-sept derniers siècles, avec la fonte des glaciers et par conséquent l'élévation du niveau de la mer à la fin de la dernière ère glaciaire pour réduire Ampere d'une île importante, dont la base d'un diamètre de trente et un miles dépasse la taille du massif du Mont Blanc en France/Suisse, à un "guyot", banc peu profond. Sa géologiquement récente existence en tant que territoire sec a été gravée dans les flancs de la montagne en contrebas par des traces d'érosion par le vent, en outre soulignés à différents niveaux par d'importants dépôts de sable survivant, potentiellement déposé sur une plage, généralement le résultat de l'action des vagues côtières dans des conditions d'air sec.

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" Des terrasses de ces « différents niveaux de plages ? » Se demande le géologue américain, John T. Parks. " Si oui, alors elles pourraient représenter encore des peuplements de niveau de la mer lorsque les niveaux de la mer ont augmenté. Celles-ci pourraient être en mesure d'être datées et corrélées à des étapes spécifiques dans les cartes de niveau de l'océan. Les courbes de niveau de la mer indiquent que, en fonction de l'emplacement, et de tout ajustement isostatique (non inclus), la crête du seamount aurait été noyée entre 10.250 et 12.750 Avant le Présent, faisant ces structures, si elles sont là, très anciennes. Bien sûr, si le seamount a chuté en raison de la force des mouvements des plaques tectoniques , alors les courbes de niveau de la mer ne seraient pas représentatives. "

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Combinés, ces derniers points et les considérations citées ci-dessus ont tendance à identifier la montagne sous-marine comme l'endroit le plus probable pour Atlantis. Mais une confirmation supplémentaire est nécessaire avant que toute décision finale puisse être faite.

" Tout ce que vous avez à faire," avait conseillé le professeur Aksyonov, " est de prendre un bateau avec l'équipement adéquat pour l'Ampere Seamount, descendre de soixante mètres, trouver les pierres et les ramener pour voir si elles sont d'origine humaine ou non ".

 

Conférence d'Alexandre Gorodnitsky, chercheur en chef à l'Institut d'océanologie de Russie (ИО РАН), sur les anomalies du mont Ampère

Sources :

http://l-archeologie.blogspot.fr/2014/08/les-vikings-seraient-arrives-madere-des.html#.V_Z6O1SLTcs

http://www.axl.cefan.ulaval.ca/EtatsNsouverains/Madere.htm

Frank Joseph : « Did the Russians Find Atlantis ? », in Atlantis Rising Magazine, nº 116, 2016​

http://atlantisrisingmagazine.com/wp-content/uploads/2016/05/116_Hidden_Chambers_in_Egypt_Sampler.pdf

(Anonymous; "Undersea Discovery May Be Atlantis," Baltimore Sun, April 5, 1981. AP item.)

From Science Frontiers #15, Spring 1981. © 1981-2000 William R. Corliss

http://www.inmysteriam.fr/enigmes-historiques/atlantide-les-enigmatiques-expeditions-sovietiques-des-annees-70.html

magazine russe Наука и жизнь (Science et vie), nº 8, de l'année 1986

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