Origine de l'Homme : un chaînon manquant trouvé en Europe ?

Origine de l'Homme : un chaînon manquant trouvé en Europe ?

 

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Nous ne quittons pas la Grèce par rapport à mon dernier article, car une publication scientifique explosive a été publiée dans le journal scientifique (très utilisé pour les publications officielles) PLOS OnePotential hominin affinities of Graecopithecus from the Late Miocene of Europe.
 

Cette publication déjà évidemment controversée fait suite aux étude de deux fossiles trouvés en deux endroits, par les professeurs Nikolai Spassov de l'Académie Bulgare des SciencesMadelaine Böhme de de l'Université de Tübingen (Allemagne)David Begun, paléoanthropologue à l'Université de Toronto (Canada) et co-auteur de cette étude, le doctorant Jochen Fuss du Department of Geoscience, Eberhard-Karls-University Tübingen (Allemagne).

Ces deux fossiles d'une créature semblable à un singe qui avaient des dents humaines ont été trouvés en Bulgarie et en Grèce et ils datent de 7.2 millions d'années. C'est à dire qu'ils sont plus anciens que les plus anciens fossiles d'hominidés africains !

 

Vue d artiste de graecopithecus

Vue d'artiste de Graecopithecus. Credit: National Museum of Natural History - Sofia, Assen Ignatov 

Cet hominidé, appelé Graecopithecus freybergi, et surnommé "el Graeco" par les scientifiques, prouve que cet ancêtre (supposé), était donc en train d'évoluer en Europe 200 000 ans avant le premier hominidé africain connu.

L'équipe de chercheurs rapporte que ces découvertes bouleversent entièrement le commencement de l'histoire de l'homme et replacent le dernier ancêtre commun, à la fois des chimpanzés et des hommes (le fameux chaînon manquant), dans la région méditerranéenne. 

En effet, à cette époque de -7.2 millions d'années, le changement climatique transformait l'est de l'Europe en pleine savane, ce qui a forcé les singes à trouver de nouvelles ressources, déclenchant, selon les chercheurs, un changement de comportement vers la bipédie. " Cette étude change les idées liées à la connaissance sur l'époque et le lieu des premiers pas de l'humanité " estime le professeur Nikolai Spassov de l'Académie Bulgare des Sciences, " Graecopithecus n'est pas un singe. Il fait partie de la branche des hominidés et est l'ancêtre direct d'homo ".


 

Notons au passage que, même si il n'existe (presque) plus de singes européens, les nombreuses découvertes de fossiles prouvent que les grands singes étaient justement présents en Europe... jusqu'à au moins - 9 millions d'années... et qu'une publication parlant de datations de -7 millions d'années les prolongeraient ou mènerait à la possible apparition donc de cet hominidé ! : http://www.maxisciences.com/grand-singe/des-grands-singes-presents-en-europe-il-y-a-7-millions-d-annees_art20593.html

En fait, il existe encore un singe sauvage en Europe : Le macaque de Barbarie sur le Rocher de Gibraltar. Et les singes étaient donc très nombreux en Europe jusqu'aux changements climatiques entre - 9 et - 7 millions d'annéeshttp://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-le-dernier-grand-singe-d-apos-europe-33711.php


 

Mais revenons à cet important article qui remet en question la naissance du genre Homo en Afrique...

 

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La dent de Graecopithecus Credit: University of Tubingen

 

L'équipe a analysé les deux fossiles découverts de Graecopithecus freybergi : une mâchoire inférieure trouvée en Grèce et une dent prémolaire supérieure provenant de Bulgarie.

Des tomographies ont permi de visualiser les structures internes des fossiles et voir que les racines de la prémolaire avaient largement fusionné. " Alors que les grands singes ont typiquement deux ou trois racines séparées et divergentes, les racines de Graecopithecus convergent et sont partiellement fusionnées, une caractéristique propre à l'homme moderne, aux anciens hommes et plusieurs pré-humains ", rapporte la chercheuse principale, le Professeur Madelaine Böhme de l'Université de Tübingen. La mâchoire inférieure a d'autres caractéristiques suggérant que l'espèce était un hominidé. Elle se trouve être plus ancienne de plusieurs milliers d'années que le plus ancien hominidé africain, Sahelanthropus tchadensis qui fut découvert au Tchad.

La nourriture de Graecopithecus était liée à la végétation de savane plutôt sèche et dure, contrairement à celui des derniers grands singes qui vivaient dans les forêts. Par conséquent, comme les hommes, il a des molaires larges et un émail épais. Dans une certaine mesure, il s'agit d'un lien manquant nouvellement découvert. 
 

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La mâchoire de Graecopithecus Credit: University of Tubingen



" Nous avons été surpris par nos résultats, étant donné que les pré-humains n'étaient connus qu'en Afrique subsaharienne ", ajoute le doctorant Jochen Fuss, qui a mené cette partie de l'étude.

D'après le professeur David Begun, paléoanthropologue à l'Université de Toronto et co-auteur de cette étude, " Cette datation nous permet de déplacer la séparation homme-chimpanzé dans la région méditerranéenne ".

Au cours de cette période (-10 à - 6 millions d'années avant maintenant), la mer méditerranée a traversé de fréquentes périodes d’assèchement, formant un pont entre l'Europe et l'Afrique et permettant aux singes et anciens hominidés de circuler entre les continents. L'équipe pense que l'évolution des hominidés a pu être causé par des changements environnementaux importants qui ont déclenché la formation du Sahara de l'Afrique du Nord, il y a plus de sept millions d'années, ce qui poussa l'espèce plus au nord. Ils ont trouvé un grand nombre de couches de sable du Sahara remontant à cette période, ce qui suggère qu'il était situé beaucoup plus au nord qu'actuellement.

 

Journal pone 0177127 g001

 

Studied specimens and virtual reconstructions of the holotype of Graecopithecus.

a, Type mandible of Gfreybergi from Pyrgos, Greece. b, RIM 438/387 –Left P4 of cf. Graecopithecus sp. from Azmaka, Bulgaria. From left to right: distal, mesial, lingual, buccal, occlusal and apical. c-i, μCT based 3D reconstructions of the type mandible showing the partially preserved roots and pulp canals from c-m3 and the crowns of right p4-m2. Further images with a magnification of the virtually isolated teeth and pulp canals are provided in S1 Figc, Occlusal view. d-e, Apical view. f, Buccal view of the left hemimandible. g, Buccal view of the right hemimandible. h, Lingual view of the left hemimandible. i, Lingual view of the right hemimandible. Scale bars, 10 mm. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0177127.g001



D'après le professeur Böhme : " nos découvertes pourraient changer nos idées concernant l'origine de l'humanité. Personnellement, je ne pense pas que les descendants de Graecopithecusont ont disparu, ils ont dû se disperser plus tard en Afrique. La séparation des chimpanzés et des hommes ne s'est faite qu'une fois. Nos données supportent l'idée que la séparation s'est produite dans l'est de la méditerranée, et non en Afrique. Si elle est acceptée, cette théorie modifiera le début même de l'histoire humaine ".

Voici le résumé de leur étude par les chercheurs, très axé sur l'étude de la dentition bien sûr : " La séparation de notre propre clade de celui du Panini est sans source dans les enregistrements fossiles (aucune preuve scientifique concernant une origine commune). Pour combler cette lacune, nous avons étudié la morphologie dentognathique de Graecopithecus freybergi chez (les fossiles trouvés à) Pyrgos Vassilissis (Grèce) et cf. Graecopithecus sp. D'Azmaka (Bulgarie), en utilisant de nouvelles reconstructions μCT et 3D des deux spécimens connus. Pyrgos Vassilissis et Azmaka sont actuellement datés du miocène ancien à 7.175 Ma et 7.24 Ma. Principalement basé sur sa préservation externe et la datation préalablement vague, Graecopithecus est souvent appelé nomen dubium. L'examen de sa morphologie dentaire des racines et de la pulpe dentaire précédemment inconnue confirme la distinction taxonomique d'avec le grand singe/homininé nord-grec significativement plus ancien (-9 à - 8 Ma), l'homininé Ouranopithecus. En outre, il montre des caractéristiques qui indiquent une éventuelle affinité phylogénétique avec les hominidés. G. freybergi partage de manière unique la fusion partielle de la racine p4 et une possible réduction de la racine canine avec ce groupe et, par conséquent, fournit des preuves intrigantes de ce qui pourrait être le plus ancien hominidé connu ".


Cependant, des experts se montrent sceptiques sur ces découvertes (comme toujours lorsque cela remet leurs propres études et recherches en jeu). Pour l'auteur et anthropologue retraité, le Dr Peter Andrews, qui fut au Musée d'Histoire Naturelle à Londres: " il est possible que la  lignée humaine soit originaire d'Europe, mais d'importantes preuves fossiles placent l'origine en Afrique, dont plusieurs squelettes partiels et crânes. J'hésiterais à utiliser une seule caractéristique d'un fossile isolé pour lutter contre les preuves venant d'Afrique ". Bon, le vieux docteur Andrews ne l'a peut-être pas fait exprès, mais on parle bien de deux fossiles et non d'un fossile isolé... et il est assez probable que d'autres fossiles découverts et attribués à de grands singes européens, soient en fait d'autres preuves de cet hominidé européen, d'autres études sont probablement déjà en cours par la même équipe...

" J'apprécie vraiment d'avoir une analyse détaillée de la mâchoire du Graecopithecus - le seul fossile de son genre jusqu'à présent ", a déclaré Richard Potts, un paléoanthropologue qui dirige le Programme des origines humaines de l'Institution Smithsonian. " Mais je pense que la revendication principale du document principal va bien au-delà de la preuve en main ". Potts, qui n'était pas impliqué dans cette étude, a noté que " l'âge de la diversité des singes a eu lieu en Eurasie il y a 12 à 10 millions d'années ". Ce groupe diversifié de primates a migré vers des latitudes inférieures, à savoir l'Afrique et l'Asie, pour échapper au refroidissement des températures nordiques et à des changements saisonniers plus puissants. Il y avait " peu pour soutenir " l'idée que les hominindés soient apparus avant de quitter l'Europe. (YH : Mais ce n'est pas impossible comme le reconnaissent la plupart des scientifiques...). 

" Je ne pense pas que ce soit un argument fort pour des origines homininaises en Asie plutôt qu'en Afrique. Possible, oui ", a déclaré Susan C. Antón, de l'Université de New York, professeur d'anthropologie qui n'était pas affiliée à l'étude récente.

" Je suis le premier à admettre que ce que nous avons n'est pas idéal ", a déclaré Begun. " Nous avons besoin de mâchoires mieux préservées et de certains os de membres pour nous dire si c'était bien bipède ". Le site de l'Athènes urbaine où la mâchoire a été découverte à l'origine est maintenant trop développé pour y chercher à nouveau des fossiles. Mais où la dent isolée a été trouvée dans les Balkans, au nord de la mer Égée d'Athènes, les affleurements rocheux anciens subsistent encore. Le professeur a déclaré qu'il envisageait de se rendre en Bulgarie pour rechercher d'autres fossiles. " Si vous avez une dent ", a-t-il dit, " cela signifie qu'il doit y avoir d'autres spécimens là-bas "...


Sources : http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0177127

https://www.washingtonpost.com/news/speaking-of-science/wp/2017/05/22/ape-that-lived-in-europe-7-million-years-ago-could-be-human-ancestor-controversial-study-suggests/?utm_term=.ded275855f4b

Articles liés : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/des-paleo-rivieres-ont-peut-etre-servies-de-routes-d-anciennes-migrations-humaine-a-travers-le-sahara.html

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/environnement-planete-terre/il-y-a-4900-ans-le-sahara-s-est-forme-brutalement.html

 

 

Yves Herbo et Traductions, Sciences et Fictions et Histoireshttp://herboyves.blogspot.com/, 01-06-2017

 

 

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Commentaires (1)

Nanou
  • 1. Nanou | 06/06/2017

Très intéressant ce site!

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