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Pérou : Les pierres d'Ica, historique complet

Pérou : Les pierres d'Ica, historique complet

Icastone 3fingers

Une pierre d'Ica montrant un animal (crapaud ou grenouille, mais les yeux ni les pattes arrières n'y ressemblent pas ?) possédant quatre pattes avec trois doigts

 

Les pierres gravées d'Ica sont classifiées de diverses façons selon les chercheurs et surtout entre ceux qui refusent de remettre en question des faits établis par la science, en oubliant que des choses très établies à une période peuvent être complétées et même annulées par d'autres découvertes (ce qui se produit très régulièrement car la science est composée essentiellement de théories non figées à 100%, souvent incomplètes ou valables temporairement) et ceux qui ont l'esprit plus ouvert et pour lesquels aucune preuve ne peut réellement figer une science ou une connaissance, dans la mesure ou les lois universelles ne sont pas obligatoirement figées dans le temps et peuvent se modifier. Et aussi le fait que toutes les théories ne peuvent imaginer ou prouver qu'une autre réalité (prouvée des années plus tard) ne rentre pas en conflit avec ces mêmes théories prouvées donc temporairement. Le meilleur exemple est le changement presque radical actuel de la position de la science officielle sur la probabilité de l'existence de civilisations extra-terrestres assez nombreuses dans l'univers, mais aussi pour un autre exemple très récent sur l'acceptation récente de la science sur l'étude mesurable de la possibilité de la survie de la conscience après la mort du corps. Et j'en rajoute une couche quand on entend de très sérieux physiciens diplômés théoriser sur la possibilité que notre univers ne soit en fait qu'une énorme simulation informatique (presque un jeu vidéo !) d'un ancienne civilisation extra-terrestre qui recrée ainsi artificiellement son histoire et ses ancêtres (nous !)... et cette théorie est émise par de très sérieux scientifiques qui, en étudiant les collisions de particules (à l'aide de très puissants ordinateurs-machines à calculer), affirment y découvrir des codes et même des "bugs" mathématiques proches de ce qu'on peut voir dans nos propres codes informatiques...

Bon, je ne cautionne pas spécialement une hypothèse ou un "clan" par rapport à un autre, mais je pense au moins que, pour l'Histoire, ces données font partie des choses à conserver, connaître et compiler éventuellement avec d'autres données... car c'est aussi comme ça que la science peut avancer, non seulement par des comparaisons de données diverses, mais aussi justement par le mélange de plusieurs sciences et connaissances - les nôtres étant probablement trop "cloisonnées" ou "spécialisées" pour appréhender finement certaines réalités, qui nous échappent donc... 

Nous allons donc commencer par l'historique de ces découvertes (rapidement car il y a eu des livres entiers déjà sur le sujet !), puis la visualisation de certaines de ces pierres, et nous discuterons de certaines hypothèses et contre-hypothèses avant d'en formuler d'autres, sans fermer la porte à toute idée, car c'est obligatoirement improductif et même obscurantiste en final...

Comme je l'ai dit, un nombre considérable d'auteurs ont écrit sur cette histoire, et les divers historiques ne sont pas tous semblables (surtout selon la tendance affichée de certains auteurs, qu'on ne peut qualifier de très objectifs d'ailleurs, d'un côté comme de l'autre), surtout sur certaines dates ou certains apports ignorés ou effacés selon... Voici la chronologie que j'ai pu établir par comparaisons et vérifications, ceci étant un historique pouvant d'ailleurs être complété ou tronqué car il est impossible de tout lire et tout connaître sur cette longue affaire. Je reste de toute façon ouvert pour ma part pour toute précision étayée (bien sûr) et données supplémentaires, éclaircissements...

L'un des historiques a été établi précédemment par Philip Coppins (http://www.philipcoppens.com/jurassiclibrary.html), qui est un archéologue diplômé (je suis d'accord avec l'affirmation disant qu'un diplôme n'a qu'une valeur provisoire si on considère la réalité de la mémoire humaine, mais la mention est aussi une forme de reconnaissance) et reconnu, je m'en servirai donc, avec des historiques de chercheurs locaux de préférence en comparaison et ajouts de données, mais aussi mes propres recherches...

Pedro simon

Fray Pedro Simon (1574-1628 (assassiné))

 

La première mention des pierres proviendrait d'un prêtre espagnol voyageant dans la région d'Ica vers les années 1610. Le Père Simon (Fray Pedro Simon), missionnaire jésuite (franciscain pour être plus précis), nota son étonnement en voyant certaines pierres gravées. Ce moine très érudit écrira 5 volumes sur l'Histoire de la conquête espagnole de l'Amérique Latine, dès les années 1610 donc, et on a retrouvé des éditions de ces volumes nommés "Noticias Historiales" datés de 1626-1627 en Espagne, puis d'autres rééditions du 19ème siècle. C'est surtout dans les volumes 4 et 5 (où il parle du Pérou) que l'on retrouve des références aux pierres, car il y décrit bien des voyages le long des côtes péruviennes et la mention du peuple de Ocucaje (proche d'Ica, créée en 1563 et nommée d'abord Villa de Valverde), ainsi que la mention de pierres inédites. Il est assez probable que ce moine ait relevé et noté des données transmises par les anciens conquistadors et des prêtres précédents, car il a été principalement affecté à Grenade, en Colombie et au Venezuela.

Noticiashistorialesv01 1565 1627pub

Inédites car il les mentionne (alors que des pierres ou plaques gravées ne sont pas rares au Pérou) en faisant des suppositions. On peut supposer que ce religieux aurait bien connu le haut lieu secret de Ocucaje. En voulant peut-être même l'inventorier en partie, sans en révéler son existence et le sens. Car le zèle pieux extrême pratiqué par les clercs du Moyen Age, dont il avait la réputation, ne pouvait qu'interpoler le message des Prédécesseurs Superieurs visible sur quelques pierres gravées représentant le péché originel, la Nativité, la fuite en Egypte et la Passion de Jésus... Le moine parle en effet (évidemment) de pierres montrant des idoles et des démons, des monstres et le diable visibles sur ces pierres...

(http://lecturapiedrasdeica.blogspot.fr/2009_01_01_archive.html)

(https://archive.org/details/tierrafirmeindias04simbrich)

(https://archive.org/details/tierrafirmeindias05simbrich)

Noticiashistorialesv04 1565

En 1562, des explorateurs espagnols auraient envoyé des pierres en Espagne, pour le Trésor Royal. C'est peut-être l'une de ces pierres du 16ème siècle qui sera montrée au 20ème siècle par la Reine d'Espagne.

 

Le chroniqueur indien, Juan de Santa Cruz Pachacuti Yamqui Salcamayhua, écrivait en 1613 ((ou entre 1620-1630 selon les auteurs) dans son oeuvre Relación de las antigüedades deste Reyno del Piru), que beaucoup de pierres sculptées avaient été trouvées au temps de l'Inca Pachacutec (1438-1478) dans le royaume de Chincha, vers Chimchayunga, des pierres qui ont été appelées "Manco". Chinchayunga était connu comme le bas pays de la côte centrale du Pérou, où se trouve Ica aujourd'hui. En fait, il y a dans son livre un dessin de son interprétation de la cosmologie inca (avec le dieu Viracocha en haut à gauche) sur lequel apparaîtrait possiblement une pierre d'Ica (en haut à droite), mais aussi une sorte de dieu reptile-dinosaurien (à droite), qui était à l'origine une image du Temple du Soleil Qurikancha à Cusco (détruit par les Espagnols). Voir ce dessin ci-dessous :

Santa cruz pachacuti yamqui es

 

Notez bien que, étant donné la période historique et les personnalités de ces deux auteurs, il est difficile d'être certain à 100% qu'ils parlaient bien des galets semblables à ceux encore découverts actuellement dans des couches géologiques anciennes ou des tombes (selon un reportage récent notamment). Mais le prêtre a bien fait la distinction entre des murs gravés et des pierres gravées, et ces dernières l'ont suffisamment troublées pour qu'il parle de démons, d'idolatrerie et de monstres, ce qui est assez logique pour un franciscain de cette époque, alors que le second, un indien de la noblesse inca érudite a été un peu plus précis encore, avec même un dessin qui offre assez peu de doutes sur une correspondance d'avec un galet gravé de la région d'Ica (même si la cité d'Ica est relativement récente historiquement, la région a été habitée par les Paracas, les Nazcas et des tribus indiennes depuis 2800 ans minimum... et on a aussi trouvé des preuves d'activités préhistoriques humaines remontant à -12800 ans au Pérou... les chasseurs-cueilleurs étant nomades, on peut imaginer qu'ils ont visité et campé sur beaucoup d'endroits...

Le père de Javier Cabrera, Dom Pedro, avait neuf ans environ en 1906, quand il accompagna son père à l'extérieur d'Ica et le vit découvrir trois ou quatre pierres dans des tombes. Le grand-père de Javier Cabrera, comme beaucoup d'autres riches péruviens, possédait une vaste collection d'artefacts précolombiens. Les trois ou quatre pierres gravées ont été volées ou perdues longtemps avant la naissance de Javier Cabrera en 1926.

En 1909, l'archéologue Carlos Belli, en collaboration avec certains Huaqueros (pilleurs de huacos) (le fait est attesté par son propre fils), a mené une longue série d'enquêtes dans la vallée de Nazca et Ica River et y fait de nombreuses découvertes, dont des galets gravés. Il les entrepose dans sa propre maison, qui deviendra en 1940 le Museo Arqueológico Carlos Belli, où plusieurs pierres y seront longtemps visibles.

En 1936, des paysans labourant les champs à l'extérieur d'Ica, à Salas, ont découvert une seule pierre. Les autorités ont alors attribué les pierres gravées aux Incas parce que la prépondérance des céramiques, des textiles et des momies était associée aux Incas dans la région de Salas.

En 1941, l'archéologue José Tello (spécialiste de Chavin avec des fouilles entre 1919 et 1940) découvre dans une tombe un vase en pierre montrant un animal étrange gravé dessus.

A partir de 1955, les frères Carlos et Pablo Soldi commencent à collectionner 114 pierres qui seront plus tard données au Musée régional d'Ica.

Soldi stone

L'une des rares photos d'un galet trouvé par les frères Soldi et offerte au musée régional d'Ica (qui ont disparues ?) ce galet gravé n'est pas très semblable à ceux du musée Cabrera - (Crédit A. Veciana)

En 1960, un embaumeur du désert Ocucaje met en garde contre les pierres (dans un article de journal local).

En 1961, le Professeur Alejandro Pezzia, conservateur du Assereto Ica Museum, a écrit les lignes suivantes dans un livre publié en 1968 (Ica y el Perú Precolombino, Tomo I “Arqueología de la provincia de Ica") : " Dans la vallée d'Ica, en 1961, font leur apparition sur le marché un grand nombre de pierres gravées qui se manifestent en tant que nouveaux vestiges artistiques élaborés par les artistes iqueños précolombiens. Il est intéressant de noter que les pierres dont nous avons parlé ont intrigué les archéologues, car elles ont fait leur première apparition en 1960. Elles se trouvent notamment dans les dépôts cachés sous les pentes des collines des haciendas Ocucaje et Callando, dans la vallée de la rivière Ica (à l'entrée de la voie ferrée) ". " Les Pierres, dit Pezzia, avec des motifs anthropomorphes composés de visages humains et d'autres plus compliqués; des exemplaires décorés de motifs ichtyomorphes (poissons), d'autres pierres avec des motifs de serpents dans une technique réaliste. Les autres échantillons correspondent à des représentations classiques de lézards, crapauds, des quadrupèdes, des perroquets, des insectes et de multiples figures. De nombreux modèles sont adaptés à de grandes analogies avec les styles des cultures Paracas, Nasca et Ica Tiwanaku, en particulier les motifs de poissons, de serpents, de perroquets et d'insectes. ". Et Pezzia mentionne cinq collections privées de pierres gravées extraites du désert de Ocucaje, parmi lesquelles celle du Dr Cabrera, avec plus de 1500 exemplaires déjà en 1968...

AlejandroPezzia-1968

Le livre de Alejandro Pezzia montrant le vase découvert en 1941 par l'archéologue José Tello et la description de la découverte d'une tombe contenant une authentique pierre d'Ica... (tombe identifiée comme étant Paracas, 800 Av. JC).

 

Entre la fin des années 1950 et 1961, le Professeur Santiago Agurto Calvo, recteur de l'Université nationale d'ingénierie fait des fouilles dans Ocucaje et dans quelques tombes précolombiennes sont découvertes de nombreuses pierres gravées dont il commence à faire la collecte. Il poursuit ses explorations dans le secteur de Toma Luz de l'hacienda Callando dans la vallée d'Ica. En 1966Santiago Agurto Calvo a publié un article sur sa propre collection personnelle dans le journal El Comercio, intitulé "Les pierres magiques de Ocucaje" (1966), qui détaille un rapport commandé à l'Ecole des Mines de l'Université Nationale d'Ingénierie et produit par Fernando de las Casas et César Sotillo. Ceci dit : “Todas las piedras son andesitas fuertemente carbonizadas, a pesar de que por su coloración y textura externa parecen ser, entre sí, de distinta naturaleza. Las piedras proceden de capas de flujos volcánicos correspondientes a series del mesozoico característico de la zona. La acción del intemperismo ha atacado la superficie de las piedras, cambiando los feldespatos en arcilla, debilitando por tanto su grado de dureza externa y formando una especie de cáscara que rodea la parte interior. La dureza exterior corresponde en promedio al grado 3 de la escala de Mohns, llegando a ser hasta de 4 y medio grados en la parte interna no atacada por el intemperismo. Las piedras pueden ser trabajadas prácticamente con cualquier material duro como huesos, conchas, obsidiana, etc., y, naturalmente, con cualquier instrumento metálico prehispánico” : (traduction par Yves Herbo) : " Toutes les pierres sont en andésite fortement carbonisées, bien que de par leur couleur et leur texture externe, elles paraissent, par comparaison, de nature différente. Les pierres sont des couches de coulées volcaniques correspondant à l'ère Mésozoïque caractéristique de la région. L'action de l'altération (érosion) a attaqué la surface des pierres, changeant les feldspaths en argile, affaiblissant ainsi le degré de dureté externe et formant une sorte de coquille entourant la partie intérieure. La dureté moyenne extérieure correspond au grade 3 de l'échelle de Mohns, devenant jusqu'à 4 degrés et demi à l'intérieur non attaqué par les intempéries. Les pierres peuvent être travaillées pratiquement avec tous les matériaux durs tels que des os, des coquillages, de l'obsidienne, etc., et naturellement avec tout instrument métallique préhispanique. Après plusieurs tentatives infructueuses, c'est le 20 Août de cette année (1966) que j'ai eu la chance de trouver une pierre sculptée dans une tombe du cimetière pré-hispanique appelé Tornaluz à l'Hacienda Cayango, département de Ica. Le cimetière, situé dans un site archéologique fouillé abondamment, avait été récemment découvert et semble être une petite partie d'un grand complexe nécrologique. Le tombeau de référence est au sommet, orientée nord-sud le long de son axe longitudinal. En creusant la tombe ont été trouvés, comme le montre le croquis, des restes humains, des céramiques et dans l'une de celles-ci, une pierre sculptéeLes céramiques trouvées ont la forme, la couleur et la décoration caractéristique de la culture Huari-Tiahuanaco qui a existé dans le département d'Ica, de sorte que l'origine des pièces ne cause pas de doute et qu'on peut estimer leur âge, à environ six cents à neuf cent ans. ". Mais la pierre gravée, non datable, a pu être découverte a cette époque et mise dans la céramique, bien que sans lien avec cette culture, évidemment... " La pierre est un petit rocher aplati, de 5,5 x 4 x 2 cm, d'une texture brune et légèrement rugueuse. D'un côté est un oiseau portant un maïs et avec les ailes déployées en vol. La sculpture a été réalisée par des incisions et des coupes chanfreinées produisant l'impression d'un relief élevé. La conception est solide et sûre, magnifiquement dessinée et fait bon usage de la surface de la pierre. Informé du fait, le directeur du musée de Ica, M. Adolfo Bermudez, et le conservateur de celui-ci, l'archéologue Alejandro Pezzia étaient intéressés profondément par elle, a confirmé le classement des restes trouvés et d'accord avec moi sur la façon la plus commode pour annoncer la découverte. Le 10 Septembre, accompagné du Dr Pezzia, nous avons travaillé toute la journée dans le cimetière de Tomaluz; mais, en dépit du matériel archéologique tianuanaco abondant trouvé, nous n'avons trouvé aucune pierre sculptée. Le lendemain, nous nous sommes dirigés vers la bande du secteur de l'Hacienda Ocucaje, et choisi comme poste de travail le dénommé Cimetière Max Uhle. Là, après avoir excavé plusieurs tombes, on a trouvé dans l'une d'entre elles, dont l'excavation a été témoin le Dr Pezzia, une autre pierre gravéeLe tombeau, situé dans le fond du cimetière, à en juger par la preuve qui a été trouvé en lui, correspond à la culture Paracas qui s'est produite dans OcucajeQuant à la "pierre magique", elle est de forme ronde et oblongue et une texture semi-rugueuse. D'un côté, il est représenté une figure étoilée presque symétrique qui pourrait bien être la stylisation d'une fleur. La sculpture est probablement dessinée avec des incisions d'épaisseur et de profondeur différentes en fonction de la forme. Le design est élégant et précis, avec un raffinement dans certains détails et une bonne utilisation de la face supérieure de la pierre. Selon les éléments de preuves trouvés avec elle, la pierre correspond au Paracas-Ocucaje Caverns et l'âge est estimé entre 1500 et 2300 ansAvec cette constatation, en présence d'un archéologue éminent comme le Dr Pezzia, se ferme un chapitre de l'histoire des pierres magiques de Ocucaje et s'en ouvre un plus prometteur et intéressant ".

" Une question fondamentale, conclut l'article de Santiago Agurto Calvo : vont-elles être fausses, seront-elles authentiques ?, il a monté en moi la chance claire, de passer à d'autres questions aussi excitante que la première, mais plus difficile à répondre. Je suis sûr que les archéologues et les chercheurs du pays donneront une réponse rapide et sûre qui saura satisfaire notre curiosité et enrichir l'histoire et la culture du Pérou... ".

 

Corte pierreicatombe

coupe schématique d'une tombe préhispanique avec une pierre gravée, datation entre 1500 et 2300 ans... (Alejandro Pezzia - JJbenitez.com)

En 1965Hermann Busse de la Guerra, l'un des plus grands historiens péruviens, publie "Introduction au Pérou", où il se référe aux pierres d'Ica qu'il a examiné dans la collection Soldi, y compris au musée national d'Ica où certaines ont été exposées plusieurs décennies. Il rapporta aussi des propos des frères Soldi, qui affirmaient que les pierres qu'ils avaient trouvé au début des années 60 étaient souvent couvertes d'une couche de salpêtre, ce qui indiquait qu'elles avaient une certaine ancienneté... Dans son livre, il écrit aussi nettement que, quelques années plus tôt en 1961, une crue de la rivière Ica avait mis en évidence de nombreuses pierres précolombiennes que les paysans avaient récupéré et vendu.

Une étude fut réalisée en 1966 par deux ingénieurs, Fernando de las Casas et Cesar Sotillo, sur des pierres que Santiago Agurto Calvo avait acheté à des huaqueros en 1962. L'étude conclut que les pierres étaient d'une dureté faible permettant de les travailler avec n'importe quel outil rudimentaire en os, en obsidienne ou en métal... ce qui pouvait en faire des artefacts précolombiens, mais n'excluait pas pour autant l'hypothèse d'un canular (dans ce cas monté déjà au tout début des années 1960 par des huaqueros ?).

En 1966, une pierre gravée est offerte au médecin péruvien Javier Cabrera Darquea (descendant d'un des fondateurs de Ica), pour son 42e anniversaire par son ami, le photographe Felix Llosa Romero. Cabrera affirmera par la suite y avoir reconnu le dessin d'un poisson éteint depuis des millions d'années. 

Jusqu'ici, et selon l'avis de nombreux chercheurs, y compris des sceptiques et détracteurs, les galets gravés d'Ica sont considérés comme authentiques : ils montrent des scènes classiques des civilisations de Paracas et de Nazca, des fleurs, des animaux connus, des gravures géométriques, des déités et cultes classiques, peut-être même des descriptions de procédures médicales (il est avéré que les Nazcas pratiquaient une chirurgie élaborée, y compris des trépanations et une momification poussée des défeints). Les témoignages des archéologues et chercheurs cités au-dessus sont assez clairs à ce sujet. Les choses se gâtent quand Mr Cabrera, peut-être obsédé par cette image de "poisson préhistorique", commence à vouloir réunir le plus possible de nouvelles pierres... incitant peut-être sans le vouloir au début les huaqueros et les paysans locaux à vouloir lui faire plaisir... avec rétribution... On suppose ici que Mr Cabrera était amateur éclairé ou passionné sur la préhistoire (car comment aurait-il reconnu un poisson préhistorique sur la première pierre qu'il ait vu (ou revue si on suit le fait que son père en possédait auparavant) sinon ?) mais il semble établi qu'il est apparemment le seul au début à récupérer et collecter des pierres comportant des dessins de dinosaures (de diverses périodes et ères préhistoriques, n'ayant jamais "cohabitées ensembles", pas plus qu'avec l'être humain à priori... si il s'agit bien d'êtres humains bien sûr !)...

Description des pierres d'Ica : elles sont en andésite, une roche volcanique abondante dans la région d'Ica, qui a été analysée comme datant du Mésosoique (Le Mésozoïque est une ère géologique qui s'étend de -251 millions d'années à -65,5 millions d'années, donc sur une période de 185,5 millions d'années, et appelée anciennement Ère secondaire (ou Ère des Reptiles car c'est l'ère où apparaissent la majorité des espèces de dinosaures et des premiers mammifères)). Elles sont le plus souvent noires, mais peuvent prendre d'autres teintes (gris, jaune ou rose). Leur taille est également très variable, du galet de 20 g pour les plus petites au rocher de 500 kg pour les plus grosses. La grande majorité des pierres sont cependant de gros galets de quelques kg. Les pierres d'Ica sont le plus souvent gravées, parfois sculptées en bas-relief, dans le style des cultures précolombiennes pré-incas (Nazca, Paracas, Tiahuanaco...) et incas. Certaines pierres sont très frustres, tandis que d'autres présentent des compositions artistiques plus riches et détaillées
Elles dépeignent une grande variété de scènes, parmi lesquelles on peut ainsi observer :

- des animaux courants divers et des plantes locales ;

- des scènes de la vie courante, des cérémonies religieuses ;

- des scènes sexuelles : masturbation, homosexualité, bestialité...

Ces trois premiers types se rencontrant sur d'autres supports connus et archivés par les scientifiques (murs, poteries...), ces pierres ont été considérées comme authentiques lors de leur découvertes et semblent communes (et de peu de valeur étant donné leur nombre)...

- des technologies futuristes : des astronomes utilisant des télescopes, des chirurgiens réalisant des opérations complexes (transplantations d'organes, césariennes, opération à coeur ouvert, trépanations, études d'embryons humains ou animaux), des machines volantes... (interprétations parfois non évidentes, même si on a su et prouvé par la suite qu'en effet, les Nazca et les Incas ensuite, ont pratiqué des trépanations et possédaient des instruments chirurgicaux sophistiqués pour leur période...).

- des paysages étranges ou des cartes montrant des continents inconnus, dans lesquels certains (comme Javier Cabrera) ont reconnu d'autres planètes ou des continents perdus comme l'Atlantide et Mu ; (interprétations souvent non évidentes).

- des cartes du ciel montrant des étoiles et des astres divers ; (les connaissances et pratiques astronomiques d'une élite précolombienne sont attestées).

- des monstres imaginaires (dragons, chimères, sirènes...) ou des dinosaures ; (interprétations souvent non évidentes).

- des populations précolombiennes combattant des dinosaures et des monstres divers, ou les utilisant comme monture (interprétations souvent non évidentes).

On estime à entre environ 50000 à 60000 le nombre de pierres d'Ica présentes dans divers musées et collections (20000 dans le musée de Cabrera en final), sans compter les milliers d'autres probablement entreposées chez des particuliers locaux et dans le monde entier...

Dès 1966 donc, Javier Cabrera se procura dans un premier temps 341 nouvelles pierres d'Ica en les achetant aux frères Soldi pour la faible somme de 7000 soles péruviennes car ces collectionneurs n'arrivaient pas, de toute façon, à les revendre ou à intéresser des archéologues sur ces galets (moins de 40 euros). Puis Cabrera en acheta plusieurs milliers d'autres à des paysans de la région d'Ica, notamment à Basílio Uschuya et Irma Gutierrez de Aparcana

Entre la fin des années 1960 et les années 1980, Javier Cabrera Darquea a augmenté sa collection de plus de 11000 pièces. Les pierres d'Ica furent exposées dans un premier temps dans la Maison de la Culture d'Ica. Puis dès 1968, craignant que les pierres ne soient soustraites à la vue du public comme celles du Muséum Régional d'Ica, Javier Cabrera Darquea déplaça sa collection dans sa propre maison qu'il reconvertit en un musée consacré exclusivement aux pierres d'Ica. Cabrera contacta également des spécialistes de l'histoire précolombienne pour leur demander d'examiner les pierres d'Ica, et il attira l'attention de la presse sur leur existence dès 1967...

Cabrera mac laine daniken

Dr. Cabrera avec l'actrice américaine Shirley MacLaine (à gauche) et avec Erich von Däniken (à droite) - (Crédit photo piedrasdeica.es)

 

Suite à la parution du best-seller d'Erich von Däniken Présence des extraterrestres (plus connu sous son nom anglais : Chariots of the Gods ?) en 1968, de nombreux auteurs partisans de la théorie des anciens astronautes rédigèrent des livres sur l'existence d'un ancien contact avec les extraterrestres ; les pierres d'Ica y furent souvent mentionnées, ce qui contribua à faire connaître leur existence dans le monde entier. Il est a noter que Erich von Däniken rendit de nombreuses visites au Dr Cabrera, mais que ce dernier refusa toujours de lui révéler l'endroit précis de la découverte de ces pierres (et malgré la richesse de l'auteur et ses probables propositions financières).  En 1973, lors d'un entretien avec Basilio Uchuya, ce dernier lui avoua avoir créé lui-même les pierres qu'il avait vendu à Javier Cabrera Darquea. Il avait copié les gravures en s'inspirant de bandes dessinées, de magazines et de livres diversDäniken, pourtant au départ très favorable à l'authenticité des pierres, conclut à la fraude pour une grande partie des pierres d'Ica. L'auteur persista cependant toujours à affirmer que certaines pierres de la collection Cabrera étaient authentiques, et qu'une étude au microscope permettait de distinguer les vraies pierres (patine avec microorganismes dans les gravures) des fausses (traces d'usinage). Il fit d'ailleurs faire des analyses des pierres dans 5 laboratoires différents, qui démontrèrent à priori ce fait, grâce à la petite couche de patine présente ou non sur les gravures... Toutefois, quelques temps plus tard, Uchuya affirma au journaliste allemand Andreas Fischer que les pierres étaient authentiques. S'il avait prétendu les avoir fabriquées, c'est parce qu'il craignait d'être mis en prison pour recel d'artefacts archéologiques - les autorités péruviennes réprimant fermement le pillage de sites archéologiques.

Javier Cabrera affirmait avoir fait réaliser en 1967 une expertise d'une trentaine de ses pierres, dont certaines parmi les plus controversées, montrant des dinosaures. Elles furent examinées par le géologue Eric Wolf, qui observa que les pierres étaient recouverte d'une fine patine d'oxydation, y compris au niveau des gravures, ce qui le conduisait à penser qu'elles étaient anciennes. En outre, les gravures avaient été exécutées juste avant que les pierres n'aient été déposées dans les tombes ou les lieux archéologiques où elles avaient été découvertes... ce qui, selon Cabrera, indiquait qu'il ne s'agissait pas de simples objets d'art décoratifs mais qu'on avait cherché à les mettre à l'abri pour les transmettre à la postérité.

En 1969, une nouvelle publication archéologique intervient : un Guide de la carte archéologique et pictographique du département d'Ica est publié en 1969. Ce texte décrit comment, le 26 Octobre 1966, l'archéologue et conservateur du musée d'Ica, Mr Pezzia, a découvert une troisième pierre sculptée dans une tombe du cimetière San Evaristo, à l'Hacienda Tomaluz (région Cayango d'Ica). " La tombe, dit Pezzia, a été formée par une fosse circulaire de 1,20 m de profondeur. A 50 cm de la surface se trouvait la tête et les restes d'une momie correspondant à un enfant de sept ans, regardant vers le sud, avec des restes humains détruits par un processus de carbonisation, à l'exclusion de la mâchoire inférieure et de quelques petits os. En observant il a constaté la position assise de la momie. Dans la section précédente de la momie et au niveau de la région pectorale, est-ouest, ils ont découvert les documents suivants: La première preuve archéologique correspondait à une roche ou rocher d'andésite fortement carbonisé d'un type de forme elliptique et plat, étant décoré selon le paragraphe suivant. La pierre est noire avec des taches brunes, avec 65 millimètres de longueur, 45 de large et 20 d'épaisseur, ayant la surface inférieure non décorée, mais une surface ondulée. Le spécimen a été trouvé dans une position horizontale avec la face gravée vers le haut et à proximité de la hauteur des épaules de la momie. La décoration correspond à un «poisson» dans une technique réaliste, un corps allongé, une grosse tête, la bouche et les yeux moyens, une grande nageoire dorsale, deux petites branchies ventrales et une queue robuste et se terminant par un écoulement d'ailettes symétriques. Toutes les nageoires sont décorées par des lignes croisées. La conception occupe presque toute la surface de la pierre et est tracée sur le diamètre perpendiculaire de celle-ci. La relique se comporte comme un nouvel élément culturel de la préhistoire régionale, trouvé en association archéologique. Sans doute ces pierres gravées ont dû jouer un rôle important dans les croyances des populations isolées de la vallée d'Ica, à en juger par son symbolisme appréciable. Actuellement, ces témoignages sont investigués sur toute l'étendue des conclusions précises... ". Et le prestigieux archéologue péruvien conclut son rapport avec les mots suivants et dévastateurs: " La référence de la tombe a servi à vérifier l'authenticité des pierres gravées à l'époque du Moyen Horizon de la vallée de Ica ". A l'époque, les pierres sont, avec aucun doute, authentiques, car excavées de tombes inconnues par des scientifiques... même si ces dessins sont inconnus culturellement, il n'y a pas de doutes. C'est la notion de dinosaures associés à des humains qui transforment les pierres en impossibilité... puis faux. Mais en fait, était-ce des humains ? ou même une ère précise connue ? La vérité est probablement ailleurs qu'une simple logique...

Le Guide archéologique confirme en tout cas que :  le 20 Août 1966, l'architecte trouve une pierre gravée dans une tombe préhispanique à l'Hacienda Cayano (LCA). D'un côté, elle présente un oiseau aux ailes déployées. Âge de la tombe: entre six cents et neuf cent ans. Le 11 Septembre 1966, au Cimetière Max Uhle (LCA). Santiago Agurto Calvo et l'archéologue Alejandro Pezzia trouvent une deuxième pierre sculptée. Sur un côté un glyphe apparaît comme une étoile. Âge de la tombe: entre quinze cents et deux mille trois cents ans. Le 26 Octobre 1966, Pezzia déterre une troisième pierre gravée dans le cimetière de San Evaristo (Tomaluz, lca). La gravure représente un «poisson». Âge de la tombe: environ un millier d'années. En Octobre 1966, Alejandro Pezzia trouve une quatrième pierre gravée à cinquante mètres de la précédente, à 1,60 mètres de profondeur, dans une tombe de sable cylindro-conique avec une faible humidité. A côté des restes de deux momies est découverte une pierre presque plate gravée, du type andésite, noire, elliptique et de 66 millimètres au plus grand diamètre, 45 au plus petit diamètre et 16 mm d'épaisseur. Elle est gravée sur l'une de ses faces, avec une technique d'incision. Dans le dessin, on voit une flamme dans une conception réaliste. Cette gravure couvre toute la surface de la pierre, avec une grosse tête, des petites oreilles, un oeil elliptique, un museau rectangulaire et un cou court. Âge de la tombe: neuf cents ans.

Toujours en 1969, le 28 Janvier 1969 exactement, le professeur Trimborn et aussi le Dr. Frechen et ses assistants du laboratoire de Pétrologíe de l'Université de Bonn en Allemagne, analysent trois pierres gravées qui leur a été amenées par le géologue Eric Wolf. Trimborn, l'une des grandes autorités du monde de la culture et d'ethnologie du Pérou et de la Bolivie, analyse trois pierres gravées d'Ica et émet le jugement suivant: " ... On ne peut déterminer l'âge de la rainure, ou le moment où la gravure a été remplie. (Ces incisions sont toujours remplies par de la terre.) Nous pensons qu'il n'y a personne dans le monde qui puisse témoigner avec précision de l'âge exact de ces gravures. L'oxydation couvre efficacement la totalité de la pierre. Cependant, nous le répétons, on ne peut déterminer son âge. Cependant, ces images ou ces gravures ne sont pas récentes ".

En 1971, apparemment à nouveau sous la menace de problèmes avec les autorités péruviennes, Basilio Uchuya montra au reporter Alex Chionneti un des magazines que Cabrera lui aurait donné, qui exposait différents types de dinosaures, pour qu'il s'en serve comme source d'inspiration. Le paysan préfère directement accuser le Dr Cabrera donc, sans apporter de preuves, mais se fait payer par le journaliste pour ces infos.

En 1974, suite à deux visites au musée des pierres d'Ica en 1973, Robert Charroux discute de l'affaire d'Ica dans tout un chapitre de son livre L'Enigme des Andes, sans réellement se prononcer sur l'authenticité de toutes les pierres, il pense que " les pierres proviennent peut-être de l'un des sanctuaires secrets où les habitants de l'Atlantide ont laissé de vastes témoignages de leur civilisation avancée "...

Le célèbre journaliste du paranormal, Juan Jose Benitez, dans son livre "Existió Otra Humanidad" (1975), présente sa version des événements. Pour lui, les pierres vendues sur le marché noir étaient évidemment faites par des artisans qui essaient d'imiter les motifs et les dessins que le Dr Cabrera gardait dans son musée, et qui étaient authentiques. " Irma Acarpana, comme Uchuya et le reste des familles qui habitent Ocucaje, avait été pendant plusieurs années - éventuellement depuis 1962 - voir les pierres qui gisaient au fond du désert. Cela pourrait très bien expliquer que les motifs choisis par elle à "graver" sur les pierres déposées sur le sable de sa cour étaient si semblables, ou tentaient de paraître, de parler de certaines propriétés, à l'authentique collection d' "idéogrammes" de Javier Cabrera. En réalité, comme je l'ai confessé quelques minutes après Tito Aisa, la véritable cible de la vieille Irma, ce n'était pas exactement de vendre la pierre, mais de "protéger" ceux qui pourraient effectivement être mis en difficulté. Tito faisait allusion, bien sûr, à la police ou les archéologues officiels. La pierre à moitié gravée du dossier était la meilleure preuve qu'elle "avait travaillé" les rochers ... ". Cela se complique en effet, car les huaqueros, pour se protéger de la police, montre volontairement et facilement qu'ils font des faux (ce qui n'est pas interdit !) et ne vendent aucun vrai artefact qui pourrait les mener en prison à cause des lois sur la protection des vestiges archéologiques...

En janvier 1975, Basilio Uchuya et Irma Gutierrez de Aparcana affirmèrent donc à nouveau au journal péruvien Mundial qu'ils avaient fabriqué eux-même leurs pierres. Ils en avaient vendu principalement à Javier Cabrera Darquea, ainsi qu'à divers touristes dans une moindre mesure. De Aparcana montra aux journalistes l'endroit où elle extrayait les pierres et affirma qu'elle se dédiait entièrement à la fabrication des pierres, ce qui lui permettait d'en réaliser une vingtaine chaque semaine. Uchuya précisa quant à lui qu'il fabriquait des pierres depuis près de 10 ans mais qu'il avait arrêté d'en faire depuis quelques années déjà. Tout ceci n'expliquant pas les 11000 pierres récupérées par Cabrera en moins de 10 ans. Il détailla le processus lui permettant de produire les pierres : il brûlait les roches, les gravait avec un couteau à double lame, puis les plaçait un certain temps dans de l'argile, et il terminait son travail en les passant au cirage noire à chaussure. Enfin, Uchuya affirma que Cabrera lui-même était au courant de la supercherie. Mais il s'avéra que Mundial n'avait aucune réelle preuve de ces allégations, car les journalistes (qui avaient payé les huaqueros), malgré leurs promesses de le faire, ne publièrent aucun film de cette fabrication artificielle ni de l'endroit d'où était extrait les pierres. La seule photo fut celle de Uchuya montrant un magazine des années 1970 affichant des dinosaures...

Basilio con recorte de dinosaurios

 

En 1976, le biologiste américain Ryan Drum étudia les pierres au microscope et n'y décela aucune trace d'usinage. " j'ai étudié les roche avec un agrandissement de 30 et 60 avec un microscope électronique et je n'ai pas trouvé, dans les incisions, des traces de manipulations. Si les pierres sont authentiques, alors elles ont une valeurs inestimables ; si elles sont une blague, étant donné la masse, et la précision des détails nous devrions étudier anthropologiquement parlant son auteur...".

La même année 1976, un ingénieur de la NASA convaincu que par le passé la Terre a été visitée par des aliens, Joseph Blumrich, analysa lui aussi une pierre d'Ica et observa une patine d'oxydation recouvrant toute la pierre, y compris les gravures. " je suis resté profondément impressionné par ce que j'ai vu. Et je suis très heureux d'avoir trouvé une evidence aussi directe de ce que je crois. Je n'ai aucun doute sur l'authenticité de ces pierres ".

 

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Visibles que du ciel - 3

Visibles que du ciel - 3

Adams ohio greatserpent mini

 

1er volet : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/preuves-autre-histoire/visibles-que-du-ciel-1.html

2ème volet : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/preuves-autre-histoire/visibles-que-du-ciel-2.html

 

Voici le troisième volet d'une nouvelle série d'articles compilant les données connues sur ces étranges oeuvres humaines qui ne sont pleinement visibles et admirables que du ciel, c'est à dire d'une certaine hauteur dans l'atmosphère (bien que les grandes lignes de Nazca par exemple soient même visibles de satellites). Je vais donc parler de, et montrer ces gigantesques énigmatiques oeuvres d'art pour certains, cultes aux anciens dieux venus du ciel pour d'autres, témoignages de connaissances ancestrales liées aux astres célestes et à l'agriculture pour encore d'autres... et, comme ma qualité et imagination d'écrivain d'anticipation passionné d'Histoire ancienne me le permet, au contrario d'une science frileuse qui vit de ses théories mal remises en question, je me permettrai donc quelques hypothèses, englobant, vous vous en doutez, la possibilité et même probabilité (la mémoire étant une denrée non périssable pouvant faire abstraction du temps comme de l'espace matériel) d'une grande civilisation mondiale perdue physiquement mais non spirituellement... (je rappelle que, contrairement à ce qu'affirment certains scientifiques, l'écriture n'est pas absolument nécessaire pour que certains faits soient transmis à travers les générations : les mythes et légendes transmises oralement, par dessins et signes en sont des exemples évidents, sans compter la probabilité de l'existence d'une mémoire ancestrale (via l'ADN ?) quand on met en relation (par exemple) la notion de "licorne" en liaison avec la découverte récente d'un animal préhistorique y ressemblant, contemporain de l'homme préhistorique bien avant l'invention de l'écriture...

 

Ce troisième volet vous parle toujours de structures à priori créées par l'être humain, mais un peu plus spécifiquement en relation avec un rite ou culte pratiqué par de nombreuses civilisations du passé. On peut même dire que ces rites remontent probablement aux origines de l'Humanité tant les sources sont reliées aux plus anciennes civilisations connues et visibles dans le monde entier (sous formes de gravures, statues, pétroglyphes, écrits, ...). Il s'agit du culte du Dieu-Serpent (bien réel sans être relié obligatoirement à la théorie des "reptiliens", qui reste une théorie !) et, bien sûr, des quelques glyphes ou structures visibles du ciel (ou qui l'étaient avant leur destruction, effacement...). Un culte qui n'est pas uniquement réservé en Amérique du Sud ou Centrale au Dieu Quetzalcoatl (le Dieu Serpent à plumes) ou autre, mais dont on trouve les traces en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, Moyen-Orient et Croissant fertile, Afrique, Australie...Ce culte ou rites particuliers (remontant au chamanisme et aux chasseurs-cueilleurs)  pourrait faire l'objet (et a dû déjà le faire d'ailleurs !) de toute une série d'articles tant la matière est importante au niveau mondial...

 

C'est à nouveau dans le sud de la Grande-Bretagne et sur ses grandes collines de craie que nous revenons en premier car, au milieu des glyphes de Chevaux Blancs (dont le fameux Cheval Blanc de Ufington daté de l'âge du Bronze (3000 ans avant maintenant) minimum) et des nombreux tumulus remontant à l'époque néolithique et jusqu'à l'âge du fer, se trouve le site d'Avebury, également dans le Wiltshire. A cet endroit on trouve encore les restes de l'immense Temple du Serpent. Il s'agit du site de l'ancien temple païen le plus important de Grande Bretagne, des spécialistes disent en effet par exemple que comparer Stonehenge (qui se trouve à 25 km seulement) à Avebury revient à vouloir comparer une petite église à une cathédrale !

 

Avebury stukeley1

Entre 1720 et 1723, Stukeley étudie et dessine l'intégralité de ce qu'il nomme "Temple du Serpent" juste après sa destruction... de nombreuses gravures montrent le paysage et un grand nombre de structures et pierres disparues (réutilisées) ou enterrées depuis...

 

Heureusement, l'Histoire, via l'archéologue William Stukeley, archéologue-antiquaire du 18ème siècle britannique, a permi de conserver de bonnes données sur l'apparence du Temple avant sa destruction. En effet, cet archéologue a étudié le site au moment où il a été rasé par les villageois, soutenus par l'église locale... Il en fit plusieurs gravures pour conserver une trace de la disposition originale du complexe avant sa presque totale destruction. Stukeley a décrit le site comme un Temple dédié au Serpent. Le corps du serpent était formé par deux avenues de pierres qui passaient exactement au centre du " henge " (le cercle de pierres levées). Cette notion a été confirmée par Hamish Miller au 20ème siècle, radiesthésiste qui s'est servi des plans de Stukeley pour repérer les énergies du serpent dans le site d'Avebury... Beaucoup plus grand que Stonehenge, ce cercle de pierres levées et ces avenues en faisait un Temple du Serpent bien visible du ciel... On note aussi que Stukeley (dès 1720 donc !) avait surnommé les deux plus petits cercles comme étant des Temples "solaires " et " lunaires "...

 

Avebury stukeley2

étonnant paysage que celui dessiné en 1723 par Stukeley, avec une sorte de pyramide ronde à gauche "Old Bury", la colline de Silbury Hill au fond, sorte de pyramide tronquée au sommet plat, et les enceintes rectangulaires datées de l'âge du fer !

 

Voici comment il est décrit de nos jours : " Le monument est composé de plusieurs cercles de pierres (cromlechs/henges). Le cercle extérieur a un diamètre de 335 m (ou 421 m, talus et fossé compris). Il était composé à l'origine de 98 pierres, dont certaines pèsent plus de 40 tonnes. La hauteur de ces pierres varie entre 3,6 et 4,2 mètres. La datation au carbone 14 les place entre les années 2800 et 2400 av. J.-C. Le grand cercle est entouré d'un immense fossé, large de 21 m et profond de 11 m, et d'un talus haut de 9 m. Contrairement au grand cercle de Stonehenge I, le talus est ici à l'extérieur du fossé, ce qui exclut tout rôle défensif à cet ensemble. Le cercle a quatre entrées diamétralement opposées par paires : l'une N-N-O/S-S-E, l'autre E-N-E/O-S-O. Au centre du cercle extérieur sont disposés deux autres cromlechs. Le cercle du nord mesure 98 mètres de diamètre, bien que seules en subsistent quelques pierres. Le cercle du sud, mieux conservé, a un diamètre de 108 mètres. Certaines sections de ce cercle se trouvent à présent disséminées entre les maisons de ce pittoresque village. Une large « avenue » constituée de deux rangées de pierres dressées par paires (menhirs) part de l'entrée sud-est du grand cercle ; les traces d'une autre avenue partant de l'ouest ont été reconnues. Le tout fait donc 14 hectares et on trouve juste à l'extérieur du site le plus grand tumulus artificiel d'Europe, Silbury Hill, qui remonte selon les datations au carbone 14 à 2750 Avant J.C. Si la plus grande partie du Temple n'avait pas été détruit entre les 14e et 19e siècles (avec une forte attaque de l'Eglise puritaine au 18e), le site serait probablement plus connu et visité que Stonehenge... Notons pour finir que le site a finalement été très peu fouillé, et pas du tout dans les temps modernes...

 

Wiltshire avebury old depiction of the great stone circle

Le temple avait été reconstitué en partie au 19ème siècle par J. Britton, avec certaines pierres en béton... qui ont aussi disparu depuis.

 

Avebury templeserpent uk

 

Le site d'Avebury de nos jours... ainsi qu'en-dessous, envahi par le village...

Avebury1

 

Great Serpent Mound, Ohio, USA

 

Nous traversons maintenant l'océan Atlantique et une bonne partie des USA pour nous pencher sur une découverte faite tardivement, dans l'Ohio, et plus précisément dans le comté d'Adams. On sait que les indiens d'Amérique du Nord ont construit un nombre considérable de tumulus, sur tout le continent, y compris d'ailleurs dans toutes les Amériques. Par exemple, dans l'Ohio et états proches, les indiens Adena (parmis d'autres tribus, dont les Hopewell qui assimileront les Adena vers 100 Avant J.C.) en ont construit des milliers d'après les datations, entre 3000 et 1300 ans avant maintenant (les Hopewell disparaissant vers 700 après J.C), des monticules liés aux rites des morts car on y a trouvé de nombreux squelettes entiers, mais aussi des corps incinérés, accompagnés d'objets divers destinés à aider le défunt dans son voyage vers l'autre monde. L'une des choses les plus impressionnantes dans les monticules des Adena, c'est qu'un certain nombre d'entre eux ont une configuration géométrique, alors que d'autres ressemblent à des animaux vivants : des ours, des bisons, des boeufs, des renards, des aigles et même des êtres humains.

Mais le plus impressionnant de tous n'est pas un monticule comme les autres : il n'a pas contenu le moindre corps ni le moindre objet ! Et il est en forme de gigantesque serpent, dont on ne peut voir la forme que vu du ciel, bien sûr ! Gigantesque car le monticule fait 419 mètres de longueur et entre 30 centimètres et 1 mètre de hauteur...

 

Adams ohio greatserpent

 

C'est sans doute la raison pour laquelle il n'a été fouillé que vers 1846 par Ephraim Squire et Edwin Davis, qui en parlent dans leur ouvrage historique "Ancient Monuments of the Mississippi Valley", publié en 1848 par le tout juste fondé Smithsonian Museum, et ensuite par Frederic Ward Putnam, archéologue de Harvard University, qui le fouille entre 1890-1895, mais ne trouve aucun artefact pouvant le relier à une culture indienne connue. Mais, en se basant sur au moins deux monticules proches de ce site, des monticules de la civilisation Adena, les archéologues l'attribuent aussi à cette culture. Il faut savoir que ce tumuli " Great Serpent Mound " est construit proche de deux monticules Adena, mais qu'un troisième a été trouvé, et que ce dernier est plus récent que ceux des Adena, car daté de la culture " Fort Ancien " (entre 1000 et 1500 après J.C). Il n'en faudra pas plus pour semer le doute et que de nouvelles datations soient faites en 1991... qui trouveront une correspondance à 900 après J.C., ce qui sèmera le trouble et penser que le " Grand Serpent " date de la culture du Fort Ancien. Mais les nouvelles calibrations du carbone 14 (2004) et de nouveaux tests en 2014 vont finalement tout annuler, car les dates plus précises de 300 Avant J.C. réattribueront définitivement ce monticule aux Adena, les Fort Anciens l'ayant possiblement restauré plus tard... Car en fait, la culture de Fort Ancien a été nommée ainsi parce qu'elle a habité à Warren County Ohio, et que ces gens ont été censés avoir créé les remparts des grands terrassements entaillés connus comme Fort Ancient. Mais après plus de recherches, il a été découvert qu'ils ont tout simplement hérité Fort Ancient de la culture Hopewell qui date d'au moins 1000 ans avant la culture Fort Ancient... il est donc très probable que la "culture Fort Ancien" n'ait en fait rien construit du tout mais juste récupéré et restauré de plus vieilles structures...

Néanmoins, d'autres travaux et fouilles sont envisagés pour mieux définir la culture et le but de cette structure (même si l'on pense qu'elle était destinée à 100% à des rites culturels, des travaux de chercheurs semblent avoir apportés des concordances astronomiques entre six des coudes du corps du serpent et des levés de Lune... (sources : https://www.ohiohistory.org/visit/museum-and-site-locator/serpent-mound + Wikipedia.en).

 

Serpent mound 4

 

Au 19ème siècle, les gens ont pensé qu'il s'agissait d'un serpent tenant un oeuf dans sa bouche (en relation peut-être avec un culte de la fertilité). Mais les scientifiques du 20ème siècle ont abandonné cette idée en disant qu'il s'agissait plutôt d'un serpent ayant la gueule ouverte, et que le triangle au-dessus était en fait un cou gonflé, comme le font certains serpents en colère ou pour effrayer sa proie... Francis Parry aura sa théorie selon laquelle "l'oeuf" serait en réalité le Soleil (comme certaines représentations d'Amérique Latine le montrent), la spirale à la queue du signe étant le signe du vent et le corps ondulé au milieu étant comme la forme autochtone d'un nuage. Et une autre interprétation du Serpent Mound récente, par un fondamentaliste chrétien, le révérend Landon, à l'ouest de Pleasant Hill, a suggéré que le monticule représentait la chute de l'homme de la grâce par laquelle Satan a séduit et a tenté Eve de goûter le fruit défendu. Clairement, pensait Landon, cela a été créé par la main de Dieu directement ou, du moins, par l'un de ses tenanciers !

 

Serpentmound

les données astronomiques solaires liées au Serpent Mound

Serpentmoundalignments

Les données lunaires associées au site

 

Autre chose de très intéressant, c'est que, incidemment, le Serpent Mound est situé sur une crête qui est sur le bord d'un cratère massif, probablement créé il y a environ 300 millions d'années, quand un petit astéroïde a touché la région. Il est très douteux que les Amérindiens qui ont construit le monticule aient eu une idée de cela, mais il est intéressant de savoir que la tête et la queue sont tous deux situés près du haut des falaises de la crête (il y a une vue sur chaque extrémité)Bien que probablement complètement inconscients de l'impact d'un astéroïde, les constructeurs du monticule peuvent avoir, en effet, été au courant d'autres détails d'une signification astronomique, à savoir les solstices d'été et d'hiver. Cela est compatible avec le niveau de connaissances et de technologies des autres cultures qui ont construits des monticules dans le monde, qui suggère la nécessité d'avoir une méthode précise de suivi et de célébrer les saisons à des fins agricoles. Les interprétations qui incluaient un œuf consommé ou éjecté par le serpent, puisque la plupart des sociétés considèrent à juste titre l'œuf comme un symbole de fertilité et que la fertilité est nécessaire pour les sociétés agricoles étaient finalement plus abouties que les interprétations actuelles...

 

Serpent mound crater

Le cratère et l'endroit du Serpent Mound indiqué

 

Encore plus étonnant est, justement, une autre référence au Serpent Mound qui infirme le fait que les lieux étaient vides, dans un vieil article du New York Times, daté du 5 mars 1894, c'est à dire au moment où le père de l'archéologie américaine, Frederic Ward Putnam, fouille le site et qui reprend un article du Indianapolis Journal :

'Giants of Other Days: Recent Discoveries near Serpent Mound, Ohio'  From the Indianapolis Journal.

" Farmer Warren Cowen of Hilsborough, Ohio, while fox hunting recently discovered several ancient graves. They were situated upon a high point of land in Highland County, Ohio, about a mile from the famous Serpent Mound, where Prof. Putnam of Harvard made interesting discoveries. As soon as the weather permitted, Cowen excavated several of these graves. The graves were made of large limestone slabs, two and a half to three feet in length and a foot wide. These were set on edge about a foot apart. Similar slabs covered the graves. A single one somewhat larger was at the head and another at the foot. The top of the grave was two feet below the present surface.

Upon opening one of the graves a skeleton of upwards of six feet was brought to light. There were a number of stone hatchets, beads, and ornaments of peculiar workmanship near the right arm. Several large flint spear and arrow heads among the ribs gave evidence that the warrior had died in battle.

In another grave was the skeleton of a man equally large... Several pipes and pendants were near the shoulders. In other graves, Cowen made equally interesting finds. It seems that the region was populated by a fairly intelligent people, and that the serpent mound was an object of worship. Near the graves is a large field in which broken implements, fragments of pottery, and burned stones give evidence of a prehistoric village ".

Serpent skeleton

L'image accompagnant l'article de 1894. Le Smithsonian Museum ayant probablement récupéré la majorité des artefacts de cette époque, il est difficile de faire la vérité à ce sujet évidemment très discutable. Mais l'info existe. Il faut bien noter que les indiens, tout comme les gens de l'époque, n'étaient pas très grands, avec une moyenne de 1m50-1m60 et que découvrir des ancêtres indiens de 1m90 les faisaient invariablement renommer des "géants"...

«Les géants d'autrefois: découvertes récentes près de Serpent Mound, Ohio» du Indianapolis Journal.

L'agriculteur Warren Cowen, de Hilsborough, dans l'Ohio, a récemment découvert plusieurs tombes anciennes, situées sur un point haut du comté de Highland, dans l'Ohio, à environ un mille du célèbre Serpent Mound (1,6 km), où le professeur Putnam de Harvard a fait des découvertes intéressantes. Cowen a fouillé plusieurs de ces tombes, dont les fosses étaient constituées de grandes dalles de calcaire de deux pieds et demi à trois pieds de longueur et d'un pied de largeur. Des dalles recouvraient les tombes, une seule plus grande était à la tête et une autre au pied, le sommet de la tombe était à deux pieds au-dessous de la surface actuelle.

En ouvrant l'une des tombes, un squelette de plus de six pieds (1m90) fut mis au jour. Il y avait un certain nombre de haches de pierre, des perles et des ornements artistiques particuliers près du bras droit. Plusieurs grandes lances de silex et des têtes de flèches parmi les côtes firent comprendre que le guerrier était mort au combat. Dans une autre tombe se trouvait le squelette d'un homme aussi grand... Plusieurs pipes et pendentifs étaient près des épaules. Dans d'autres tombes, Cowen fit des découvertes tout aussi intéressantes. Il semble que la région était peuplée par un peuple assez intelligent, et que le monticule de serpent était un objet de culte. Près des tombes se trouve un grand champ dans lequel des outils brisés, des fragments de poterie et des pierres brûlées témoignent d'un village préhistorique ".

Serpenttunnels

Il n'en est fait mention nulle part sauf sur quelques sites de chercheurs, mais il existe au moins deux entrées de tunnels sous le Serpent Mound, peut-être creusés par des fouilles anciennes ou par les indiens...

 

D'autres recherches nous apprennent que les indiens Cherokee ont la légende de l'Uktena, un grand serpent avec un aspect et une puissance surnaturelle. Une divinité-serpent semblable existe dans les mythologies aborigènes africaines et australiennes anciennes. Voici plusieurs noms de divinités du Serpent parmis les tribus nord-américaines : Misi-kinepikw ("grand serpent") - Cris, Msi-kinepikwa ("grand serpent") - Shawnee, Misi-ginebig ("grand serpent") - Oji-Cree, Mishi-ginebig ("grand serpent") - Ojibwe, Pita-skog ("grand serpent") - Abenaki, Sinti lapitta-Choctaw, Unktehi ou Unktehila-Dakota, Olobit-Natchez, Uktena-aniyunwiya...

On ignore si ce site a été inspiré par les mêmes origines, mais la plus ancienne forme connue de culte du serpent remonte à 70 000 av. J.C, le Peuple San (Bushmen) d'Afrique du sud...

Il existe au moins quatre autres endroits dans le monde où l'on peut voir un grand serpent dessiné :

 

Otonabee Serpent Mound en Ontario, Canada

 

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Otonabeeserpentmoundcanada

 

Au Canada, Keene, Ontario. Les Serpent Mounds ont été un grand parc protégé, établi en 1955 avec l'autorisation des indiens de Hiawatha First Nation et montrant ce grand monticule assez proche de celui de l'Ohio, avec un grand ovale devant le serpent, fermé depuis 2009 (territoire rendu aux indiens). Ce dessin remonte à la fin du 19ème siècle (1897 par David Boyle en haut et E. O. Randall en 1905 en-dessous) mais des fouilles ont établi que ces monticules remontaient à environ 2000 ans et probablement établis par la culture Hopewell... ci-dessous une photo (2008) de près du monticule, le glyphe n'étant pleinement visible que du ciel... on sait que le site est composé de plusieurs monticules, dont le plus grand fait 60 mètres de diamètre. Des photos de la figure complète sont introuvables... le lieu est considéré comme un cimetière par les indiens et est donc inaccessible.

https://en.wikipedia.org/wiki/Serpent_Mounds_Park#/media/File:Serpent_Mounds_NHS.jpg

Boyle1897

Une photo des monticules, avec le monticule de l'oeuf à gauche et le serpent à droite. Une recherche récente du monticule ci-dessous en lien... avec un possible recoupement avec les Mayas !

https://ottawarewind.com/2016/06/14/secret-of-the-snake-ancient-ontario-serpent-mound-is-a-summer-solstice-monument/

 

Rotherwas Serpent Mound dans le Herefordshire (Angleterre) et le Loch Nell Serpent Mound (ou Loch-a-Neala) en Ecosse (petit retour en Grande-Bretagne !)

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Rotherwas Serpent Mound dans le Herefordshire (Angleterre) (Pic Credit: AP/Hereford Council)

 

L'archéologie officielle préfère (c'est en tout cas le cas au Royaume-Uni et dans les pays sous influence religieuse, même si les politiques parlent de pays laïcs (sic)) ne pas parler de culte au Dieu-Serpent ou de monuments, même préhistoriques y incitant, donc cet découverte récente a été appelée "The Rotherwas Ribbon", le Ruban de Rotherwas.

Citons le site internet de l'archéologie gouvernementale : " The Rotherwas Ribbon is an unusual and enigmatic Neolithic or Early Bronze Age linear structure consisting of a 6 to 8 metre wide burnt stone surface located within a hollow/cut. A 67m length of the Ribbon was identified, uncovered and partly excavated in 2007 during a PPG16 supported archaeological recording exercise in advance of the construction of the Rotherwas Access Road, Herefordshire. The structure was associated with a significant bone, pottery and flint artefact assemblage, and also appeared to be spatially and chronologically linked with a group of eight pits (six of which were filled with burnt stone) which were located immediately adjacent to the Ribbon. The Ribbon was also cut by two later (Iron Age/Roman?) ditches on broadly the same alignment, and itself cut an earlier linear feature. A group of six radiocarbon dates (obtained from carbonised hazel samples from two of the pits and a charcoal spread on the Ribbon surface) lie within a late 3rd/early 2nd millennium BC date range, and suggest that the last use of the feature was during this period ".

Traduction française : " Le ruban de Rotherwas est une structure linéaire inhabituelle et énigmatique du néolithique ou du début de l'âge du bronze, constituée d'une surface en pierre brûlée de 6 à 8 mètres de large située dans un creux / découpe. Une longueur de 67 mètres du ruban a été identifiée, découverte et partiellement fouillée en 2007 au cours d'un test de préservation archéologique appuyé par le PPG16 avant la construction d'une route d'accès à Rotherwas, dans le Herefordshire, Angleterre. La structure était associée à un assemblage important d'os, de poterie et d'artefacts de silex, et semblait également être liée spatialement et chronologiquement à un groupe de huit fosses ou puits (dont six étaient remplies de pierres brûlées) qui étaient situés immédiatement à côté du ruban. Le ruban a également été coupé par deux fossés plus tard (Âge de fer / romain ?) sur le même alignement, lui-même coupé par une figure linéaire plus tôt. Un groupe de six datations au radiocarbone (obtenues à partir d'échantillons de noisetiers carbonisés provenant de deux des fosses et de charbon de bois répandu sur la surface du ruban) le relie à une date de la fin du 3e ou début du 2e millénaire avant JC et suggère que la dernière utilisation de la figure était pendant cette période ".

Juste ce petit résumé dans le grand site officiel... et la route a bien été construite par-dessus, malgré l'énigme et le probable grand intérêt de cette très ancienne structure ! Mais pourquoi la science officielle se poserait-elle des questions au risque de remettre des "constatations logiques" en cause, n'est-ce pas ?...

Heureusement, bien qu'il soit horrifié que cette structure énigmatique ait été honteusement cachée, le chercheur Andrew Collins en a entendu parler à l'époque et a fait un rapport le 07 juillet 2007. La photo en haut provient de ce rapport, dont voici la traduction en français :

" LONDRES: Un monticule du Serpent - considéré comme unique en Europe (mais il y en a eu au moins un autre, voir en-dessous) - a été découvert par les archéologues sur le site d'une nouvelle autoroute. Les fouilles à Rotherwas dans le Herefordshire ont révélé un monticule serpentin tridimensionnel de 60 mètres (65-yard), fait à partir de tas de pierres fissurées par le feu. Ceci forme une série de courbes contraires liées, créant un chemin de mosaïque en zigzag qui porte des similitudes frappantes avec une structure de monticule similaire dans l'Ohio, Etats-Unis (Le Great Serpent Mound décrit plus haut).

Le «ruban de Rotherwa», comme les archéologues l'ont baptisé humblement - est orienté sensiblement nord-sud, à angle droit par rapport à la nouvelle route, et a «comme une queue dans ses caractéristiques» à une extrémité. L'archéologue du comté de Herefordshire, Keith Ray, qui dirige les fouilles, propose que la structure serpentine était un centre rituel pour les peuples de l'âge du bronze qui ont habité la région il y a quelque 4 000 ans.

« C'est la seule structure que nous ayons de la préhistoire en Grande-Bretagne ou en Europe, autant que nous pouvons le dire, c'est en fait une construction délibérée qui utilise des pierres brûlées », a déclaré Ray. " Cela va... nous faire repenser des parties entières de ce que nous pensions avoir compris à propos de cette période ".

Les archéologues croient que les pierres fissurées utilisées dans la construction du monticule ont été créées lorsque les roches d'une crête à un demi-mille de distance ont été chauffées dans un foyer et ensuite jetées dans l'eau pour les fissurer et refroidir.

On pense que l'utilisation de pierres fissurées à Rotherwas est délibérée et peut donc avoir une signification rituelle. Ceci est soutenu par la découverte à côté de restes humains incinérés et de bois brûlés, une indication claire de la présence puissante du monument dans le paysage. Henry Chapman, de l'Université de Birmingham, qui travaille avec le Dr Ray pour essayer de comprendre le but du monticule du serpent, ajoute que l'utilisation de pierres fissurées aurait pu facilement résulter du désir de relier des aspects de la vie quotidienne aux pratiques rituelles.

« L'utilisation de déchets ménagers dans les fournitures funéraires est très importante en termes de lien entre la vie et la mort », a déclaré Chapman. " C'est une expression vraiment soignée de la psychologie de l'époque ". 

Le Rotherwas Serpent Mound est l'une des découvertes les plus importantes de l'archéologie britannique depuis très longtemps. Afin de la préserver pour les générations futures, des plans détaillés sont élaborés pour encadrer le site dans une structure de protection sous la nouvelle route ". (On note ainsi que l'Etat britannique repousse pratiquement toute fouille de son territoire... pour les générations futures, considérant peut-être que la population actuelle n'est pas assez "mure" pour accepter certaines réalités et remettre ainsi en question l'éducation reçue... par le même Etat. La même chose se produit d'ailleurs un peu partout dans le monde...).

Ribbonrotherwas 2007

 

Suite de l'article : " LE ROTHERWAS SERPENT MOUND - LES PLUS GRANDES INCIDENCES

En lisant cette histoire le 4 juillet 2007, publiée par le Conseil du Herefordshire avec des images, j'ai été frappé par la tranquillité avec laquelle des rapports semblent traiter avec le fait que l'un des monuments préhistoriques les plus uniques jamais trouvé en Grande-Bretagne est condamné sans pitié à une existence concrète sous une nouvelle route d'accès. Le terme «préserver pour les générations futures» est exactement ce que le Patrimoine anglais et le National Trust disent sur les nombreux mégalithes connus pour être enterrés sous le monument d'Aveburyhenge. Ce que cela signifie en fait, c'est que personne ne peut jamais les toucher, ni maintenant ou dans l'avenir.

Ainsi, pour mettre le terme «préserver pour les générations futures» en termes plus clairs, cela signifie que le Rotherwas Serpent Mound sera enfermé dans le béton et l'asphalte et tranquillement oublié par tous, sauf par les amateurs de mystères de la terre les plus dévoués. C'est une horrible honte, car son existence, sans parler du site qu'il occupe, offre une occasion unique d'étudier les croyances religieuses et les pratiques de l'âge du Bronze, les mentalités d'il y a quelque 4000 ans. Rappelez-vous, Rotherwas est à seulement 85 miles (136 km) d'Avebury, où vers 2000/2500 Avant J.C, des avenues serpentines de pierres levées étaient alors en construction.

Le fait que le public n'ait pas été informé de la découverte du Monticule du Serpent de Rotherwas jusqu'à présent, est également lié au fait que le site est tenu sous les coups apeurés des manifestants routiers et des éco-guerriers qui occupent le site et d'un débat public sur la validité ou non de la route d'accès de Rotherwas. C'est une honte terrible... "  - http://www.andrewcollins.com/page/news/Rotherwas.htm

Et en cherchant, vous découvrez dans un article de 2011 que la route a bien été finalement construire par-dessus (et qu'il n'existe aucune mention de cette structure enfouie à l'endroit en question !). Et que cette route est pratiquement vide, peu utilisée en fait, jugée inutile dès le début par la population d'ailleurs...https://heritageaction.wordpress.com/2011/03/22/remember-the-rotherwas-ribbon/

 

le Loch Nell Serpent Mound (ou Loch-a-Neala) en Ecosse (UK)

 

Serpent mound scotland 2

le Loch Nell Serpent Mound (ou Loch-a-Neala) en Ecosse dessiné par Constance Gordon Cumming (1883)

Le Serpent Mound de Rotherwas a été considéré comme unique en Europe, mais il est probable que ce ne soit pas le cas car un monticule serpentaire d'âge et d'apparence très semblables existait autrefois près des rives du Loch-a-Neala, qui signifie le « Lac des Cygnes », 3 miles (4 kms) au sud d'Oban sur la côte ouest de l'Ecosse. Il a été exploré en 1871 par Mr. J.S. Phene, qui a déterminé par des fouilles qu'à son extrémité occidentale, identifiée comme la «tête» du serpent, existait un cairn de pierres sous lesquelles se trouvaient «trois grandes pierres formant une chambre mégalithique, des ossements, du charbon de bois et des noisettes brûlées, ainsi qu'un instrument en silex».

http://www.nationaltrustcollections.org.uk/object/782031.131

 

Lochnell 1875

Un dessin du site daté de 1875 ('Plan of the Serpent Mound, Loch Nell 5.7.1875'. By either Elizabeth Josephine, Alexandrina or Anna Jane Peckove)

 

Juste un an plus tard, l'auteur exploratrice et peintre Constance Gordon Cumming, l'a raconté dans une œuvre intitulée Good Words, publiée en 1872 et encore dans son livre In the Hebrides publié en 1883. Décrivant le monument comme «énorme monticule en forme de serpent», ainsi que " un objet très remarquable, et d'autre part, qui s'élève visiblement de la plaine herbeuse, qui s'étend à quelque distance de chaque côté, avec une discrète ondulation, montrant deux monticules circulaires artificiels, sur l'un desquels se trouvent plusieurs grosses pierres, formant un cromlech. Ces cercles sont situés à une courte distance au sud, à droite du Reptile ".

Cumming a déclaré que la structure était totalement artificielle, et a estimé sa taille à environ 17 à 20 pieds (5 à 6 mètres) de hauteur et environ 300 pieds (90 mètres) de longueur. Selon l'auteure, elle était «parfaite dans le contour anatomique», tandis que sur sa tête se trouvait un «cercle de pierres, censé être emblématique du disque solaire».

Avant la visite de M. Phene en 1871, Cumming a noté qu'au centre du cercle de pierre se trouvaient «quelques traces d'un autel», bien que cela avait disparu à cause de la présence de bétail et de troupeaux. Phène, cité par Cumming, fit le récit suivant de la colonne vertébrale du serpent: " En supprimant les tourbières et la bruyère de la crête du dos du serpent, on a constaté que toute la longueur de la colonne était soigneusement construite, avec des pierres régulièrement et symétriquement placées, à un angle prévu pour rejeter la pluie ".

Cumming elle-même décrit la colonne vertébrale comme «une longue chaussée étroite, faite de grosses pierres, comme les vertèbres d'un animal énorme». Ce qui a certainement quelque ressemblance avec le Serpent Mound de Rotherwas, avec sa propre voie mosaïque. Elle poursuit: " Elles [les vertèbres] forment une crête, inclinée de chaque côté, qui se poursuit vers le bas avec un arrangement de plus petites pierres suggérant des côtes ".

Le monticule a été construit de telle manière que le fidèle, debout à l'autel " regarderait naturellement vers l'est, directement sur toute la longueur du Grand Reptile, et à travers le lac sombre, vers les trois pics de Ben Cruachan. Cette position doit avoir été soigneusement choisie, puisqu'à aucun autre point les trois pics ne sont visibles ".

 

Snake stone scottland

Une pierre levée en Ecosse montrant un serpent gravé

 

Les Ben Cruachan sont des montagnes sacrées associées à la légende de Cailleach Bheur, la vieille hag (fée, sorcière) des montagnes, tandis que le monticule serpent lui-même était autrefois la sépulture du héros populaire écossais Ossian, fils de Fingal.

La Cailleach Bheur est considérée comme la moitié sombre de la déesse irlandaise et britannique Brigid, dont les principaux symboles zoomorphes sont le serpent et le cygne, reflétant la racine du nom de Loch Nell et la présence sur ses rives du monticule de serpent.

Le loch Nell Serpent Mound, avec son cairn, son cist de pierres alignées et ses restes incinérés, semblent remonter à un âge semblable au Rotherwas Serpent Mound, c'est à dire à l'âge du Bronze ancien, vers 2500 à 2000 Avant J.C.. Ainsi, une relation pourrait exister entre les deux cultures responsables de ces monuments préhistoriques à des centaines de milles de distance. Une ancienne tribu celtique de la région de Strathclyde, les Damnonii, étaient connus pour leur culte du serpent et du soleil, et le culte du serpent était également commun à Argyll...

Serpent mount from road

Les lieux de nos jours, vu de la route...

Aujourd'hui, le monticule de serpent Loch Nell est en ruine et délaissé, bien que le cairn à sa tête, ainsi que les nervures ondulantes des pierres empilées, soient encore partiellement visibles, recouvert par la végétation et des troupeaux, son apparence n'a plus grand chose à voir avec la description de Cumming, son granit rouge est encore visible néanmoins... Certains chercheurs affirment aussi que ce monticule de serpent est semblable à d'autres monticules de serpent trouvés près de Greenock ou de Skelmorlie (mais l'endroit est en fait le même, situé près du Loch Nell) et aussi en Irlande. Il existe des écrits historiques sur ces monticules en forme de serpent, mais il n'y a pas d'images facilement trouvable sur internet actuellement...

 

Le serpent mound filmé à Argyll, Ecosse

 

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Visibles que du ciel - 2

Visibles que du ciel - 2

 

Uffington white horse sat mini

Le Cheval Blanc d'Uffington (1000 Avant J.C.)

 

1er volet : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/preuves-autre-histoire/visibles-que-du-ciel-1.html

Voici le deuxième volet d'une nouvelle série d'articles compilant les données connues sur ces étranges oeuvres humaines qui ne sont pleinement visibles et admirables que du ciel, c'est à dire d'une certaine hauteur dans l'atmosphère (bien que les grandes lignes de Nazca par exemple soient même visibles de satellites). Je vais donc parler de, et montrer ces gigantesques énigmatiques oeuvres d'art pour certains, cultes aux anciens dieux venus du ciel pour d'autres, témoignages de connaissances ancestrales liées aux astres célestes et à l'agriculture pour encore d'autres... et, comme ma qualité et imagination d'écrivain d'anticipation passionné d'Histoire ancienne me le permet, au contrario d'une science frileuse qui vit de ses théories mal remises en question, je me permettrai donc quelques hypothèses, englobant, vous vous en doutez, la possibilité et même probabilité (la mémoire étant une denrée non périssable pouvant faire abstraction du temps comme de l'espace matériel) d'une grande civilisation mondiale perdue physiquement mais non spirituellement... (je rappelle que, contrairement à ce qu'affirment certains scientifiques, l'écriture n'est pas absolument nécessaire pour que certains faits soient transmis à travers les générations : les mythes et légendes transmises oralement, par dessins et signes en sont des exemples évidents, sans compter la probabilité de l'existence d'une mémoire ancestrale (via l'ADN ?) quand on met en relation (par exemple) la notion de "licorne" en liaison avec la découverte récente d'un animal préhistorique y ressemblant, contemporain de l'homme préhistorique bien avant l'invention de l'écriture...

Je commencerai cette étude, compilation et comparaison non pas par les célèbres lignes et dessins de Nazca (qui ne sont pas uniques de cette civilisation de Nazca car d'autres ont été trouvés bien plus à l'intérieur du continent d'Amérique du Sud (Bolivie et Colombie aussi), mais par des structures visibles en Europe, principalement en Angleterre et en France. Ce qui fait dire à certains chercheurs qu'une origine celte, pour ces gigantesques modifications topographiques locales, est assez probable... hypothèse évidemment contestable quand on sait qu'une civilisation néanderthalienne (par exemple, mais probablement aussi de Cro-Magnon ensuite !) a bel et bien existé dans toutes les localités citées, et que l'on commence seulement à découvrir et comprendre que ces civilisations préhistoriques ont bel et bien également inventé des choses, y compris des constructions (comme ici en France, mais dont la plupart ont été effacées par le temps, et les successeurs humains...)...

Car, et j'insiste là-dessus, nos préhistoriens du 19ème et 20ème siècles se sont largement fourvoyés et égarés sur leurs considérations (politisées et influencées de diverses façons) sur notre réelle préhistoire, on le vérifie de plus en plus, et très scientifiquement... En effet l'Homme de Neanderthal (et probablement même Erectus, Habilis et Denisovien) n'était absolument pas l'abruti total, homme-singe décris dans les annales du 19ème siècle (non remis en question au 20ème siècle, mais enfin au 21ème), mais s'habillait, utilisait des outils de pierre et de bois, d'os même, très perfectionnés sur la longueur (qui ont été repris par l'Homme Moderne), savait naviguer, pratiquait l'art et probablement des cultes, vénérait la fertilité et la femme autant que les premiers hommes modernes (qui ont perdu cette notion et ont en quelque sorte régressés !)...

 

C'est à nouveau dans le sud de la Grande-Bretagne et sur ses grandes collines de craie que nous découvrons de gigantesques dessins, mieux visibles du ciel et même, tout comme ceux de Nasca, avec certains disposés et topographiquement allongés pour que leur apparence soit plus réalistes vus du ciel que du sol, comme le cheval blanc de Uffington par exemple...

 

Uffington white horse sat

Le Cheval Blanc de Uffington Crédit : photo satellite par USGS - Coordonnée de Google Earth : 51°34'40"N 1°34'00"W

Le Cheval Blanc de Uffington est probablement la plus ancienne colline gravée (et géoglyphe donc) dans le sud de l'Angleterre recensée à ce jour. Et c'est également l'un des sites les plus impressionnants à proximité de l'antique sentier Ridgeway, qui traverse les dépressions et falaises abruptes de craie de la Vallée du Cheval Blanc. Les autres sites incluant Dragon Hill, The Manger et le château d'Uffington, qui ont été le sujet de légendes et du folklore local depuis plus d'un millier d'années. En fait, on ignore la date précise de l'aménagement de toute cette zone, elle fait partie de l'Histoire des lieux et de la mémoire collective depuis toujours, mais son existence est enregistrée pour la première fois dans le cartulaire de l’Abbaye d’Abingdon (vers 1070). Nous sommes dans le comté d'Oxfordshire et ce vaste dessin de 374 feet de long précisément (114 mètres) a été tracé directement sur la craie composant la colline, qui est recouverte par de l'humus végétal depuis longtemps. L'image est une représentation stylisée d'un cheval (certains chercheurs parlent plutôt d'un dragon), et a été longtemps supposé être (dans les légendes locales) comme ayant été érigé par le roi Alfred, qui l'aurait fait construire pour commémorer sa victoire sur les Danois en 871. Le cheval est également dit dans le folklore avoir été gravé par Hengist, le leader de la horde anglo-saxonne au 5ème siècle de notre ère. Un autre morceau de folklore suggère que la figure est en fait une représentation du dragon tué par St George (le Saint Patron de l'Angleterre), un événement supposé avoir eu lieu sur la colline du Dragon à proximité. Des datations plus récentes, menées en 1994 par Simon Palmer et David Miles de l'Oxford Archaeological Unit, démontre néanmoins que la figure date de l'âge du bronze. Ces études ont fourni 3 dates situées entre -1400 et -800. De nombreux sites préhistoriques importants sont situés aux environs, dont Wayland’s Smithy, un tumulus long situé à moins de 2 km à l’ouest. Le cheval blanc d'Uffington est donc, parmi les géoglyphes équins d'Angleterre, probablement le seul que l'on puisse rattacher de façon certaine à la civilisation celtique. Daté donc du bronze final, vers 1000 Avant J.C., il offre une représentation schématique du cheval avec un corps allongé et des jambes disjointes, très proche de ce que l'on peut observer sur les pièces de monnaie celtes.

 

Allobroges denier iazvs cheval z180913

un exemple de monnaie celte : Allobroges - Denier IAZVS au cheval galopant et à la rouelle

 

Des images similaires ont été en effet trouvées sur des pièces de monnaie de cette période, et on pense que la figure représente une déesse de cheval liée avec la tribu Belgae locale. La déesse est généralement considérée comme une forme d'Epona, adorée dans tout le monde celtique. 

 

Uffington white horse 3

Le Cheval Blanc de Uffigton - plus difficile à voir du sol que du ciel... crédit : Simon Topham

Épona est une divinité gauloise, dont la caractéristique est de n'avoir été contaminée par aucune divinité romaine et dont le culte a perduré pendant la plus grande partie de l'époque gallo-romaine. Il s'agit d'une déesse très populaire, à en juger d'après le nombre important de figurations qu'on en connaît, en particulier des figurines en terre cuite de l'Allier, dont on sait qu'elles étaient particulièrement répandues dans toute la Gaule (la Gaule romaine étant une région administrative incluant une partie de l'Italie, de l'Allemagne, Suisse, Belgique actuelles...). E. Thévenot a consacré une étude importante à Épona, qu'on connaît donc assez bien, mais certains notent que le culte d'Epona est avéré surtout pour une période Gallo-Romaine, c'est à dire moins ancienne que ce géoglyphe ! En Grande-Bretagne, l'équivalent d'Epona s'est appelé Rhiannon...

 

Scouring the white horse

'The Scouring of the White Horse' or 'The Long Vacation Ramble of a London Clerk', T Hughes, Cambridge 1859

Le cheval était rituellement balayé tous les sept ans sous la juridiction du Seigneur local, qui devait financer l'événement. Le festival - qui a été réinventé récemment - pouvait durer plus de trois jours et consistait en des amusements et jeux, le roulement du fromage traditionnel, de la lutte et autres passe-temps. Le centre des jeux était sur les rives de terre ferme du château d'Uffington, un fort de l'âge du fer sur la colline, vers laquelle le cheval blanc semblait galoper vu d'en haut (du haut du chateau on suppose !). Le laminage du fromage se tenait sur la vallée escarpée connue sous le nom de The Manger, l'endroit où le cheval se nourrissait par les nuits de clair de lune d'après le folklore. Le festival, qui peut avoir eu des origines anciennes, a disparu il y a environ cent ans, et il est heureux que le cheval blanc ne soit pas complètement envahi par la végétation et détruit. Le cheval est maintenant nettoyé par les membres de Patrimoine anglais, qui sont responsables du site, et une fête a lieu chaque année, avec un marché aux fromages...

Dragon hill

La colline du Dragon (Dragon Hill) crédit : Simon Topham

La colline du Dragon (Dragon Hill) est un monticule plat assez bas, situé dans la vallée au-dessous du Cheval Blanc. Selon la légende, c'est l'endroit où St George a tué le dragon, son sang se répandant sur la colline et laissant pour toujours un terrain blanc nu où aucune herbe ne peut se développer. Certains suggèrent que le cheval est une représentation du cheval de St George ou même du dragon tué lui-même...

 

Uffington castle

Le Château d'Uffington (Uffington Castle)

Le Château d'Uffington (Uffington Castle) est une impressionnante forteresse de l'âge du fer, autrefois protégée par des murs de bois sur le dessus des renforts et des fossés survivants, et face à des pierres de Sarcen. Il est probable que la tribu qui a créé le cheval blanc vivait autrefois au sommet de cette colline (et avant même que le fort soit érigé plus tard). L'entrée au fort de la colline était faite par le nord-ouest, protégée par un passage en terre qui aurait été encore protégé par du bois. Le château a été fouillé en 1850 quand l'évidence de la structure en bois a été découverte, avec une pièce de l'âge du fer de la tribu des DobunniCertains chercheurs croient que le château marque le site de la bataille de Badon, la grande victoire d'Arthur sur les Saxons. Cela est probablement dû à la position stratégique importante du château à proximité de la Ridgeway. Il y a peu de preuves que ce soit le cas pour l'instant.

 

Nmr 4502 28

Crown copyright.NMR
Reference Number: NMR 4502/28 (1990)

 

Malgré la catégorisation évidente de «Hill Age Ironfort», des fouilles récentes ont montré que, comme le cheval et les colonies voisines de Ram’s Hill​ (Uffington) et de Tower Hill (Ashbury), il a été construit à l'âge du bronze tardif, au Huitième ou septième siècle av. J.C. Le fort, à cette époque, était composé de premiers remparts avec des portails massifs en bois et un fossé linéaire associé, éventuellement relié au camp de Hardwell, à la forge de Wayland ou à une «enceinte de pré-hillfort» qui a été trouvée autour d'autres forts de colline du Sud de l'Angleterre. Il y avait peu de preuves, cependant, pour une occupation interne à l'âge du bronze.

 

Manger

La Mangeoire (The Manger) crédit : Simon Topham

La Mangeoire (The Manger) est une vallée étrangement façonnée, qui est supposée avoir été formée par la fonte de la glace du dernier Âge de glace. Le roulage du fromage a été maintenu sur ce côté de la vallée pendant «Le nettoyage du cheval blanc» tous les sept ans. Le folklore suggère que la mangeoire est l'endroit surnaturel de l'alimentation pour le cheval blanc, qui voyagerait de son point de vue sur la crête de la colline par des nuits de clair de lune.

 

Notons tout de même que la photographie aérienne semble montrer que le glyphe actuel recouvre un dessin plus grand encore, dont on ignore la teneur. Le temps et l'entretien de la stucture pourrait bien en avoir modifié l'apparence et la taille en tout cas, car certains dessins des siècles précédents montrent d'autres détails et configurations...

On peut noter également que toute cette zone semble donc avoir été également "façonnée" et topologiquement modifiée et aménagée (comme les zodiaques du volet 1), et ceci plusieurs siècles avant J.C., par des peuples qui ne sont pas supposés avoir ce genre de connaissances...

Plusieurs autres chevaux blancs existent en Grande-Bretagne : 24 en tout, dont (ou il y a eu) au moins 13 de ces représentations dans le Wiltshire, comté voisin de l'Oxfordshire où on trouve celui d'Uffington. Sur les 13 chevaux qui ont existé, 8 sont toujours visibles, les autres ayant disparu par manque d'entretien. Contrairement à ce que la plupart des gens pensent, les chevaux blancs, dans l'ensemble, ne sont pas très anciens, bien que certains n'aient pas été datés du tout à priori, et ils sont estimés avoir été tous faits sur les 300 dernières années.

 

Multimap

 

Ces représentations se situent souvent juste en dessous des collines fortifiées de l'Age de Fer, au sommet des escarpements crayeux. Elles sont créées en coupant et en ôtant l'herbe pour révéler la craie en dessous, et généralement l'excavation est ensuite remplie de gravillons de craie. Un entretien régulier est indispensable pour que les gravures survivent. Il faut enlever l'herbe qui repousse à la surface, compléter le remplissage de gravillons de craie, redéfinir le pourtour, etc. Si cet entretien n'est pas fait régulièrement (tous les 7 ans environ), le cheval est envahi et finit par disparaître. Il n'est pas impossible d'ailleurs que d'autres géoglyphes (anciens ou plus récents) aient pu ainsi disparaître, par manque d'entretien local.

 

Pitstone Hill white horse, Buckinghamshire ? : L'historien local Jean Davis a suggéré qu'il pourrait y avoir un cheval du côté nord-ouest de Pitstone Hill, au sud-est du village de Pitstone, près de Tring. Une carte de la paroisse de 1809/1810 montre trois clos adjacents, ou de petites parcelles de terre, appelées première, deuxième et troisième pièces de cheval blanc. Des documents juridiques de 1580/1 et 1630 suggèrent également un cheval blanc. Les enclos étaient sur la pente inférieure de la colline; Le cheval aurait peut-être été au-dessus d'eux. Si ce cheval existait, il serait daté d'avant 1580.

Whittlesford white horse, Cambridgeshire ?Septembre 2004: Alors que des photographies aériennes de la zone étaient prises par le projet d'archives de la Société de Whittlesford, une marque dans les récoltes a été notée comme ayant une forme semblable à celle du cheval blanc d'Uffington. On ne sait pas encore si ce sont les restes d'un cheval blanc à cet endroit ou si la forme est le résultat aléatoire de modèles de croissance particuliers dans la culture. Une enquête plus approfondie sur le terrain devait avoir lieu... Mais il n'est pas impossible qu'un ou plusieurs autres dessins préhistoriques ou antiques aient existé en plus de celui d'Uffington.

 

Autres figures anciennes et mystérieuses sur les collines britanniques :

 

The cerne abbas giant 011

 

Le géant de Cerne Abbas, Coordonnée de Google Earth : 50°48'49.27"N 2°28'28.90"W : La figure est tracée par une tranchée d'environ 30 cm de large sur 30 cm de profondeur dans la prairie de la colline, enlevant la couche d'humus et creusant dans la craie sous-jacente ce qui empêche l'herbe de repousser et explique sa pérennité (même conception que le Cheval Blanc d'Uffington, daté de l'âge du bronze, conception largement copiée par la suite). Le dessin est celui d'un homme en pieds, vu de face, de 55 mètres de haut sur 51 mètres de large. L'ensemble du dessin ne peut être observé que de l'autre versant de la vallée ou du ciel.

Le dessin est de style assez naïf. L'homme tient dans la main droite une massue de 36,5 mètres de long qu'il brandit au-dessus de sa tête. Il est apparemment nu et présente un sexe en érection bien en évidence. Son bras gauche est étendu et des recherches récentes ont montré que la trace, non visible aujourd'hui, d'un pan de vêtement ou d'une dépouille d'animal était à l'origine dessinée suspendue sur ce bras, rapprochant de cette façon d'une manière probable le géant de Cerne Abbas avec une représentation mythologique de Hercule portant la dépouille du Lion de Némée.

 

Cernegiant

Les origines de ce géant sont inconnues, le premier enregistrement possible est au sujet d'un géant nommé Helith, (1637), le premier enregistrement sur le géant lui-même a été fait en 1694faisant référence à un coût de 3 shillings pour son entretien (il existe donc déjà depuis un certain temps), en 1742 un certain John Hutchins, auteur d'un guide du Dorset, mentionne le géant et situe sa confection dans le siècle précédent, sans trop de preuves. Plus tard le nom était lié au site et au géant lui-même (1764). En fait, la colline, son géant et son glyphe en forme de poêle sont proches d'une fortification en terre de l'âge du fer, la Trendle où, encore récemment, la population locale célébrait le rituel de fertilité païen du 1er Mai. Le point culminant de cette fête était une danse autour de l'arbre de mai, autre symbole phallique. Il y a beaucoup de théories, disant principalement que le géant est un dieu païen, créé par les Saxons, ce qui indiquerait une figure d'avant le 13ème siècle. Il peut s'agir aussi, d'après des experts, d'une représentation d'Hercule, car elle offre effectivement des ressemblances avec des portraits du Dieu Hercule trouvés sur certaines poteries britanniques datant de l'occupation romaine, ce qui indiquerait une date de la fin du 1er siècle av. J.-C. ou du renouveau romain de ce mythe et serait du IIe siècle de notre ère.

 

Mosaiquesromaines herculeHercule sur des mosaïques romaines il y a environ 2000 ans...

 

Il peut être aussi de la même époque que les autres géants, de Plymouth, de Cambridge qui ont été créés pendant les 14-16ème siècles. Il y a une référence très ténue au géant au 13ème siècle, ce qui soutient plutôt l'antiquité. À proximité immédiate du géant, sur la même colline, se trouve un autre glyphe représentant une poêle et dans des manuscrits médiévaux, cette colline est désignée aussi par les termes colline de la poêle. L'histoire récente est bien connue, la figure a été surveillée depuis 1764 et a changé dans son apparence au cours de cette période. Les dernières restaurations majeures étaient en 1953 et 1978. Le géant a été réparé en 1993 quand l'érosion qui avait soulevé le nez a été réparée. Le géant est bien soigné en étant nettoyé chaque année.

On sait aussi que des femmes sans enfants ont dormi sur des parties clés de son anatomie dans l'espoir de devenir fertiles, et qu'une légende locale explique que l'origine du dessin serait un géant réel qui aurait été tué par les gens du village, lesquels auraient ensuite dessiné sa silhouette sur la colline en suivant son contour. Une autre théorie non confirmée affirmerait que la figure aurait été creusée par un serviteur de Lord Holles, seigneur du manoir proche. Cet épisode se serait déroulé durant la guerre civile anglaise et son but aurait été de se moquer d'Olivier Cromwell en le représentant sous la forme d'un Hercule car ses ennemis le surnommaient l'Hercule anglais...

 

Long man of wilmington

Le Géant de Wilmington ou Long Man, click pour zoomer - crédit free : Cupcakekid at en.wikipedia

 

Le Géant de Wilmington ou Long Man Coordonnée de Google Earth : 50°48'36.21"N 0°11'16.50"E : L'origine de cette figure reste un mystère. C'est un géoglyphe tracé sur les coteaux pentus de Windover Hill à Wilmington (East Sussex), près de 10 km au nord-ouest d’EastbourneC'est une silhouette humaine de 69,20 m de hauteur, avec une anamorphose qui donne des proportions correctes lorsque l'on regarde la figure depuis le bas de la colline. Après une étude (controversée et assez interprétative) en 2003, des archéologues de l’Université de Reading estimèrent qu'elle remontait probablement au 16ème siècle (1545 env.). Ces nouveaux résultats proviennent d'une équipe de chercheurs dirigée par le professeur Martin Bell, archéologue environnemental à l'Université de Reading. Les conclusions du Prof Bell proviennent d'une analyse de fragments de craie éparpillés sur la pente au cours des derniers milliers d'années. L'analyse a révélé un peu d'activité sur la colline pendant l'âge du fer, l'occupation romaine ou l'époque médiévale. Mais il y a environ 500 ans, il y avait eu un changement soudain quand une couche de gravats de craie a balayé la pente. Le professeur Bell croit que les débris de craie peuvent être venus du Géant fraîchement créé (mais rien ne prouve que la figure n'ait pas été nettoyée ou restaurée à cette époque en fait !). Bien que certains chercheurs aient émis l'idée que la figure était connue des Romains, la description la plus ancienne connue à ce jour est celle du géomètre John Rowley, en 1710. Ce croquis du 18ème siècle suggère que la figure originale était un simple désherbage dessinant les contours d'une tête plutôt qu'une silhouette humaine. Contrairement à ce qu'on pensait, les deux bâtons ne sont pas un râteau et une faux, et la tête avait la forme d'un casque. Un dessin de Sir William Borrow en 1766 montre la silhouette tenant un râteau et une faux, plus courts que les bâtons (!) Jusqu'en 1874, le Long Man n'était visible qu'après une chute de neige et dans des conditions d'éclairage particulières (à l'aube ou au crépuscule). Cette année-là, le Révérend W. de St-Croix souligna les contours en posant le long du tracé des briques claires cimentées entre elles. En 1925, le site du Long Man a été donné à la Sussex Archaeological Society par le Duc de Devonshire.

Pour mémoire, il ne faut pas oublier que, selon la tradition et les légendes, la Grande Bretagne alors qu'elle se nommait Albion, avait été habitée par des géants. Après la chute de Troie, Brutus  arriva ici avec ses soldats, pour conquérir le pays. Il dut se débarrasser de tous les géants qui y habitaient sauf un, haut de 3,50 m, qu’il nomma Gog-Magog et qui devint un allié. Il n’est donc pas surprenant que l’agencement mégalithe le plus célèbre dans le monde, Stonehenge, ait été surnommé « la danse des géants ». Les plus grandes des pierres dressées font 9 m et pèsent 50 tonnes...

Pour en finir avec les mystérieuses figures gravées sur les collines britanniques, il faut encore dire que des sites spécialisés ont recensé un minimum de 57 collines comportant un dessin gravé dessus, mais aussi un même nombre de dessins recensés mais perdus en totalité. Les dessins les plus célèbres sont les Chevaux Blancs bien sûr, les deux géants qui restent (d'autres ont existé mais ont disparu depuis), 6 grandes croix, 14 animaux (plusieurs lions, rennes, ours, dragon, ...), plusieurs autres dessins stylisés ou mythologiques ou commémoratifs et des badges militaires aussi... la plupart datent des 300 dernières années probablement, bien que certains doutes persistent sur certains dessins sur leur origine. Voici une carte globale sur laquelle la majorité des dessins connus sont recensés :

 

Uk

http://www.hows.org.uk/personal/hillfigs/

 

Avons-nous affaire à une civilisation antique dirigée par des astrologues, des mages, des astronomes et de savants topographes et géologues très au courant des choses de la Terre et du Ciel ? Il faut bien avouer que ces premières traces et preuves de travaux gigantesques effectués par des peuples que l'on pensait peu aptes et avec peu de moyens techniques et de connaissances supposées sont très étonnants. Ces deux premiers volets européens ouvrent en tout cas d'autres perspectives sur les réelles capacités des peuples anciens et démontent quelque peu l'idée de base d'une "évolution" linéaire de la civilisation humaine, allant en quelque sorte du "bas" vers le "haut", du manque de connaissances vers une meilleure connaissance : c'est beaucoup plus complexe que cela, l'humanité ayant des connaissances et des inventions qui se sont perdues à priori plusieurs fois...

 

 

 

Sources et références : L'Inexpliqué (Extraits, Ed. Robert Laffont 1997),

http://www.berkshirehistory.com/castles/uffington_castle_hillfort.html

http://www.mysteriousbritain.co.uk/england/oxfordshire/featured-sites/uffington-white-horse-and-dragon-hill.html

http://archeologies.free.fr/partage/voyages/angl-dos/wh-doss.html

http://www.wiltshirewhitehorses.org.uk/index.html

http://www.hows.org.uk/personal/hillfigs/

https://en.wikipedia.org/wiki/Hill_figure

http://www.megalithic.co.uk/index.php

Youtube

 

Yves Herbo, Sciences et Fictions et Histoireshttp://herboyves.blogspot.com/, 20-11-2016