Nicaragua : Les pyramides de Canta Gallo

Nicaragua : Les pyramides de Canta Gallo

 

Escalier jungle mini

 

C'est un site archéologique (ou tout au moins culturel) très peu étudié scientifiquement car il est situé en plein territoire d'une des trois principales communautés de natifs indiens du Nicaragua, et qu'ils considèrent ce site comme sacré. Le site est situé en plus en pleine jungle, dans une région de forêt appelée Indio Maiz, au sud-Est du Nicaragua, dans la Région Autonome de la cote Atlantique Sud. Il y a plusieurs choses étonnantes concernant ces vestiges, mais aussi la communauté qui les garde actuellement, les indiens Rama. Ces indiens n'ont à priori aucun rapport avec le Ràma de l'Inde, mais nous allons voir plus loin que leur appartenance à l'éthnie plus large des Indiens Chibcha et donc du peuple Kuna nous montre certains points communs (avec notamment un symbole ancestral) avec la bien lointaine Inde védique !

Une chose est assez certaine, pour aller visiter ces ruines (ça commence lentement à pouvoir se faire), vous devez encore passer par l'entremise des Indiens Rama car le voyage en pirogue, via la rivière Indio, met plusieurs heures, y compris un trajet d'une heure à pied après la rivière...

 

Nicaragua ling map

Le site est dans le territoire rama, au sud-est du Nicaragua.

On sait très peu de choses sur cet ensemble de ruines et son histoire, mais le nombre de structures fait bel et bien penser pour certains à une cité disparue et inconnue, avec plusieurs pyramides et des restes de temples sous forme de murs. Et l'apparence des pierres fait bien penser à une très ancienne ville, et le site est sacré pour les Rama : « C'est là que nos ancêtres se rencontraient », affirment les locaux en s'asseyant sur les pierres d'un escalier construit sur une gigantesque pyramide au beau milieu de la végétation et sur une grande colline de 600 mètres de hauteur par rapport au niveau de l'océan.

 

Escalier pyramide cantogalloramaUn indien Rama assis sur un escalier monumental dans la jungle... l'endroit semble bien artificiel...

 

Si on suit les rapports des rares voyageurs ayant vu récemment ces ruines, il faut un voyage de huit heures à bord d'une pirogue à partir de San Juan de Nicaragua, qui est déjà située dans la jungle, puis une heure de marche dans une épaisse végétation, pour arriver enfin à proximité des vestiges et le site surnommé Canta Gallo. Et ce dernier est assez étendu car on ne distingue au début que de petites structures en pierre en forme de tortues (des habitations ?) avant d'atteindre la zone principale, composée de pyramides et de murs éclatés par les arbres. Des dalles de pierre gris-bleuté sont empilées pour former d'énormes boules de pierre et des pyramides qui pourraient avoir plus de 20 mètres de hauteur. Les natifs Rama disent que ces structures sont connues pour remonter à entre 3000 à 5000 ans...

 

Inscriptions petroglyphesOn devine des gravures et des tracés de yeux, une pierre semble avoir été taillée en forme de visage triangulaire à gauche de la main de l'indien... être sur place est plus convainquant d'après les visiteurs, bien sûr.

 

Une autre chose étonnante est qu'il y a des inscriptions anciennes sur certains murs, certaines pierres. Un peu comme des pétroglyphes dont la signification échappe aussi aux Rama et au guide indien : « Ici semble se trouver un poisson »... Il semble que l'Université locale de Bluefields étudie les pyramides et le site depuis un certain temps... mais aucune publication ou information écrite n'est encore disponible...

 

Canta gallo base pyramide

Le site semble énorme car il y a environ une dizaine de pyramides massives et plusieurs structures plus petites d'après les visiteurs, et le point culminant est une pyramide principale encore plus grande, qu'on peut atteindre en passant un petit torrent et une chute d'eau envahis par de minuscules grenouilles tout autant venimeuses que colorées...

 

Cantagallo mur

Les indiens Rama parlent des légendes entourant le site : Déjà, le nom "Canta Gallo" provient de l'histoire d'un coq (gallo) qui est supposé apparaître une fois par an à cet endroit oublié par les dieux pour y lancer son chant (canta), nul ne sait pourquoi ni si c'est seulement possible. Selon ces mêmes indiens, le site est l'endroit où leurs ancêtres pratiquaient des rituels religieux et se réunissaient pour régler les questions communautaires. En fait, il semble que les Rama se sont servis de ce site antique pour échapper aux conquérants espagnols au 16ème siècle, mais aussi lors de leurs guerres contre la communauté des indiens Miskitos, contre les britanniques plus tard, puis encore plus récemment contre la dictature de Somoza puis des Contras contre les Sandinistes...

 

Canta gallo nicaragua1

On ignore maintenant complètement la teneur des rituels pratiqués ici. Mais il est aussi assez probable que les Rama ne soient pas à l'origine de ces ruines, qu'ils auraient pu découvrir lors de leur entrée dans ce territoire. On sait en effet que le Nicaragua a été envahi dans un lointain passé non seulement par les Mayas, mais aussi par les mystérieux Nahuatl qui provenaient du Mexique, et qui ont d'ailleurs donné le nom "Nicaragua" à la contrée (nic-Anahuac - signifiant Jusqu'ici ensemble avec la mer)...

 

Canta gallo ruinesLe Nicaragua possède plusieurs volcans actifs et est sujet à de nombreux séismes : il est possible que la stabilité et la position des ruines ne sont pas celles qui régnaient à leur origine... Il reste surtout des murs et des "falaises" de pierres taillées, le restant étant écroulé et au sol, sous la végétation...

 

Canta gallo structure tortueUne structure en forme de tortue, de tête de serpent ou de boule, retenue dans la pente par de lourdes pierres d'un seul tenant. Il y a différentes sortes de pierres, entre basalt et granit, l'avis d'un géologue serait intéressant à connaître.

 

Pour en revenir à l'ethnie originaire des indiens Rama, on sait d'après leur langue (en voie d'extinction car il ne resterait qu'une vingtaine de pratiquants sur les moins de 2000 personnes composant en ce moment le peuple Rama) qu'ils descendent de la grande communauté des Indiens Chibchan rattachés au peuple et à la religion et langage Kuna (ou Guna, Cuna), vivant principalement à Panama et en Colombie. Et, très curieusement, l'un des plus anciens emblème-symbole de cette antique tribu amérindienne est... le Guna Swastika, que l'on retrouve d'ailleurs sur le drapeau de la communauté. Quand on sait que le Swastika est aussi l'un des plus vieux symboles de vie présent en Inde/Tibet depuis les âges védiques, on peut honnêtement se poser des questions sur les origines réelles de ce peuple amérindien, dont les Rama sont une rameau isolé au Nicaragua...

 

Flag of kuna yalaLe drapeau de la communauté Kuna Yala qui regroupe 49 tribus au Panama proche

 

En outre, la principale référence culturelle des Kuna est leur tissu et vêtements très colorés et fins (les Molas) que l'on pourrait penser être une survivance des sari de l'Inde ! Autre fait prouvé scientifiquement, les Kuna possèdent une pression artérielle moyenne basse (BP, 110/70 mm Hg) et ne subissent pas l'augmentation de la tension artérielle liée à l'âge, qui est courante dans la société occidentale (Hollenberg et al., 1997). Les taux de mortalité par maladie cardiovasculaire et cancer, des causes de décès Numéros 1 et 2 aux États-Unis, sont faibles chez les Kuna. Entre 2000 et 2004, sur le continent panaméen, Bayard et al. (2007) ont rapporté que pour 100 000 résidents, 119 sont morts de maladies cardiovasculaires (MCV) et 74 sont morts du cancer. En revanche, pour 100 000 Kuna, ces taux de mortalité étaient de 8 pour les MCV et de 4 pour le cancer !

 

Canta gallo structure temple

 

Une autre étrangeté concernant ce peuple est que les Kuna ont un taux d'incidence très élevé de l'albinisme (Oculocutaneous albinism: clinical, historical and anthropological aspects PMID 9759297). Dans la mythologie Kuna, les albinos (ou sipus) ont reçu une place spéciale. Les Albinos dans la culture kuna sont considérés comme une race spéciale de personnes, et ont le devoir spécifique de défendre la Lune contre un Dragon qui tente de la manger à l'occasion lors d'une éclipse lunaire. Ils sont les seuls autorisés à sortir la nuit d'une éclipse lunaire pour utiliser des arcs et des flèches spécialement faits pour abattre le dragon... Nulle science ne peut expliquer comment la génétique ait ainsi pu s'associer à une légende indienne très spécifiquement liée à l'astronomie.

En tout cas, nous avons vu dans d'autres articles sur l'Inde ou le Sri-Lanka que leurs anciennes cultures étaient assez spécialisées dans la gravure et création de temples directement dans la pierre tendre naturelle (souvent basaltique et volcanique), n'hésitant pas à utiliser des falaises entières et des collines et il est assez curieux de retrouver des pratiques assez semblables ici au Nicaragua (mais aussi ailleurs dans les Amériques...)...

 

Cantagallo02piramide

 

Pyramides waterfall

Un torrent et une chute d'eau traverse les ruines, un grand nombre de pierres apparemment taillées parsèment le torrent, qui a dû causer des ravages dans les vestiges dans le passé. Il est possible également que des structures volcaniques naturelles aient été gravées et utilisées par les indiens, sans qu'il s'agisse à proprement parlé de constructions entièrement naturelles, même certains géologues pensent qu'il s'agit principalement de structures crées par l'activité volcanique et la lave lors de la préhistoire... Seules les études de l'université locale, en cours, pourront établir certaines choses, surtout au sujet de cet escalier qui a été déterré récemment...

 

Escalier jungle

 

Sources : http://www.bizarreglobehopper.com/blog/2014/09/22/canta-gallo-rama-indian-pyramids-indio-maiz/

http://www.escapehere.com/destination/7-ancient-ruins-of-central-america/3/

http://www.therealnicaragua.com/Forum2016/showthread.php/13621-Casey-s-amazing-walkabout-Reprint-from-Rightside-Guide?styleid=6

 

Yves Herbo et traductions (c) toutes les images peuvent être agrandies en cliquant, Sciences et Fictions et Histoireshttp://herboyves.blogspot.com/, 29-03-2017

 

 

 

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Commentaires (1)

Noella
  • 1. Noella | 03/04/2017

Vraiment très intéressant, j'ai hâte d'en savoir plus.

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