Suivi archeologie 1

Suivi des informations archéologiques 1

arabie-saoudite-petroglyphe.jpgArabie Saoudite Pétroglyphes dans le désert

Cette rubrique apparaîtra de temps en temps pour faire le point concernant des découvertes archéologiques ou historiques pouvant apporter des données confirmant (ou non) notre interprétation actuelle de la réalité historique et par conséquence de notre civilisation.

DES FOUILLES EN SERBIE SOULÈVENT DE NOUVELLES QUESTIONS SUR LES PREMIERS HOMMES EN EUROPE

 

Des recherches dans les grottes des gorges de Sicevo en Serbie pourraient apporter un nouvel éclairage sur ce qui est entrain de devenir un casse-tête de plus en plus complexes concernant l'ancienne présence humaine et la migration lors de l'Âge de Glace en Europe. Les gorges de Sicevo sont situées dans le plateau de Kunivica au sud de la Serbie. Comprenant un parc naturel, de nombreux touristes affluent pour la beauté du paysage, résultat de l'apparition et de l'interaction de phénomènes géologiques, géomorphologiques et hydrologiques.

Mais l'on y trouve aussi une série de grottes, dont au moins une qui a donné des preuves de présence humaine pendant les changements glaciaires lors de l'âge glaciaire de l'actuelle Europe.
La gorge s'est retrouvée au centre de l'attention du public lorsque, en 2008, des anthropologues avaient découvert une mandibule humaine partielle (mâchoire inférieure), avec trois dents, en fouillant une petite grotte (photo ci-dessous).

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"Nous étions à la recherche d'hommes de Neandertal", explique le Dr Mirjana Roksandic, un paléoanthropologue membre de l'équipe et travaillant en collaboration avec l'Université de Winnepeg, "mais cela est beaucoup mieux." Ce qu'ils ont découvert était un spécimen fossile, certainement un homme qui, au moins en termes de morphologie, a précédé Neandertal et qui avait peut-être plus en commun, physiquement, avec l'Homo erectus. De nombreux scientifiques pensent qu'il est le précurseur de l'homme de Neandertal et d'Homo sapiens (l'homme moderne).

Les premières datations du fragment ont donné un âge entre 130.000 et 250.000 ans, mais une récente série de tests menés par le Dr Norbert Mercier à l'Université de Bordeaux a donné une date plus précise, et plus récente, de 113000 année

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Pourtant, la datation place l'échantillon dans un laps de temps qui précède de loin l'avènement de l'homme moderne dans l'Europe actuelle.
Cela soulève également de nouvelles questions sur les mouvements des anciens hommes et leur subsistance dans une zone géographique que les chercheurs suggèrent comme était un havre du sud pour les hommes au début de la glaciation de l'ère glaciaire.
Selon Roksandic: "L'absence de traits de Neandertal dans un spécimen de cet âge est à l'encontre de l'hypothèse commune selon laquelle les Néandertaliens étaient le seul groupe d'hominidés en Europe durant cette période, bien que la nature fragmentaire de la mandibule empêche toute attribution définitive à une espèce particulière. Étant donné que la date est un "terminus ante quem" la mandibule pourrait être substantiellement plus âgée. Toutes les nouvelles découvertes doivent être extrêmement pertinentes car il y a un manque d'informations sur cette zone critique concernant le mouvement humain et animal dans et hors de l'Europe".

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Les Balkans, qui comprend la gorge de Sicevo, seraient l'un des trois refuges pour les hommes du Sud et autres animaux au cours de l'avancement des glaciations en Europe dans l'ère glaciaire pléistocène.
La région des gorges de Sicevo est toutefois unique, en ce sens qu'elle a été la seule qui n'a jamais connu l'isolement géographique. Elle offre ainsi un immense potentiel dans le cadre d'importantes recherches sur la biogéographie des populations des anciens hommes mais aussi de la mégafaune au cours du Pléistocène, ou de la période paléolithique.
Cela inclue la recherche des routes migratoires que les premiers hommes ont emprunté lors de leur sortie d'Afrique. Lorsque la mégafaune s'est déplacée de l'Afrique vers l'Europe au début du Pléistocène, il s'agissait du corridor le plus probable pour leur mouvement. Logiquement, elle a été suivie par les hominidés chasseurs.

L'équipe de recherche envisage de revenir à nouveau explorer les grottes de Sicevo en 2012, et les fouilles seront menées par une école de terrain grâce à l'Université de Winnipeg pendant l'été. 

Sources :

 

Décidément, la Serbie et les Balkans n'ont pas fini de nous dévoiler tous leurs secrets :

Un site vieux de 7000 ans et contenant les plus anciennes traces de fabrication du cuivre, a été découvert en Serbie.


Cela remet en cause la théorie de la propagation de la fonte du cuivre a partir d'une source unique. Elle a ainsi pu être inventé dans des parties distinctes de l'Asie et l'Europe à cette même époque (NDLR : l'invention a aussi pu être importée, ou encore il n'y avait qu'une grande civilisation mondiale à l'époque et qui communiquait très bien : il y a sûrement d'autres sites identiques ailleurs).

La découverte repousse le record connu de la fonte du cuivre d'environ 500 ans rapport l'équipe archéologique dirigée par Miljana Radivojević et Thilo Rehren de l'University College London.

Ils ont été rejoints par Dušan Šljivar du Musée national de Belgrade, et des scientifiques allemands dirigés par Ernst Pernicka de l'Université de Tübingen.

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Couleurs de scories de cuivre

Les analyses chimiques et microscopiques du métal découvert précédemment sur le site Serbe Belovode ont permis d'identifier des morceaux de scories de cuivre, résidus d'un processus de chauffage intense utilisé pour séparer le cuivre des autres minerais. La matière première provenait des gisements de minerais de cuivre à proximité de la Serbie ou de la Bulgarie.
Une goutte de métal fondu trouvées dans une maison Belovode contient du cuivre pur, ajoutent les chercheurs. 

"Notre découverte fournie les dates les plus anciennes pour la fonte du cuivre et indique l'existence de différents lieux, probablement indépendants, pour l'invention de la métallurgie," explique Rehren

"Un grand nombre d'objets en cuivre ont été trouvés dans des sites du sud-est de l'Europe datant de plus de 6.000 ans," note-t-il.

Sa supposition remet en cause la théorie supposant que la fonte de cuivre s'est répandu en Europe depuis le Croissant Fertile, correspondant aujourd'hui au sud de l'Iran. Les archéologues ont daté des fonderie de cuivre au Moyen-Orient remontant à 6.500 ans.

Bien que Belovode apparaît désormais comme étant le plus vieux site de fonderie de cuivre au monde, ce statut ne durera probablement pas, remarque l'archéologue Benjamin Roberts du British Museum à Londres: "Il est probable que nous trouverons que la fusion du cuivre était au moins contemporain entre Belovode et le Croissant Fertile, une fois que les programmes de recherche seront en place sur des sites de fouilles,".

La fusion du cuivre pourrait avoir pour origine ce qui est maintenant la Turquie, commente l'archéologue Christopher Thornton de l'Université de Pennsylvanie à Philadelphie. Il y a 10.000 ans, les personnes qui y vivaient ont fabriqué des perles et autres ornements avec du minerai de cuivre, ils rendaient le minerai plus souple en le chauffant à basse température. 

Roberts et Thornton s'accordent pour dire que la fabrication du cuivre a probablement été inventé en un seul endroit, soit en Turquie, soit au Moyen-Orient. Le groupe de Rehren est en train d'examiner de possibles scories de cuivre provenant de sites en Turquie et en Iran, vieux d'au moins 7.000 ans. Les datations au radiocarbone des ossements d'animaux exhumés à Belovode indiquent que le site a été occupé de 7350 à 6650 ans.

Cependant aucune chambre de fusion, telle qu'un cylindre en céramique allongé (découvert sur des sites de l'âge du cuivre dans le sud-ouest de l'Asie) n'a été trouvé à Belovode. Les habitants Vinca ont pu avoir creusé des fosses pour la fonte du cuivre pensent les scientifiques.

SourceSerbian site may have hosted first copper maker

 

Le Cro Magnon britannique à 42.000 ans contesté

traduction et article de Sylvestre Huet 

Cro Magnon a t-il vraiment colonisé les îles britanniques dès il y a 42.000 ansC'est ce qu'affirmait un article paru dans Nature le 3 novembre dernier

Cette recherche prend place dans un sujet très "chaud" en préhistoire : la recherche des dates et conditions dans lesquelles les hommes anatomiquement modernes sont parvenus en Europe et les relations qu'ils ont pu y entretenir, ou pas, avec les derniers néandertaliens.

Mais un préhistorien de Toulouse, Nicolas Teyssandier, conteste cette nouvelle datation pour le moins extraordinaire car elle place Cro Magnon - le nom populaire de "l'homme anatomiquement moderne" des scientifiques - dans les îles britanniques à une date si ancienne... qu'elle serait la plus ancienne pour notre ancêtre direct pour toute l'Europe ! (YH : ce qui est faux déjà puisqu'on a trouvé 45 000 ans pour l'homme moderne en Italie, qui est bien en Europe ! : http://www.archeolog-home.com/pages/actualites-1/anthropologie/recherche-4/grotta-del-cavallo-italie.html).

Lire ici la suite de ce très intéressant article : Source : http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/11/le-cro-magnon-britannique-%C3%A0-42000-ans-contest%C3%A9.html 

 

Migration des Nubiens hors d'Afrique beaucoup plus tôt que prévue ?

Montagnes de l'OMAN - du Dhofar - une équipe internationale d'archéologues et de géologues travaillant dans les montagnes de Dhofar de l'Oman du sud, menée par Dr. Jeffrey Rose de l'université de Birmingham, rapporte avoir trouvé plus de 100 nouveaux sites classifiés en tant que « âge de pierre moyen Nubien (MSA). » Les outils en pierre distinctifs de Nubian MSA sont bien connus dans toute la vallée du Nil ; cependant, c'est la première fois que de tels sites ont été jamais trouvés en dehors de l'Afrique. Selon les auteurs, les preuves d'Oman fournissent un « chemin constellé de pierre » par lequel sont passés les premiers humains émigrant à travers la Mer Rouge pendant leur voyage hors de l'Afrique. Ces nouveaux résultats contestent les hypothèses anciennes et admises au sujet de la synchronisation et de l'itinéraire de l'expansion humaine précoce hors de l'Afrique. Utilisant une technique appelée Optically Stimulated Luminescence (OSL) utilisée sur des sites en Oman, les chercheurs ont déterminé que les tailleurs de pierres de Nubien MSA étaient entrés en l'Arabie il y a 106.000 ans, sinon plus tôt. Cette date est considérablement plus ancienne que les généticiens ont mis en avant pour les exodes humains modernes d'Afrique, qui estiment que la dispersion de nos espèces s'est produite entre il y a 70.000 et 40.000 ans. Bien plus étonnant, tous les sites de Nubian MSA ont été trouvés loin à l'intérieur, contrairement à la théorie actuellement admise qui envisage que les groupes humains venus tôt se sont déplacés uniquement le long de la côte de l'Arabie du sud...

Source : http://main.omanobserver.om/node/74299

SFH 2011

Yves Herbo sur Google+

archéologie prehistoire

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