19ème siècle-20ème siècle

Regroupe les article parlants de ces époques

Pérou : Les pierres d'Ica, historique complet

Pérou : Les pierres d'Ica, historique complet

Icastone 3fingers

Une pierre d'Ica montrant un animal (crapaud ou grenouille, mais les yeux ni les pattes arrières n'y ressemblent pas ?) possédant quatre pattes avec trois doigts

 

Les pierres gravées d'Ica sont classifiées de diverses façons selon les chercheurs et surtout entre ceux qui refusent de remettre en question des faits établis par la science, en oubliant que des choses très établies à une période peuvent être complétées et même annulées par d'autres découvertes (ce qui se produit très régulièrement car la science est composée essentiellement de théories non figées à 100%, souvent incomplètes ou valables temporairement) et ceux qui ont l'esprit plus ouvert et pour lesquels aucune preuve ne peut réellement figer une science ou une connaissance, dans la mesure ou les lois universelles ne sont pas obligatoirement figées dans le temps et peuvent se modifier. Et aussi le fait que toutes les théories ne peuvent imaginer ou prouver qu'une autre réalité (prouvée des années plus tard) ne rentre pas en conflit avec ces mêmes théories prouvées donc temporairement. Le meilleur exemple est le changement presque radical actuel de la position de la science officielle sur la probabilité de l'existence de civilisations extra-terrestres assez nombreuses dans l'univers, mais aussi pour un autre exemple très récent sur l'acceptation récente de la science sur l'étude mesurable de la possibilité de la survie de la conscience après la mort du corps. Et j'en rajoute une couche quand on entend de très sérieux physiciens diplômés théoriser sur la possibilité que notre univers ne soit en fait qu'une énorme simulation informatique (presque un jeu vidéo !) d'un ancienne civilisation extra-terrestre qui recrée ainsi artificiellement son histoire et ses ancêtres (nous !)... et cette théorie est émise par de très sérieux scientifiques qui, en étudiant les collisions de particules (à l'aide de très puissants ordinateurs-machines à calculer), affirment y découvrir des codes et même des "bugs" mathématiques proches de ce qu'on peut voir dans nos propres codes informatiques...

Bon, je ne cautionne pas spécialement une hypothèse ou un "clan" par rapport à un autre, mais je pense au moins que, pour l'Histoire, ces données font partie des choses à conserver, connaître et compiler éventuellement avec d'autres données... car c'est aussi comme ça que la science peut avancer, non seulement par des comparaisons de données diverses, mais aussi justement par le mélange de plusieurs sciences et connaissances - les nôtres étant probablement trop "cloisonnées" ou "spécialisées" pour appréhender finement certaines réalités, qui nous échappent donc... 

Nous allons donc commencer par l'historique de ces découvertes (rapidement car il y a eu des livres entiers déjà sur le sujet !), puis la visualisation de certaines de ces pierres, et nous discuterons de certaines hypothèses et contre-hypothèses avant d'en formuler d'autres, sans fermer la porte à toute idée, car c'est obligatoirement improductif et même obscurantiste en final...

Comme je l'ai dit, un nombre considérable d'auteurs ont écrit sur cette histoire, et les divers historiques ne sont pas tous semblables (surtout selon la tendance affichée de certains auteurs, qu'on ne peut qualifier de très objectifs d'ailleurs, d'un côté comme de l'autre), surtout sur certaines dates ou certains apports ignorés ou effacés selon... Voici la chronologie que j'ai pu établir par comparaisons et vérifications, ceci étant un historique pouvant d'ailleurs être complété ou tronqué car il est impossible de tout lire et tout connaître sur cette longue affaire. Je reste de toute façon ouvert pour ma part pour toute précision étayée (bien sûr) et données supplémentaires, éclaircissements...

L'un des historiques a été établi précédemment par Philip Coppins (http://www.philipcoppens.com/jurassiclibrary.html), qui est un archéologue diplômé (je suis d'accord avec l'affirmation disant qu'un diplôme n'a qu'une valeur provisoire si on considère la réalité de la mémoire humaine, mais la mention est aussi une forme de reconnaissance) et reconnu, je m'en servirai donc, avec des historiques de chercheurs locaux de préférence en comparaison et ajouts de données, mais aussi mes propres recherches...

Pedro simon

Fray Pedro Simon (1574-1628 (assassiné))

 

La première mention des pierres proviendrait d'un prêtre espagnol voyageant dans la région d'Ica vers les années 1610. Le Père Simon (Fray Pedro Simon), missionnaire jésuite (franciscain pour être plus précis), nota son étonnement en voyant certaines pierres gravées. Ce moine très érudit écrira 5 volumes sur l'Histoire de la conquête espagnole de l'Amérique Latine, dès les années 1610 donc, et on a retrouvé des éditions de ces volumes nommés "Noticias Historiales" datés de 1626-1627 en Espagne, puis d'autres rééditions du 19ème siècle. C'est surtout dans les volumes 4 et 5 (où il parle du Pérou) que l'on retrouve des références aux pierres, car il y décrit bien des voyages le long des côtes péruviennes et la mention du peuple de Ocucaje (proche d'Ica, créée en 1563 et nommée d'abord Villa de Valverde), ainsi que la mention de pierres inédites. Il est assez probable que ce moine ait relevé et noté des données transmises par les anciens conquistadors et des prêtres précédents, car il a été principalement affecté à Grenade, en Colombie et au Venezuela.

Noticiashistorialesv01 1565 1627pub

Inédites car il les mentionne (alors que des pierres ou plaques gravées ne sont pas rares au Pérou) en faisant des suppositions. On peut supposer que ce religieux aurait bien connu le haut lieu secret de Ocucaje. En voulant peut-être même l'inventorier en partie, sans en révéler son existence et le sens. Car le zèle pieux extrême pratiqué par les clercs du Moyen Age, dont il avait la réputation, ne pouvait qu'interpoler le message des Prédécesseurs Superieurs visible sur quelques pierres gravées représentant le péché originel, la Nativité, la fuite en Egypte et la Passion de Jésus... Le moine parle en effet (évidemment) de pierres montrant des idoles et des démons, des monstres et le diable visibles sur ces pierres...

(http://lecturapiedrasdeica.blogspot.fr/2009_01_01_archive.html)

(https://archive.org/details/tierrafirmeindias04simbrich)

(https://archive.org/details/tierrafirmeindias05simbrich)

Noticiashistorialesv04 1565

En 1562, des explorateurs espagnols auraient envoyé des pierres en Espagne, pour le Trésor Royal. C'est peut-être l'une de ces pierres du 16ème siècle qui sera montrée au 20ème siècle par la Reine d'Espagne.

 

Le chroniqueur indien, Juan de Santa Cruz Pachacuti Yamqui Salcamayhua, écrivait en 1613 ((ou entre 1620-1630 selon les auteurs) dans son oeuvre Relación de las antigüedades deste Reyno del Piru), que beaucoup de pierres sculptées avaient été trouvées au temps de l'Inca Pachacutec (1438-1478) dans le royaume de Chincha, vers Chimchayunga, des pierres qui ont été appelées "Manco". Chinchayunga était connu comme le bas pays de la côte centrale du Pérou, où se trouve Ica aujourd'hui. En fait, il y a dans son livre un dessin de son interprétation de la cosmologie inca (avec le dieu Viracocha en haut à gauche) sur lequel apparaîtrait possiblement une pierre d'Ica (en haut à droite), mais aussi une sorte de dieu reptile-dinosaurien (à droite), qui était à l'origine une image du Temple du Soleil Qurikancha à Cusco (détruit par les Espagnols). Voir ce dessin ci-dessous :

Santa cruz pachacuti yamqui es

 

Notez bien que, étant donné la période historique et les personnalités de ces deux auteurs, il est difficile d'être certain à 100% qu'ils parlaient bien des galets semblables à ceux encore découverts actuellement dans des couches géologiques anciennes ou des tombes (selon un reportage récent notamment). Mais le prêtre a bien fait la distinction entre des murs gravés et des pierres gravées, et ces dernières l'ont suffisamment troublées pour qu'il parle de démons, d'idolatrerie et de monstres, ce qui est assez logique pour un franciscain de cette époque, alors que le second, un indien de la noblesse inca érudite a été un peu plus précis encore, avec même un dessin qui offre assez peu de doutes sur une correspondance d'avec un galet gravé de la région d'Ica (même si la cité d'Ica est relativement récente historiquement, la région a été habitée par les Paracas, les Nazcas et des tribus indiennes depuis 2800 ans minimum... et on a aussi trouvé des preuves d'activités préhistoriques humaines remontant à -12800 ans au Pérou... les chasseurs-cueilleurs étant nomades, on peut imaginer qu'ils ont visité et campé sur beaucoup d'endroits...

Le père de Javier Cabrera, Dom Pedro, avait neuf ans environ en 1906, quand il accompagna son père à l'extérieur d'Ica et le vit découvrir trois ou quatre pierres dans des tombes. Le grand-père de Javier Cabrera, comme beaucoup d'autres riches péruviens, possédait une vaste collection d'artefacts précolombiens. Les trois ou quatre pierres gravées ont été volées ou perdues longtemps avant la naissance de Javier Cabrera en 1926.

En 1909, l'archéologue Carlos Belli, en collaboration avec certains Huaqueros (pilleurs de huacos) (le fait est attesté par son propre fils), a mené une longue série d'enquêtes dans la vallée de Nazca et Ica River et y fait de nombreuses découvertes, dont des galets gravés. Il les entrepose dans sa propre maison, qui deviendra en 1940 le Museo Arqueológico Carlos Belli, où plusieurs pierres y seront longtemps visibles.

En 1936, des paysans labourant les champs à l'extérieur d'Ica, à Salas, ont découvert une seule pierre. Les autorités ont alors attribué les pierres gravées aux Incas parce que la prépondérance des céramiques, des textiles et des momies était associée aux Incas dans la région de Salas.

En 1941, l'archéologue José Tello (spécialiste de Chavin avec des fouilles entre 1919 et 1940) découvre dans une tombe un vase en pierre montrant un animal étrange gravé dessus.

A partir de 1955, les frères Carlos et Pablo Soldi commencent à collectionner 114 pierres qui seront plus tard données au Musée régional d'Ica.

Soldi stone

L'une des rares photos d'un galet trouvé par les frères Soldi et offerte au musée régional d'Ica (qui ont disparues ?) ce galet gravé n'est pas très semblable à ceux du musée Cabrera - (Crédit A. Veciana)

En 1960, un embaumeur du désert Ocucaje met en garde contre les pierres (dans un article de journal local).

En 1961, le Professeur Alejandro Pezzia, conservateur du Assereto Ica Museum, a écrit les lignes suivantes dans un livre publié en 1968 (Ica y el Perú Precolombino, Tomo I “Arqueología de la provincia de Ica") : " Dans la vallée d'Ica, en 1961, font leur apparition sur le marché un grand nombre de pierres gravées qui se manifestent en tant que nouveaux vestiges artistiques élaborés par les artistes iqueños précolombiens. Il est intéressant de noter que les pierres dont nous avons parlé ont intrigué les archéologues, car elles ont fait leur première apparition en 1960. Elles se trouvent notamment dans les dépôts cachés sous les pentes des collines des haciendas Ocucaje et Callando, dans la vallée de la rivière Ica (à l'entrée de la voie ferrée) ". " Les Pierres, dit Pezzia, avec des motifs anthropomorphes composés de visages humains et d'autres plus compliqués; des exemplaires décorés de motifs ichtyomorphes (poissons), d'autres pierres avec des motifs de serpents dans une technique réaliste. Les autres échantillons correspondent à des représentations classiques de lézards, crapauds, des quadrupèdes, des perroquets, des insectes et de multiples figures. De nombreux modèles sont adaptés à de grandes analogies avec les styles des cultures Paracas, Nasca et Ica Tiwanaku, en particulier les motifs de poissons, de serpents, de perroquets et d'insectes. ". Et Pezzia mentionne cinq collections privées de pierres gravées extraites du désert de Ocucaje, parmi lesquelles celle du Dr Cabrera, avec plus de 1500 exemplaires déjà en 1968...

AlejandroPezzia-1968

Le livre de Alejandro Pezzia montrant le vase découvert en 1941 par l'archéologue José Tello et la description de la découverte d'une tombe contenant une authentique pierre d'Ica... (tombe identifiée comme étant Paracas, 800 Av. JC).

 

Entre la fin des années 1950 et 1961, le Professeur Santiago Agurto Calvo, recteur de l'Université nationale d'ingénierie fait des fouilles dans Ocucaje et dans quelques tombes précolombiennes sont découvertes de nombreuses pierres gravées dont il commence à faire la collecte. Il poursuit ses explorations dans le secteur de Toma Luz de l'hacienda Callando dans la vallée d'Ica. En 1966Santiago Agurto Calvo a publié un article sur sa propre collection personnelle dans le journal El Comercio, intitulé "Les pierres magiques de Ocucaje" (1966), qui détaille un rapport commandé à l'Ecole des Mines de l'Université Nationale d'Ingénierie et produit par Fernando de las Casas et César Sotillo. Ceci dit : “Todas las piedras son andesitas fuertemente carbonizadas, a pesar de que por su coloración y textura externa parecen ser, entre sí, de distinta naturaleza. Las piedras proceden de capas de flujos volcánicos correspondientes a series del mesozoico característico de la zona. La acción del intemperismo ha atacado la superficie de las piedras, cambiando los feldespatos en arcilla, debilitando por tanto su grado de dureza externa y formando una especie de cáscara que rodea la parte interior. La dureza exterior corresponde en promedio al grado 3 de la escala de Mohns, llegando a ser hasta de 4 y medio grados en la parte interna no atacada por el intemperismo. Las piedras pueden ser trabajadas prácticamente con cualquier material duro como huesos, conchas, obsidiana, etc., y, naturalmente, con cualquier instrumento metálico prehispánico” : (traduction par Yves Herbo) : " Toutes les pierres sont en andésite fortement carbonisées, bien que de par leur couleur et leur texture externe, elles paraissent, par comparaison, de nature différente. Les pierres sont des couches de coulées volcaniques correspondant à l'ère Mésozoïque caractéristique de la région. L'action de l'altération (érosion) a attaqué la surface des pierres, changeant les feldspaths en argile, affaiblissant ainsi le degré de dureté externe et formant une sorte de coquille entourant la partie intérieure. La dureté moyenne extérieure correspond au grade 3 de l'échelle de Mohns, devenant jusqu'à 4 degrés et demi à l'intérieur non attaqué par les intempéries. Les pierres peuvent être travaillées pratiquement avec tous les matériaux durs tels que des os, des coquillages, de l'obsidienne, etc., et naturellement avec tout instrument métallique préhispanique. Après plusieurs tentatives infructueuses, c'est le 20 Août de cette année (1966) que j'ai eu la chance de trouver une pierre sculptée dans une tombe du cimetière pré-hispanique appelé Tornaluz à l'Hacienda Cayango, département de Ica. Le cimetière, situé dans un site archéologique fouillé abondamment, avait été récemment découvert et semble être une petite partie d'un grand complexe nécrologique. Le tombeau de référence est au sommet, orientée nord-sud le long de son axe longitudinal. En creusant la tombe ont été trouvés, comme le montre le croquis, des restes humains, des céramiques et dans l'une de celles-ci, une pierre sculptéeLes céramiques trouvées ont la forme, la couleur et la décoration caractéristique de la culture Huari-Tiahuanaco qui a existé dans le département d'Ica, de sorte que l'origine des pièces ne cause pas de doute et qu'on peut estimer leur âge, à environ six cents à neuf cent ans. ". Mais la pierre gravée, non datable, a pu être découverte a cette époque et mise dans la céramique, bien que sans lien avec cette culture, évidemment... " La pierre est un petit rocher aplati, de 5,5 x 4 x 2 cm, d'une texture brune et légèrement rugueuse. D'un côté est un oiseau portant un maïs et avec les ailes déployées en vol. La sculpture a été réalisée par des incisions et des coupes chanfreinées produisant l'impression d'un relief élevé. La conception est solide et sûre, magnifiquement dessinée et fait bon usage de la surface de la pierre. Informé du fait, le directeur du musée de Ica, M. Adolfo Bermudez, et le conservateur de celui-ci, l'archéologue Alejandro Pezzia étaient intéressés profondément par elle, a confirmé le classement des restes trouvés et d'accord avec moi sur la façon la plus commode pour annoncer la découverte. Le 10 Septembre, accompagné du Dr Pezzia, nous avons travaillé toute la journée dans le cimetière de Tomaluz; mais, en dépit du matériel archéologique tianuanaco abondant trouvé, nous n'avons trouvé aucune pierre sculptée. Le lendemain, nous nous sommes dirigés vers la bande du secteur de l'Hacienda Ocucaje, et choisi comme poste de travail le dénommé Cimetière Max Uhle. Là, après avoir excavé plusieurs tombes, on a trouvé dans l'une d'entre elles, dont l'excavation a été témoin le Dr Pezzia, une autre pierre gravéeLe tombeau, situé dans le fond du cimetière, à en juger par la preuve qui a été trouvé en lui, correspond à la culture Paracas qui s'est produite dans OcucajeQuant à la "pierre magique", elle est de forme ronde et oblongue et une texture semi-rugueuse. D'un côté, il est représenté une figure étoilée presque symétrique qui pourrait bien être la stylisation d'une fleur. La sculpture est probablement dessinée avec des incisions d'épaisseur et de profondeur différentes en fonction de la forme. Le design est élégant et précis, avec un raffinement dans certains détails et une bonne utilisation de la face supérieure de la pierre. Selon les éléments de preuves trouvés avec elle, la pierre correspond au Paracas-Ocucaje Caverns et l'âge est estimé entre 1500 et 2300 ansAvec cette constatation, en présence d'un archéologue éminent comme le Dr Pezzia, se ferme un chapitre de l'histoire des pierres magiques de Ocucaje et s'en ouvre un plus prometteur et intéressant ".

" Une question fondamentale, conclut l'article de Santiago Agurto Calvo : vont-elles être fausses, seront-elles authentiques ?, il a monté en moi la chance claire, de passer à d'autres questions aussi excitante que la première, mais plus difficile à répondre. Je suis sûr que les archéologues et les chercheurs du pays donneront une réponse rapide et sûre qui saura satisfaire notre curiosité et enrichir l'histoire et la culture du Pérou... ".

 

Corte pierreicatombe

coupe schématique d'une tombe préhispanique avec une pierre gravée, datation entre 1500 et 2300 ans... (Alejandro Pezzia - JJbenitez.com)

En 1965Hermann Busse de la Guerra, l'un des plus grands historiens péruviens, publie "Introduction au Pérou", où il se référe aux pierres d'Ica qu'il a examiné dans la collection Soldi, y compris au musée national d'Ica où certaines ont été exposées plusieurs décennies. Il rapporta aussi des propos des frères Soldi, qui affirmaient que les pierres qu'ils avaient trouvé au début des années 60 étaient souvent couvertes d'une couche de salpêtre, ce qui indiquait qu'elles avaient une certaine ancienneté... Dans son livre, il écrit aussi nettement que, quelques années plus tôt en 1961, une crue de la rivière Ica avait mis en évidence de nombreuses pierres précolombiennes que les paysans avaient récupéré et vendu.

Une étude fut réalisée en 1966 par deux ingénieurs, Fernando de las Casas et Cesar Sotillo, sur des pierres que Santiago Agurto Calvo avait acheté à des huaqueros en 1962. L'étude conclut que les pierres étaient d'une dureté faible permettant de les travailler avec n'importe quel outil rudimentaire en os, en obsidienne ou en métal... ce qui pouvait en faire des artefacts précolombiens, mais n'excluait pas pour autant l'hypothèse d'un canular (dans ce cas monté déjà au tout début des années 1960 par des huaqueros ?).

En 1966, une pierre gravée est offerte au médecin péruvien Javier Cabrera Darquea (descendant d'un des fondateurs de Ica), pour son 42e anniversaire par son ami, le photographe Felix Llosa Romero. Cabrera affirmera par la suite y avoir reconnu le dessin d'un poisson éteint depuis des millions d'années. 

Jusqu'ici, et selon l'avis de nombreux chercheurs, y compris des sceptiques et détracteurs, les galets gravés d'Ica sont considérés comme authentiques : ils montrent des scènes classiques des civilisations de Paracas et de Nazca, des fleurs, des animaux connus, des gravures géométriques, des déités et cultes classiques, peut-être même des descriptions de procédures médicales (il est avéré que les Nazcas pratiquaient une chirurgie élaborée, y compris des trépanations et une momification poussée des défeints). Les témoignages des archéologues et chercheurs cités au-dessus sont assez clairs à ce sujet. Les choses se gâtent quand Mr Cabrera, peut-être obsédé par cette image de "poisson préhistorique", commence à vouloir réunir le plus possible de nouvelles pierres... incitant peut-être sans le vouloir au début les huaqueros et les paysans locaux à vouloir lui faire plaisir... avec rétribution... On suppose ici que Mr Cabrera était amateur éclairé ou passionné sur la préhistoire (car comment aurait-il reconnu un poisson préhistorique sur la première pierre qu'il ait vu (ou revue si on suit le fait que son père en possédait auparavant) sinon ?) mais il semble établi qu'il est apparemment le seul au début à récupérer et collecter des pierres comportant des dessins de dinosaures (de diverses périodes et ères préhistoriques, n'ayant jamais "cohabitées ensembles", pas plus qu'avec l'être humain à priori... si il s'agit bien d'êtres humains bien sûr !)...

Description des pierres d'Ica : elles sont en andésite, une roche volcanique abondante dans la région d'Ica, qui a été analysée comme datant du Mésosoique (Le Mésozoïque est une ère géologique qui s'étend de -251 millions d'années à -65,5 millions d'années, donc sur une période de 185,5 millions d'années, et appelée anciennement Ère secondaire (ou Ère des Reptiles car c'est l'ère où apparaissent la majorité des espèces de dinosaures et des premiers mammifères)). Elles sont le plus souvent noires, mais peuvent prendre d'autres teintes (gris, jaune ou rose). Leur taille est également très variable, du galet de 20 g pour les plus petites au rocher de 500 kg pour les plus grosses. La grande majorité des pierres sont cependant de gros galets de quelques kg. Les pierres d'Ica sont le plus souvent gravées, parfois sculptées en bas-relief, dans le style des cultures précolombiennes pré-incas (Nazca, Paracas, Tiahuanaco...) et incas. Certaines pierres sont très frustres, tandis que d'autres présentent des compositions artistiques plus riches et détaillées
Elles dépeignent une grande variété de scènes, parmi lesquelles on peut ainsi observer :

- des animaux courants divers et des plantes locales ;

- des scènes de la vie courante, des cérémonies religieuses ;

- des scènes sexuelles : masturbation, homosexualité, bestialité...

Ces trois premiers types se rencontrant sur d'autres supports connus et archivés par les scientifiques (murs, poteries...), ces pierres ont été considérées comme authentiques lors de leur découvertes et semblent communes (et de peu de valeur étant donné leur nombre)...

- des technologies futuristes : des astronomes utilisant des télescopes, des chirurgiens réalisant des opérations complexes (transplantations d'organes, césariennes, opération à coeur ouvert, trépanations, études d'embryons humains ou animaux), des machines volantes... (interprétations parfois non évidentes, même si on a su et prouvé par la suite qu'en effet, les Nazca et les Incas ensuite, ont pratiqué des trépanations et possédaient des instruments chirurgicaux sophistiqués pour leur période...).

- des paysages étranges ou des cartes montrant des continents inconnus, dans lesquels certains (comme Javier Cabrera) ont reconnu d'autres planètes ou des continents perdus comme l'Atlantide et Mu ; (interprétations souvent non évidentes).

- des cartes du ciel montrant des étoiles et des astres divers ; (les connaissances et pratiques astronomiques d'une élite précolombienne sont attestées).

- des monstres imaginaires (dragons, chimères, sirènes...) ou des dinosaures ; (interprétations souvent non évidentes).

- des populations précolombiennes combattant des dinosaures et des monstres divers, ou les utilisant comme monture (interprétations souvent non évidentes).

On estime à entre environ 50000 à 60000 le nombre de pierres d'Ica présentes dans divers musées et collections (20000 dans le musée de Cabrera en final), sans compter les milliers d'autres probablement entreposées chez des particuliers locaux et dans le monde entier...

Dès 1966 donc, Javier Cabrera se procura dans un premier temps 341 nouvelles pierres d'Ica en les achetant aux frères Soldi pour la faible somme de 7000 soles péruviennes car ces collectionneurs n'arrivaient pas, de toute façon, à les revendre ou à intéresser des archéologues sur ces galets (moins de 40 euros). Puis Cabrera en acheta plusieurs milliers d'autres à des paysans de la région d'Ica, notamment à Basílio Uschuya et Irma Gutierrez de Aparcana

Entre la fin des années 1960 et les années 1980, Javier Cabrera Darquea a augmenté sa collection de plus de 11000 pièces. Les pierres d'Ica furent exposées dans un premier temps dans la Maison de la Culture d'Ica. Puis dès 1968, craignant que les pierres ne soient soustraites à la vue du public comme celles du Muséum Régional d'Ica, Javier Cabrera Darquea déplaça sa collection dans sa propre maison qu'il reconvertit en un musée consacré exclusivement aux pierres d'Ica. Cabrera contacta également des spécialistes de l'histoire précolombienne pour leur demander d'examiner les pierres d'Ica, et il attira l'attention de la presse sur leur existence dès 1967...

Cabrera mac laine daniken

Dr. Cabrera avec l'actrice américaine Shirley MacLaine (à gauche) et avec Erich von Däniken (à droite) - (Crédit photo piedrasdeica.es)

 

Suite à la parution du best-seller d'Erich von Däniken Présence des extraterrestres (plus connu sous son nom anglais : Chariots of the Gods ?) en 1968, de nombreux auteurs partisans de la théorie des anciens astronautes rédigèrent des livres sur l'existence d'un ancien contact avec les extraterrestres ; les pierres d'Ica y furent souvent mentionnées, ce qui contribua à faire connaître leur existence dans le monde entier. Il est a noter que Erich von Däniken rendit de nombreuses visites au Dr Cabrera, mais que ce dernier refusa toujours de lui révéler l'endroit précis de la découverte de ces pierres (et malgré la richesse de l'auteur et ses probables propositions financières).  En 1973, lors d'un entretien avec Basilio Uchuya, ce dernier lui avoua avoir créé lui-même les pierres qu'il avait vendu à Javier Cabrera Darquea. Il avait copié les gravures en s'inspirant de bandes dessinées, de magazines et de livres diversDäniken, pourtant au départ très favorable à l'authenticité des pierres, conclut à la fraude pour une grande partie des pierres d'Ica. L'auteur persista cependant toujours à affirmer que certaines pierres de la collection Cabrera étaient authentiques, et qu'une étude au microscope permettait de distinguer les vraies pierres (patine avec microorganismes dans les gravures) des fausses (traces d'usinage). Il fit d'ailleurs faire des analyses des pierres dans 5 laboratoires différents, qui démontrèrent à priori ce fait, grâce à la petite couche de patine présente ou non sur les gravures... Toutefois, quelques temps plus tard, Uchuya affirma au journaliste allemand Andreas Fischer que les pierres étaient authentiques. S'il avait prétendu les avoir fabriquées, c'est parce qu'il craignait d'être mis en prison pour recel d'artefacts archéologiques - les autorités péruviennes réprimant fermement le pillage de sites archéologiques.

Javier Cabrera affirmait avoir fait réaliser en 1967 une expertise d'une trentaine de ses pierres, dont certaines parmi les plus controversées, montrant des dinosaures. Elles furent examinées par le géologue Eric Wolf, qui observa que les pierres étaient recouverte d'une fine patine d'oxydation, y compris au niveau des gravures, ce qui le conduisait à penser qu'elles étaient anciennes. En outre, les gravures avaient été exécutées juste avant que les pierres n'aient été déposées dans les tombes ou les lieux archéologiques où elles avaient été découvertes... ce qui, selon Cabrera, indiquait qu'il ne s'agissait pas de simples objets d'art décoratifs mais qu'on avait cherché à les mettre à l'abri pour les transmettre à la postérité.

En 1969, une nouvelle publication archéologique intervient : un Guide de la carte archéologique et pictographique du département d'Ica est publié en 1969. Ce texte décrit comment, le 26 Octobre 1966, l'archéologue et conservateur du musée d'Ica, Mr Pezzia, a découvert une troisième pierre sculptée dans une tombe du cimetière San Evaristo, à l'Hacienda Tomaluz (région Cayango d'Ica). " La tombe, dit Pezzia, a été formée par une fosse circulaire de 1,20 m de profondeur. A 50 cm de la surface se trouvait la tête et les restes d'une momie correspondant à un enfant de sept ans, regardant vers le sud, avec des restes humains détruits par un processus de carbonisation, à l'exclusion de la mâchoire inférieure et de quelques petits os. En observant il a constaté la position assise de la momie. Dans la section précédente de la momie et au niveau de la région pectorale, est-ouest, ils ont découvert les documents suivants: La première preuve archéologique correspondait à une roche ou rocher d'andésite fortement carbonisé d'un type de forme elliptique et plat, étant décoré selon le paragraphe suivant. La pierre est noire avec des taches brunes, avec 65 millimètres de longueur, 45 de large et 20 d'épaisseur, ayant la surface inférieure non décorée, mais une surface ondulée. Le spécimen a été trouvé dans une position horizontale avec la face gravée vers le haut et à proximité de la hauteur des épaules de la momie. La décoration correspond à un «poisson» dans une technique réaliste, un corps allongé, une grosse tête, la bouche et les yeux moyens, une grande nageoire dorsale, deux petites branchies ventrales et une queue robuste et se terminant par un écoulement d'ailettes symétriques. Toutes les nageoires sont décorées par des lignes croisées. La conception occupe presque toute la surface de la pierre et est tracée sur le diamètre perpendiculaire de celle-ci. La relique se comporte comme un nouvel élément culturel de la préhistoire régionale, trouvé en association archéologique. Sans doute ces pierres gravées ont dû jouer un rôle important dans les croyances des populations isolées de la vallée d'Ica, à en juger par son symbolisme appréciable. Actuellement, ces témoignages sont investigués sur toute l'étendue des conclusions précises... ". Et le prestigieux archéologue péruvien conclut son rapport avec les mots suivants et dévastateurs: " La référence de la tombe a servi à vérifier l'authenticité des pierres gravées à l'époque du Moyen Horizon de la vallée de Ica ". A l'époque, les pierres sont, avec aucun doute, authentiques, car excavées de tombes inconnues par des scientifiques... même si ces dessins sont inconnus culturellement, il n'y a pas de doutes. C'est la notion de dinosaures associés à des humains qui transforment les pierres en impossibilité... puis faux. Mais en fait, était-ce des humains ? ou même une ère précise connue ? La vérité est probablement ailleurs qu'une simple logique...

Le Guide archéologique confirme en tout cas que :  le 20 Août 1966, l'architecte trouve une pierre gravée dans une tombe préhispanique à l'Hacienda Cayano (LCA). D'un côté, elle présente un oiseau aux ailes déployées. Âge de la tombe: entre six cents et neuf cent ans. Le 11 Septembre 1966, au Cimetière Max Uhle (LCA). Santiago Agurto Calvo et l'archéologue Alejandro Pezzia trouvent une deuxième pierre sculptée. Sur un côté un glyphe apparaît comme une étoile. Âge de la tombe: entre quinze cents et deux mille trois cents ans. Le 26 Octobre 1966, Pezzia déterre une troisième pierre gravée dans le cimetière de San Evaristo (Tomaluz, lca). La gravure représente un «poisson». Âge de la tombe: environ un millier d'années. En Octobre 1966, Alejandro Pezzia trouve une quatrième pierre gravée à cinquante mètres de la précédente, à 1,60 mètres de profondeur, dans une tombe de sable cylindro-conique avec une faible humidité. A côté des restes de deux momies est découverte une pierre presque plate gravée, du type andésite, noire, elliptique et de 66 millimètres au plus grand diamètre, 45 au plus petit diamètre et 16 mm d'épaisseur. Elle est gravée sur l'une de ses faces, avec une technique d'incision. Dans le dessin, on voit une flamme dans une conception réaliste. Cette gravure couvre toute la surface de la pierre, avec une grosse tête, des petites oreilles, un oeil elliptique, un museau rectangulaire et un cou court. Âge de la tombe: neuf cents ans.

Toujours en 1969, le 28 Janvier 1969 exactement, le professeur Trimborn et aussi le Dr. Frechen et ses assistants du laboratoire de Pétrologíe de l'Université de Bonn en Allemagne, analysent trois pierres gravées qui leur a été amenées par le géologue Eric Wolf. Trimborn, l'une des grandes autorités du monde de la culture et d'ethnologie du Pérou et de la Bolivie, analyse trois pierres gravées d'Ica et émet le jugement suivant: " ... On ne peut déterminer l'âge de la rainure, ou le moment où la gravure a été remplie. (Ces incisions sont toujours remplies par de la terre.) Nous pensons qu'il n'y a personne dans le monde qui puisse témoigner avec précision de l'âge exact de ces gravures. L'oxydation couvre efficacement la totalité de la pierre. Cependant, nous le répétons, on ne peut déterminer son âge. Cependant, ces images ou ces gravures ne sont pas récentes ".

En 1971, apparemment à nouveau sous la menace de problèmes avec les autorités péruviennes, Basilio Uchuya montra au reporter Alex Chionneti un des magazines que Cabrera lui aurait donné, qui exposait différents types de dinosaures, pour qu'il s'en serve comme source d'inspiration. Le paysan préfère directement accuser le Dr Cabrera donc, sans apporter de preuves, mais se fait payer par le journaliste pour ces infos.

En 1974, suite à deux visites au musée des pierres d'Ica en 1973, Robert Charroux discute de l'affaire d'Ica dans tout un chapitre de son livre L'Enigme des Andes, sans réellement se prononcer sur l'authenticité de toutes les pierres, il pense que " les pierres proviennent peut-être de l'un des sanctuaires secrets où les habitants de l'Atlantide ont laissé de vastes témoignages de leur civilisation avancée "...

Le célèbre journaliste du paranormal, Juan Jose Benitez, dans son livre "Existió Otra Humanidad" (1975), présente sa version des événements. Pour lui, les pierres vendues sur le marché noir étaient évidemment faites par des artisans qui essaient d'imiter les motifs et les dessins que le Dr Cabrera gardait dans son musée, et qui étaient authentiques. " Irma Acarpana, comme Uchuya et le reste des familles qui habitent Ocucaje, avait été pendant plusieurs années - éventuellement depuis 1962 - voir les pierres qui gisaient au fond du désert. Cela pourrait très bien expliquer que les motifs choisis par elle à "graver" sur les pierres déposées sur le sable de sa cour étaient si semblables, ou tentaient de paraître, de parler de certaines propriétés, à l'authentique collection d' "idéogrammes" de Javier Cabrera. En réalité, comme je l'ai confessé quelques minutes après Tito Aisa, la véritable cible de la vieille Irma, ce n'était pas exactement de vendre la pierre, mais de "protéger" ceux qui pourraient effectivement être mis en difficulté. Tito faisait allusion, bien sûr, à la police ou les archéologues officiels. La pierre à moitié gravée du dossier était la meilleure preuve qu'elle "avait travaillé" les rochers ... ". Cela se complique en effet, car les huaqueros, pour se protéger de la police, montre volontairement et facilement qu'ils font des faux (ce qui n'est pas interdit !) et ne vendent aucun vrai artefact qui pourrait les mener en prison à cause des lois sur la protection des vestiges archéologiques...

En janvier 1975, Basilio Uchuya et Irma Gutierrez de Aparcana affirmèrent donc à nouveau au journal péruvien Mundial qu'ils avaient fabriqué eux-même leurs pierres. Ils en avaient vendu principalement à Javier Cabrera Darquea, ainsi qu'à divers touristes dans une moindre mesure. De Aparcana montra aux journalistes l'endroit où elle extrayait les pierres et affirma qu'elle se dédiait entièrement à la fabrication des pierres, ce qui lui permettait d'en réaliser une vingtaine chaque semaine. Uchuya précisa quant à lui qu'il fabriquait des pierres depuis près de 10 ans mais qu'il avait arrêté d'en faire depuis quelques années déjà. Tout ceci n'expliquant pas les 11000 pierres récupérées par Cabrera en moins de 10 ans. Il détailla le processus lui permettant de produire les pierres : il brûlait les roches, les gravait avec un couteau à double lame, puis les plaçait un certain temps dans de l'argile, et il terminait son travail en les passant au cirage noire à chaussure. Enfin, Uchuya affirma que Cabrera lui-même était au courant de la supercherie. Mais il s'avéra que Mundial n'avait aucune réelle preuve de ces allégations, car les journalistes (qui avaient payé les huaqueros), malgré leurs promesses de le faire, ne publièrent aucun film de cette fabrication artificielle ni de l'endroit d'où était extrait les pierres. La seule photo fut celle de Uchuya montrant un magazine des années 1970 affichant des dinosaures...

Basilio con recorte de dinosaurios

 

En 1976, le biologiste américain Ryan Drum étudia les pierres au microscope et n'y décela aucune trace d'usinage. " j'ai étudié les roche avec un agrandissement de 30 et 60 avec un microscope électronique et je n'ai pas trouvé, dans les incisions, des traces de manipulations. Si les pierres sont authentiques, alors elles ont une valeurs inestimables ; si elles sont une blague, étant donné la masse, et la précision des détails nous devrions étudier anthropologiquement parlant son auteur...".

La même année 1976, un ingénieur de la NASA convaincu que par le passé la Terre a été visitée par des aliens, Joseph Blumrich, analysa lui aussi une pierre d'Ica et observa une patine d'oxydation recouvrant toute la pierre, y compris les gravures. " je suis resté profondément impressionné par ce que j'ai vu. Et je suis très heureux d'avoir trouvé une evidence aussi directe de ce que je crois. Je n'ai aucun doute sur l'authenticité de ces pierres ".

 

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Tour de France de l'étrange ODHTV Saison 6

Tour de France de l'étrange ODHTV Saison 6

Odhtv etrange

 

La 6ème saison du Tour de France de l'étrange recommence sous une autre forme. Le 06ème Tour de France de l'étrange ou le JT de la Haute-étrangeté vous partagera ainsi tous les 3 mois, les informations importantes de nos partenaires, l'interview de l'édition (les minutes de l'étrange), les conseils de Black et un dossier qui sera soit une réédition, soit un épisode du tour de France de l'étrange des reporters d'odhtv.
 

Saison 4 sur votre site S.F.H. : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/paranormal/tour-de-france-de-l-etrange-odhtv-saison-4.html

Saison 5 sur votre site S.F.H. : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/paranormal/tour-de-france-de-l-etrange-odhtv-saison-5.html


 

Tour de France de l'étrange 6X01 : Shadows people

Dans cette édition, présentée par Gilles Thomas :

- Description des JT de la Haute étrangeté
- Observation de dame blanche avec Yves Herbo
- Conseil de Black: Objet d'enquête n°2: Les thermomètres
- Dossier de l'édition: Shadow people et êtres encapuchonnés (avec Remy Fauchereau, New Eppon, le CRUN et des témoins)

Partenaires:
- Nice Recherches Paranormaleslegendesetparanormal.free.fr/index.htm
- S.F.H.http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/paranormal/
- Paranormal à la unehttp://paranormalalaune.wordpress.com/

 


 

Relayé par Sciences et Fictions et Histoires/Paranormal

 

Yves Herbo Relai, Sciences et Fictions et Histoires, http://herboyves.blogspot.fr/, 26-11-2016

OVNIs : les premiers enlèvements modernes -4

OVNIs : les premiers enlèvements modernes - 4

 

Rencontre pascagoula

 

Suite de la partie 1 : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/ovni-ufo/ovnis-les-premiers-enlevements-modernes-1.html

de la partie 2 : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/ovni-ufo/ovnis-les-premiers-enlevements-modernes-2.html

et de la partie 3 : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/ovni-ufo/ovnis-les-premiers-enlevements-modernes-3.html

 

Charles Hickson (né en 1931, mort en 2011) et Calvin Parker (né en 1954)

 

Hickson parker

Le 11 octobre 1973, Charles Hickson, âgé de 42 ans, et Calvin Parker, âgé de 19 ans et tous deux employés du chantier naval voisin de Walker sur la Pascagoula, partent vers 19 h faire une partie de pêche sur la même rivière, un affluent du Mississippi.
 
Jetee peche pascagoula
jetée du chantier naval de Shupeter
 
Vers 21 heures, ils sont en pleine pêche près de la jetée du chantier naval de Shupeter, et ont déjà capturé un poisson-chat lorsque Hickson se détourne pour prendre un appât frais et entend un genre de sifflement. Il dirige sa tête en direction du bruit et aperçoit un objet bleu-gris allongé, de forme ovale. "L'engin" possède des lumières bleues très brillantes qui clignotent. L'objet n'est qu'à 60 cm du sol en apparence, à une vingtaine de mètres d'eux. C'était un vaisseau d'environ 30 à 40 feet de diamètre (de 9 à 12 mètres) et environ 10 feet de hauteur (3 mètres), qui se posa donc près d'eux. Une sorte de porte se releva, une forte lumière en sorti et trois créatures en émergèrent.
 
 
Dessin ovni pascagoula
 
Hickson raconte " Quelque chose s'est ouvert. Pourtant, il n'y avait pas de porte. 3 créatures se sont avancées vers moi en flottant. Je ne comprenais rien à ce qui se passait. J'étais terrifié. C'était des espèces de robots, ne faisant aucun bruit ni aucun effort pour communiquer et accomplissant leur tâche comme une sorte de routine. Je ne pouvais pas bouger. Je ne sais pas si c'est parce que j'étais paralysé ou non. Les créatures n'avaient pas de cous et avaient une peau très plissée et ridée, un peu comme les éléphants. Je ne pouvais voir si ils avaient des yeux, tellement leur peau était plissée. Ils avaient des sortes de tiges ou projections pointues là où on mettrait des oreilles et des mains qui ressemblaient à des moufles sans doigts ".
 
Dessin creature pascagoula
 
Ils sont tout de même assez proches des "petits gris", à part les yeux manquants : plus petits que des hommes (1m50), de couleur gris pâle, avec une peau ridée, des mains à deux doigts (ou pinces de crabe), de petites oreilles en forme de cône, un nez pointu et un trou à la place de la bouche.
 
Nos deux pêcheurs, incapables de bouger donc, virent les créatures s'approcher. L'aîné, Hickson, eut l'impression que le jeune Parker s'était évanoui d'effroi. Ce dernier, toutefois, se souvient parfaitement sous hypnose de son transfert à bord du vaisseau. Hickson, quant à lui, a le souvenir conscient d'avoir été saisi par deux des créatures et conduit avec son compagnon - en flottant dans les airs - vers l'objet.
 
Hickson se retrouva dans une salle brillamment éclairée. Il ne pouvait plus voir Parker et supposa qu'il avait été emmené ailleurs. Il se souvient d'un examen médical, effectué par une sorte d'appareil en forme de sphère-oeil-robot de la taille d'un ballon de football qui est sorti d'un mur, et qui tourne autour de lui à environ 25 centimètres de son corps. Hickson se retrouve suspendu dans le vide, en position allongée. Il est totalement paralysé. Seuls ses yeux sont encore mobiles. Puis les créatures le retournent pour que l'instrument puisse observer la totalité de son corps." Je ne sais pas combien de temps cela a duré, une demi-heure ou une heure et demie. Je n'avais pas de montre. Il y avait de la lumière partout, dans les couloirs, les murs, les sols ". 
 
Puis son compagnon et lui furent reconduits sur les berges du fleuve, Parker encore inconscient, les bras sous lui. Hickson suppose qu'il est en état de choc. Hickson est déposé debout mais, incapable de se maintenir, il tombe aussitôt. Les créatures retournèrent à leur vaisseau qui décolla et disparut en une seconde, laissant en guise d'adieu un message télépathique : « Nous sommes pacifiques, nous ne vous voulons aucun mal ».
 

En fait, leur enlèvement n'a pas duré plus de 20 minutes. Les 2 hommes s'assoient dans leur voiture pendant 45 mn, pour essayer de se calmer. Hickson boit du whisky. Après en avoir discuté, ils décident de signaler leur expérience à la base Air Force de Keesler proche, qu'ils appelent. On leur répond que l'Air Force n'est plus en charge d'enquêter sur les ovnis et on leur suggère de rapporter leur témoignage à la police locale.

Pasckeesler

L'entrée de la base militaire en question

Les deux hommes vont le soir même raconter leur histoire au shérif du coin, qui la consigna par écrit, bien qu'il pense à un canular. Hickson affirme qu'il a demandé au shérif Fred Diamond de ne pas parler de leur mésaventure mais, dès le lendemain, les médias eurent vent de l'affaire et leur histoire avait fait le tour du monde. Les deux compères passèrent plusieurs fois aux détecteurs de mensonges, qui les trouva de bonne foi (tout en n'oubliant pas que ces détecteurs ne peuvent détecter la vérité ou non si la personne croit réellement a son histoire - ne ment pas donc, cela enlève juste la possibilité d'une tentative d'escroquerie volontaire).

Vers 22:30, ils arrivent donc au bureau du sherif du comté de Jackson (Mississippi), avec le poisson-chat qu'ils avaient pris en pêchant. Le sherif Fred Diamond interroge les 2 hommes dans une pièce isolée, trouvant Parker particulièrement perturbé, mais doutant de Hickson qui avoue avoir bu. Par la suite il les laisse seuls dans la pièce, dont les micros continuent d'enregistrer leurs propos sans qu'ils le sachent  :

 

Sherif diamond

Le Shérif Diamond

Parker : Il faut que je rentre chez moi et que je me couche ou que je prenne des calmants ou que je voie un docteur ou quelque chose. J'en peux plus. Je vais devenir fou.

Hickson : T'inquiète, quand on sera sortis, je vais te trouver quelque chose pour te calmer et que tu puisses dormir.

Parker : C'est impossible que je dorme comme ça. Je suis juste en train de devenir fou.

Hickson : Ben, Calvin, quand ils t'ont sorti - quand ils m'ont sorti de cette chose, "goddamn it I like to never in hell got you straightened out". 

Parker (élevant la voix) : Mes putains de bras, mes bras, je me souviens qu'ils se sont tout simplement figés et que je ne pouvais pas bouger. Comme si j'avais marché sur un serpent à sonnettes.

Hickson (soupir) : Moi ils ne m'ont pas fait ça.

Parker : Je me suis évanoui. Je crois que je ne me suis jamais évanoui dans toute ma vie.

Hickson : J'ai jamais rien vu comme ça avant dans ma vie. Les gens ne peuvent pas y croire-

Parker : Je ne veux pas rester assis ici. Je veux voir un docteur-

Hickson : Ils feraient mieux de se réveiller et de commencer à y croire... ils feraient mieux d'y croire.

Parker : Tu as vu comment cette putain de porte s'est relevée ?

Hickson : Je ne sais pas comment ça s'est ouvert, fiston. Je ne sais pas.

Parker : Ca s'est juste relevé et juste comme ça ces fils de pute - juste comme ça ils sont sortis

Hickson : Je sais. Tu ne peux pas y croire. Les gens ne peuvent pas y croire.

Parker : A ce moment-là j'ai été paralysé. Je ne pouvais pas bouger.

Hickson : Ils ne pourront pas y croire. Ils devront bien y croire un de ces jours. Ca pourrait être trop tard. J'ai toujours su qu'il y avait des êtres d'un êtres d'un autre monde qui existaient. Je l'ai toujours su. J'ai jamais pensé que ça m'arriverait.

Parker : Tu sais toi que je ne bois pas.

Hickson : Je sais, fiston. Quand je vais rentrer je vais prendre un autre verre, ça va me faire dormir. Attends, pourquoi est-ce qu'on est assis ici ? Il faut que je prévienne Blanche... on attend pour quoi là ?

Parker (paniqué) : faut que je rentre à la maison. Je suis malade. Il faut que je sorte.

Hickson se lève et quitte la pièce, laissant Parker seul.

Parker : C'est difficile à croire... Oh mon dieu, c'est horrible... Je sais qu'il y a un Dieu dans ce monde... 

Le même jour, Larry Booth déclare avoir vu un ovni dans la même région.

Le lendemain de l'événement, le bras de Hickson saigne d'une petite piqûre, à l'endroit où les êtres l'auraient aggripé. En quelques jours, la ville est envahie par beaucoup de journalistes. Les Ufologues James Harder, de l'Aerial Phenomena Research Organization (APRO) et J. Allen Hynek ont interrogé les deux hommes. Harder a tenté de les hypnotiser et a conclu que Hickson et Parker "ont connu un phénomène extraterrestre", alors que Hynek pensait qu'ils avaient "une très réelle expérience effrayante". 

Suite aux doutes de la police, Hickson et Parker demandent à ce qu'on les passe au détecteur de mensonges. C'est fait le 30 octobre, avec succès. Le sceptique Philip Julian Klass arguera que l'opérateur du polygraphe était inexpérimenté et incompétent (il faut bien qu'un sceptique dise quelque chose, à tout prix). Par la suite, Hickson et Parker sont soumis encore, à leur demande, au détecteur de mensonges, avec succès, à nouveau...

Quand Charles sortit de la salle, le shérif Diamond lui proposa de revenir le lendemain matin pour faire une déclaration complète, mais ce dernier refusa, expliquant qu’il voulait éviter toute publicité pour épargner sa famille. D’ailleurs, il pensait à sa femme, qui devait s’inquiéter, et maintenant qu’il avait tout raconté, il ne désirait qu’une chose, rentrer chez lui pour la rassurer. Avant de quitter le poste, Charles et Calvin passèrent un accord avec le shérif et son adjoint, qui s’engagèrent à garder le silence sur toute l’affaire. Selon le capitaine Ryder:  " Après avoir écouté la bande, je les ai crus. S’ils ont menti, alors ils devraient devenir acteurs à Hollywood, parce qu’ils sont des comédiens hors pair  ".

Cette nuit-là, aucun des deux hommes ne parvint à dormir mais le lendemain, ils allèrent néanmoins travailler comme si de rien n’était. Au cours de la matinée, un reporter de la ville de Jackson téléphona à Charles, qui occupait un poste de contremaitre au chantier naval, lui demandant de lui raconter les événements de la nuit précédente, puis le shérif Diamond l’appela à son tour pour le dire de venir le plus vite possible car de nombreux journalistes avaient envahi son bureau, et posaient des questions sur l’enlèvement. Charles se mit alors en colère, accusant le shérif d’avoir trahi sa promesse, mais ce dernier lui assura n’avoir parlé de l’affaire à personne, reconnaissant cependant que quelqu’un de son service avait du le faire. Johnny Walker, qui travaillait pour le chantier naval, entendit des brides de la conversation et aussitôt il contacta Joe Colingo, qui était l’avocat de la compagnie mais également son beau-frère, lequel décida d’accompagner ses nouveaux clients au bureau du shérif.

Aussitôt arrivés, Charles et Calvin, qui avaient peur de ne pas être crus, demandèrent à passer au détecteur de mensonge, mais le shérif Diamond leur expliqua que son service n’en était pas équipé. Malgré leur réticence initiale, les deux hommes acceptèrent de répondre aux questions de quelques journalistes et l’un d’entre eux s’empressa de prévenir le Dr James Harder et le Dr J. Allen Hynek, qui venait de créer un centre d’étude sur les ovnis à Chicago, que des employés du chantier naval prétendaient avoir été enlevés par des extraterrestres.

 

Dr harder hynek

le Dr James Harder et le Dr J. Allen Hynek

Une fois sur place, les enquêteurs interrogèrent les deux hommes puis ils les placèrent sous hypnose régressive mais durant la séance, Charles se montra tellement effrayé que l’expérience dut être arrêtée. De leur enquête, les Dr Harder et Hynek en conclurent que les deux hommes disaient la vérité et qu’un événement extraordinaire s’était bien produit au bord de la rivière Pascagoula. M. Hynek déclara à la presse que Charles Hickson et Calvin Parker avaient connu une expérience fantastique et M. Harder affirma:  " Je crois en leur histoire en raison de la panique absolue qu’ils ont montrée pendant la régression hypnotique. Un sentiment de terreur extrême est pratiquement impossible à simuler sous hypnose ".

Depuis le début de la matinée, Charles et Calvin, qui avaient réfléchi à leur mésaventure, s’inquiétaient à l’idée d’avoir été irradiés par l’objet et Tom Huntley, du bureau du shérif, fut alors désigné pour les accompagner à l’hôpital de Singer River afin d’y effectuer des tests. Malheureusement, l’établissement ne possédait pas l’équipement nécessaire et ils furent redirigés vers la base militaire aérienne de Keesler, que l’officier Huntley se chargea d’appeler. Quand ils arrivèrent à la base, la zone avait été évacuée, des militaires les attendaient dans une jeep et tout le monde semblait très inquiet. Les deux hommes furent alors amenés dans un endroit spécial, où des gens qui portaient des vêtements de protection les contrôlèrent minutieusement, avant de leur expliquer que des traces de rayonnement avaient été trouvées sur Calvin, mais que Charles n’en présentait aucune.

 

Pascagoula humanoid usaf

Dessin par l'USAF d'après le témoignage

Une réunion avait été prévue avec plusieurs responsables de la base aérienne qui se montrèrent très intéressés par leur histoire mais qui semblaient déjà tout connaitre des choses dont ils parlaient. Le lieutenant-colonel Derrington de la police de la sécurité, le colonel Amdall, Président du Département de médecine, et plusieurs autres officiers de la santé et de la sécurité posèrent des questions aux deux hommes, sous les regards attentifs de l’officier Huntley et de M. Colingo. Un rapport fut ensuite établi, qui faisait 17 pages et qui contenait toutes les informations que les militaires avaient pu réunir sur l’affaire. Dans ce document, il était indiqué qu’un ovni avait été observé par différents témoins lors de la nuit du 11 octobre 1973, y compris par un agent de probation et de libération conditionnelle, M. Raymond Broadus. Quelques années plus tard, le capitaine Ryder reconnut publiquement que M. Broadus lui avait rapporté avoir vu quelque chose d’étrange voler dans les airs le soir de la rencontre. Selon le capitaine, M. Broadus était un honnête homme et il l’avait cru sur parole:  " Il est mort maintenant, mais c’était un homme bien. Il n’aurait pas inventé quelque chose comme ça ".  Avant de partir de la base les deux hommes tentèrent d’obtenir un exemplaire du rapport où était consigné leurs témoignages, mais leur demande fut rejetée.

Le lendemain de la rencontre, l’affaire s’étalait déjà sur les premières pages des journaux de Pascagoula et de Gulfport et les jours suivants, elle devint mondialement connue. Charles, convaincu que les créatures étaient amicales, le clamait dans toutes les interviews:  " Les occupants du vaisseau ressemblaient à des robots. Ils agissaient comme s’ils avaient une mission précise à accomplir. Ils n’essayaient pas de communiquer avec nous. Maintenant, je sais qu’ils n’avaient pas l’intention de nous faire de mal mais sur le moment, j’ai vraiment eu peur qu’il nous enlèvent. Ils ne nous voulaient pas de mal, j’insiste, car c’est important ".

Article pascagoula

Mississippi Press

Regroupant ses articles, le Mississippi Press sortit un livret spécial consacré à l’histoire, laquelle fut ensuite reprise par des magazines, des livres de poche et une bande dessinée, qui prétendaient tous raconter les faits mais en proposaient souvent une version altérée. L’enlèvement de Pascagoula donna aussi des idées à certains. A Long Beach, au Mississippi, un chauffeur de taxi rapporta à la police qu’un être avec des tenailles à la place des mains avait tapoté à sa fenêtre, avouant avoir tout inventé deux jours plus tard. A Mobile, une station de télévision prétendit être en train de filmer un ovni, dont la venue avait été prédite par un médium, près de la rivière Pascagoula. Environ 1000 voitures convergèrent sur les lieux, où rien ne se passait. Un magistrat d’Ocean Springs proposa alors une ordonnance, interdisant aux ovnis de circuler à la vitesse de la lumière sur l’Autoroute 90, mais Tom Stennis, le maire, vota contre, expliquant en riant qu’il ne voulait pas décourager le tourisme.

Si ces plaisanteries pouvaient être amusantes, depuis l’incident, la vie des deux hommes était devenue un cauchemar. Ils avaient du mal à dormir, à manger et sortir de chez eux étaient devenue une source d’angoisse. Charles plaignait terriblement Calvin, qui avait été tellement traumatisé par la rencontre qu’il avait du être hospitalisé pour dépression nerveuse. Pour lui, qui avait fait la guerre de Corée et qui avait été confronté à la mort à plusieurs reprises, les événements étaient plus faciles à surmonter. Ceci étant dit, cette expérience restait la plus effrayante de sa vie. " Je connais la peur. Je me suis battu pendant 20 mois dans des combats au corps à corps en Corée. La seule chose dont j’ai peur, c’est un serpent. Je vais courir si je vois un serpent. Mais ça, ça n’était pas normal… Cette chose a vraiment perturbé Calvin. Il était si jeune. Il n’a pas pu le supporter ".

Les deux hommes, qui avaient demandé à passer au détecteur de mensonges, furent finalement invités à se rendre à la Nouvelle-Orléans pour y subir une série de tests mais Calvin étant toujours hospitalisé, Charles Hickson s’y présenta seul. Le 31 octobre, Scott Glasgow lui fit passer des tests pendant deux heures et demi avant de déclarer qu’il disait bien la vérité. Malheureusement, l’opérateur n’avait pas encore terminé sa formation, il n’était pas diplômé, et certains se servirent de cet argument pour remettre en cause les résultats de l’examen. (comme si un diplôme garantissait l'absence d'erreur ou l'inverse !).

 

Charles hickson

Charles Hickson 1974

En février 1974, Charles décida qu’il en avait assez de rester enfermé chez lui et qu’il voulait recommencer à pêcher. Un jour, il était parti chasser des écureuils dans une grande plantation arboricole que l’un de ses amis possédait près de Gautier et il venait de s’asseoir près d’un arbre pour manger un sandwich quand soudain apparut un engin, qui était en tous points identique à celui qu’il avait vu le 11 octobre 1973. Le vaisseau descendit dans une zone dégagée et Charles n’en voyait plus que le haut quand brusquement une voix s’immisça dans sa tête, qui commença à lui parler. " C’était comme un signal radio ou quelque chose dans ma tête. Ils ont dit:Dites aux gens que nous ne vous voulons aucun mal. Vous avez souffert. Vous avez été choisi. Vous ne devez pas avoir peur. Votre monde a besoin d’aide. Nous allons vous aider avant qu’il ne soit trop tard. Vous n’êtes pas prêt à comprendre. Nous reviendrons bientôt ".

Charles ramassa alors son fusil et il retourna directement chez lui. Un mois plus tard, la même voix s’imposa une nouvelle fois dans sa tête alors qu’il se trouvait dans son arrière-cour, lui transmettant le même message, et toute la peur qu’il ressentait encore le quitta brusquement. Charles raconta ses expériences au Dr Hynek qui lui expliqua qu’il était possible, et même probable, qu’un implant ait été placé dans son corps, qui permettait aux créatures de communiquer avec lui. Quelques temps plus tard, d’autres scientifiques confirmèrent cette hypothèse, soulignant qu’ils ne savaient pas ce qu’ils devaient chercher et que s’ils le trouvaient, ils ne le reconnaitraient probablement pas. Charles comprit alors qu’il allait devoir apprendre à vivre avec cet objet à l’intérieur de son corps, et cette pensée le terrifia.

Quelques temps plus tard, de nouvelles séances d’hypnose lui permirent de se rappeler consciemment que dans le vaisseau, il avait vu les êtres qui les avaient enlevés, Calvin et lui, par un hublot. Ils l’observaient d’un autre compartiment, et leur apparence était presque humaine.

Au mois de mai de la même année, Charles revenait de visiter sa famille dans le comté de Jones et il roulait sur la route, tard dans la nuit, quand soudain il remarqua une étrange lumière dans le ciel, qui semblait suivre leur voiture. Elle vola derrière eux pendant quelques temps, gardant toujours une certaine distance, puis brusquement elle se rapprocha, semblant vouloir se poser devant le véhicule. Charles montra alors le vaisseau à sa fille Sheila, qui était alors âgée de dix-huit ans et qui était assise à l’avant près de son mari, mais sa femme Blanche le vit aussi et aussitôt, elle se mit crier.

Pensant qu’une chance de rencontrer les mystérieux visiteurs s’offrait enfin à lui, Charles, qui voyait leurs silhouettes se découper dans la fenêtre sur le bord de l’embarcation, demanda à son gendre d’arrêter la voiture puis il tenta d’en descendre mais sa femme s’y opposa, le retenant de ses mains et criant au conducteur de redémarrer. Selon Blanche Hickson: " C’était une chose terrifiante à voir. Ça m’a durement affectée. Ça m’a terrifiée. Nous nous sommes arrêtés et Charles voulait sortir, mais je ne voulais pas le laisser faire. Nous l’avons tous attrapé et nous l’avons retenu. L’engin a plané là un moment, puis il a tout simplement disparu ".

 

Blanche hickson

Blanche Hickson

Finalement, même s’il n’avait pas pu rencontrer les pilotes de l’engin, Charles n’était pas déçu. En fait, il se sentait soulagé que des membres de sa famille aient été témoins de cette apparition car si tout le monde semblait le croire, il avait toujours eu peur que certains aient des doutes et il se disait que maintenant, ils étaient forcément convaincus.

De son côté, Calvin Parker vivait les choses très différemment, fuyant tout ce qui pouvait lui rappeler la nuit de son enlèvement. Le jeune homme s’était marié à la fin de l’année 1973 puis il avait quitté son métier, s’engageant dans l’industrie pétrolière et acceptant principalement des contrats en dehors de l’état pour échapper à l’attention dont il faisait l’objet. Il avait énormément de mal à gérer sa notoriété et si jamais quelqu’un le reconnaissait alors il abandonnait son travail et en cherchait un autre.

Au cours des années qui suivirent, Charles donna de nombreuses conférences, racontant son enlèvement et expliquant qu’il était toujours en contact avec des êtres d’une autre planète, qui communiquaient avec lui suivant leur bon vouloir et lui parlaient de l’avenir du monde. Il demandait aux hommes d’arrêter les guerres, de faire attention à la pollution etc…, annonçant qu’en 1992, ses interlocuteurs extraterrestres se feraient publiquement connaitre, qu’ils ne feraient de mal à personne et qu’ils n’interféreraient en rien avec les affaires de la Terre. Lors de ses apparitions publiques, Charles parlait également de sa foi et de Dieu, qui avait créé monde mais également de nombreuses autres planètes peuplées de différentes créatures.

En 1983, Charles Hickson écrivit un compte rendu complet de l’affaire, Ufo Contact at Pascagoula, en collaboration avec William Mendez, un professeur des collèges. Le livre, qui fut publié, contenait de nombreuses informations, des photos, des interviews, les retranscriptions des séances d’hypnose, et une description de ses différentes rencontres.

Sil tentait de préserver sa vie privée, Calvin Parker participa néanmoins à quelques conventions sur les ovnis et il fut hypnotisé par Budd Hopkins, un ufologue reconnu. En 1993, il tenta de lancer une entreprise, UFO investigation, pensant produire des reportages sur les ovnis pour la télévision, mais il abandonna rapidement son projet. Au cours de cette même année, il donna une surprenante interview, déclarant que les créatures qui leur avaient rendu visite cette nuit-là avaient directement été envoyées par Satan.

 

Charlesetcalvin fin 1990

Charles et Calvin vers la fin des Années 1990

Au fil des années, de nouveaux témoins se firent connaitre, parmi lesquels Mike Cataldo, un officier de la marine à la retraite dont le témoignage avait été ignoré en 1973 et qui fut finalement entendu en octobre 2001, soit vingt huit ans plus tard.

" Cette histoire est vraie. Nous, Ted Peralta, Mack Hanna et moi, avons quitté le chantier naval et roulé sur l’autoroute 90, vers l’ouest en direction de Buloxi, au Mississippi, dans la Volkswagen de Ted. La nuit n’était pas encore tombée, et il y avait encore un peu de lumière du jour, qui permettait de voir. Lorsque nous avons vu cette chose à travers le pare-brise, nous avons pensé que c’était une étoile filante qui allait de droite à gauche, mais ensuite elle est descendue dans une zone marécageuse, bordée d’arbres, et elle a plané pendant environ 30 secondes. Elle tournait et elle avait des lumières clignotantes sur le dessus et tout autour, qui formaient un cercle. Ces lumières clignotantes étaient disposées comme si vous colliez des lumières sur le côté d’un moule à gâteau. Cette chose était comme un chapeau de marin de couleur gris-blanchâtre, ou comme un tambourin, et elle était à moins de 800 mètres de distance mais elle semblait aussi grande que le plus grand avion de ligne américain que j’ai jamais vu. Alors elle s’est éloignée, et tout d’un coup elle a disparu ".

Mike Cataldo expliqua également que si de nombreux automobilistes avaient ralenti pour regarder l’engin volant, ils étaient les seuls à s’être arrêtés. Les trois hommes s’étaient séparés peu de temps après, Mike avait récupéré sa voiture personnelle et il avait commencé à rouler vers Ocean Springs. Le soleil se couchait à peine quand brusquement le même objet était apparu une nouvelle fois, à environ la même distance, et il avait pu l’observer pendant une minute avant qu’il ne s’éloigne et disparaisse de la même manière que précédemment. En rentrant chez lui, M. Mike en avait parlé immédiatement à sa femme et le lendemain, il était retourné sur le site avec Ted et Mack. Les trois hommes avaient discuté du phénomène, se demandant s’ils devaient raconter ce qu’ils avaient vu, et comme Mike pensait que l’observation devait être signalée, il en avait parlé à Nick, son agent de division, puis au lieutenant-commandant Heath, lui faisant un rapport verbal des événements. Malheureusement, son témoignage n’avait servi à rien car aucun de ses supérieurs hiérarchiques ne l’avait consigné par écrit.

" Pas un seul d’entre eux ne m’a pris au sérieux, et je n’en ai plus jamais entendu parler. Personne ne m’a jamais demandé quoi que ce soit à ce sujet. Je n’ai rien su de l’enlèvement d’Hickson/Parker jusqu’aux jours suivants. C’est arrivé un jeudi et il a fallu attendre le dimanche suivant pour que je vois dans le journal du matin que deux hommes avaient été enlevés par une soucoupe volante. A ce moment-là, je vous le dis, j’ai failli mourir ".

Le lendemain matin, le 15 octobre, Mike avait parlé de la situation avec sa femme, et songeant qu’il était important qu’il signale son observation, d’autant plus que deux hommes disaient avoir été enlevés, il avait alors appelé la base de Keesler. Une assistante responsable des relations publiques lui avait répondu, il lui avait raconté son histoire et bizarrement, les choses en étaient restées là.

" Je n’ai jamais parlé au gars impliqué, Charles Hickson, je n’ai jamais discuté de ce cas avec eux, je ne les ai jamais rencontrés, je ne les connaissais pas et je n’avais aucune implication dans ce qu’ils ont dit. Je n’ai jamais revu d’ovni depuis, jamais. Et je n’en avais jamais vu avant. Mais c’était sacrément réel. Je ne peux rien dire sur ce qu’ils ont fait. Je ne sais même pas si ce que j’ai vu correspond à ce qu’ils ont vu, mais je sais ce que j’ai vu et où je me trouvais. Là où nous avons vu la chose passer dans le ciel à travers le pare-brise était exactement la zone où Hickson et Parker ont rapporté avoir été pris à bord ".

Au cours des années suivantes, Mike avait souvent parlé de l’ovni à sa femme et à ses enfants, mais personne ne l’avait jamais contacté. En 2001, Natalie Chambers, un journaliste, avait découvert son témoignage, il s’y était intéressé et il avait retrouvé son auteur afin de l’interviewer...

 

Charles hickson 1998

Charles Hickson en 1998

 

Suite à des problèmes de santé, Charles Hickson avait du passer des examens et il possédait plusieurs radios de son crâne, qu’il sortait parfois pour les montrer aux journalistes:  " Regardez, vous voyez ce petit truc derrière mon œil droit ? Je pense qu’ils m’ont implanté quelque chose là-dedans. Je suis allé à l’hôpital de la Nouvelle-Orléans deux fois. J’ai été voir un cancérologue à l’Université de Tulane. Personne ne comprend ce que c’est. Moi je pense que c’est peut-être comme ça qu’ils me suivent. Ça ne me fait pas mal. Ça n’a pas d’incidence sur ma vision. Ça m’a juste était révélé quand ils prenaient des radios des artères de mon cou ".

En 2006, Calvin Parker déménagea à Moss Point et en 2010, il subit un accident vasculaire cérébral qui lui laissa de graves séquelles. Avec les années, les sollicitations étaient devenues moins fréquentes, mais elles n’avaient jamais cessé et Calvin le vivait toujours aussi mal.

Charles Hickson mourut en septembre 2011, à l’âge de 80 ans, sans jamais avoir changé sa version de l’histoire. Selon son fils, Eddie Hickson: " La seule chose qu’il voulait, c’était que tout le monde sache que nous ne sommes pas seuls. Il ne s’inquiétait pas de savoir si vous l’aviez cru ou non. Mais si vous vouliez l’écouter, il vous le disait. Il n’a jamais compris pourquoi il avait été choisi. Mais il ne m’a jamais dit une seule fois qu’il voulait que ça ne soit jamais arrivé. Jamais ".

 

Voici une interview complète des deux hommes peu de temps après leur enlèvement, par le NICAP. Il y est mentionné que c'est la première fois que des enlevés sont interrogés et enregistrés (au poste de police) aussi peu de temps après les faits... : 

http://www.nicap.org/reports/731011pascagoula_hicksontape.htm

 

Une interview de Calvin Parker en 2013, pour le 40ème anniversaire de l'événement (VO)

In Contact, un documentaire sur l'affaire de Pascagoula (VO).

Un résumé de l'affaire avec des photos d'époque (VO)

 

Sources et références : 

« MUFON UFO JOURNAL » ,‎ 

« La rencontre de Pascagoula » , sur rr0.org

American Monsters, « PASCAGOULA ALIEN ABDUCTORS (MISSISSIPPI, USA) »

Billy Booth, « 1973-The Pascagoula, Mississippi Alien Abductions » [archive], sur About.com

Jeff Amy, « Calvin Parker Jr. Says Pascagoula Abduction, Crab-Clawed Aliens, Changed Life » [archive]

https://fr.wikipedia.org/wiki/Enl%C3%A8vement_de_Pascagoula

http://www.mindshadow.fr/enlevement-pascagoula/Rense, Openminds TV, etc…

Gadsden Times, 09-08-1987 : https://news.google.com/newspapers?nid=1891&dat=19870809&id=ZABHAAAAIBAJ&sjid=_v0MAAAAIBAJ&pg=2467,1458223

Youtube

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