La mystérieuse culture de Shaar Hagolan

La mystérieuse culture de Sha'ar Hagolan

 

Neolithic village 8000 7500 years yarmukian culture mini

En creusant des viviers dans leurs champs en 1943, les membres du kibboutz Sha'ar Hagolan découvrirent sans le vouloir un site préhistorique. Partiellement mis au jour entre 1948 et 1962, sous la direction de M. Stekelis de l'université hébraïque de Jérusalem, cette culture unique attestée ici reçut le nom de culture yarmoukienne ou culture de Shaar Hagolan. Depuis 1989, de nouvelles fouilles ont permis de découvrir les vestiges remarquables d'un village néolithique, datant de 5 500-5 000 ans avant J.C.. (YH : datations non calibrées...).

Le village s'étend sur des centaines de dounams (un dounam égale dix ares). Il est situé au sud du lac de Tibériade, sur la rive du Yarmouk, qui se jette dans le Jourdain au sud de ce site. Plusieurs constructions, aux chambres rectangulaires et circulaires, furent ainsi mises au jour. Les fondations consistent en assises de pierres recouvertes de strates de briquettes de terre moulées et séchées au soleil ; les murs étaient de construction solide et les sols de terre battue ; les toits étaient fabriqués à partir de terre et de paille, posés sur des structures de bois. On a découvert sur le site divers ustensiles, entre autres des plaques plates de basalte et des mortiers concaves, également en basalte, à usage domestique.

Au centre du village s'élevait un vaste bâtiment très soigneusement construit, à l'évidence un édifice public. Sa cour partait de l'allée étroite qui serpentait entre les maisons du village. Plusieurs salles rectangulaires, avec des murs particulièrement épais et une pièce circulaire servant de silo, étaient distribuées autour de cette cour.

 

Shaarfouilles

La profusion d'objets découverts dans le village atteste d'une "économie mixte" mêlant la pêche et la chasse à la culture des céréales.

Les outils de silex, largement utilisés, étaient fabriqués à partir de fragments de silex ramassés sur les rives de la rivière, et incluaient des lames de faucilles à un côté denté, insérées dans des poignées d'os ou de bois ; des pointes de flèche, certaines grandes, allongées et recourbées, d'autres minuscules et triangulaires, délicatement travaillées ; enfin des outils polis, haches, racleurs, poinçons et burins.

A cette période, lorsque la poterie est apparue au Proche-Orient, les potiers de Shaar Hagolan fabriquaient des ustensiles sophistiqués et bien cuits - formes rondes de bols et formes closes de pots, souvent dotés d'une base plate sur laquelle les pots se tenaient solidement. Les décorations les plus typiques étaient constituées de motifs à chevrons aux lignes parallèles, parfois accompagnés de bandes peintes en rouge.

 

Shaar poterie

La caractéristique principale de la culture yarmukienne est incontestablement son art. Les objets artistiques et cultuels incluent des silex gravés et incisés, de petites pierres et des figurines d'argile. Des statuettes anthropomorphiques d'argile étaient assemblées à partir de parties du corps fabriquées séparément. Les traits du visage, et en particulier les yeux protubérants, ont quelque chose de grotesque. Le grand nombre de figurines de la fertilité, représentant sans doute (?) la "déesse mère" reflète un culte basé sur le cycle de la vie.

 

Neolithic village 8000 7500 years yarmukian culture

Ces vestiges illustrent de nouveaux aspects, inconnus jusqu'alors, de la culture néolithique en Israël. Jusqu'à ces découvertes, on pensait généralement que les populations néolithiques étaient des pasteurs nomades vivant dans des installations temporaires de huttes primitives, à demi souterraines. Shaar Hagolan constituait indubitablement un village permanent, avec des maisons solides et un vaste centre communautaire.

Les fouilles ont été dirigées par Y. Garfinkel pour le compte de l'Institut d'archéologie de l'université hébraïque de Jérusalem.

 


 

Yves Herbo : Comme on le sait, l'archéologie et l'anthropologie ne sont pas des sciences exactes : elles fondent en grande partie leurs conclusions (provisoires) sur des déductions, postulats préétablis et logiques, connaissances propres à celui ou ceux qui font les fouilles, confirmées ou modifiées par d'autres chercheurs par la suite, possédant eux-mêmes leurs propres logiques, postulats et connaissances. Comme le dit le texte, écrit par des scientifiques concernés eux-même, " ces « cultures matérielles » ne correspondent pas nécessairement à des réalités anthropologiques "...

" En anthropologie, le terme de culture désigne tout ensemble ethnographique qui présente des écarts significatifs avec d’autres ensembles, en ce qui concerne ses valeurs, ses comportements et ses savoirs dont les limites coïncident approximativement (Lévi-Strauss, 1958). Les cultures ainsi identifiées ne sont donc pas des ensembles de données mais plutôt le résultat d’enquêtes et de comparaisons. Il faut savoir que les termes de comparaison ne varient pas tous au même moment d’une culture à l’autre ; et ceux qui varient en même temps ne varient pas nécessairement avec la même intensité. Ainsi, il faut utiliser le terme de « culture » avec précaution et rester conscient que ses limites sont toutes relatives.

Cela étant dit, pouvons-nous identifier des cultures en archéologie ? Les anthropologues qui s’attachent à tous les aspects de sociétés vivantes éprouvent quelques peines à définir des cultures ; la tâche est d’autant plus ardue pour les archéologues qui étudient des sociétés disparues. Les archéologues n’ont en effet à leur disposition que les vestiges matériels d’un petit nombre d’activités techniques, sociales et symboliques d’un groupe donné. Ces chercheurs doivent donc se limiter à identifier des « cultures matérielles » qui peuvent être définies comme des associations cohérentes de caractères dont les traces qui restent sont matérielles. Et ils savent que ces « cultures matérielles » ne correspondent pas nécessairement à des réalités anthropologiques (Leclerc et Tarrête, 1995). "

YH : En ce qui concerne les datations, on relève qu'en 2004, il est devenu nécessaire de recalibrer les données issues des analyses à base du carbone 14, confirmant que l'ancien système non calibré n'était pas suffisamment fiable. Par la suite, il a donc aussi été nécessaire d'établir de nouvelles échelles liées à de nouvelles périodes pour reclassifier les anciennes données liées par exemple aux poteries et "ères" historiques établies précédemment. On peut dire ainsi que plusieurs périodes anciennes, dites préhistoriques de l'holocène (n'oublions pas que, de toute façon, le C14 ne peut dater des périodes plus ancienne que 50.000 ans), ont été repoussées de quelques millénaires dans le passé. La majorité des grottes ornées françaises par exemple se sont donc avérées plus anciennes qu'au 20ème siècle après recalibration, de quelques milliers d'années tout de même. Voici pour le néolithique du Levant (Est) les nouvelles périodes après recalibration : 

" Dans le Levant, la Néolithisation débute autour de 13000 cal BC et prend fin vers 5000 avant notre ère. Marquée par le passage d’un mode de vie nomade basé sur la chasse et la cueillette à un mode de vie sédentaire basé sur l’agriculture et l’élevage, la Néolithisation dans le Levant comprend cinq périodes. Pendant le Natoufien (de 13000 à 9600 cal BC), le nomadisme décline. Le Néolithique précéramique A (PPNA, de 9600 à 8700 cal BC) marque les premières tentatives d’agriculture. Au Néolithique précéramique B (PPNB, de 8700 à 6900 cal BC), c’est le début de l’élevage, activité qui se renforce durant le Néolithique précéramique C (PPNC, de 6900 à 6500 cal BC). À l’époque du Néolithique céramique (PN, de 6500 à 5000 cal BC), enfin, la technique de la céramique développée dans le nord est pour la première fois utilisée dans le sud. "


 

Shaarfinds

Une partie des découvertes artistiques décrites ci-dessous

 

Le village du néolithique de Sha'ar Hagolan est le plus grand et plus important site d'art préhistorique en Israël et sa datation, après recalibrage, a estimé sa création entre 8000 et 7500 ans avant maintenant. Plus de 150 objets artistiques ont été jusqu'à présent déterrés sur place, endroit qui a été protégé et caché par des étangs à poissons (fish-ponds) et des oliviers pendant longtemps.

 

Shaar fugurine2

1) Figurines humanoïdes en argile - Certaines des découvertes les plus remarquables de Sha'ar Hagolan sont les figurines en argile qui représentent des "femmes" assises et parfois des "hommes". Les figurines sont modelées comme des figures anthropomorphiques très stylisées. Les figurines ont exacerbé l'imagination de nombreux chercheurs et ont reçu une grande variété de noms: figurines de fertilité, figurines assises portant une soutane et un masque, «mère terrible» - figurines de la mère terrible, figurines grotesques et figurines larges.

 

Shaar pilongrave

2) Figurines humanoïdes en pierres - Une centaine de figurines encadrées de cailloux de calcaire ont été trouvées dans Sha`ar Hagolan. Ils varient entre 4 et 32 ​​cm et pèsent entre 30 g et 6 kg.

 

Shaar pierregravees2

3) Pierres incisées - Une trentaine de pierres basaltiques incisés avec des motifs géométriques ont été trouvés dans Sha`ar Hagolan. Les modèles peuvent être divisés en trois groupes principaux: des lignes parallèles, des motifs à damier et des lignes d'intersection. Des motifs géométriques semblables apparaissent sur des joints d'estampille de la même période dans le nord du Levant et en Mésopotamie.

 

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La collection riche et unique d'objets d'art de Sha`ar Hagolan soulève de nombreuses questions sur leur sens, leur fonction et leur utilisation dans la communauté du néolithique. Par exemple, pourquoi tant de figurines ont-elles été découvertes sur un seul site ? Toutefois, compte tenu de l'état actuel de la recherche et du fait que la plupart des éléments ont été recueillis à partir de la surface du site sans aucune information sur leur contexte archéologique, il est impossible de répondre à ces questions. En outre, les anciennes fouilles sur les sites de Yarmukian ont donné lieu principalement à des fosses, dans lesquelles des morceaux de poterie, des articles de silex et des objets d'art ont été trouvés. Aucune trace claire d'architecture n'a été signalée. Ceux-ci créent l'impression générale que la population Yarmukian était semi-nomade et pastorale, occupant les sites pour une seule partie de l'année. On a suggéré un moment qu'ils vivaient dans des fosses souterraines et des huttes rondes en matériaux périssables. Pourquoi une population nomade fabriquerait-elle un tel assemblage artistique unique ?

 

Shaar golan3

Dans les nouvelles fouilles à Sha`ar Hagolan, une structure domestique et un coin d'un édifice public massif ont été exposés. La structure domestique se compose d'une pièce rectangulaire (1,6 à 3 m).

Le sol était composé de terre battue, sur laquelle se trouvaient plusieurs dalles de basalte plates. Une zone ouverte adjacente à la pièce du nord a servi de cour de la maison. Deux grands mortiers et une figurine en galets ont été trouvés dans la cour de cette unité. Il est donc possible que chaque ménage gardait une figurine pour le culte et l'adoration. De tels phénomènes ont été décrits pour la période chalcolithique (bien plus tard) dans les hauteurs du Golan (Epstein, 1988). Pour tester cette possibilité, il faudra creuser plus d'unités domestiques.

Près de cette maison, le coin d'un immeuble massif a été déterré; Il a été formé par deux murs qui se sont rencontrés à angle droit. Les murs ont 1 mètre d'épaisseur et s'étendent au-delà de la zone excavée. Jusqu'à présent, ils ont été mesurés pour une longueur de quelque 8 m. Ce coin est une partie d'un bâtiment monumental d'un type jamais trouvé dans un site Yarmukian. La plus grande figurine de cailloux jamais trouvée à Sha`ar Hagolan a été collectée à partir de la surface du site dans ce voisinage. Il est donc possible que cette construction publique massive ait une fonction de culte, comme un temple. Si tel est le cas, ce serait le plus ancien temple jamais découvert en Israël.


 

Une étude parue dans PLOSone, par Nimrod Marom, Guy Bar-Oz du Laboratory of Archaeozoology, University of Haifa, Israel aide à remodeler notre compréhension actuelle sur le début de l'agriculture et la domestication des animaux. L'assemblage faunique du site de entre le 9e et le 8e millénaire avant maintenant à Sha'ar Hagolan a été utilisé pour étudier l'interaction humaine avec des suidés sauvages (porcs) et des bovins dans la période de temps juste avant l'apparition d'animaux domestiqués de ces espèces dans la vallée du Jourdain.

Les résultats, basés sur les données démographiques et ostéométriques, indiquent que la domestication complète des bovins et des suidés s'est produite sur le site au cours du 8ème millénaire. Il est important de noter que la domestication a été précédée dans les données démographiques des vaches et de suidés, par des indications d'une chasse très excessive.

Le rôle possible de la chasse excessive dans la mise en forme des caractéristiques des animaux domestiqués et de l'infrastructure sociale pour l'appropriation des troupeaux est considéré comme plausible. (YH : la raréfaction du gibier a forcé l'être humain a entreprendre sa sauvegarde via la domestication...).

Le marqueur le plus commun utilisé pour documenter la domestication sont les changements démographiques, biogogènes et morphologiques qui se produisent dans la transformation d'une espèce sauvage en une espèce domestiquée. L'apparition de ce processus se retrouve chez les moutons, les chèvres, les bovins et les porcs dans certaines parties du Proche-Orient à partir du 12e millénaire avant le présent. Les analyses de l'âge au décès et du ratio sexuel du bétail précoce montrent un écart croissant entre le modèle de l'âge adulte qui caractérise la chasse paléolithique et épipaléolithique et un abattage sélectif d'animaux mâles plus jeunes qui suggère des troupeaux domestiques.

La taille corporelle chez les bovins et les suidés a été enregistrée comme nettement plus petite que celle des spécimens de référence provenant de populations sauvages locales pendant la première phase de la colonisation du site, durant la phase PPN (pré-céramique néolithique). En documentant le sexe, l'âge au décès et la masse corporelle générale, il devient plus clair que l'accès aux animaux sauvages diminue et que l'on exerce plus de pression sur les animaux plus petits, plus jeunes et principalement mâles. Ces marqueurs démographiques peuvent être directement liés à une relation humaine-animal évolutive et montrent peut-être un fondement de la domestication à cause d'un besoin croissant, amené par la chasse excessive.

 


 

YH : Les chercheurs sont tous d'accord pour assimiler ces figurines féminines en grande majorité à une seule et même déesse, elle-même liée à une structure sociétale matriarche. On est aussi tout de même amené à regarder les cartes et à comparer les "différentes" cultures du néolithique qui s'étalent de la Mer Caspienne/Aral jusqu'à l'Egypte/Arabie Saoudite, en passant bien sûr par l'actuelle Turquie et la Mésopotamie, ainsi que leurs arts. Et on constate invariablement des figurines et représentations de "dieux" ou "déesses" très proches physiquement ou ayant au moins des détails comparables (yeux, forme du visage triangulaire, absence d'oreilles, petites bouches, crânes allongés, etc...). Et ces détails apparaissent également dans des représentations beaucoup plus modernes, liés à des témoignages d'enlèvements ou contactés par des entités biologiques (extra-terrestres ou non) multiples, mais reconnaissables... Est-ce vraiment un hasard douteux, étalé sur des millénaires, ou ces entités se sont-elles fait passer (ou ont été pris) pour des "dieux-déesses" par nos ancêtres ?

 

Shaar museum2

Musée de Sha'ar Hagolan, d'étranges galets gravés

 

Je rappelle ici les précédents articles qui montrent ces détails similaires chez des cultures pourtant éloignées par des milliers de kilomètres (kilomètres assez peu importants évidemment pour les anciennes cultures des nomades/chasseurs-cueilleurs, migrants permanents...) :

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/preuves-autre-histoire/civilisation-genante-la-culture-vinca.html

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/siberie-nouvelles-decouvertes-sur-la-mysterieuse-culture-okunev.html

 

Lespugue france pleistocene

Lespugue - France - -23000 ans

Monpazier dordogne france

Monpazier, Dordogne, France - -27000 ans

Obeid 7000ans

Al-Obeid, Irak, préSumer, -7000 ans

Tel halaf terra cotta mother goddess 5200 4400 bc

Tel Halaf, Syrie, -7000 ans

Qad n heyk lciyi 2000bc turkmenistan guneyi

 turkmenistan, -4000 ans

6000 5000 avant jc statuette en terre cuite hacilar hoyuk burdur anatolie occidentale

-8000 ans

Iran amlash 3000ans

iran-amlash, -3000 ans

Figurine of goddess from anatolian 2500 2300 bc

Anatolie, -4500- 4200 ans

2000 1000 bc sculpturesyrian astarte

Syrie-Astarte, -4000 à -3000 ans

3000 bce early bronze age western anatolia so called stargazer

western-Anatolie-so-called-"stargazer", -5000 ans

Vinca 1

Vinça culture, Serbie, Roumanie, -9000 ans

Karanovo statue 1

Karanovo culture, Bulgarie, -8000 ans

 

Chypre neolithique

Chypre, néolithique

Shaar museum

Sha'ar Hagolan, Israel, -8000 ans (Musée)

Statuette kachina hopi puch tihu

statuette-kachina-Hopi-puch-tihu, Arizona, USA, -1500 ans

Maya artefact

Maya, Guatemala, -4000 ans

Et on peut encore continuer comme ça avec beaucoup d'autres cultures...

 

Twalton alien 1

Dessin de Mr Walton dans les années 1970 après son supposé enlèvement par des entités biologiques "grises". Une certaine ressemblance, ou une ressemblance certaine avec nos anciens "dieux" ?

 

http://www.mfa.gov.il/MFA/IsraelExperience/History/Pages/Shaar%20Hagolan%20-%20A%20Neolithic%20Village.aspx

http://archaeology.huji.ac.il/golan/index.htm

PLOSone

http://www.elmulgolan.co.il/en/museum-of-yarmukian-culture/

http://www.louvre.fr/12h30la-communaute-neolithique-de-shaar-hagolan

 

Yves Herbo et Traductions, Sciences et Fictions et Histoireshttp://herboyves.blogspot.com/, 06-05-2017

 

 

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