Industrie du disque, retour sur l'Histoire

Industrie du disque, retour sur l'Histoire

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Un petit retour sur l'Histoire récente de l'Industrie du disque, et généralement des Grands Majors liés au marché. Ceci pour prouver (une nouvelle fois après tant d'autres) les mensonges, fausses excuses et erreurs commises aussi bien par les propriétaires privés de ces entreprises que par "le système" qui les suit, les protège et ne voit que la petite partie de l'iceberg qui l'interesse (les emplois créés et taxes qui entrent), au détriment d'une valeur beaucoup plus importante pour la société à long terme : sa culture. De plus, refusant de s'adapter précisémment aux nouvelles possibilités culturelles apportées par la technique et son évolution, ces industries (et gouvernements complices) ont préféré tenter de ralentir l'évolution de la civilisation humaine en misant tout sur le support (le disque, "la matérialisation" de la vente, cassette ou autre) au détriment de son contenu (c'est à dire du réel objet du désir de l'acheteur), n'hésitant pas d'ailleurs à tronquer, omettre ou aménager à leur volonté le contenu pour l'adapter à ses supports, en ne tenant pas compte de l'intégralité ou de l'originalité de l'oeuvre... Autrement dit, s'ils le pouvaient, ils n'hésiteraient pas à découper un tableau de maître pour pouvoir le vendre à volonté en petits morceaux, dupliqués puis collés sur des supports divers (garantis deux ans bien sûr) !

Mon avis personnel, surtout en ce qui concerne une évolution obligatoire de l'Humanité si elle veut survivre, et sa culture en est un élément clé :

Problématique :

La culture est un élément essentiel pour l'équilibre d'une société, elle est liée à l'apprentissage de la vie pour les enfants et à l'éveil de la conscience, de la reflexion pour tous. Elle apporte aussi plaisir, détente, curiosité, émotions, etc... autrement dit, elle est tout aussi importante dans la vie d'une personne, pour son propre équilibre et sa santé (mentale), que la nourriture de base et son abri. Et la culture est censée être accessible à tous, sans distinction. C'est évidemment une utopie totale dans un monde qui privilégie, avant la propriété collective et l'intérêt public, la propriété privée et l'intérêt individuel : on permet à une seule personne le droit d'acheter un objet unique (tableau, sculpture, artéfact...) pour sa seule vision au détriment du reste du monde, au lieu d'un "achat de civilisation" qui permet la disponibilité dans un musée public et augmenter la culture mondiale. Je pense en effet que toute soustraction d'éléments de culture à l'Humanité à des fins individuelles (et financières) est assimilable à un crime contre cette même Humanité... 

La création d'oeuvres culturelles est très souvent initiée par un seul individu, mais aussi par des groupes. La principale problématique pour eux est de répandre, de faire connaître leur oeuvre (qui est duplicable ou non suivant l'oeuvre) tout en espérant en tirer de quoi vivre et recommencer. Problème généré par un système économique basé essentiellement sur de la marchandises produite et matérialisée : toutes les oeuvres (comme par exemple celles liées au son) ne sont pas obligatoirement matérialisées dans la réalité, mais aussi, elles ne sont pas produites (comme la nourriture par exemple ou les vêtements) pour assouvir la "faim" culturelle de tout le monde en quantité suffisante.

Le progrès venant, et internet, les possibilités de se passer de tout support matériel (en dehors d'un ordinateur) pour avoir accès aux oeuvres de toutes les industries de visualisations et sonores changeaient considérablement la donne... que les industries attachées aux supports matériels ont refusé de voir et ont voulu retarder un maximum les effets sur ses usines. Bien sûr, il n'était, et il n'est toujours pas question d'augmenter la part des droits d'auteurs et autres, mais on détourne l'attention en affirmant que les nouvelles techniques de téléchargement et le piratage lié mettent en danger les droits d'auteurs : c'est une vérité  tronquée car les droits d'auteurs ne représentent que quelques pourcentages des sommes en jeu : ce sont les royalties monstrueux que se font ces Majors sur le dos des auteurs qui sont en danger surtout, mais ce n'est pas ce qu'ils disent en premier. Ils sont les premiers à écarter un artiste ou à l'oublier s'il est moins rentable, bien avant le public ou le téléchargement illégal.

Et pourtant l'Humanité devra évoluer assez vite pour la survie d'une réelle culture humaine, et non d'une culture commerciale tronquée et faussée par l'argent (70% des "tubes" d'aujourd'hui sont en fait de vieux tubes réaménagés ou des sons repris !, si on regarde les séries et les films, on n'a jamais vu autant de reprises, de remakes, de suites bidons ou non... ou de scénarios de 20 ans repris à peine réaménagés). 

Dans la mesure où la Culture est un bien commun, où elle concerne l'ensemble de l'Humanité, qu'elle permet de faire vivre un nombre considérable de gens mais aussi possède des vertus d'équilibre et de santé pour les citoyens, elle ne doit pas être remise entre les mains d'intérêts privés et individuels. C'est même un danger permanent, et il ne peut que s'accentuer. Donc la gestion des artistes divers, leur rémunération et la diffusion des oeuvres culturelles accessibles en principe à tous, doit être faite par la communauté, c'est à dire l'Etat qui représente les citoyens. Justement, les nouvelles technologies et internet permettent pour la première fois cette opportunité : c'est unique dans l'Histoire de l'Humanité, les Etats pourraient rendre accessible une grande partie de sa propre culture (et gratuitement car il s'agit d'oeuvres de citoyens libres) au peuple et améliorer de ce fait l'éducation et la culture générale de ses citoyens. Si les livres étaient gratuits, il y aurait obligatoirement moins d'illettrés, moins de bêtise et de désespoir dans certaines cités. Et les oeuvres les plus vues, commentées ou même élues doivent être récompensées par la collectivité, donc par l'Etat qui la représente. Il est possible de créer une organisation communautaire non détenue par des intérêts privés, dire le contraire est stupide.

A des fins de contrôle et de lutter contre la corruption galopante des personnes liées au pouvoir grâce à leur carrière administrative, je pense personnellement que les démocraties sont également en danger permanent à cause de leurs propres populations de fonctionnaires de carrière, élite qui devient petit à petit dans toute civilisation un peuple à part entière et qui manipule le pouvoir. Je suis donc pour la suppression de toute carrière possible au service de l'Etat pour des durées de plus de 4 ans consécutifs au même poste, et par intervalles de 4 ans minimum. On pousse le privé a la polyvalence, à l'interim, à la précarité et à la non-carrière : il doit en être pareil pour le fonctionnariat, et même plus car son influence sur le pouvoir réel est plus important. Autrement dit, je préconise un "roulement" beaucoup plus actif des citoyens au sein de l'appareil d'Etat et la "mobilisation" possible de tout citoyen pour une durée définie pour travailler pour l'Etat. A charge à l'Education Nationale de préparer les jeunes et citoyens a ces tâches administratives, pour le bien de la communauté, et aussi d'aider les jeunes à trouver leurs dons et talents - tout le monde en a - plus importants pour leur avenir que certaines cultures générales mal apprises de surcroît... l'Education Nationale est en faillite totale en ce qui concerne l'orientation des jeunes par rapport à leurs réels talents...

Retour sur un article datant de mai 2004 : huit ans après, les évidences sont encore plus criantes... Hadopi, Megaupload, etc... Ces milliardaires des Grands Majors et certains complices fonctionnaires aux plus hauts niveaux font tout pour empêcher l'évolution de la société pour protéger leurs biens privés...

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L'industrie du disque n'a pas la tête de l'emploi

Face à un marché en baisse, patrons et salariés ont ouvert le dialogue lors d'une table ronde. Les syndicats restent vigilants.
Rien ne va plus dans les maisons de disques. Exit les paillettes du show-biz, pour l'heure, l'emploi est menacé. Pour les 2 000 salariés qui constituent la filière musicale, c'est l'inquiétude. En toile de fond, les erreurs de stratégie et la piraterie de la musique via Internet qui, selon les majors, serait la principale cause de la chute des ventes, donc de leur chiffre d'affaires.

En 2003, le marché mondial, qui s'établit à 32 milliards d'euros, aurait enregistré une baisse de près de 10 % des supports audio, représenté principalement par la chute des ventes d'albums (- 9,9 %) et des singles (- 18,7 %). Seuls supports à tirer leur épingle du jeu : le DVD musical et la cassette audio, qui enregistre une forte progression (+ 46 %). La France n'a pas échappé à la crise perdant, selon la Fédération internationale de l'industrie du disque (IFPI), 14 % en valeur, revenant à son niveau de 1994 pour le premier trimestre de cette année, avec - 20 %. Elle se place désormais au quatrième rang mondial derrière l'Allemagne, les États-Unis et le Japon. Résultat, syndicats de salariés, délégués du personnel et élus aux CE ont sollicité une réunion de dialogue avec les représentants des maisons de disques le 27 avril. Une table ronde qui s'est déroulée en présence du SNEP, le syndicat des cinq majors (Universal, Sony, EMI, Warner, BMG), des représentants des maisons de disques indépendantes (l'UPFI) et des syndicats de personnels (CGC, CFTC, CFDT, CGT).

Une rencontre qualifiée d'" historique ", tant il est vrai que patrons des majors et syndicats ne s'étaient plus parlés à ce niveau depuis longtemps. Il faut dire que la situation économique est loin d'être réjouissante. Chez EMI France, qui vient d'installer son siège flambant neuf, rue du Mont-Cenis, à Paris 18e, la société a regroupé l'ensemble de ses labels (Capitol, Virgin, labels, Delabel etc.) pour plus d'économie. L'entreprise devrait connaître un plan social : " Officiellement, la société appelle cela une "restructuration" ", raconte un membre du comité d'entreprise qui souhaite conserver l'anonymat. Sur les 340 employés que compte le groupe en France, la baisse des effectifs pourrait toucher 20 % du personnel. Conséquence, entre 50 et 70 personnes devraient se retrouver sur le carreau dans les prochains mois. Cela augure mal du climat social de l'entreprise : " Quand vous n'avez aucune précision sur qui va partir, cela crée des climats malsains ", poursuit le membre du CE, lequel reste sceptique sur les raisons des licenciements avancées dans les majors, dues au téléchargement de la musique sur le Net : " La vérité est qu'il se passe dans notre industrie, ce qui se passe dans beaucoup d'autres. On va s'armer au maximum pour répondre. On ne peut pas attendre de licencier 20 % du personnel en restant les bras ballants. Ça ne s'est pas produit lors des précédents plans où pour la première fois, il y a deux ans, nous avions fait grève. Du jamais vu dans notre profession. Nous n'avons pas l'intention de nous laisser endormir par la direction. "

Chez Warner Music France, la situation est tout aussi mauvaise. Sur les 181 salariés du groupe, 70 postes seraient menacés. On parle de reclassements internes, mais il est sûr qu'on ne va pas vers un développement des activités de la maison de disques : " Nous avons été rachetés par le canadien Edgar Bronfman, qui a déjà fait ses preuves du côté d'Universal ", précise Jean-Luc Lefèvre, secrétaire du CE de chez Warner : " Il revient par une porte un peu plus petite en terme de valeur actionnariale, dans la musique. Malgré son désir affiché de faire de la musique, je pense qu'il a plutôt envie de faire de l'argent. Au niveau mondial, il a déjà fait pas mal de restructurations : il a fermé des filiales en Amérique du Sud, en Europe de l'Est, écrémé dans les pays où on peut rapidement faire ce genre de chose, sans en passer par des plans sociaux, où les règles ne sont pas aussi strictes qu'en France. On doit ressembler au village gaulois par rapport à la vue planétaire que peut avoir notre actionnaire. " Ici aussi, on met en avant les erreurs " monumentales " des maisons de disques qui ont " favorisé le commerce des graveurs de CD " au détriment d'une politique artistique : " Nous appartenions à la maison mère qui diffusait des matériels ou des accès Internet. Pour des raisons de profits, on a privilégié les contenants sur le contenu. " De fait, depuis quelques années, le consommateur s'est détourné du disque, jugé trop cher, préférant graver les titres qu'il aime sur les disques vierges. Warner Music, qui a longtemps été associé au fournisseur d'accès Internet AOL, a encouragé l'échange de musique via le Net au détriment des CD préenregistrés : " Dans le monde, il y a de milliards de phonogrammes échangés par ordinateur, de poste à poste, souligne Jean-Luc Lefèvre. Quand vous ajoutez à cela, le fait qu'on peut les graver et se faire ses propres compilations sur un CD vierge, il est évident que la perte financière a un impact. "

Corrélation ou pas entre les nouvelles formes de consommation sur le Net et la chute simultanée du chiffre d'affaires des majors, il existe d'autres raisons qui ont conduit à la crise. Telle la façon qu'ont eu les maisons de disques de favoriser la mise en place de leurs produits dans les réseaux de distribution de grands magasins, au détriment des petits disquaires, qui ont dû fermer leur porte. Au détriment du commerce de proximité. Ou encore la politique du tout marketing à coup de millions d'euros d'achat d'espaces publicitaires dans les médias télé ou radio : " Si on n'a pas des millions d'euros à dépenser en télévision, on ne sait plus vendre un disque ", souligne-t-on au CE Warner.

Du côté des artistes, on s'émeut également de l'évolution du marché du disque. À l'image du chanteur Dominique A, qui estime pour sa part que : " La piraterie musicale n'explique pas seule la crise, l'industrie du disque paie également ses errements. " Ce que Jean Ferrat, traduit par d'autres mots, pointant les méfaits de la politique des médias audiovisuels sur la diversité culturelle (1) : " Les mêmes tubes ressassés sur les antennes condamnent les Français à un appauvrissement dramatique. " Et Jean Ferrat de faire la démonstration suivante : " Plus les radios "matraquent" le même titre, plus elles font des "tubes" (...) et plus elles ont d'écoute. Plus elles ont d'écoute, plus elles ont de "pub" et plus elles ont de "pub", plus elles font de profits. " CQFD.

C'est dans ce contexte que les professionnels demandent l'adoption de la loi sur l'économie numérique qui, selon, eux, permettrait de placer devant leur responsabilité les fournisseurs d'accès aux services en ligne qui se servent de la musique gratuite comme produit d'appel. Confrontées à la crise, les maisons de disques ont choisi de resserrer les boulons. De baisse d'effectifs en contrats de jeunes artistes rendus parce que considérés comme pas assez rentables, en chanteurs confirmés non renouvelés (Jacques Higelin, Yves Duteil, n'ont plus de maison de disques), c'est toute la chaîne de création qui en prend un coup. Et au passage, l'offre de choix et de la diversité culturelle. Alors que, dans le même temps, le spectacle vivant en musique ne s'est jamais aussi bien porté. Voir les bons résultats de participation du public, obtenus par le Printemps de Bourges, qui n'a jamais vu autant de jeunes fréquenter le festival.

Où vont les majors ? Chez Universal Music France, qui a récemment été touchée par la fermeture de bureaux régionaux (22 postes seraient en balance), on parle là aussi de déménagement à cause de la cherté des loyers du siège actuel de la rue des Fossés-Saint-Jacques à Paris, qui arrive en fin de bail. La direction avait d'abord pensé au 14e arrondissement, puis à La Plaine-Saint-Denis. Mais les projets seraient abandonnés. Ici également, on regarde avec inquiétude les restructurations en cours. " Chez Universal, nous n'avons pas beaucoup de jeunes artistes qui font un carton, estime Alain Genod, délégué syndical (CFDT), élu au CE. On vit sur les acquis, sur les artistes types Johnny ou Mylène Farmer. Pour nous, il est grave de ne pas mettre en avant la créativité. Universal a beaucoup misé sur la Star Academy, mais on s'aperçoit avec le temps, qu'elle commence à s'essouffler, étant de plus en plus piratée, imitée. Cela rapporte sur le moment, mais pas dans la durée. "

Les prévisions ne sont d'ailleurs pas à l'optimisme : " La direction nous a indiqué que, à la fin juin, si notre chiffre d'affaires ne remontait pas, on allait vers un second semestre difficile. Elle avait prévu un bon mois d'avril, mais apparemment, il est mauvais car les sorties n'ont pas donné les résultats escomptés. Si, en dépit des grosses sorties prévues pour juin, les résultats sont les mêmes qu'en avril, on risque de connaître une deuxième partie d'année très mauvaise pour le personnel. "

Sous la menace d'un nouveau modèle économique, les salariés des maisons de disques restent vigilants. C'est le cas des personnels de Sony. Actuellement situé rue de Wagram à Paris, le groupe qui compte 500 salariés, s'apprête à emménager en septembre à Clichy dans les Hauts-de-Seine. Là aussi, la crainte des personnels est d'y perdre des plumes. D'autant qu'on s'attend à une fusion-concentration Sony-BMG. Pour Laurent Girard, délégué syndical (CGT) chez BMG France, la nouvelle entité pourrait avoir des conséquences sur le personnel et plus généralement sur le paysage musical : " C'est une très mauvaise chose aussi bien pour les salariés que pour les artistes. Quand un chanteur se sera présenté chez Sony-BMG, il ne lui restera plus qu'Universal. Cela fera moins de possibilité de trouver une maison de disques. D'autant que l'on peut aussi craindre un rapprochement EMI-Warner. Ce qui ne représenterait plus que trois majors au lieu de cinq. Donc, moins de chance pour les artistes. "

La Commission européenne, qui devait se prononcer sur le rapprochement Sony-BMG le 22 juin, a repoussé sa décision, pour cause d'élection européenne. Mais si la fusion a lieu, on estime que cent postes seraient menacés. C'est pourquoi, chez BMG, propriété du groupe Bertelsmann, on reste attentif : " Il faut faire un véritable inventaire de la rentabilité de la filière musicale, souligne Laurent Girard et ne pas s'arrêter uniquement à la production musicale.

Ce sont des multinationales qui maîtrisent quasiment toute la chaîne, de la production de disques à l'espace publicitaire et aux outils de communication. Le patron du groupe Berteslmann, également propriétaire de M6, a affiché pour 2003 des profits records dans la branche musicale. Peut-on parler de crise dans le disque quand on enregistre des résultats aussi insolents ? Il y a là une véritable contradiction dans l'analyse. "

Victor Hache, Journal l'Humanité, Article paru dans l'édition du 7 mai 2004.

Yves Herbo 02-2012

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