Nouvelles archéologiques aout 2012

Nouvelles archéologiques aout 2012 - up 10-2015

 

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Ensemble de quatre bifaces trouvés dans le niveau acheuléen, datant d'au moins 300 000 ans à Etricourt-Manancourt. © David Hérisson, Inrap

 

Belles campagnes archéologiques de  début été 2012 jusqu'à présent, avec des découvertes passionnantes :

 

France, Etricourt-Manancourt : 300 000 ans d’histoire mis au grand jour

Les archéologues de l’Inrap ont mit au grand jour plusieurs occupations préhistoriques, dont la plus ancienne remonte à 300 000 ans. Une découverte exceptionnelle qui nous informe sur les premiers peuplements européens.

À Etricourt, France, les signes des premières cultures européennes remontent à la surface. Pendant plusieurs mois, les équipes de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) se sont appliquées à fouiller les 17 hectares d’un site, qui a révélé des traces de nos ancêtres paléolithiques.

La chasse aux trésors débute en 2010. Sur prescription de l’État (Drac Picardie), l’emplacement du futur bassin de rétention du canal Seine-Nord Europe fait l’objet d’un diagnostic. Dès les premiers coups de pelle, un niveau paléolithique est mis en évidence. Deux ans plus tard, une fouille de 3200 m2 est conduite pendant 4 mois. Le chantier donne des résultats spectaculaires : le site dévoile cinq niveaux, qui s’échelonnent entre 300 000 et 80 000 ans.

 

Des couleurs, des climats

Trois grands cycles climatiques, dans lesquels se succèdent ères glaciaires et interglaciaires, ont pu être observés. Plus la couleur du sol est foncée, plus la période est liée à un épisode climatique chaud ou tempéré.

Dans le niveau archéologique le plus ancien (300 000 ans), des centaines de silex ont étés découverts. Parmi eux, des bifaces : outils phares de l’époque qui servaient très probablement à la découpe de la viande. Une étude tracéologique devra confirmer cette hypothèse dans les mois à venir. Quant aux restes organiques (os et bois) de ces civilisations lointaines , l’acidité des sols semble en avoir effacé les dernières traces …

L’étude complète du gisement pourrait permettre de découvrir de nouveaux éléments, qui aideraient à la reconstitution du mode de vie de ces hommes de Néandertal (probables). La fouille est en cours.

Sylvia Guirand - http://www.nationalgeographic.fr/actualite/decouverte-archeologie-etricourt/7917189/

 

DES "MOMIES FRANKENSTEIN" PARMI LES DÉCOUVERTES DES ARCHÉOLOGUES

 

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Une équipe d'archéologues fouillant à South Uist en Ecosse ont mis au jour l'un des sites les plus parlant sur la façon dont l'homme vivait au néolithique.

Des chercheurs des universités de Southampton et Liverpool ont choisi un endroit à An Doirlinn pour comprendre comment vivaient nos ancêtres préhistoriques.



Le Dr Fraser Sturt, de l'Université de Southampton, a décrit le site comme étant probablement le meilleur sur lequel il n'ait jamais travaillé dans les îles britanniques.
L'équipe a déjà trouvé des poteries décorées, des silex et un couteau peut-être utilisé par les premiers colons sur l'île.
D'après Sturt: "C'est toujours difficile de rechercher ce qui est le plus ancien, sachant que quelqu'un pourrait trouver quelque chose d'encore plus âgé, mais, pour le moment, c'est notre meilleure estimation comme étant l'un des plus anciens sites. Il y a eu une série de sites contemporains fouillés par le passé, mais ce que nous sommes en mesure de faire aujourd'hui est d'ajouter plus de détails par le biais de nouvelles méthodes et d'y ajouter une meilleure connaissance de cette période."



Le site est proche de Cladh Hallan, où l'archéologue Mike Parker Pearson, de Sheffield, avait découvert deux corps momifiés vieux de 3000 ans en 2001.

L'étude, publiée récemment, a révélé que les deux "momies Frankenstein" avaient été assemblées avec des parties de corps de plusieurs cadavres.

 

Le Dr Sturt a ajouté: "Mike Parker Pearson et son équipe viennent de révéler que, plutôt que d'être enterrés seuls, les corps étaient retravaillés et composés de différentes personnes. Dans l'une des momies, il y a trois personnes différentes réunies de différentes manières: la mâchoire d'une personne, le bas des jambes, et un bras d'une autre. Cette forme de pratique est remarquable, nous n'aurions pas pu la découvrir si nous n'avions pas bénéficié des avancés des travaux sur l'ADN. " 

Source:

 

 
 
UNE CHAMBRE FUNÉRAIRE SOUS LA PIERRE DE TREFAEL
 
 
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Le mégalithe de Trefael avait déjà fait l'objet d'un article l'année dernière en raison de nombreuses découvertes au cours de la saison de fouilles 2011 (Voir : Le mégalithe de Trefael livre de nouveaux secrets).


La saison 2012 semble encore plus prometteuse puisque les archéologues sont entrain d'exhumer et d'analyser des ossements humains trouvés sous le monument préhistorique récemment identifié comme un bouchon de site d'enfouissement.
La pierre de Trefael, dans le Pembrokeshire au Pays de Galles, était perçue simplement comme un des nombreux endroits liés à l'âge du bronze. Mais elle vient d'être reclassée après un sondage qui l'établi comme la pierre angulaire rituelle d'une chambre funéraire de l'âge de pierre.


L'étude a révélé que l'emplacement, près de Nevern, a été utilisé pour des inhumations rituelles pendant au moins 5500 ans

Une équipe d'archéologues de l'Université de Bristol a reçu la permission d'examiner les ossements humains trouvés dans la zone ainsi que des perles et des tessons de poterie.



L'importance de la pierre a été négligée depuis sa première apparition sur les cartes en 1889.

La première suggestion fut la bonne: en 1972, l'archéologue France Lynch pensait que la pierre pouvait être un dolmen ou une chambre funéraire.

Le Dr George Nash et ses collègues Thomas Wellicome et Adam Stanford de l'Université de Bristol y ont fait des fouilles Septembre 2010 et y sont retournés à nouveau l'an dernier.



Ainsi, en plus de déterrer des restes humains, des perles et des poteries, ils ont trouvé une ciste en pierre qui daterait de l'âge du Bronze.
Cette découverte indique que le site aurait été réutilisé comme lieu d'inhumation longtemps après que la chambre en pierre d'origine ait été construite.

Leurs résultats suggèrent qu'il pourrait s'agir du plus ancien site funéraire rituel du néolithique au Pays de Galles et l'un des plus anciens en Europe de l'Ouest.



Le Dr Nash dit qu'il connaissait les suppositions de Lynch en 1972 sur la pierre, mais qu'aucune enquête géophysique ou fouille n'avait été réalisée: "J'ai toujours eu cette intuition que cela pourrait être beaucoup plus grand. C'est extrêmement excitant. C'est l'un de ces découvertes que l'on ne fait qu'une fois dans une vie..."

La pierre est déjà connu pour un certain nombre de cupules ou de trous circulaires faits lors de cérémonies rituelles dans le Néolithique et à l'âge du bronze.
Les archéologues ont trouvé 30 nouvelles cupules de taille variable sur la pierre haute de 1,2 m.

 

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Un site de plus de 5000 ans.

Ils ont pu établir que le site était une chambre funéraire en pierre, construite à partir de rochers géants, et qu'il remonte à environ 3500 avant J.-C.. Il a ensuite été démantelé environ en 2.000 avant JC.

La pierre angulaire a été ensuite utilisé comme une pierre dressée, marqueur processionnel pointant vers le site de l'âge de bronze à proximité.

Les perles suggèrent que l'emplacement peut être associé à des sépultures, bien avant même la construction de la chambre funéraire; elles pourraient être liées à un site du Mésolithique à proximité datant de 10.000 ans.



L'équipe a été surprise de découvrir des artéfacts sur le site étant donné la nature acide du sol, des siècles d'agriculture et de la popularité de la zone auprès des gens qui cherchent à dénicher des trésors anciens depuis des générations.
D'après le Dr Nash: "ce que nous avons trouvé est extrêmement rare."

En septembre 2012, le Dr Nash et son équipe pourront retirer les os pour analyse.



Source:

 

BULGARIE: UN SACRIFICE HUMAIN À OHODEN ?

 

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La saison archéologique dans la ville bulgare de Vratsa a commencé pendant l'été, et a été marquée par la découverte du squelette d'un enfant, provisoirement daté à 8000 ans avant notre ère. 

 

Il a été trouvé dans les ruines du sanctuaire du Dieu Soleil, près du village d'Ohoden. Les archéologues pensent qu'il pourrait s'agir d'un sacrifice humain. Si cela s'avère vrai, ce serait le premier cas en Bulgarie.

Le squelette date de la période néolithique et est le cinquième a être découvert dans un ancien mausolée. Cependant, contrairement aux quatre autres qui font face à la direction du lever du soleil, celui-ci fait face au soleil couchant.
Les scientifiques ont pris des mesures précises des positions des corps et celles-ci seront comparées à la position du soleil à l'équinoxe d'automne.



Lors d'une interview, l'archéologue Georgi Ganetsovski estime que l'analyse des résultats devrait fournir des informations précieuses sur la vie des premiers habitants de l'Europe.

Au cours des précédentes saisons archéologiques, des découvertes sur le site ont inclus des restes d'habitations, des lieux de sépulture, des squelettes humains, des crânes cornus et autres artéfacts, ce qui suggère que la zone était un lieu de culte pour le dieu Soleil.



Les fouilles archéologiques du village néolithique près d'Ohoden se poursuivront avec la numérisation 3D des ruines et la reconstruction artistique des habitats.

Le site est déjà devenu une attraction touristique où, à l'équinoxe d'automne 2011, l'épeautre (une variété de blé et un aliment de base dans le régime alimentaire des peuples du Néolithique et de l'âge du bronze) a été semé rituellement.
Cet été, il sera récolté avec des faucilles en pierre. Les touristes assisteront et participeront également à la construction d'une habitation néolithique avec des outils en pierre typiques de la période. 



Source:

 

 

Du matériel lithique retrouvé à Campo Viejo, Veracruz

 

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Artefact trouvé à Oaxaca

 

Des fouilles de sauvetages entreprises par l'INAH ont permis de découvrir des vestiges préhispaniques dans un terrain situé à Mahuixtlan, près de Coatepec dans l'état de Veracruz.

D'après les premiers éléments retrouvés par une équipe d'archéologues présente sur le site depuis sept mois, ils pourraient de vestiges probablement liés au site voisin de Campo Viejo situé à 4 km de distance. L'archéologue en charge du projet, Luis Espinoza García, a indiqué que ce site avait connu une occupation importante à la charnière entre Préclassique récent et Classique Ancien.
 
 
Les fouilles ont notamment révélé la présence de murs formés de pierrees taillés datant de l'époque ancienne de Campo Viejo, entre 100 avant notre ère et 200 après Jésus Christ. Il est probablement que l'unité qui s'est développée à Mahuixtlan soit en fait un satellite de Campo Viejo.
 
D'autre part une offrande comptant pas moins de 70 pièces en obsidienne et un fragment de pendant d'oreilles a été retrouvé sur les restes carbonisés d'un animal ou d'un être humain. Les première analyses ont permis de tracer la provenance de ces lames : elles viennent du Cerro de las Navajas, situé à plusieurs centaines de kilomètres dans l'état d'Hidalgo.
Les restes d'un temazcal, orienté vers le volcan Pico de Orizabal, ont également été retrouvés. Cependant l'identification à une tradition culturelle reste impossible, quand bien la région ait été totonaca au moment du contact.
 

 

Pour en savoir plus sur cette découverte, nous vous invitons à lire le bulletin en espagnol disponible sur le site de l'INAH et à regarder la vidéo ci-jointe.
 
 
 
 
 
 
Une nouvelle pyramide découverte à El Zotz, Guatemala
 
 
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Tikal, voisine de El Zotz
 
 

Le portail scientifique anglophone Science Daily publie un billet sur les fouilles entreprises depuis 2009 par l'archéologue Stephen Houston et son équipe de la Brown University sur le site guatémaltèque d'El Zotz. La pyramide dite Temple du soleil nocturne fait l'objet de fouilles systématique depuis quelques années. Elle se trouve en haut d'un édifice d'importance : la Pyramide du Diable qui fut bâtie sur la tombe royale de Pa'Chan ("ciel fortifié").

Le Temple du Soleil nocturne semble avoir été érigé entre 350 et 400 de notre ère, soit le Classique moyen. Fouillé à 30 %, il a déjà révélé la présence de 8 masques de stuc hauts d' 1,50 m. Selon toute logique, il semblait y en avoir eu 14. Houston propose une hypothèse intéressante sur la présence de ses différents masques :

 

"Les stucs fournissent une vue sans précédent sur la façon dont les Mayas percevaient les cieux, pensaient le soleil et le soleil lui-même était greffé à l'identité des rois et des dynasties qui leur succèderaient".

Le fait que le Temple du Soleil Nocturne ait été recouvert d'une autre structure a garanti, comme fréquemment dans d'autres sites archéologiques mayas, la bonne conservation des masques et de leurs peintures. Mais cela complique et ralentit considérablement le dégagement de la structure. Dès 2009 les archéologues avaient trace des stucs dans un tunnel creusé par des pilleurs il y a plusieurs décennies.

 

Afin de restituer au mieux une image des stucs et du temple, Houston a sollicité le soutien du Center for Advanced Spatial Technologies, situé à l'University of Arkansas afin d'effectuer des prises de vue en trois dimensions. En y ajoutant les centaines de clichés pris au cours du dégagement du Temple du Soleil Nocturne, ils ont pu nous proposer, entre autres, ce relevé. La structure est entièrement couverte de peinture rouge et pouvait être facilement observable 30 kilomètres aux alentours du site. Les masques de stuc pourraient alors représenter différents états du soleil au long de son trajet diurne. La note publiée sur le site de la Brown University donne l'exemple d'un masque dirigé vers l'est avec différents traits de poissons. Au delà de son orientation vers le soleil levant, il pourrait faire allusion à la mer des Caraïbes située dans cette direction.

 

Des bandes célestes, contenant des représenations archaïques de Vénus et d'autres corps célestes. Houston rappelle à juste titre qu'au moment de la construction du temple, El Zotz et sa grande voisine Tikal connurent des contacts avec des groupes originaires du centre du Mexique actuel, et particulièrement de Teotihuacan.

Toujours selon l'archéologue américain, les Mayas considéraient leurs temples comme des êtres vivants. La mutilation volontaire des nez, des bouches et des glyphes figurant sur le diadème de chaque masque pourrait signifier sa mise à mort rituelle avant une nouvelle phase de construction.

Dans une vidéo hébergée sur le site de la Brown University, Houston revient sur cette belle découverte :

 

 

La nouvelle a trouvé notamment écho sur le site du quotidien français Le Monde, au moins dans sa version électronique : on peut y lire un article succinct sur la découverte faite non par Stephen Houston mais par Thomas Garrison, professeur à la South California University. Il faudrait donc que les médias se mettent d'accord entre eux et que l'article soit un peu plus poussé : la présentation est générale et très incomplète, ne donne pas vraiment une explication du contexte de cette découverte.

Source : http://mexiqueancien.blogspot.fr/2012/07/une-nouvelle-pyramide-decouverte-el.html

 

Yves Herbo, S,F,H, 02-08-2012, up 10-2015.

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